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 Bergamote du corbeau et flagornerie passagère

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MessageSujet: Bergamote du corbeau et flagornerie passagère   Mer 2 Juil - 20:17

Bergamote du corbeau et flagornerie passagère
Samedi, aux alentours de 16h.

Est-ce que j'ai une gueule d'atmosphère ?



Lettre de David Simmons à Mrs. Wotan. David a écrit:

Mes platitudes les plus plates et mes respects horizontaux, Dame de la Terra Incognita.


S'avérant que depuis peu, je reçois inopinément des lettres de menaces vous étant adressées : je me vois contraint de prendre contact sur-le-coude avec votre charmante personne afin de vous remettre ces plis d'une virulence grasse et estropiée de la bienséance qui devrait être notre commune mesure comportementale à chacun.

Il me semble en tout cas être dans la vérité vraie. De tendres et bourrus diablotins m'ont récemment jetés un sortilège de confusion, j'espère ne pas me tromper sur ladite personne concernée, et je ne pense pas - sans être certain - avoir rédigé moi-même ces forfaitures. Me prévalant moi-même comme un gentilhomme de bonne facture.

À moins que ça ne soit vous, mirifique et débonnaire Vénus, la source plénière de ces disgrâces à votre propre encontre. En pareil cas, je préconise une médication adéquate prenant effet immédiatement, à base de gélatine de strangulot au beurre salé.

Acquittons-nous donc séant de cette basse besogne et retrouvez-moi au salon de chez Madame Pieddodu ce samedi autour d'un thé au jasmin versatile pour deviser de cette présente entreprise.

Ps: Je compte sur votre galanterie et votre prévenance classieuse pour payer l'addition.

Mr. David Simmons.
Futur inventeur de poudre-de-rêves érotique.  


C’est après avoir reçu une courte et concise réponse de la part de cette Mrs. Wotan que notre jeune David s’était affairé à préparer sa sortie à Pré-au-lard avec la diligence et l’étourderie qui est la sienne. Abandonnant les frusques de son uniforme au profit de vêtements moldus. Les siens, précisons-le pour plus de clarté et de luisance sur notre jeune freluquet pré-pubère. Le début d’après-midi laissait pointer quelques rayons de soleil derrière une épaisse couche de nuage grisonnants et menaçants. Les beaux jours étaient finis. Il avait commencé cette journée par quelques emplettes chez Scribenpenne et Honeydukes, afin de réapprovisionner son stock de fournitures essentielles et de se compromettre avec quelques sucreries. Il était seul. À sa sempiternelle assuétude, vagabondant et errant de vitrine en comptoir, se laissant bercer par la monotonie nostalgique du mois de Septembre.

La journée avait filée bon train. Il avait copieusement mangé aux Trois-Balais, une poulaille unijambiste aux œufs de caille assaisonnée avec un coulis d’armagnac-caramélisé préparé dans une poêle-à-rire. Quelques asperges à tête-folle bien fraîches pour faire passer le tout. Les repas de la belle Mrs. Rosmerta étaient connus pour être délicieux et cuisinés avec une certaine dextérité culinaire. Bien que sa spécialité réside dans l’hydromel et sa secrète recette pour les vieillir en fût.

Sa montre indiqua 16 heures. Il était temps d’aller à son rendez-vous avec Mrs. Wotan. Il avait choisi comme endroit le salon de thé de Madame Pieddodu. Connu pour sa décoration surchargée en kitsch et en mièvreries diverses. Un endroit impeccable pour une rencontre louche avec une mystérieuse et clandestine personnalité du monde sorcier. David avait quelques appréhensions, mais qui s’envolèrent en franchissant la porte carillonnante du salon. L’air était chargé d’une douce mélodie enivrante et capiteuse. Les papiers peints criards aux couleurs rosées et aux motifs très classiques tranchaient avec le reste du village de Pré-au-lard. On se croirait revenu quelques années en arrière, mais pas tellement car rappelons-le nous sommes en 1975. Et le kitsch, bien que corollaire des goûts personnels de son observateur, possède cet effet trivial et démodé peu importe l’année de sa révélation mais il reste populaire, la preuve en est de la décoration intérieur du salon.

Affublé de son sourire le plus princier, il salua la gérante et prit place dans un étouffoir ayant vue sur la place au-dehors. Permettant ainsi de combler son avance, lui qui est si souvent à la bourre, en dévisageant la gente passante sous ses yeux et la circulation du commun des sorciers. Il était habillé d’un pantalon bariolé aux couleurs d’un tartan écossais. Bien qu’il soit lui-même britannique de pure souche. C’est donc un futal d’un rouge pétant aux lignes noires et jaunes en fins liserés qu’il portait. Petite marque d’appartenance à sa maison, offerte à lui-même et par lui-même après une séance de shopping dans le Londres moldu avec ses parents. Pas un patte-d’éléphant cela dit, puisque le bas de ses braies est enfoncé dans des pataugas noires à lacets blants virant sur le gris à force d’usure. Un ceinturon noir à grosse boucle surmontait le pantalon. Où un motif de baguette et de chapeau pointu est dessiné sur la boucle en métal. Une chemise terne boutonné jusqu’au cou et une veste en tweed verte à col bleu nuit.

Il avait commandé deux boissons avant que la dame arrive. Un thé-vert évanescent et un thé-à-tout, nouvelle recette en vogue et spécialité de la tenancière. Une sorte de thé multi-fruits avec des arômes qui n’avaient rien de très fruités pour tout dire… Mais il reposa sa tasse et enleva ses lunettes de soleil arrondies lorsqu’il crut voir entrer la personne concernée par leur entretien… Il la héla en commençant à faire mine de se lever pour requérir l’attention de ladite personne.


« Pssst ! Par ici, ma gente dame. » Commença-t-il sans trop élever la voix. « C’est moi, le préposé aux courriers atrophiés ! Si, je vous le jure sur la tête du Calmar-géant, venez donc prendre place. »

Mais il s’agissait en réalité d’un monsieur aux cheveux longs qui lui lança un regard de travers avant de ruminer et de se diriger vers une table voisine où une dame chauve couverte de joncailles rutilantes, en bronze ou en imitation de bronze, l’attendait en sirotant un Kir-qui-couine. Visiblement, il s’était fourvoyé. Aussi se ravisa-t-il lorsqu’une autre personne entra à la suite du monsieur, n’osant pas l’apostropher de risque de passer encore une fois pour un perturbateur de client. Il n’avait pas envie qu’on le fiche à la porte avant même d’avoir pu rencontrer cette Mrs. Wotan… Était-ce elle qui venait d’arriver dans le dos du monsieur au cheveux longs ? Si oui, ça commençait mal, il allait passer pour un idiot... bien qu'il en soit habitué.
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MessageSujet: Re: Bergamote du corbeau et flagornerie passagère   Ven 4 Juil - 9:57

Réponse brève de Jeremiah à Monsieur Simmons. a écrit:

« Jeune homme. Je suppose que vous faites erreur cependant, je vous retrouverais tout de même à l'endroit indiqué.

JLW. »



Il allait sans dire que cette lettre, elle ne l’avait renvoyée que sur un coup de tête. Bien sur, son idée première aurait été de bruler la missive de base et d’ignorer royalement le jeune garçon - car elle était sure qu’il s’agissait d’un jeune garçon…. Cependant, elle ne l’avait pas fait. Comme si une partie d’elle même était curieuse et voulait savoir de quoi il en était vraiment. Etait-ce un jeu des mangerons pour tester une fois de plus sa fidélité ? Ou bien s’agissait il d’un ami ? De quelqu’un de son passé dont elle ne se rappelait pas qui tentait de la recontacter pour lui faire retrouver sa mémoire perdue. Quoi qu’il en soit, elle avait accepté, malgré ses doutes initiaux, et c’est en ce bel après midi d’automne ensoleillé qu’elle se dirigeait vers Pré au Lard.

La ville en elle même lui rappelait bon nombre de souvenirs qui semblaient bouillonner sous la surface de sa tête, sans revenir totalement. Elle se voyait plus jeune courant dans les rues un sourire sur les lèvres, accompagnée de deux personnes; dont un garçon qui lui était familier. La fille et le garçon était bruns, aussi noirs de cheveux qu’elle n’était blonde, et ils se tenaient tous les trois par les bras… L’air heureux. Puis le flou, le vide. Elle ne se rappelait pas. Elle ne savait pas de qui il s’agissait, elle ne savait pas de quoi. Et tandis qu’elle marchait dans les rues de la ville sorcière elle assistait une fois de plus à la succession de ces images, les jeunes qui vieillissent, des feux d’artifices sorciers dans le ciel, des sorts, des bonbons… ? Elle ne comprenait pas trop; supposait qu’il s’agissait de ses souvenirs d’enfance, mais elle ne pouvait rien dire, rien faire… Rien ? Comprendre. Peut être que si elle avait pris le temps elle se serait rendue compte que son esprit tentait de lui donner un sentiment de normalité. Peut être que si elle avait laissé de coté ses doutes et ses peurs elle se serait rappelée qu’un jour, Jeremiah avait été une eleve de serdaigle appréciable qui jouait avec ses amis, et qui aimait faire plaisir. Oui. Mais nous étions loin de tout ça, elle avait renoncée à sa mémoire de force quand elle avait commencé à faire ça, et dans le processus, elle s’était oubliée toute seule.

Un soupir las, la prit alors qu’elle arrivait en vue du salon de thé de madame Piedodu, dont même l’enseigne criait au kitsch dans une année qui était déjà bien kitsch en elle même. Et c’est ainsi, sur cette pensée un peu amère, que la jeune et grande blonde, vêtue d’une cape de sorcier noire des plus sobres, posée nonchalamment sur des vêtements gris et noirs utilitaires mais néanmoins agréables au regard; rentra dans le salon ou un hurluberlu devait l’attendre. Son but était simple, elle irait trouver le garçon, réglerait le soucis en quelques mots, paierait l’addition, puisqu’il avait insisté, puis elle repartirait et n’entendrait plus jamais parler de lui. Enfin, c’était bien ce qui était prévu.

Ça risquait de ne pas se passer comme ça. S’inserant dans le salon a la suite d’un homme un peu féminin qui se fit alpaguer d’une manière assez étrange par un jeune homme, elle ne put empêcher le très léger - mais existant - sourire qui se glissa sur ses lèvres. Il devait… S’agir de lui. Assurement. Passant la main dans ses cheveux pour les renvoyer vers l’arrière de sa nuque, elle s’approcha donc de lui.

«  Je suppose que vous etes monsieur Simmons ? » Comme il le découvrirait probablement au terme de la journée, Jeremiah n’était pas de ces personnes qui parlaient trop et qui passaient par trente six milles chemins de traverses pour dire ce qu'il fallait. Non. Elle était la, et elle aurait le fin mot de cette histoire. Cependant au fond d'elle, quelqu'un essayait de sortir, quelqu'un de plus doux et moins froid, une jeune femme plus sociable, qu'elle avait elle même oublié qu'elle ait pu être.
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MessageSujet: Re: Bergamote du corbeau et flagornerie passagère   Dim 6 Juil - 22:16

Une jeune femme, agréable aux yeux s’avança vers le jeune David et l’interpella de façon très laconique et brève. Froidement. Il était clair qu’elle n’était pas femme de grandes phrases, plutôt une adepte des raccourcis ce qui était bien le contraire de David Simmons et de ses circonvolutions et digressions interminables et agaçantes, pour le commun de ses pairs. Alors qu’elle lui adressait la parole, il leva les yeux vers elle et reposa la tasse de thé qu’il était alors en train de porter à ses lèvres. Un sourire fin et sincère se dessinait sur ses lèvres et il se leva à la mention de son nom. Son rendez-vous était là. Se lever était la moindre des choses qu’il avait apprise lorsqu’on attendait une dame pour déjeuner ou, dans le cas présent, pour prendre le thé. Il fallait se lever, la saluer, et l’inviter à s’asseoir avant de se rasseoir soi-même. Et dans cet ordre. Il lui arrivait parfois d’omettre une ou deux phases et de se mélanger, bien sûr.

Il avait appris ses manières grâce à sa mère, bien que de famille modeste elle officiait un travail de bureau où gentilshommes et gente dames faisaient leur apparition assez fréquemment. Le protocole exigeait qu’elle sache comment réagir face à certaines situations au cas où elle était conviée par ses patrons à un dîner. Par commodité. Ce qui n’était arrivé qu’à trois reprises en dix-sept ans de loyaux services dans ce cabinet d’avocat où elle était sténodactylo. Son père, au contraire, était loin de connaître et les us et coutumes. Plutôt bourru et franc du collier, comme beaucoup d’anciens marins, il était à des années lumières de comprendre cette tradition britannique obsolète à ses yeux suite à l’après-guerre.

Il inclina légèrement le buste et s’adressa à la dame, de façon très ingénu et faisant de gros efforts dans le choix des mots. Il ne fallait pas que ces derniers n’en fassent qu’à leur tête. Déjà qu’il venait probablement de se ridiculiser quelques secondes plus tôt avec le monsieur efféminé qui était entré dans le salon. Il ne fallait en plus de ça déraper sur la suite. Il répondit donc avec sa franchise et son élégance habituelle, très confiant dans sa gestuelle et pas vraiment intimidé, bien qu’il le cache plus ou moins bien :


« Lui-même. Enfin, je suppose que oui… David Simmons, son excellence le concepteur de la vodka-pure-glace. Et autres arlequinades. Mes respects bien à vous, chère Mrs. Wotan. » Il désigna le petit fauteuil rembourré en face de lui de la main droite, gardant l’autre dans son dos à la façon d’un groom ou d’un majordome. Il avait vu ça au cinéma. C’était cool. « Prenez siège et agrément. Voulez-vous que je vous défisse  de votre par-dessus ? » Ajouta-t-il, les mirettes fixées sur les épaules de la dame et repliant ses doigts.

Elle avait quelque chose d’assez sombre dans le regard. Une vacuité qui n’était pas naturelle et qui aurait filé la frousse au premier venu. David ne remarquait pas toujours tout comme c’était le cas tout de suite, aussi insouciant que son jeune âge en vérité, ou que son cerveau à moitié dézingué. Il était assez fonceur, même s'il lui arrivait d'agir avec une bêtise sans borne digne d'un hippogriffe borné soumis à un sortilège de foxtrot...
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MessageSujet: Re: Bergamote du corbeau et flagornerie passagère   Sam 19 Juil - 13:26

HRP pardonne moi un peu pour le délai ❤︎

Elle y était. et elle était curieuse. Le fou-doux semblait être un jeune homme…. des plus particuliers, ou peut être des plus agréables? Ca lui donnait envie d’être elle même, cette personne qu’elle n’avait plus été depuis longtemps, depuis qu’elle était partie faire cette mission dont elle ne se souvenait que vaguement.  Ainsi elle sourit un peu alors qu’il se présentait d’une manière un peu… polie ? Et pas trop ridicule. C’était amusant ! Oui amusant. Un fou-doux, c’était tout a fait ça, et elle hocha la tête en se tournant, pour … qu’il puisse ainsi qu’il l’avait proposé prendre sa veste. Dans un autre monde, dans un autre temps, elle s’en serait longuement amusé et aurait plaisanté avec le jeune homme, mais la… Elle vivait une expérience hors de son corps… Comme si elle ne se contrôlait plus vraiment.  «  Faites donc. » Pas de longues paroles, elle attendit qu’il prenne le manteau qu’elle portait avant de s’asseoir dans le fauteuil rembourré qui lui semblait un tel luxe, un tel confort qu’elle aurait pu s’y endormir.

 «  Ainsi vous m’avez mandé ici et me voila, mais il me semble que tout cela n’est qu’une grossière erreur. Ou peut être que vous vouliez vous jouer de moi, je ne sais pas trop. » A ses propres mots elle fronça un peu les sourcils. Parfois il était dur de suivre où elle voulait en venir, mais c’était ainsi… Elle ne se contrôlait pas vraiment, elle était tellement engoncée dans l’idée qu’elle était une mangemort, qu’elle devait l’être, qu’elle oubliait un peu le reste….

Alors pourquoi était elle la ? Parce qu’elle se disait qu’il y’avait quelqu’un d’autre en dehors de tout ça. Sa tête lui faisait déjà mal, et elle soupira un peu, en regardant un serveur qui venait vers eux.

 «  Passez donc la commande pour nous; je prendrais une bierraubeurre, ça me rappellera mes journées d’adolescence. »

Un petit moment de silence. Elle fronça les sourcils et comme prise d’une grande révélation elle se reprit.

 «  Est ce que c’est Ethan ou Andrea qui vous envoient ? »  Etrangement, malgré tout, elle se rappelait un peu d’eux. Du moins, elle se rappelait de leurs prénoms. Et elle se disait qu’ils avaient du être importants pour elle à un moment ou a un autre.


Dernière édition par Jeremiah L. Wotan le Jeu 4 Sep - 11:47, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Bergamote du corbeau et flagornerie passagère   Ven 25 Juil - 21:32

[HRP : Chaud-boulot en ce moment, mes plates excuses pour le retard !]



Gentilhomme de seconde zone, frusques de seconde main et cerveau de seconde étude, David était loin d’être l’idéal qu’il se figurait être, mais arrivait parfois à se tromper lui-même et à s’ébahir de sa propre mise. Une sorte de classe naturelle observée derrière des jumelles et avec un stéthoscope. Pour l’heure, il maintenait la position, sourire de franc-tireur en trompette lorsqu’il eut la réplique qu’il attendait de la part de la jeune femme. Aussitôt en mouvement, il lui prit le manteau des mains, sans trop s’attarder à en caresser la matière ou à en renifler la fragrance. Sa mère disait que c’était « mal vu de faire ça ». Pourtant lui se voyait très bien le faire. Sauf que sa mère disait aussi que « c’était impoli ». Du coup, ça change la donne, car les esthètes des manières protocolaires sont contre toute forme d’impolitesse. Bien sûr, il n’échappe pas à tous les défauts, ce serait trop facile…

Délaissant le par-dessus de la dame avec style et proximité, il s’assit à sa suite en la dévisageant de plus près, fixant ses yeux dans les siens. Sans avoir honte de paraître trop invasif, comme quoi les limites de la politesse sont souvent très relatives… Il prit un air sérieux, faisant la moue et l’écoutant parler. Il lui faudrait donc expliquer sa gesture sans paraître aussi grossier qu’un troll échappé des montagnes. Se fiant à son instinct il assura la jeune femme qu’il n’était pas un très grand joueur.


« Une chaste méprise… Ah ? Mais diantre non, trépidante inconnue sibylline. Je vous en assure ab imo pectore ! Du fond des pectoraux, tout à fait ! » Commenta-t-il, sûr de lui.

La dame ne semblait pas dans son assiette, façon de parler, elle avait l’air moitié ici et moitié ailleurs, comme clairsemé de pensées profondes et migraineuses que la confiance rejette en bloc au profit d’une méfiance sans commune mesure. Il fallait donc instaurer une relation basique de franchise véridique. Et de vérités vraisemblablement vraies. Ça aide. Ça permet de briser des barrières et de fournir quelques observations pertinentes à tout propos. Sauf que le problème de David, c’est qu’on a du mal à croire en lui au vue des inepties qu’il est capable d’aligner… autant que de sa précoce maturité prosaïque perdue petit-à-petit par delà les standards panégyriques. Il hocha la tête et se racla la gorge pour passer commande au serveur qui s’était furtivement approché. Il connaissait son métier, le bougre.


«  Passez donc la commande pour nous; je prendrais une bierraubeurre, ça me rappellera mes journées d’adolescence. »

« Salutations, honorable sous-fifre. » Lança David au serveur redingoté de francs coloris. Le serveur oscilla d’un pouce, un léger mouvement du sourcil marquant sa surprise, qui resta passagère. Il était toute ouïe dehors à la commande mais la dame interrompit alors le jeune Simmons par une question des plus mystérieuses...

«  Est ce que c’est Ethan ou Andrea qui vous envoient ? »

David cligna trois ou quatre fois des yeux, sourcils froncés. Ses yeux partirent un moment dans le vague et il répondit avec toute la vergue qui le caracétrise…

« J’ai connu un Ethan. Gros bidon poilu et court-sur-pattes, environ dix ou douze ans, les gosses du quartier l’appelaient Ethan-la-tatane car il mettait des claques à tout le monde. Même aux oiseaux, surtout aux oiseaux… Je crois qu’il était mérovingien. »

Semblant subitement se rappeler la présence du serveur à son côté, il se tourna vers le brave, sourire à bayer aux corneilles et gueule d’ange trempé à la guimauve, pour passer cette fameuse commande, chose qu’il semblait être en attente. Le serveur, presque professionnel cela dit, restait de marbre, le profil type du gars discret aux esgourdes rétractables.


«  Oui, oui… nous avons choisi, manant. Cette dame, que la simplicité sublime, veut se voir servir une bièreaubeurre, en pinte. Comment ça, salée ou sucrée ? Poivrée. Ah, vous n’avez rien dit... vous êtes sûr ? Sûr de sûr ? Certes, ça doit être dans ma tête alors. Hum hum. Il prendra pour ma part un farouche whisky-pur-feu aux saveurs d’automne, avec une ombrelle qui danse le flamenco. Et des amuses-bec. Et il nous les faut pour hier, vilain. Allez ouste rebouteux ! »

Passablement choqué ou surpris par ce curieux sens de l’humour, le serveur hocha lentement la tête, soulevant cette fois sa paire de sourcils d’un commun accord synchronisé. Ne sahcnat trop comment répliquer à cet affront si mal déguisé et ce caractère visiblement très excentrique. Passant du coq à l’âne, David enchaîna la conversation tandis que le serveur s’était glissé hors de portée de cet étrange binôme.

« Andrea… Andrea, c’est un prénom d’homme ou de femme ? » interrogea t-il de façon abrupte et très sérieusement Mrs Wotan.
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MessageSujet: Re: Bergamote du corbeau et flagornerie passagère   Jeu 4 Sep - 12:15

HRP Une fois de plus pardonne pour le délai. 3 semaines de vacances. Puis la reprise. Puis malade o/* ♡

Elle n’aurait pas vraiment imaginé qu’un jour elle pourrait prendre presque du plaisir à boire un verre de thé ou de bierraubeurre avec un simple eleve de Poudlard. Bien sur, il y’avait en elle deux sentiments contraires : Le Premier, son innocence, ce qui la poussait à penser que tout allait bien, qu’il y’avait une méprise et que le doux-dingue lui permettrait de passer une bonne journée. Et puis, plus logiquement - du moins dans sa tête - le fait qu’il se joue d’elle. Que ce soit la quelque chose de… tendu; un piège peut être. Quelqu’un de son passé qui tente de la recontacter.

Non. Ce n’était pas ça. Elle avait envie de lui faire confiance. Il parlait trop. Il parlait beaucoup et avec des grands gestes et avec des grands mots. L’enfant Jeremiah, l’aurait de suite apprécié. L’adulte perturbée, et traumatisée ne savait vraiment pas quoi en penser. C’était une nouvelle. Elle qui était si froide. Si directe. Si cassante en général. Elle se retrouvait la, a admirer les faits et gestes d’un hurluberlu qui …. semblait tout droit sorti d’un roman étrange. Et pour un peu, pour un peu elle aurait presque sourit pendant qu’il commandait les boissons.

Bon. Entendu, qu’il s’agissait d’elle, et que le sourire était une option qui n’avait pas été installé avec sa remise à niveau par le gang du sans- nez; c’était un presque sourire mais voila. C’était juste peut être un peu compliqué pour le jeune garçon, parce qu’elle ne parlait pas vraiment. Se contentant d’aller au point.

Il allait commander. Et une question lui traversa la tête. Deux noms lui revenaient sans cesse en tête. Ethan. Andrea. Ca avait eu le mérite de faire stopper le jeune David dans sa commande, mais au terme d’une nouvelle niaiserie, ou politesse, elle ne savait pas vraiment comment elle devait prendre tout ce qu’il disait c’était… original pour le moins. Peut être qu’elle devrait être plus souvent avec lui… Est ce qu’elle pouvait adopter un eleve comme familier ou autre ? Non, les Mangemorts ne le permettraient jamais. En tout cas au moins elle pensait vraiment à autre chose.

«  Merci. » Etrangement c’était un mot qui était encore dans son vocabulaire. Comme si le simple fait en fait, d’être avec quelqu’un d’aussi rafraichissant la rendait elle même. Ou du moins ce qu’elle aurait pu être ? En tout cas le serveur était parti, et elle esquissa cette fois un vrai sourire, tandis que la question on ne peut plus sérieuse du jeune homme la fit redescendre sur terre.

«  C’est un prénom de… je.. Je ne me souviens plus. Je sais que c’est ou que c’était quelqu’un d’important pour moi. Mais je n’arrive plus à savoir. Je crois que c’est une femme. De mon âge environ… ? »

Alors ce n’était pas ça. Il n’était pas son sauveur masqué ? Il n’était qu’un joyeux luron ? Tant pis. Elle profiterait du temps avec lui quand même.

___

Jeremiah Llewelyn Wotan
Alas, that love, so gentle in his view, Should be so tyrannous and rough in proof!  || « Just, Just tell me you love me ok? Maybe someday, I'll remember. » 

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MessageSujet: Re: Bergamote du corbeau et flagornerie passagère   

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