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 Le calme après la tempête

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Gallions : 3239
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MessageSujet: Le calme après la tempête   Ven 2 Sep - 4:03




Le calme après la tempête
Le calme après la tempête

Plié en deux, Ludovic passa la dalle cachée derrière la statue de la sorcière borgne. Il lui avait fallut une éternité pour traverser Pré-au-lard, jusqu'à Honeyduck et encore plus de temps pour remonter la pente du long passage secret qui reliait la cave de la boutique au château. Sa main droite avait reprit un peu de couleurs, bien aidée par sa baguette qui l'éclairait encore d'une douce lumière bleue, mais la gauche, elle, bien qu'il l'ait enfouie sous son manteau pour tenir son ventre, était toujours aussi gelée. Tant bien que mal, le brun remit la dalle en place, s'extirpant de derrière la sculpture pour avancer dans le couloir d'un pas chancelant dans un clapotis suintant. Le visage couvert de sueurs, l'enseignant cligna des paupières, la lueur de sa baguette lui semblant si brouillée qu'il avait l'impression d'avoir plongé dans les profondeurs du lac noir. Trouver les escalier, descendre jusqu'à l'infirmerie, prévenir du secours. Ensuite il pourrait se reposer, mais, d'ici là, il n'avait pas bien le choix, il fallait continuer à avancer.

Avançant tant bien que mal, le brun s'appuya contre le mur, jetant un regard trouble vers l'horizon tandis que son sang continuait à tracer une longue piste derrière lui. Entre ce que le vampire lui avait prit, ce qu'il avait perdu et ce qu'il avait déjà vomit, l'homme ne savait même plus combien de sang il avait perdu. Il avait bien essayé quelques trucs pour tenir, comme d'avaler quelques bonbons dans la cave pour ne pas défaillir ou bien de se servir de ses vêtements comme compresses, sans oublier les quelques sorts qu'il avait essayé de se lancer pour refermer ses plaies, mais rien n'y avait fait. C'était à peine s'il parvenait à conserver la lumière allumée et il continuait à sentir son état se dégrader. Longeant le mur, l'homme continua à progresser lentement en direction des escaliers, prenant un léger détour pour éviter de passer par les grands escaliers. Il aurait suffit que l'une des volées de marches se décide à bouger dans la mauvaise direction et il n'aurait plus qu'à faire une croix définitive sur sa vie. Aussi avança-t-il, trainant des pieds, et zigzagant comme un ivrogne jusqu'à descendre marche après marche un petit escalier dérobé. Le genre de ceux qu'utilisaient McGonagal pour surgir par surprise dans votre dos, se tenant fermement à la rambarde de pierre pour ne pas glisser et se gratifier de quelques fractures supplémentaires.

Le brun poursuivit, sentant du bout de sa conscience à quel point tout le monde aux environs était endormi. Il vit bientôt se dessiner la porte familière de l'infirmerie, accélérant un peu dans un élan désespéré avant de s'arrêter, à trois pas de l'entrée, pour tomber à genoux et vomir tripes et boyaux dans un terrifiant flot de sang. L'ancien Serdaigle releva la tête, les larmes aux yeux, plaquant ses deux mains contre son ventre en ayant l'impression de se faire poignarder. Peut-être qu'il aurait pu laisser tomber ici. S'arrêter dans le couloir, envoyer un message et attendre que quelqu'un vienne le ramasser. Le brun appuya un peu plus son crâne contre la pierre froide. Cela semblait une bonne idée. Malheureusement, le temps qu'il mette la main sur un parchemin ou qu'un surveillant ne passe dans le coin, il aurait sans doute le temps de mourir dix fois.

Prenant son courage à deux mains, l'échevelé se releva, poussant lourdement la porte jusqu'à avancer tant bien que mal entre les lits, se sentant déjà un peu plus chez lui. Il bifurqua rapidement en direction du bureau d'Emy, cueillant une plume, une fiole d'encre et un morceau de parchemin qui trainait sur la table avant de se trainer en direction de son matelas. Certes, il aurait pu se contenter de se laisser tomber sur la première couchette venue, mais quitte à passer là quelques semaines ou les derniers instants de sa vie, autant prendre ce qu'il y avait de mieux. Il trouva son bonheur pratiquement au fond de la salle, dans un coin abrité avec une fenêtre juste à côté. La même paillasse que dans sa jeunesse, le même matelas, le même oreiller... enfin, sans doute changés, mais son nom, lui, était toujours bel et bien gravé sur le sommier. Tant qu'à faire...

Le brun se laissa tomber sur le lit, remontant ses jambes contre son buste pour tenter d'apaiser les douleurs qui lui tordaient l'estomac, toujours plus pâle qu'un linge alors que sa gorge tuméfiée semblait nécrosée en comparaison. Heureusement qu'à part lui il ne semblait y avoir personne ou bien cela aurait sans doute le parfait exemple d'une très mauvaise journée. Jetant un coup d'oeil vague au morceau de papier qu'il avait volé, l'enseignant repéra quelques lignes d'admission ou des notes quelconques qui devaient sans doute être très importantes, mais qu'il déchira sans y prêter aucune attention. Vu l'urgence de la situation, Emmeline comprendrait. Le sorcier ajusta les bords pour avoir un papier bien carré, y laissant de larges tâches de rouge sans trop s'en soucier. Lentement, haletant, le brun déboucha la fiole d'encre, récupérant la plume pour écrire quelques mots en lettres capitales : "Infirmerie, au secours, urgent". D'accord, c'était un peu dégradant, mais il avait eut beau y réfléchir, il n'avait rien trouvé de plus clair et concis. Son message terminé, le brun referma la fiole, s'en débarrassant en même temps que la plume sur une petite table de chevet qui servait d'habitude à poser les remèdes. A la place, il récupérera un petit bac en métal qui trainait là et le cala contre lui avant de poser le parchemin dessus, pointant sa baguette dessus.

Fronçant les sourcils, le brun alluma la bougie accrochée au-dessus de son lit, coupant son lumos avant de s'efforcer à se concentrer, traçant quelques lignes dans le vide en marmonnant quelques mots. Il continua un petit instant avant que le papier ne se soulève dans les airs et se torde à toute vitesse, prenant la forme d'un oiseau bien plié qui se mit à battre furieusement des ailes dans un claquement régulier.

— Emmeline Pomfresh, souffla le français, s'étranglant dans la douleur vive qui lui fendait la gorge. Poudlard... Tour d'astronomie.

L'oiseau dressa sa tête pourpre et blanche en direction de son maitre, l'air d'attendre une suite en continuant à voler d'un mouvement très enthousiaste. Il recula de justesse alors que le sorcier se tordait une nouvelle fois de douleur, son estomac se contractant pour lui faire vomir une autre gorgée de sang. Le message se détourna après une légère hésitation, filant à toute vitesse au travers de la pièce jusqu'à ce faufiler d'un geste habile dans la fine fente entre la porte et son montant, disparaissant dans le château pour s'empresser d'aller chercher de l'aide. Ludovic le suivit des yeux, sa vue de plus en plus trouble, jusqu'à s'assurer qu'il était bien partit. Dans quelques minutes à peine le petit oiseau de papier crierait son message à plein poumons dans la chambre de l'infirmière. D'ici là, il lui faudrait tenir. Mollement, le sorcier, commença à convulser, s'agitant d'avant en arrière sans plus réussir à chasser le sang qui emplissait sa gorge et glissait dans ses poumons. Tenir... tenir... Le brun lâcha un souffle épuisé, sombrant dans l'obscurité et le confort de son oreiller.



___

Notre intellect est vain
Pour tout ce qui est proche ou présent ; et si nul ne vient nous parler, nous ignorons tout de l'état humain.
by Wiise


Dernière édition par Ludovic Descremps le Mar 6 Sep - 15:53, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Le calme après la tempête   Dim 4 Sep - 1:16





Trust and be alive





J'ai souvent commencé mes RPs en avouant que sous le sol de cette classe d'astronomie, sous ces pierres froides et humides qui voyaient chaque jour des dizaines d'élèves passer les uns après les autres, se trouvaient deux personne. Un homme et une femme, deux britanniques qui avaient pour habitude de passer du bon temps lorsqu'ils se retrouvaient enfin en tête à tête après une dure et longue journée, séparés sans qu'ils n'y puissent rien. Cela arrivait, régulièrement d'ailleurs, mais ce soir ce n'était pas le cas. Non, ce soir faisait parti de ces soirs où l'astronome rentrait trop tard, découvrant dans son lit sa femme, Emmeline, totalement emmitouflée dans les couvertures, sa chevelure en pagaille perdant son visage, comme si elle n'était plus... Qu'un coton tige chevelu géant. Par Dieu... Faites qu'elle n'apprenne jamais cette comparaison.
Cette nuit là, donc, le jeune père s'était rendu sur la pointe des pieds vers la chambre qu'il occupait avec sa chère femme. Il l'avait longuement observée, le visage doux, attendri par cette dernière dans l'un de ces rares moments de calme où il pouvait tout simplement respirer, comme si, tous les problèmes autour de lui n'existaient pas. Les Mage Noirs, les Loup-garous, les dangers qui planaient sur Poudlard voir même les problèmes de la petite Lily, de son meilleur ami, de Myria... Ce n'était pas qu'il s'en fichait, au contraire même, mais de temps en temps, le Londonien avait juste besoin... De souffler. De pouvoir penser que, de temps en temps, lui aussi avait droit de se montrer faible, de pouvoir broyer du noir et d'être juste le pauvre Jon que personne ne plaignait. Il voulait bien être fort pour eux, pour toutes ces personnes à qui il tenait et qui ne pouvaient tout simplement pas affronter la réalité seules, mais quelques fois, ce devait être à son tour. Et lorsqu'il se retrouvait enfin là, dans le noir, uniquement éclairé par la chaude et tremblotante lumière des quelques bougies disposées, il savait qu'il pouvait relâcher la pression. Il savait que, si, soudainement, Emmeline se retournait, le surprenant avec son air triste et son regard bien trop doux, elle ne serait pas surprise, et l'accueillerait simplement dans ses bras en lui caressant le visage, ne lui tirant mot et le protégeant simplement comme elle l'avait toujours fait ici, loin de tous ceux qui voyaient en Jon un homme fort, optimiste et de bon conseil.
Parce que, des fois, il avait seulement besoin d'être le garçon apeuré qu'il était et avait toujours été. Ne serait-ce... que quelques minutes, et qu'on le rassure comme on l'avait bien trop peu fait.

C'est donc lové contre sa femme que l'astronome trouva le sommeil, dans le silence total du manoir endormi qui semblait comme mort, totalement vide voir abandonné. Le crépitement des torches magiques, juste derrière sa porte, le bercèrent doucement jusqu'à ce qu'il sombre dans les bras de Morphée, l'esprit vide de toutes pensées alors qu'il sentait le poids de ses propres préoccupations lui peser lentement. Mais comme chaque soir, il fit avec, et bien vite, il ne prêtait plus attention aux flammes agitées non loin, ni même, au corps plus chaud de sa femme tout près de lui. Et d'ailleurs, lorsqu'il avait senti ses paupières se faire plus lourdes à mesure des secondes qui défilaient, il ne se doutait en rien que, quelques heures plus tard, il se ferait soudainement réveiller par un cri aussi puissant que désagréable.

Comprenant à peine les mots que ... la... Le machin venait de hurler, Jon tenta d'y faire abstraction, lovant sa tête entre ses bras tandis qu'il serra un peu plus la housse d'oreiller dans sa main. Allez savoir ce qui avait fait un tel boucan, lui, ce n'était pas son problème. Du moins jusqu'à ce que Emy ne se décide elle aussi d'agir, et cette fois, avec bien plus de précipitation que n'en faisait preuve son mari. Difficilement, l'ancien Poufsouffle rouvrit les yeux, son regard brillant d'une brève inquiétude lorsqu'il croisa l'air anxieux de son épouse, il tenta de bafouiller quelques mots malgré sa gorge sèche avant de déglutir, attirant l'attention de la blonde qui refermait nerveusement son peignoir.

-Tu vas... Tu vas où ? souffla doucement l'homme en se frottant les yeux, ses yeux fatigués se refermant tout seuls.

La sorcière ne répondit pas, sautant dans ses pantoufles sans adresser un regard de plus au Londonien qui somnolait encore :

-L'infirmerie. lâcha-t-elle sèchement bien que son inquiétude passait largement dans son ton. On a besoin de moi, c'est urgent.

-Mais... Tu vas pas partir maintenant si ? C'est... C'est tard !

L'infirmière lâcha un soupir, ne répondant pas avant de sortir brutalement de la grande chambre qu'elle traversa en quelques enjambées, abandonnant derrière elle son mari, seul, abandonné, et totalement crevé. Alors, en lâchant un nouveau grognement, l'astronome laissa retomber sa tête sur l'oreiller, ne tardant pas avant de somnoler à nouveau.
Il ne se réveilla que plus tard. Combien ? Il l'ignorait, mais à vrai dire, il ne s'était pas réellement endormi. Il était trop inquiet, ses tripes se tordaient à l'idée qu'Emmeline n'ait à affronter un problème important, seule, car bien qu'il lui arrivait souvent d'avoir des cas nocturnes, une telle anxiété chez elle ne laissait pas le Londonien indifférent, et surtout pas à trois heures du matin alors qu'ils partageaient alors un lit bien chaud et confortable. Alors, il s'était relevé, enfilant lui une robe de sorcier avant de sortir, descendant d'un pas rapide et silencieux les étages uns par uns, la tête ailleurs et le visage fermé. Et lorsqu'il arriva, il ne vit pas de salle remplie d'élèves ou d'enseignants blessés, il ne sentit pas cet élan de panique contenue et n'entendit même pas ce brouhaha propre aux grands rassemblements. Non.

A la place, il vit un lit bien connu avec les rideaux tirés, un surveillant au regard droit le ficher durement tandis que là, dans l'entrebaillement du tissus, il entrevit un visage bien connu qui le fit blêmir soudainement. Ses dents s'entrechoquèrent brièvement sous l'élan de crainte soudaine qui l'envahit, et, à grandes enjambées, il s'avança vers le patient, bousculant et forçant Vaughan à se dégager avant de se glisser sous les rideaux, regardant, totalement effaré, le corps pansé, blessé, tordu de son meilleur ami, la peur brillant intensément dans son regard.

-Mais... Comment... Ludovic...

Sa voix tremblait, et bien vite, il se prit le visage dans ses mains, le frottant vigoureusement en se tournant une seconde, lâchant un souffle comme pour décompresser avant de revenir vers l'autre, une certaine colère animant sa voix cette fois bien que l'inquiétude, la crainte et le désolement ne cessaient d'être eux, bien présents :

-Mais qu'est-ce que t'as foutu bon sang ?! Où tu es allé te trainer pour... Putain ! Ludo !



codage par whatsername. sur Libre Graph'

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We all change when you think about it. We're all different all through our lives. And that's okay, that's good. You've got to keeping moving. As long as you remember all the people that you used to be. I will not forget one line of this, not one day. I swear.


whatsername
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MessageSujet: Re: Le calme après la tempête   Mar 6 Sep - 19:02




Le calme après la tempête
Le calme après la tempête

Un bruit sourd tira le brun du sommeil. Comme un écho lointain d'un objet métallique qui vient d'être projeté au sol. Une blague de Peeves, encore. A tous les coups, pour parvenir ainsi à traverser le demi-mètre d'isolation des murs, le boucan d'origine devait être de ceux capables de réveiller les morts, mais pour Ludovic, allongé d'une manière assez peu confortable dans son lit trempé de sang, le son fut tout juste l'effet d'un petit choc amortis. Il suffit pourtant à le tirer quelque peu de la torpeur étouffante dans laquelle il s'était perdu, lui faisant remuer les paupières dans une semi-obscurité apaisante avant que ne parvienne à ses narines une forte odeur de brûlé.

Rouvrant aussitôt les yeux, le brun ne mit pas longtemps à en trouver l'origine. Abandonnée sur la petite table de chevet, sa baguette était en train de consumer son support dans de petites flammèches d'un bleu intense. L'objet avait déjà noircit un bon morceau du pauvre meuble sans lui demander son avis et, visiblement très concentré, semblait bien parti pour se charger du reste. Pourtant, à peine son propriétaire s'était-il réveillé que la baguette cessa de cracher des braises, crépitant plutôt de quelques étincelles qu'on aurait pu voir comme outrées ou enthousiastes. Cependant, plutôt que d'apprécier ce débordement pour l'accueillir, le français leva aussitôt le bras pour tenter d'étouffer le feu qui crépitait encore le long du bois. Sentant bien vite un souffle glacé passer sous ses mains tandis que le bout de noyer éteignait lui-même ses dégâts.

— Qu'est-ce qui te prend ? chuchota le brun d'une voix tout à fait éraillée. Tu veux que je me fasse tuer par Emy ou quoi ?

Naturellement, la baguette ne répondit pas de vive voix, mais se mit à crachoter encore à la façon d'un vieux moteur de tacot.

— Tu voulais me réveiller c'est ça ? poursuivit l'homme du même ton las, l'air vidé et, pour une fois, l'étant au sens propre tandis que sa baguette oscillait joyeusement sur elle-même. Je t'ai déjà dit de ne pas faire de feu quand je ne regarde pas. Tu pourrais te bruler. Et... qu'est-ce que je ferais d'un tas de cendres après ?

La baguette cessa de rouler, refroidissant soudain l'atmosphère avant de se mettre à élargir lentement la tâche noircie sur le malheureux meuble en bois.

— D'accord... ne fait pas cette tête là, s'excusa l'homme en posant doucement sa main au plus près de son bout de bois trop loin. Je vais bien... Je vais m'en sortir d'accord ?

Cette fois-ci, la baguette ne réagit absolument pas. Ce n'était pas nécessaire, le brun avait déjà commencé à se répéter encore et encore cette phrase pour lui-même. Il allait s'en sortir, c'était évident, il suffisait d'attendre que les secours arrivent. Les infirmières de Poudlard connaissaient toujours leur travail, Emy aurait tôt fait de le raffistoler et il n'aurait plus qu'à laisser ces désastreux événements derrière lui. Oublié l'affrontement perdu, le retour de son vieil ennemi, le cauchemar des crocs s'enfonçant dans sa chaire... Il ne risquait plus rien. Pour l'instant.

Lentement, le brun tenta de se relever, sentant presque aussitôt une vive douleur lui scier la colonne avant qu'il ne cède et se roule sur le dos. D'accord, ne pas se lever, mais il y avait peut-être certaines choses qu'il pouvait déjà arranger. Veillant à se tenir éveillé malgré la lourdeur absolue de ses paupières, le brun agita lentement ses doigts gonflés et douloureux pour tâcher de retirer sa chemise souillée. Il s'esquinta les phalanges sur chaque bouton, se sentant venir des larmes alors qu'il serrait les mâchoires pour tenter d'atténuer la sensation affreuse de brulure que provoquaient ses engelures. Tant bien que mal, le français parvint à retirer sa chemise, s'attendant presque à voir une mare de sang surgir alors que son ventre paressait intact en dehors d'un enflement certain et de larges hématomes noirs qui lui teintaient la peau.

"Bon," songea le brun en basculant la tête pour la laisser retomber sur son oreiller, "une bonne chose de faite."

A peine envisageait-il de passer en revue ses blessures pour voir laquelle était la plus urgente et dans ses moyens pour être traitée que la porte de l'infirmerie s'ouvrit en grand, laissant passer une femme en robe de chambre dotée d'une incroyable crinière blonde. Le brun coula un regard brumeux dans sa direction, haussant vaguement un sourcil de voir ainsi vêtue l'épouse de son meilleur ami. De toute évidence, il l'avait tiré du lit, mais c'était assez encourageant de voir qu'elle n'avait pas prit la peine de s'habiller avant de venir l'aider. Au moins n'avait-elle pas trainé.

— Ludovic ! lança presque aussitôt la jeune femme, sourcils froncés, en tirant sa baguette de sa poche. Qu'est-ce qui s'est passé ? demanda-t-elle tout en faisant passer sur son patient une sorte de lueur étrange qui sortait du morceau de bois.

— J'ai mal au dos... marmonna le brun.

Il aurait voulu continuer la longue liste des douleurs et blessures, mais il en fut interrompu par un nouveau - et sans doute dernier - flot de sang qui remonta dans sa bouche en le tordant vers l'arrière alors que la sorcière venait tout juste d'effleurer son estomac pour constater l'étendue des dégâts.
Vous parlez de derniers mots...



***

Quelques heures plus tard, rafistolé et emballé de pansements de la gorge au ventre, Ludovic dormait. Les soins de l'infirmière avaient été rapides et précis, un peu brusques aussi, mais l'homme n'avait pratiquement rien sentit. Son corps engourdit par un sort et une ou deux potions qui l'avaient tenu immobile et groggy pendant une bonne heure. Pour le reste, il avait été trop occupé à tenir la conversation avec la jeune femme pour se soucier de la façon dont elle lui avait remis les côtes en place. C'était assez intimidant de s'adresser à ce genre de personnes, vous ne saviez jamais exactement lorsqu'elles vous criaient dessus, plaisantaient ou parlaient de choses sérieuses, d'autant plus lorsque votre cerveau n'était plus assez irrigué pour se prêter à ce genre d'exercice. Néanmoins, ces bavardages avaient eut le mérite de le garder conscient et peut-être même d'écourter ses soins. Malgré tout, l'homme n'avait pas tenu très longtemps, tournant de l'oeil ou sombrant dans le sommeil - au choix - alors que la britannique s'occupait de remettre un peu de matière sur son bras désartibulé tout en l'invitant à diner. On pouvait être résistant, mais avoir tout de même ses limites.

Désormais au chaud sous des couvertures propres et bien enfoui dans son pyjama, le français s'appliquait à récupérer. Plongé, cotonneux, dans un sommeil agité. Dans son crâne repassaient en boucle les images des dernières heures. Le masque, les brulures, le vampire, la morsure... tout se mélangeait dans une sorte de chaos rougeoyant qui le faisait agiter la tête dans des petits gémissements étouffés. Le brun n'en avait même pas conscience. Pour lui, il dormait, sans rêve et ne se souviendrait sans doute pas des images épuisantes qui s'entre-déchiraient dans ses songes. Non, à vrai dire, la seule chose que notre blessé réalisa vraiment fut la poigne ferme qui repoussa son épaule valide contre le matelas alors qu'il tentait de se retourner dans son sommeil.

Ouvrant les paupières sans grande conviction, le brun jeta un coup d'oeil aux alentours, remarquant vite la couverture serrée et le bras tendu qui l'empêchait de tourner.

— Qu'est-ce qui se passe ? marmonna l'homme, la langue engourdit, en levant encore les yeux pour tenter de deviner le visage de l'importun qui se trouvait debout à ses côtés.

Luke ne répondit pas, repoussant le malade sur le matelas avec un sourire entendu avant de se rassoir sur la chaise qu'il avait approché du lit.

— Ça c'est à toi de me le dire, Ludovic, rétorqua-t-il, s'appuyant sans gêne sur le matelas de son collègue avec l'air de prendre son pied. Bien dormis ?

— Qu'est-ce que vous faites là ? grommela le brun en levant machinalement une main à sa gorge pour vérifier que tout avait bien été réparé de ce côté là.

— Je suis venu vous surveiller, expliqua l'autre français. C'est mon travail et c'est Pomfresh qui me l'a demandé. Je dois m'assurer que vous restiez là et ne vous leviez pas, poursuivit-il en se penchant une seconde avant de laisser tomber une sorte de boite en plastique sur le matelas. Elle m'a laissé ça en cas de, je cite, "envie pressante" et m'a dit de vous aider si besoin. Je crois qu'elle veut analyser ce que vous mettrez dedans. Ça vous dis ?

L'enseignant fronça légèrement les sourcils, faisant passer son regard du bocal à urine jusqu'au visage un peu trop réjouit de son gardien ; peu convaincu. Il cessa de malmener ses bandages pour reposer sa main sur le matelas. De toute façon il ne sentait rien.

— D'accord, fit-il, C'est une vengeance.

— A propos de quoi ?
nia le surveillant. De votre coup de poing ? Oh non, si j'avais voulu me venger de ça je vous en aurais mis un pendant que vous dormiez ou bien je vous en mettrais un maintenant. Mais même si j'en ai envie je suis quelqu'un de civilisé, moi, je ne vais pas vous agresser, fit-il en insistant bien sur le "moi".

— Je vous ai déjà dit que j'étais désolé, insista le maigrichon.

— Et je vous crois, assura l'autre. Mais ce n'est pas ma faute si Pomfresh est tombée sur moi ni si vous vous êtes mis dans cet état... Je peux savoir ce qui s'est passé ? demanda-t-il encore en se penchant légèrement avant de baisser le ton. Est-ce que ça à un rapport avec les mangemorts ?

Ludovic soupira, secouant légèrement la tête à la négative. Il sentait déjà que la semaine à venir serait longue et pleine de ce genre de questions.

— Très bien, reprit le surveillant sans plus insister, se reculant contre son dossier. J'espère tout de même que vous penserez à nous en faire part à la prochaine réunion.

L'échevelé ne répondit pas, haussant vaguement les épaules avant de regretter son geste en sentant l'une d'elle se bloquer.

— Vous avez pensé à ce que je vous ait dit ? demanda Ludovic après un long moment de silence, faisant se renfrogner son garde-fou.

— Ce ne sont pas vos affaires.

— Si ça l'est ! s'emporta l'échevelé en entendant aussitôt sa voix déjà peu vaillante totalement dérailler. C'est votre soeur Luke, insista le brun de quelques tons plus bas. Elle n'a personne en dehors de vous et...

L'intéressé lui fit signe de se taire, leur conversation interrompue par les portes de l'infirmerie qui s'ouvraient encore une fois. Sans mot dire, Ludovic se tordit le cou, tachant d'apercevoir le nouvel arrivant en même temps que le surveillant qui avait déjà relevé un peu le rideau pour dégager la vue.

— Oh non... gémit l'échevelé d'une voix aussi puissante qu'un couinement de souris compressée.

Il ne lui avait pas fallut longtemps pour reconnaitre son vieil ami astronome qui traversait déjà la salle à toutes jambes ; un éclat horrifié au visage. Le brun soupira, s'attendant déjà à crouler sous une pluie de reproches et de questions. Il était fatigué, il voulait dormir, mais il ne pouvait pas non plus laisser Jon paniquer.

— Chut... souffla-t-il donc lorsque l'ancien Poufsouffle arriva bouleversé à son chevet. Chut... répéta le brun sans réellement parvenir à émettre un son plus fort que celui-là. Je vais bien, ne t'en fait pas, croassa-t-il encore malgré son visage pâle comme un linge qui indiquait clairement le contraire. Je... je suis tombé dans les escaliers, inventa-t-il sans parvenir à aligner un mensonge plus convaincant.





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MessageSujet: Re: Le calme après la tempête   Mer 7 Sep - 1:19





Le calme après la tempête





On pouvait dire qu'avec Ludovic, durant tant d'années passées à le cotoyer, à être à ses côtés pour le meilleur ou pour le pire, à brûler, exploser, réparer, balayer des choses, Jon en avait vu des choses. Ils avaient plus d'une fois faillit faire exploser l'école -bien qu'à présent l'astronome se demandait quelques fois s'il n'avait par hasard pas embelli la chose-, presque fait démissionner les enseignants les plus faibles, se sont fait renvoyer ou presque d'inombrables fois et finis ivres dans les bois à baver sur l'herbe des centaures là encore, tant et si bien qu'il était incapable de dire combien de fois -surtout vu les cuites et les amnésies qu'ils se prenaient...-. Alors, des excuses, des pirouettes, appelez cela comme vous voulez, il en avait vu et dites tellement qu'il ne saurait même plus dire si elles avaient chaque fois une véritable raison d'être, mais malgré tout ce qu'il savait, tout ce qu'il connaissait, tout ce qu'il avait vécu...

La réponse de Ludovic le cloua sur place. Enfin, plus qu'il ne l'était déjà. "Tombé dans les escaliers"... Non mais il se foutait de lui ou quoi ? Un sourire jaune étira ses lèvres tandis qu'il se les mordait après une brève hésitation, comme ne sachant pas s'il devait parler de suite ou non. Puis, il porta sa main à son visage, se frottant les yeux secoué d'un rire silencieux qui n'avait rien de joyeux. Oh non. A vrai dire, il se demandait plutôt s'il allait lui foutre un poing ou le priver simplement de toute la drogue qu'il avait dans le sang -malgré toute sa bonne volonté, Jon avait du mal avec les potions en surdose-.

-Non mais... T'es vraiment sérieux là ? demanda doucement le brun, secouant légèrement la tête tout en plissant les yeux, clairement incrédule. Tu comptes vraiment me sortir ça, à moi ?

Il insista sur ces derniers mots, ne croyant sincèrement pas à ce qu'il venait d'entendre avant de lâcher un long souffle. Calme. Tout allait bien. Enfin non. Ludovic était à deux doigts de tomber dans un comas profond et il prétendait que tout cela avait été causé par "une chute dans les escaliers". ALors non, les choses n'allaient pas bien.
Les effluves, le sang à la tête, l'effet des potions... Tout cela devait vraiment le faire planer ailleurs pour qu'il ne comprenne même pas à quel point sa réponse était, premièrement idiote, mais aussi, très insultante. Comme s'il était n'importe qui. Comme s'il n'était que le premier des imbéciles passé dans le coin et, curieux suite à un attroupement, venait ici guetter les infos croustillantes. Néanmoins, Jon s'efforça de refourguer tout cela au fond de son coeur, tenta de ne plus y penser en croisant les bras, bien planté sur ses pieds. Cela ne servait à rien de s'appitoyer sur ça. Il détestait ça, cela l'indignait, le blessait, dites encore tout ce que vous voulez, mais il savait parfaitement que le français ne s'excuserait pas. Ca lui passait par dessus la tête, trop simple, trop... Naïf. Il avait d'autres choses à faire, à penser, toujours et tout le temps plus importante. Pff...

-Bonjour Ludovic, je suis Jon. Tu sais, le Jon que tu as connu petit et à qui tu faisais porter tes bombes. Bien. Je te laisse une seconde chance, et je vais faire comme si tu n'avais rien dit.

Il tira une chaise à lui, chassant brutalement le surveillant pour leur laisser un peu plus d'intimité puis, il s'assit, s'appuyant de ses coudes contre le lit avant d'approcher sa tête de l'autre, baissant d'un ton mais gardant toujours cette même presque agressivité teinté d'inquiétude certaine. Et puis, en cherchant bien, on pouvait voir dans son regard la lueur hésitante qui marquait parfaitement que ces quelques mots que l'autre avait prononcé avaient largement suffit à le blesser plus qu'autre chose.

-Maintenant, tu vas arrêter de faire ton putain d'égoïste héroïque qui veut protéger les autres, car j'espère que c'est au mieux ce que tu fais, et tu vas me dire pourquoi tu as envoyé une foutue beuglante à ma femme en plein milieu de la nuit et pourquoi, quand j'arrive, je te retrouve dans un tel état. Et, sâche que, si jamais tu hésites, j'ai bien dormi ces quelques dernières heures, et je suis tout à fait prêt à veiller et attendre tant qu'il faudra pour avoir une réponse satisfaisante.





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MessageSujet: Re: Le calme après la tempête   Mar 13 Sep - 3:18




Le calme après la tempête
Le calme après la tempête

Ludovic venait de commettre ce que beaucoup de mortels appelaient communément une bourde. Une erreur, bête et grossière à laquelle il fallait bien s'attendre avec un cerveau pataugeant dans le porridge et un bobard raconté sans avoir pris le temps de l'inventer. Et il n'y avait même pas besoin d'être legilimen pour voir que la dite bourde avait eut un gros impact sur le sorcier qui était venu prendre des nouvelles, au point que l’alité commence assez sérieusement à craindre une nouvelle fois pour sa vie. D'accord, Jon ne pouvait peut-être pas le tuer, mais les amis avaient parfois des méthodes bien plus radicales pour vous faire passer une mauvaise soirée. Ah ces fichus jours où il valait mieux ne pas rester éveillé...
L'échevelé coula un regard suppliant en direction du surveillant toujours dressé à côté de lui, l'air de le supplier de faire sortir cet importun visiteur bienveillant, avant de tourner de nouveau la tête en direction de l'astronome, ouvrant la bouche comme pour rétorquer un trop tardif "Ce n'est pas ce que je voulais dire". Heureusement, cette fois-ci le maigrichon parvint à garder le contrôle de sa langue. S'empêchant de répondre pour ne pas faire encore envenimer les choses tandis que l'anglais semblait réfléchir à quelle sauce il allait le dévorer. Ludovic tâcha de se faire discret, jetant encore par instant des coups d'oeils inquiets au surveillantqui commençait déjà à s'éclipser. Il avait blessé Jon bien sûr, mais il ne voyait pas exactement comment. Son esprit bien trop embrouillé pour comprendre que certains mots pouvaient être blessants, ni même que, derrière cela, il y avait un problème bien plus ancien et sous-jacent. Aussi l'ancien Serdaigle se contenta-t-il d'attendre que le cocktail d'incompréhension, de colère et de déception se passe, espérant que, à défaut d'être une première fois cette situation de crise ne marque pas la fin de quelque chose.

Sans plus attendre, le père de famille congédia en vitesse le surveillant qui s'en alla sans demander son reste, visiblement pas assez attaché au sujet de sa garde pour vouloir assurer sa survie. Les rideaux à peine tirés, le britannique s'installa au chevet du blessé, s'approchant d'une façon un peu trop inquiétante pour être honnête avant de lâcher un chapelet de jurons et de reproches qui firent une nouvelle fois ouvrir la bouche du français. Pour commencer, il n'était pas d'accord. Ce n'était pas une bête beuglante qu'il avait envoyé, mais un petit bijou des merveilles de la magie. Une créature de papier presque consciente qui avait sût trouver son chemin plus vite et sûrement que n'importe quel hibou et plus aisément que n'importe quel patronus à la portée du premier - enfin presque - imbécile venu. Non non, c'était une parfaite hérésie d'appeler cela une bête beuglante. Quant à savoir pourquoi il l'avait envoyé à la femme de son meilleur ami et bien... ce n'était pas bien difficile à deviner, comme la suite des événements qui avaient conduits à cette embarrassante situation. Aussi le brun ouvrit-il de nouveau la bouche, s’apprêtant à corriger l'ancien Poufsouffle sur l'usage un peu hâtif de ses propos avant de se résigner. Oui, non, ce n'était peut-être pas le bon moment pour les détails techniques finalement.

Aussi l'échevelé passa-t-il à un autre sujet, de plus grande importance ; concocter quelque chose de suffisant pour calmer l'anglais. Levant les yeux en direction de ses sourcils, le brun s'appliqua à faire marcher ses méninges, n'ayant l'impression de ne produire que du savon au lieu d'une bonne idée. Il y aurait eut plusieurs façon de justifier son arrivée pour le moins critique sur ce lit. Il aurait pu... euh... avoir été victime d'une de ses machines oui. Ou alors avoir été attaqué par une créature dans la forêt interdite... ou bien par Peeves. Être tombé dans les escaliers ? Non, ça il l'avait déjà dit... mais il fallait bien reconnaitre que cela pouvait être dangereux. Le français s'appliqua à réfléchir, ouvrant tantôt la bouche pour formuler une idée avant de se résigner, sachant par avance qu'il n'était pas en état d'étoffer un bon mensonge. Mais il ne pouvait pas expliquer ce qui s'était passé à Jon. Cela aurait voulu dire lui expliquer de quelle façon il avait rencontré son assaillant et à cause de quoi ce dernier lui en voulait autant. Cela aurait aussi été courir le risque que son vieil ami ne se mette en tête de l'aider à trouver ce monstre en liberté, se mette en danger, se fasse tuer... sans oublier ce que Morgan avait dit, du sous-entendu comme quoi lui et l'astronome se seraient déjà rencontrés. Non, il ne pouvait pas le lui dire, surtout pas dans un endroit aussi peu discret que l'infirmerie. Mais que dire alors ? Attaque de trolls ? Cauchemar qui aurait mal tourné ? Appareil électrique défectueux ? Rien ne lui semblait assez solide et puis, qu'est-ce que Emy aurait bien pu lui dire avant que l'homme ne vienne à son chevet ? Aussi, Ludovic lâcha-t-il un soupir, résigné, son cerveau beaucoup trop fatigué et drogué pour travailler.

— Je suis tombé sur un vampire, marmonna-t-il. Espérant que la vérité, ou peu s'en fallait, serait assez crédible.

Le brun laissa passer un silence, déglutissant en cherchant de quelle façon aborder la chose pour ne pas trop inquiéter l'anglais. Déjà, cacher tout ce qui pouvait concerner les innombrables menaces de mort.

— Je.. j'ai entendu, enfin, il y avait des rumeurs à Pré-au-lard comme quoi un vampire aurait trainé dans les parages. J'ai cru que ça pouvait avoir un rapport avec le monstre qui attaqué cet homme dans la tour et les élèves dans la forêt. Je voulais voir si c'était vrai. Je n'avais pas l'intention d'y aller tout seul ! Ni même de l'affronter je te le promets, mais je... je voulais voir où il vivait, enfin, était censé vivre, si ce n'était pas simplement une histoire pour convaincre les enfants de ne pas sortir le soir et... je ne sais pas, j'ai dut faire quelque chose qui ne lui a pas plu ou bien m'approcher un peu trop près ou... je ne sais vraiment pas, reprit-il, rendu plus ou moins sincère par la bouillie informe qui lui servait de cervelle. Il m'est tombé dessus tout à coup et a commencé à me sucer le sang et...

Le brun s'interrompit soudain, levant une main à son visage pour s'essuyer la bouche en crispant les mâchoires comme s'il se trouvait encore sur le point de vomir ou souffrait de sa mâchoire. Il avait suffit qu'il remue un peu ces souvenirs trop frais pour réveiller dans un frisson de dégout la sensation chaude et écoeurante de la langue de l'anglais se frottant lentement à la sienne. Maintenant oui, il avait réellement envie de vomir.

— Tout s'est passé très vite, reprit l'échevelé après un instant. Je ne sais même pas combien ils étaient. J'ai cru voir quelqu'un à la fenêtre d'une maison et la seconde d'après je me faisais tabasser dans une ruelle. Je... je ne voulais pas t'inquiéter... conclu l'homme en se frottant les yeux, ne parvenant pas à ajouter quelque chose alors que les anti-douleurs étouffaient à nouveau son cerveau.





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MessageSujet: Re: Le calme après la tempête   Mar 13 Sep - 23:59





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Le regard du français semblait... Vide. Du moins, aux yeux de Jon qui, la gorge serrée se contentait de garder ses yeux fermes et décidés rivés sur son ami. Il ne paraissait pas paniqué, pas désolé, il ne semblait pas craindre sa réaction... C'était étrange, comme si, malgré une lointaine hésitation, tout cela lui passait par dessus la tête. Est-ce qu'il s'en fichait ? De lui ? De tous ces mensonges ? Il suppliait Vaughan, certes, mais lui, est-ce qu'il le regardait en face de temps en temps ? L'astronome n'y avait pas prêté attention et le regrettait déjà. Ce détachement, comme si, plus que regretter son erreur ou ses paroles, le français paraissait las et fatigué de toutes ces critiques... A vrai dire, cela lui brisait le coeur. Une nouvelle fois, mais là encore, il avait l'habitude. Il le savait depuis longtemps que devenir l'ami de Ludovic n'était pas de tout repos et que, plus que d'un égal, cela voudrait dire subir quelques épreuves pour lesquelles il avait eu un entrainement long et efficace en situation réelle. Il avait tenu des années durant, et voilà qu'il ne lui faudrait qu'une petite quinzaine d'année pour s'en retrouver ramolli ? Non, hors de question. Alors il tenait bon, de toutes façons, il ne pouvait faire que cela.

Ainsi, Jon attendit. Patient comme un sage, sévère comme un père, et intime comme un ami, un meilleur ami pour être plus juste, il lui sembla patienter durant des minutes entières sans même respirer, sans battre un cil voir même plusieurs minutes sans qu'un seul battement ne secoue son coeur tant il était rivé sur ces lèvres fines et craquelées dans l'espoir qu'elles ne laissent s'échapper enfin une bonne réponse. Il les vit, ces hésitations, ces tentatives, ses mensonges qui -heureusement!- ne vinrent jamais, et mis à part un rictus un peu mauvais qui étira le coin de ses lèvres, Jon ne réagit pas, ne bougea pas, ne lâchant qu'un long souffle à la fois soulagé et sceptique lorsque l'autre parla enfin.
Ce fut comme une révélation, troublante, incroyable, et ce, au sens propre du terme. Hésitant même sur ce qu'il devait bien croire, Jon fronça les sourcils, trouvant l'idée même totalement tirée par les cheveux bien qu'il pensait bien reconnaître le ton qu'avait utilisé son ami à l'instant. Et puis, s'il mentait encore, pourquoi il aurait prit une excuse si... Impossible ?
Et pourtant, il l'écouta, tremblant, fébrile, déglutissant difficilement tandis qu'il commençait tout juste à s'imaginer ce que cela pouvait bien engendrer que Prés-au-Lard ne cache un vampire sanguinaire qui avait failli tuer Ludovic, homme qui, malgré tout ce qu'on pouvait penser, se défendait comme un lion -et pour en avoir fait les frais, il le savait parfaitement !

-Tu te fous de moi ? répéta-t-il alors encore, mais cette fois, sur un tout autre ton. Tu me sors encore l'un de tes bobards hein ? Pas vrai ?

Ses grands yeux cherchèrent dans ceux du français quelque preuve de sa supposition, espérant cette fois en trouver une, n'importe laquelle... Non, il ne pouvait pas lui dire la vérité aussi vite. Ce n'était pas son genre. Tête de mule, ingrat, égoiste, fier de lui et surtout, de sa supériorité, il se croyait invincible, malin, capable de survivre à tout et à tout le monde... Oui, c'était juste. Et c'était exactement pour cela que cette dernière excuse pouvait tout à fait être réelle.
L'astronome lâcha un nouveau souffle plus tremblant encore, entrecoupé, presque effrayé cette fois alors qu'il levait ses mains pour se frotter les yeux, se ravisant en se convaincant que ce n'était encore qu'une invention du Serdaigle trop imaginatif à côté de lui.

-Non... nan. C'est pas possible. Il n'y a rien qui ressemble de près ou de loin à un vampire ici, et puis, si tu l'avais réellement énervé il ne t'aurait pas laissé vivre... Et tu te rends compte des conséquences pour tous si un tel monstre est effectivement en vie ? Il fit une pause, son regard brillant fixant le vide face à lui alors qu'il se mettait correctement sur la chaise, détachant ses coudes du matelas où il les avait posés. C'est impossible.

Il déglutit.
Puis, il leva doucement les yeux vers l'autre, plongeant ses yeux dans le regard plongé dans l'ombre de l'autre en y cherchant une dernière fois la réponse qui ne s'y trouvait pas.

-Nom d'une étoile... Ludo... Pourquoi t'es allé te foutre là dedans ? souffla-t-il doucement en se prenant la tête entre les mains.



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MessageSujet: Re: Le calme après la tempête   Jeu 15 Sep - 16:48




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Son récit à peine terminé, la réaction de l'astronome ne se fit guère attendre. Incrédule. Pas tant par l'apparente "absurdité" de la chose que par cette petite part de lui qui commençait à se dire que cela pouvait être réel. Ludovic secoua la tête tandis que l'autre lui demandais s'il mentait, levant pratiquement les yeux au ciel. Il aurait bien aimé réussir à mentir comme cela, avec ses pauses, ses hésitations à tout dire pour ajouter un peu plus de dramatisme au bobard. Malheureusement, c'était vrai, du moins en grande partie et si l'histoire de l'attaque par surprise par plusieurs acolytes lui sembla un peu grosse, il eut au moins le bon sens de s'arrêter avant que cela ne paraisse trop suspect. En revanche, même s'il savait pertinemment qu'il mentait encore et ne pourrait jamais tout dire à son meilleur ami, l'échevelé fut presque peiné de le voir à ce point douter de sa sincérité. Il ne pouvait pas s'empêcher de mentir, certes, c'était presque comme une seconde nature, mais le britannique semblait oublier toutes ces fois où il lui en avait dit plus que ce qu'il n'aurait voulu. Comme pour Hesper par exemple. Est-ce que Jon avait déjà oublié toutes les confessions qu'il avait pu lui faire lorsqu'il s'était retrouvé plus ou moins tous les deux dans le même genre de situation ; Lui blessé et l'ancien Poufsouffle venu innocemment lui tirer des secrets. Non, l'anglais n'avait pas l'air d'en tenir compte. Comme si seuls les mensonges avaient de l'importance plus que toutes les choses vraies que l'on pouvait dire à côté. Comme toujours. Peut-être aurait-il dut apprendre à dire les choses avant de se retrouver dans cette situation, aux portes de la mort. Peut-être qu'une vérité dite avant qu'il ne soit trop tard soit mieux perçu qu'une de ces fois où il se trouvait obligé de se confier à cause de la fatigue et des opiacés. Peut-être oui, il faudrait y penser.

Ludovic baissa les yeux en direction de son ami, le laissant tout à loisir s'épouvanter de ce qu'il venait de lui révéler. Bien sûr qu'il imaginait la peur que devait ressentir le jeune père face à cette annonce. McGonagall aurait été là, le village de Pré-au-lard se serait sans doute retrouvé mis à sac avant le levé du jour pour s'assurer qu'aucun prédateur à grands crocs s'y trouvait, mais c'était justement ce que le français ne pouvait pas se permettre. Morgan était une affaire privée, pas un bête monstre assoiffé de sang qui voulait remplir ses veines d'un peu de jeunes crus à têtes blondes. Non, pour l'avoir assez longtemps suivi et observé à courir sur ses traces, le brun savait que lorsque cet écossais passait les choses ne pouvaient être que plus compliquées et infiniment plus dangereuses. Ce n'était pas une affaire à prendre à la légère, il faudrait du temps, un plan, des ressources et des renforts pour arrêter cette créature. Rien de ce qu'aurait pu offrir une armée d'enseignants en panique, trop occupé par l'épreuve quotidienne qu'était l'apprentissage et la surveillance pour, en plus, se jeter dans une chasse à l'homme. Mais bon, malheureusement les gens semblaient parfois oublier de se demander pourquoi les autres pouvaient mentir...

De son côté, l'astronome semblait peu à peu croire en cette possibilité. Semblant plus sérieux, plus compréhensif presque, mais lorsqu'il lui posa sa dernière question d'un ton à la fois désolé et impuissant, l'échevelé ne parvint qu'à tirer un rictus et un souffle amusé à sa réaction. Pourquoi Ludovic Descremps se mettait-il dans le pétrin ? Oh, ce n'était là rien de moins qu'une des grandes questions de l'univers auraient dit certains.

— Je ne sais pas, répondit gentiment le français sur le ton de l'évidence. Pourquoi est-ce que je suis né déjà ? ironisa-t-il encore avant de soupirer. Je ne voulais pas te le dire... Parce que je savais que tu t'inquiéterais, mais je ne penses pas que toi et moi puissions y faire grand chose, reprit-il après un léger temps. Je ne pensais pas non plus que c'était vrai, j'ai simplement voulu vérifier cette nuit avant de prévenir quelqu'un d'autre. Et puis, rétorqua encore l'ancien Serdaigle, les vampires ne vident pas complétement le sang de leurs victimes. Il reste toujours un petit fond plus ou moins conséquent, ne serait-ce que parce qu'ils n'arrivent pas à tout pomper. Tu le savais ? La plupart meurent parce que ce n'est pas assez pour alimenter leur cerveau suffisamment longtemps pour qu'ils soient sauvés, mais j'ai une grosse tête et de la chance ; il y a une infirmière d'enfer dans les environs. Je ne risquait pas grand chose, plaisanta à demi le brun, s'empressant de reprendre la parole pour ne pas se laisser interrompre. Il est partit, je l'ai vu transplaner. C'est fini, il ne reviendra plus. J'ai vu son visage, je pourrai le reconnaitre s'il revenait, le dénoncer... et je ne penses pas qu'il prendrait le risque de s'en prendre aux enfants quand il y a tellement de villages et d'endroits plus faciles à attaquer. Je le chercherais, c'est promis, je m'assurerais qu'il ne revienne plus... Je t'en prie, ne va pas faire de bêtises. Ce n'est pas la peine d'ameuter tout le château pour retrouver un long-crocs égaré. Il faut simplement... être prudent et se protéger.





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