La carte du Maraudeur

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 Bloody longing

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Gallions : 984
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MessageSujet: Bloody longing   Sam 13 Aoû - 0:42



Bloody longing

Ludovic Descremps x Morgan Winterfield

Morgan leva la tête, ses yeux noirs et las fixant le plafond sombre au dessus de lui tandis que sa bouche légèrement entrouverte semblait goûter à des courbes invisibles, des lèvres intangibles ou un sang inexistant. Lentement, le regard presque absent, l'homme laissa tomber son crâne en arrière avant de le tourner mollement sur le côté, scrutant de cette façon les meubles se dessinant à peine dans l'ombre de la salle fermée. Peu à peu, le décor se dessina pour la dixième fois au moins sous ses yeux, lui même prenant place dans cette large pièce aux riches meubles, tous coiffés d'un drap blanc et poussireux, là, au milieu de toutes ces richesses, sur cette table à moitié détruite et enroulé dans le tissus qui l'avait jadis couverte. Tout autour de lui, ces figures pâles se dressaient dans une vaine tentative de décoration quelconque, un art auquel il s'était essayé mais dans lequel il n'avait que peu réussi. Trop de pièces, trop de place, trop peu de meubles et trop de babioles... C'était compliqué. Suite à tant d'échec, ce fut avec un certain agacement que le vampire avait réarrangé les pièces de son manoir, distribuant totalement aléatoirement et au petit bonheur les meubles qu'il restait avant de tout couvrir de draps tels quels pour éviter un maximum de ménage... C'était toujours agaçant de voir des gens aller et venir dans ces couloirs. Ses couloirs. Surtout quand il ne l'avait pas décidé.

Sa tête lui tourna agréablement, faisant étirer les coins de sa bouche entrouverte en un sourire carnassier et presque dément tandis qu'il plaçait mollement le dos de sa main gauche sur son front, soudainement pris d'un rire silencieux tandis que de l'autre, il entoura possessivement le corps frêle et fragile qui respirait difficilement. Il entendait son coeur, discret, il battait faiblement comme si chaque coup risquait d'être le dernier. C'était jouissant. Sincèrement. Et à chaque battement de tambour il attendait avec impatience le suivant, ou plutôt, il trépignait de savoir s'il y aurait un suivant ou non. Le jeu éternel de la vie et de la mort... Il était bien placé pour en parler !
Au bout de quelques minutes, sa poitrine cessa de se soulever au rythme irrégulier de son rire muet, laissant néanmoins son visage fixé dans une expression d'euphorie passée alors que sa main tomba lentement dans le vide, là où la table ne le supportait plus. Le regard vide, il fixa le plafond, caressant machinalement du bout des doigts la peau soudain si froide de sa partenaire d'un soir... Ah... Il s'était lâché. Il devait bien l'avouer, il n'aurait pas du y aller aussi fort, plus que la table il ne comptait pas les meubles inestimables et bibelots inclassifiables qu'il avait du briser sur son passage... Mais il s'en souvenait encore. Le feu de ses reins s'allumant soudainement, le consumant tout bonnement tandis que des ses mains il avait l'impression de briser la fine chose qu'il désirait tant en cet instant, là, maintenant. Sous sa langue il sentait la peau encore chaude de sa victime, et sous celle-ci, tous ses muscles qui se tendaient, se contractaient, se relâchaient sous la pression de ses propres actions, et soudain, ce doux liquide qui coulait... Écarlate sur une peau plus blanche que neige, détaillant les courbes excitantes de la jeune femme ; que les contes aillent se rhabiller ! La réalité, elle, était bien, bien plus exaltante...!

Un doux grondement s'échappa de sa gorge alors qu'il se souvenait avec plaisir la soirée qu'il venait de passer en bonne compagnie. Comment s'appelait-elle ? Il n'en avait pas la moindre idée, et franchement, il ne savait pas non plus si elle sortirait de cette pièce un jour. Enfin, il l'espérait... C'était bête tout de même, de casser ses jouets. Et ce même quand on les trouvait abandonnés et en larme dans un bar trop mal famé.
Alors que le visage du mort reprenait lentement une expression plus lasse et surtout, plus sombre, une nouvelle pensée lui traversa l'esprit : la soirée n'était pas terminée. Immédiatement, ce même sourire prédateur étira ses lèvres, comme si après un dessert tout à fait époustouflant, il avait encore droit à un petit extra. Ce que la mort était bien faite tout de même. Déjà épris du besoin de sentir dans sa gorge sentir à nouveau ce délicieux liquide chaud l'irradier de l'intérieur, sa bouche toujours sensuellement ouverte se referma un instant pour qu'il ne se morde lui même, s'imaginant déjà la réaction plus que prévisible de sa prochaine victime... Oh, il y aurait de l'action, c'est sûr. Et il y avait de lourdes chances que ce ne soit pas du même genre que celle à laquelle il venait de se livrer.

Alors, sans la moindre délicatesse pour la jeune fille à moitié morte qu'il avait saignée un peu plus tôt, le vampire se redressa, s'appuyant sur le restant de table tremblante sur ses pieds brisés d'une main avant de faire rouler la pauvre fille sur le côté et de pouvoir se libérer enfin des draps trop rêches qui le collaient d'un peu trop près à son goût. Il se leva ensuite tout à fait, n'accordant pas un regard au corps inanimé derrière lui avant de s'avancer d'un pas sûr et ferme à travers la grande pièce, totalement nu de tous vêtements. Mais cela ne le dérangeait pas, au contraire, il adorait cela. Il ressentait tout, il entendait tout, il voyait tout. Il était plus rapide, plus fort, plus instinctif, et il pouvait alors faire tant de chose... Sous ses pieds, il sentait le plancher se plier, craquer imperceptiblement tandis qu'il tremblait quelques mètres plus loin d'un chariot qu'on tirait difficilement. Là, en face, il sentait déjà l'odeur amère de son parfum qui lui parvenait, l'entourant et lui collant à la peau d'une agréable manière alors qu'il devinait presque ses battements de coeur essoufflés... Elle était en retard dans son programme, et elle savait ce qu'il allait se passer. Enfin, presque, car ce qu'elle n'avait pas prévu, c'était que son maître lui était de bonne humeur et avait lui aussi un programme tout trouvé.

***

Une maison abandonnée.
Voici ce qu'il avait trouvé. Alors, oui, évidemment, c'était très cliché et étrangement ironique, mais ce genre d'endroits avaient le don de rappeler d'étranges bons souvenirs au vampire qu'il était. Après tout, c'était dans une demeure semblable qu'il avait obtenu ses capacités, qu'il était mort pour se relever ensuite, plus fort encore qu'il ne l'avait jamais été. Il se souvenait encore de la sensation absolument divine qu'il avait ressenti alors... Ce feu qui coulait dans ses veines, cette impression si jouissante qu'il pouvait conquérir le monde à lui seul, cette puissance nouvelle et toutes ces opportunités... Tant, tant d'opportunités, d'occasions, de possibilités... Par où commencer ?
Mais là, il n'avait aucune envie de risquer sa vie, ou plutôt sa mort, en tous cas pas ce soir. Et pourtant, c'était sans doutes ce qui allait se passer, car il fallait bien avouer que l'invité qu'il attendait n'avait rien de très civilisé... Vous connaissez quelqu'un vous qui vient vous rendre visite pieu à la main et gousses d'ail autour du cou ? Et bien, Morgan, oui. Et étrangement, il avait hâte de le revoir.
Mais quitte à attendre de venir se faire éclater le crâne par un homme dont l'attitude ne dépassait pas celle d'un adolescent pré-puber, autant l'attendre dans le confort. Ainsi, là, au milieu de ces ruines qui servaient surtout de refuge aux pigeons et rats de toutes sortes, se dressait un riche fauteuil d'un beau bordeau. Et sur celui-ci, presque trop royal, se tenait un homme qui n'en était plus tellement, un homme dont le coeur avait cessé de battre pour une raison bien moins poétique qu'il ne le laissait attendre, les jambes croisées, la baguette à la main et prête à jeter le premier doloris venu, et le regard rivé sur la porte, inébranlable, tel un chasseur attendant patiemment sa proie.
Combien de temps avait-il attendu ? Quelques minutes, peut-être des heures. A son humble avis, cela faisait toute une vie. Mais qu'importe, car son invité lui, ne tarda pas à pousser la porte, tirant un sourire largement satisfait à la bête tapie dans l'ombre qui sembla s'animer pour la première fois depuis des heures :

-Bonjour, Ludovic. Ca faisait un bail non ?
Fiche codée par < NyxBanana >

___



Past never goes


« On dit toujours que les démons viennent des enfers. Mais la vérité toute simple est celle que l'on tait à tous, c'est qu'eux aussi descendent du ciel. »

   

   
   
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MessageSujet: Re: Bloody longing   Lun 15 Aoû - 11:35




Bloody Longing
Bloody Longing

Trente et un jour moins trois heures et quarante-sept minutes.
Cette nuit-là plus que jamais le temps semblait s’écouler d’une manière presque palpable. Minutes, secondes, le tictac de l’horloge raisonnaient dans les oreilles de l’homme occupé à tourner en rond au centre d’une salle immense. Tic-tac, dans un silence pourtant le plus complet, si lourd et pesant qu’on aurait presque pu le toucher. Mais de ces aiguilles aux tranchants affutés qui filaient à toute vitesse au quotidien, ce n’était pas, cette fois, leur rapidité qui effrayait un certain français. Non, bien loin de ce temps qui s’écoulait trop vite, faisait mourir les feuilles et fondre la neige avant même qu’elles aient fini de s’installer, c’était bien sa lenteur qui, s’étirant d’un instant après l’autre, donnait à cette soirée l’atmosphère irrespirable d’une atroce éternité.
Ludovic ralentit à peine  pour faire demi-tour, enchainant ses pas rapides sans même plus les compter. Il s’en faisait pour rien, le délai était bientôt terminé, bientôt il ne pourrait plus rien lui arriver. Après tout, il n’y avait pas non plus de raison qu’il se passe quelque chose avant cela. Le mois de novembre était une période comme une autre et il avait survécu à bien d’autre avant celui-là, même aux pires. Enfermé dans sa tour d’ivoire hélas privée d’altitude, semblant minuscule tant les hauts murs de son refuge se dressaient de manière vertigineuse, l’homme contemplait à peine la vue de l’autre côté des vitres sombres qui renvoyaient son reflet à l’infini. Il ne s’agissait pas de miroirs, mais leur surface sombre paraissait si opaque dans l’obscurité croissante que la pièce se trouvait plongée dans une noirceur à l’armature argentée, aussi luisante qu’une mer de métal. Il n’arrivait pas à dormir. Cela faisait plusieurs jours déjà qu’il vivait de siestes à la dérobée entre deux heures de cours, interrompues par un maudit réveil matin qu’il avait eu la mauvaise idée de programmer pour lui rappeler d’aller demander au reste du château si tout allait bien. Plusieurs jours épuisants au cours desquels plus d’un élève avait dû le secouer pour qu’il pense à déclarer que les contrôles étaient terminés. Assurément, si McGonagall l’avait appris il en aurait été quitte pour d’autres avertissements, mais, par un heureux hasard, le reste du château avait pu apprendre que tous les élèves de l’enseignant avaient — non sans quelques incidents malencontreux — prodigieusement progressés dans le domaine des divers sortilèges d’amnésies. En revanche, il n’était pas tout à fait sûr que le fait d’avoir pétrifié l’une après l’autre toutes ses classes de la journée pour s’octroyer un dernier jour de congé passerait autant inaperçu.
Ludovic s’arrêta soudain, faisant crisser le sol de la semelle de ses chaussures en réveillant dans un coin d’ombre une gerbe de lueurs vaguement dorées.
Arrêter de fuir, c’était trop bête.


***

Seul parmi les pupitres, devant sa grande fenêtre ouverte droit sur une nuit épaisse, installé derrière son bureau, la tête enfouie entre ses mains, Ludovic s’attaquait à son troisième paquet de copies de la soirée dans la joyeuse et diffuse lueur dansante de son éclairage ensorcelé. Elles étaient toutes là, tas de feuilles plus ou moins sauvagement rédigées, à attendre patiemment les bons soins de sa plume pour être corrigée. Des liasses énormes de parchemins dégringolant dans tous les recoins les plus secrets du bric à brac qui lui servait de salle de classe alors qu’il planchait encore sur les tentatives douteuses d’un de ses septièmes années pour lui faire croire que le sortilège d’episkey permettait également d’endormir les trolls et d’assaisonner les plats en plus de faire des merveilles sur les nez cassés. Il y avait là de quoi lui faire avoir des cheveux blancs Tout à fait dévasté par tant d’incompétence et de bêtise qu’il avait dut avaler sans respirer, le brun passa la main sur son visage jusqu’à perdre ses doigts dans sa tignasse. Tant d’heures de savantes lectures pour en arriver à ça… L’air blasé, le professeur récupéra sa plume, passant en diagonal son regard sur la très longue et non ponctuée conclusion avant de remonter la main jusqu’au sommet de la copie pour apposer son verdict dans le petit espace prévu à cet effet. Trois ? Deux ? L’homme coula un regard en direction des autres malheureux devoirs qu’il venait de transformer en avion en papiers pour déterminer leurs notes en fonction de leurs capacités à vaincre la pesanteur.
« Quatre », inscrivit-il, l’air vaguement concerné, « pour la créativité ».
Naturellement, il savait que dans cette école les enseignants avaient pour habitude de noter avec des lettres, mais cette méthode, ô combien réductrice, ne permettait pas selon lui de montrer aux élèves la vraie valeur des choses. Et puis, il leur avait bien dit en début d’année, lors de leurs premiers devoirs. Si ces notes fantaisistes influenceraient sans doute sa façon de les évaluer en examens de fin d’années, elles n’auraient aucun impact majeur sur leurs dossiers. Alors autant s’amuser.

Reportant le nom et la note dans un carnet pratiquement vierge, le sorcier eut soudain l’œil attiré par une liasse de devoir qui, après des heures d’hésitation, s’était décidée à glisser. Le bruissement des pages s’étalant dans toute leur magnificence en un beau désordre désespérément mal numéroté avait de quoi déprimer, mais l’enseignant y prêta à peine attention. Si le contenu était aussi lourd c’est qu’il valait mieux éviter de se presser pour le corriger. Aussi rangea-t-il sa copie en cour sur la vague pile des terminée avant d’essayer d’en saisir une autre à l’introduction plus alléchante, suspendant soudain son geste en croisant le regard vide de deux orbites noires qui le fixaient.
Tic.

Ludovic s’interrompit, détaillant un instant dans une parfaite immobilité ce qui avait tout l’air d’un crâne enfouit parmi ses papiers. Il ne le connaissait pas, il en était sûr, il y avait bien des babioles sur son bureau dont une osseuse tête de mouette, mais ça, ça n’avait rien à faire là. Pourtant il s’en dégageait quelque chose d’étrangement familier. Décrochant lentement les yeux des deux trous noirs qui paraissaient vouloir engouffrer sa volonté, le brun baissa lentement le regard le long de l’objet pour tenter de mieux l’identifier. Reconnaissant bien vite que ce qu’il avait pris pour un crâne était en fait un masque.
Dans un éclair soudain, l’échevelé bondit en arrière. Le teint pâle, des sueurs froides grimpant à toute vitesse dans son dos, il entraina sa chaise et un bon paquet de copies dans sa chute avant de se prendre les jambes dans la banquette et de se retrouver assis aux pieds de la fenêtre. Levant la tête en réflexe, le brun passa rapidement les lieux en revus avant de rabaisser les yeux sur l’objet de sa crainte. Non, s’il y avait eu quelqu’un il l’aurait perçu. Le seul danger, le seul problème, c’était cette chose. Se propulsant vers son bureau avec la même vitesse qu’il s’en était écarté, l’homme s’empara du visage de fer l’examinant encore avant de se retenir tout juste de le lâcher. Ce ne pouvait pas être ça, ce ne pouvait pas être lui. Pourtant, la face grimaçante, les lignes ouvragées… chaque détail et chaque trait semblait gravé dans sa mémoire aussi fraichement que s’il venait d’en voir l’original. Arrachant sa baguette de la pile de livres où il l’avait posée — faisant par la même occasion tomber toutes les petites boulettes de papier qu’il s’était amusé à y faire graviter — le sorcier se précipita jusqu’à la porte de son bureau, l’ouvrant en grand avant de se jeter sur la table vide et poussiéreuse qui lui donnait son nom.
D’un coup de baguette sec, le brun fit exploser la serrure d’un des tiroirs, ne prenant même pas la peine d’en chercher la clef. L’ouvrant dans la foulée, il en tira une boite à chaussure dont le contenu se retrouva bientôt lui aussi à l’air libre lorsque le sorcier y plongea les mains sans hésiter. Le pot de confiture, le couvercle… Ludovic tapa rageusement le récipient ouvert contre la table pour en faire tomber les innombrables débris de ferraille qui s’y trouvaient – tous plus gros que l’ouverture, mais ça… qui s’en souciait ? — et d’un geste si vif qu’il en était clairement habitué, l’ancien bleu et argent en reconstitua le puzzle inachevé. Les lignes, les cernes, la lune, cette façon hideuse qu’avait la bouche de fondre pareille à de la chaire putréfiée… tout correspondait.

— Non… souffla le sorcier en reculant légèrement. Putain ! Non… fit-il encore en plaquant sa main sur sa bouche comme pour s’empêcher de hurler.

Ne pas paniquer.
Prenant une profonde inspiration, le brun approcha de nouveau de la table, y posant sa baguette étrangement inerte et solennelle avant de récupérer les morceaux de son puzzle pour les retourner. S’il avait bonne mémoire, l’intérieur du front aurait dut être particulier. Ludovic interrompit une nouvelle fois ses gestes en découvrant un morceau de parchemin à l’intérieur du masque complet. Une date, une heure, une adresse.
Être prêt.


***

Ludovic prit une nouvelle inspiration, se murmurant de plus belle et à mi mots l’ordre de ne pas paniquer. Les doigts fermement serrés sur sa baguette qu’il n’était pas décidé à lâcher, la faisant tourner au creux de sa paume en y exerçant de légères pressions comme s’il cherchait à la — autant que se — rassurer. Tout allait bien se passer. Entrer, le tuer. Ce n’était pas si compliqué. Ce n’était peut-être même pas lui, mais un simple usurpateur qui avait appris ce qui s’était passé et comptait en profiter sans savoir où il mettait les pieds. Malgré tout, le brun ne parvenait pas à chasser la peur glaciale qui lui dressait le poil et lui trempait la nuque et si le temps avait encore compté, il se serait vite aperçu que le rythme de son cœur l’avait depuis longtemps dépassé. Entrer, le tuer. Ne surtout pas paniquer, se répéta-t-il encore, levant sa baguette en direction des fenêtres fendues de la maison abandonnée. Il aurait dut trouver des renforts. N’importe qui ! Linda par exemple, elle était bien Auror. Rester concentrer.

— Legilimen.

Une fulgurante migraine lui transperça soudain le crâne, le faisant un instant serrer les dents et fermer les paupières alors qu’une déferlante de pensées investissait son crâne. La sensation ne dura pas avant qu’il mette la main sur ce qu’il cherchait. Un esprit caché et bien éveillé parmi ceux du village endormit.

Le sorcier rompit le sort, gardant tout de même le murmure de sa cible au coin de ses oreilles. Presque par crainte que ce dernier ne l’écoute, le français fit taire ses propres encouragements pour sentir dans toute leur puanteur la suffisance et l’orgueil de l’homme qui l’attendait. Préparé, beaucoup trop heureux pour que cela soit de bonne augure et aussi certain de sa puissance qu’auparavant. Ludovic déglutit. Tout cela ne lui disait vraiment rien qui vaille. Il s’appliqua pourtant à tirer de cet esprit tout ce dont il aurait pu avoir besoin. L’état d’esprit, les sorts qui lui étaient réservés… presque un jeu d’enfant. Mais les images et les intentions restaient confuses, le brun était trop loin.

Prenant une dernière inspiration, le français s’avança, passant la première porte avant de déambuler lentement dans les couloirs de cette maison qu’il se serait presque attendu à voir pleine de sang. D’un pas très lent, tous ses sens attentifs pour réagir à la moindre alerte, le sorcier progressa aussi silencieusement que possible alors qu’à chacun de ses pas la maison entière sembler bruire sous son poids. Au fur et à mesure qu’il approchait, les images se faisaient plus précises. Une fenêtre, un fauteuil, le sentiment satisfait d’un homme qui venait de prendre beaucoup trop de bon temps. Ludovic mit la main sur la dernière poignée, poussant la dernière porte dans un craquement sinistre, parfaitement accordé à la mise en scène que semblait lui réserver son hôte, qui fit monter son rythme cardiaque d’un cran et repoussa son estomac au fond de ses talons. Dire que certains se seraient damnés pour avoir un soupçon de son adrénaline !

Le vampire était là, assit comme un maitre au centre de la pièce dans un fauteuil pompeux surement pas d’origine. Son sourire largement ouvert pour dévoiler ses dents. Un visage qui avait hanté les ombres et rit dans ses cauchemars durant une éternité. Ludovic s’arrêta sur le seuil, la baguette à moitié levée alors que les brèves paroles de l’écossais l’avaient comme figé. Cela faisait longtemps effectivement, il y avait sans doute beaucoup de choses à rattraper et à dire.  Le regard sombre, le sorcier jeta un rapide coup d’œil au reste de la pièce. S’assurant qu’aucun complice ne l’attendait en traitre tout en cherchant une réplique appropriée. Commenter la décoration par exemple ? Ou bien la constante fraicheur dans la décrépitude du cadavre qu’il avait en face de lui. Pourtant rien ne sortit. Et, bien qu’il dégluti encore une ou deux fois, la gorge du français resta nouée ; laissant à son visage et son regard la tâche de transmettre toute la haine viscérale qu’il ne parvenait pas à formuler. S’avançant un peu plus jusqu’à se mettre en garde, le sorcier referma prudemment la porte, remuant encore un peu les doigts sur le manche de son arme pour en chasser les crampes qui blanchissaient ses phalanges.

— Je range la mienne si tu range la tienne, lâcha-t-il comme une concession en désignant la baguette du mangemort d’un geste de la sienne, s’appliquant à contrôler ses tremblements. Qu’est-ce que tu en penses ? reprit-il avec déjà un peu plus d’assurance, relevant le bras jusqu’à pointer le morceau de noyer entre les deux yeux de l’écossais, une seconde avant de relâcher sa garde, pour viser le plafond sans la moindre étincelle. Depuis le temps qu’on se connait, ça me semble la moindre des politesses, Non ? poursuivit-il en rapprochant l’objet de sa poche comme pour inviter l’autre à l’imiter. [color:7510=336666]J’ai cru comprendre que tu voulais me parler, fit-il encore en veillant à étouffer au maximum l’ironie de ces paroles.



___

Notre intellect est vain
Pour tout ce qui est proche ou présent ; et si nul ne vient nous parler, nous ignorons tout de l'état humain.
by Wiise


Dernière édition par Ludovic Descremps le Lun 15 Aoû - 23:11, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Bloody longing   Lun 15 Aoû - 11:47



Bloody longing

Ludovic Descremps x Morgan Winterfield

Il était là, enfin. Il se tenait là, juste en face de lui, en chair et en os.
La bouche entrouverte pour mieux humer l'odeur qui se dégageait de lui, Morgan avait le regard brillant d'une excitation malsaine, cette lueur un peu folle que l'on retrouvait chez les internés quelques fois ou sur certaines personnes un peu trop... Passionnées pour ne pas dire obsédées. Mais il le voyait enfin de face, sans se cacher, sans l'espionner. Car, oh combien de fois déjà l'avait-il épié dans l'ombre lors d'intenses moments d'ennuis ou tout simplement pour chercher à savoir ce qu'était devenu son vieil ennemi ? Combien de fois ces dernières années était-il parvenu à lui sans qu'il ne le voit jamais ? Nombreuses. Il ne comptait pas, il ne comptait plus rien de toutes façon : ni temps, ni conquêtes, ni morts. Les nombres n'étaient que des nombres et ne changeaient rien au moment présent.
Il entendait son coeur battre la chamade, si vite, que le vampire orgueilleux qu'il était cru bien que sa faible constitution humaine serait soudainement victime d'un brusque arrêt cardiaque d'une seconde à l'autre... Bam bam, bam bam... Quand allait-il bien pouvoir s'effondrer ? Il sentait la peur à plein nez, et c'était loin d'être là une expression figurée ! Non, son odeur, âcre, salée, cette délicieuse odeur que Morgan avait appris rapidement à apprécier emplissait la salle mieux que n'importe quel parfum. Il était là, il le voyait lui dans toute sa splendeur, et il le craignait. Mieux ! Il était terrorisé. Et s'il comptait essayer de lui cacher ça, c'était d'ores et déjà raté.  

Le mort vivant, lui, semblait totalement passionné par le spectacle presque ennuyeux qui se déroulait sous ses yeux. Mais loin derrière ces apparences, ce regard noir que lui lançait le français cachait tant de choses, et en dévoilait surtout d'autant plus ! Il était en colère, oui, de leur passé, de leurs souvenirs, ils savaient tous d'eux ce qu'ils avaient à se reprocher, mais il n'y avait pas que ça. Il y avait mieux, plus croustillant encore : il ne l'attendait pas. Pas, oh bien sûr, dans le sens simple du terme, mais dans le sens qu'il ne l'attendait pas dans cette vie là. Il n'était plus le jeune fringuant vengeur qui trainait les bars en lançant des défis idiots qui se nourrissait la nuit de toute sa haine qu'il avait envers sa personne, non. Est-ce qu'il était à présent devenu de ces personnes casées tranquillement, avec un chien, une maison et un paillasson ? Etait-il enfin rentré dans les cases comme son orgueuilleux de père l'avait toujours désiré ? Et, si il était aussi en colère, est-ce que par un étrange hasard il appréciait cette nouvelle vie là ?
Le sourire qu'affichait Morgan s'élargissait de plus en plus au fur et à mesure que passaient les secondes et que ces idées défilaient à une vitesse impressionnante dans son esprit trop rapide pour son corps encore endormi. Et ce silence... Ce silence ! Il en raffolait ! Meilleur que n'importe quel bonjour, c'était le mutisme de la peur, de la gorge sèche tandis qu'on ne savait plus quoi dire... Il le dominait. Sans n'avoir rien fait, l'autre le craignait encore. Ah... Si seulement cela pouvait toujours être aussi simple.

Le vampire fut alors soudainement secoué d'un nouveau rire sans quitter pour autant sa prochaine victime des yeux, un rire sonore cette fois, une hilarité qui résonna dans la petite pièce d'un air un peu fou, entrecoupé quelques fois alors que l'homme tentait de se retenir avant de se laisser retomber avec délice dans ce plaisir retrouvé. Oh oui, cela faisait longtemps. Et cela faisait toujours aussi plaisir de s'amuser un peu.
Sûr de lui le vampire, et il ne faisait aucuns doutes qu'à l'instant même où il se prendrait un sort furtif dans le dos, il arrêterai bien vite de rire.
D'ailleurs, à la seconde même où Ludovic prit la parole, sa baguette droite et levée entre les yeux du Mangemort, ce dernier reprit soudain un air beaucoup plus sérieux, son regard noir fixant l'autre en ignorant totalement l'arme pointée sur lui. Mais ce qu'il lui dit, par contre, eut clairement un tout autre effet sur le mort qui fronça les sourcils, esquissant une moue exagérée d'incompréhension tout bonnement plus semblable à une grimace en entendant qu'il voulait qu'ils déposent tous deux leurs baguettes. Il observa l'autre abaisser le bras avec perplexité, un sourire se dessinant lentement sur ses lèvres dans une expression à mi-chemin entre le triomphe et la provocation. Ah oui ? C'était comme ça maintenant ?
Un nouveau rire secoua le buste de l'homme, et bien que plus bref et plus sobre, il n'en avait rien de moins décalé.

-Voyons Ludovic, tu es sérieux là ? Nouveau rictus. Toujours le même, tu te prends pour le plus intelligent de la pièce, et par conséquent, tous les autres sont des idiots... Mais on se connaît trop bien... Trop, trop bien ! Il secoua la tête d'un air désolé, se penchant légèrement en avant en appuyant ses coudes sur ses genoux plus s'approcher un peu du mortel, apparemment détendu bien qu'il tenait toujours aussi fermement sa baguette : Tu vas garder ta baguette à portée de main, je ferais de même. Dés que j'aurais le dos tourné ou l'attention détournée, à la première occasion, tu te feras une joie de me lancer ce même sort que tu as parfaitement lancé il y a des années de cela contre moi. Tu t'en souviens pas vrai ? Ne réponds pas. Enfin, alors, il y avait quelqu'un pour me protéger, mais aujourd'hui, je ne suis plus humain Ludovic. Alors, je t'en prie, on se connait trop bien pour jouer à ce petit jeu de guerre froide. Pas avec moi. D'accord ?

Il avait prononcé ces derniers sur un ton un peu plus aïgue, presque naïf, comme s'il convenait actuellement d'un contrat très compliqué avec un petit enfant... Alors, il releva le menton, se reculant à nouveau dans son fauteuil avant de rajouter d'un ton beaucoup plus menaçant et grondant :

-Tu gardes ta baguette, je garde la mienne. Si tu veux me tuer, ne fais pas semblant d'être civilisé, et soit direct. Il esquissa une grimace de dégoût plus que sincère, son regard exprimant à son tour toute la haine qu'il ressentait lui aussi à l'égard de son partenaire de jeu. Tu me dégoûtes.

Il laissa passer une seconde, le regardant d'un regard plus noir que noir avant de faire craquer son cou, tapotant d'une main sur l'accoudoir en bois de son fauteuil tandis qu'il tenait encore fermement sa baguette de l'autre. Puis, soudainement, l'homme reprit la parole sur ce même ton très léger par lequel il avait commencé la conversation.

-Dis moi, c'est une belle maison que tu as là pas vrai ? Poudlard, la seule et unique Grrrrande école de magie ! On sentait à sa voix les majuscules qu'il mettait aux mots, et son accent qui roulait les "R" d'un air tout à fait charmant n'arrangeait rien. C'est bien, c'est confortable non ? Tu loges où dis moi ? Oh, suis-je bête, j'ai déjà eu droit à la visite de ta salle de classe. Je me le suis permis pendant ton absence, tu m'excuseras hein ? Par contre, j'ai évité ta chambre et ton bureau, je ne suis pas suicidaire à ce point, quoi que pour le coup je doute que tout ce que tu as pu me réserver ne me tueras pas. Il fit une pause, hochant la tête d'un air entendu avant de reprendre : J'ai vu aussi tes collègues... Charmants, vraiment. D'ailleurs, je me trompe ou vous étiez ensemble à Poudlard ? Tous dans ta tranche d'âge, on dirait une réunion des anciens étudiants, c'est d'un comique ! Alors comme ça, tu as retrouvé tes petits amis ? Il fit une nouvelle pause, fixant le brun droit dans les yeux alors que son regard se fit plus sombre, plus menaçant : il sous-entendait bien des choses sous cette conversation banale, et son regard de prédateur combiné à son sourire trop satisfaits ne disaient rien qui valent. J'adoooore ton ami ! Le Londonien, celui qui parle tout le temps avec les mains; il est si drôle ! Tu lui as déjà parlé des créatures marines ? Oh, tu devrais essayer, il a de telles histoires on se croirait dans l'un de ces shows de comédiens réputés ! Il fut prit d'un bref rire avant de laisser planer quelques secondes de silence, de plus en plus affalé dans son fauteuil alors qu'il fixait toujours de son regard acéré l'enseignant face à lui. Et la petite blonde... Mmmh... Délicieuse ...! Enfin... Prends le dans le sens que tu veux. Je ne suis pas un monstre non plus.

Ces derniers mots prononcés, il lança un clin d'oeil tout à fait déplacé au maigrichon qui devait à présent bouillir de rage bien plus que trembler de peur, mais qu'importe. Il s'en fichait, ce n'était pas son problème. Au moins, l'avertissement était passé.

-Bon, maintenant qu'on a placé le contexte... Déshabille toi. Pause. Et bien quoi ? Allez ! Tu ne me crois tout de même pas naïf au point de penser que tu es venu sans sécurité ? Tss-tss-tss... En tous cas, je te conseille de t'exécuter, sinon, je devrais m'y prendre par moi même, et crois moi... Ca sera beaucoup moins agréable pour nous deux. termina-t-il en agitant sa baguette, une moue tristounette collée au visage. Tu vois ? C'est exactement pour cela que tu me dégoûtes. Toutes ces personnes voient en toi... Le gars sympa, drôle, bizarre et excentrique. Y compris tes amis les plus proches. Ils voient... Exactement ce que je vois actuellement. Un français mal coiffé qui se croit malin en se baladant dans des costumes moldus. Mais ils ignorent tous que sous ton manteau, tu caches ces armes prêtes et capable de tuer à n'importe quel moment, ou encore, une baguette prête à être dégainée. Tu as tué des hommes... Et des femmes, et tout ce que tu trouves à faire c'est tout enfermer dans une boîte que tu espères ne plus jamais rouvrir. Mais voilà qu'une vieille connaissance vient dans le coin que tu rouvres la boîte et te saisit sans tarder du pieu que tu as laissé trainer dans la poussière. Pause. Plus hypocrite, on ne fait pas. Il souffla, puis, le vampire prit une profonde inspiration en indiquant d'un geste de tête les vêtements que l'autre portait encore : Et bien ? Tu es sourd ou quoi ? On se déshabille et plus vite que ça !
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MessageSujet: Re: Bloody longing   Lun 15 Aoû - 21:34




Bloody Longing
Bloody Longing

Placés chacun à un point de la pièce, les deux vieux ennemis se jaugeaient. L’échevelé scrutant les pensées de l’autre qui l’évaluait. C’était une chose étrange que d’être dans la tête d’un vampire, que de sentir l’odeur âcre de sa propre peur et d’entendre les percutions affolées de son propre cœur comme du point de vue d’’un étranger. L’écossais ne s’en privait pas, agitant son esprit pour faire défiler de manière fugace les vieux souvenirs qui appuyaient sa réflexion. Des images brèves, qu’on aurait presque crû rêvées, du français ivre mort dans un bar ou observé depuis les détours d’une ruelle lors de moments que le brun avait lui-même oublié. Ludovic s’efforçait d’y puiser, de trouver dans ce flot continu quelque chose capable de l’aider, mais en dehors de l’image encore fraiche d’un corps à nu abandonné exsangue sur une table rien n’était assez clair ou précis pour lui apporter quoi que ce soit tandis que le mort lui, semblait se repaitre avec délice de toutes les informations que ses sens pouvaient lui fournir sur sa proie. Ils jouaient le même jeu en soit, si l’on oubliait le fait qu’un corps ne saurait mentir.

Soudain, le mangemort se mit à rire. Faisant freiner un instant les fouilles de Ludovic qui resta immobile, hésitant à reculer. Qu’est-ce qui l’amusait à ce point ? Lui ? Sa démence maladive ? Le brun s’efforça à ne pas réagir, attendant patiemment que le petit divertissement du fou dangereux se tasse. Il poursuivit pourtant, agaçant l’échevelé quelque peu qui finit par prendre la parole, coupant court à l’hilarité du vampire. Bien, quelque chose lui disait qu’à partir de là les événements allaient mal tourner. Sous le regard presque… écoeuré, mais plutôt indescriptible de son opposant, L’ancien Serdaigle abaissa sa baguette ; se gardant bien de la ranger tant que l’autre conserverait la sienne au cas où il aurait eu à l’utiliser. Etonnant, sans aucun doute, il n’y avait pas si longtemps le français ne se serait pas gêné pour se jeter sur le mort jusqu’à être certain qu’il ne pourrait réellement plus se relever. Cependant, depuis, les choses avaient changées, et Morgan Winterfield avait bien faillit le tuer. De quoi vouloir miser sur la prudence, surtout lorsqu’on avait de nouveau des choses à perdre. De son côté, le vampire ne l’entendait pas de cette oreille.
Ludovic ne broncha pas, toujours planté devant la porte, il écouta l’autre bavassé, le narguer, arguer qu’il suffirait de tourner la tête pour que le français essaye encore de le tuer. Le pensait-il donc aussi bête ? Le brun ne répondit toujours pas alors que son ennemi lui rappelait la première fois où il avait tenté un duel à mort, refermant simplement un peu plus sa main sur sa baguette, le visage dur, semblable à du marbre, alors que dans sa poitrine son cœur battait toujours aussi vite. Il y avait pensé bien sûr à ce fameux sort, souhaitant durant longtemps qu’il atteigne enfin sa véritable cible, mais, là encore, depuis beaucoup de choses avaient changées et il était clair qu’on ne pouvait pas tuer un vampire à coup de sorts. Du moins pas de ce  genre. L’air toujours impassible, le brun écouta la suite des vantardises de l’écossais. Ironisant sur Poudlard, se moquant de la prétendue gloire qu’il devait s’imaginer que le français tirait d’y avoir été une nouvelle fois accepté et le narguant sous prétexte d’avoir réussi à pisser sur ses plates-bandes. Pitoyable.

— Tu te surestime Morgan, rétorqua calmement le français alors que l’autre faisait une pause après avoir marmonné des réflexions sur d’éventuelles protections. Ma vie ne tourne pas autour de toi.

Le brun n’en ajouta pas plus, laissant le reste des menaces et moqueries couler sur lui. Ne pas se laisser distraire ni emporter. La clef du succès. Cependant, l’écossais non plus ne se laissa pas distraire, poursuivant sur une petite description des vieux amis du maigrichon qui, enfin, parvint à lui tirer une réaction. Non pas à cause du fait qu’il ait pu les voir ou les espionner, mais plutôt à ces quelques mots sur Jon qui lui laissaient facilement entendre qu’ils s’étaient déjà parlés. Piqué au vif, le brun dressa soudain sa baguette en direction de sa cible, se retenant de justesse de lui jeter un stupefix. Passait qu’il le critique ou le menace, mais la simple idée que ce serpent à sornettes puisse s’être approché de ses proches suffisait à le révolter. Ainsi, si le professeur rabaissa un peu sa baguette pour ne plus menacer le mort ambulant, l’idée de la ranger ne lui semblait plus aussi bonne qu’avant. Il devait le tuer, depuis le temps c’était devenu vital, mais pas maintenant, pas n’importe comment. Le brun s’efforça de se calmer, quelque peu rassuré par les sous-entendus de l’autre sur le côté « délicieux » d’Aidrian. S’il semblait penser qu’il y avait plus d’une façon de l’interpréter c’était qu’il la connaissait bien mal. Cependant, aussi préparé qu’il aurait pu l’être, rien ne l’aurait fait s’attendre à l’ordre que lui donna le mangemort lorsqu’il changea de sujet. Se déshabiller ? Pardon ?

Les yeux ronds, quelque peu prit de cour par s’être requête pour le moins saugrenue, le français abaissa un peu plus sa baguette, se demandant dans quel genre de piège il s’était encore fourré. Semblant saisir sa question, le vampire se justifia bientôt, expliquant comme une évidence que cela n’était que pour le fouiller. Bien entendu. Avec les fous on ne savait jamais. Ludovic reprit une expression plus neutre, écoutant la suite des commentaires du mangemort. Que croyait-il faire en lui disant tout cela ? Le blesser ? Le ramener à la réalité ? Mais c’était autant de choses que le français savait déjà, autant de parties de ce masque soigneusement composé qui le suivait à vie et, loin de l’offusquer, ces remarques ne firent que lui confirmer qu’avec cet homme au moins, il pouvait jouer franc jeu. Laisser tomber le costume et faire voler les cartes. Il n’y avait bien qu’avec ses ennemis que l’on pouvait se permettre des choses comme celles-là.
Lorsque l’autre eut terminé, le français laissa planer un silence par pure provocation avant d’afficher un léger et mauvais sourire en coin. Adoptant un air égal, il fit lentement glisser son manteau le long de ses bras, dévoilant un pieu attaché à sa ceinture par une sangle. D’un geste nonchalant, il balança le vêtement à l’autre bout de la pièce puis glissa sa baguette dans la poche arrière de son pantalon pour récupérer l’arme qu’il balança par terre. L’objet avait à peine percuté le bois du parquet que le brun s’activait encore pour glisser les doigts sous sa ceinture afin d’en tirer un second pieu callé dans le creux de ses jambes. Ce dernier rejoignit bien vite son prédécesseur par terre avant que son ancien propriétaire glisse sa main sous son col pour retirer sa cravate, découvrant un crucifix attaché à une chaine qu’il fit passer au-dessus de sa tête. L’échevelé laissa pendre un instant la petite croix ornée au-dessus du vide avant de la laisser tomber à son tour pour la repousser du pied. Relevant les yeux sur le mangemort pour le fixer avec cette même neutralité vaguement amusée qui ne l’avait pas quittée, le brun défit le bouton à son poignet gauche pour remonter sa manche, bloquant un peu lorsque le tissu s’accrocha aux sangles de cuir qui lui cerclaient l’avant-bras. Il abaissa le poignet pour que le vampire puisse voir ce qu’il faisait et retira le nouveau pieu, fin comme une baguette, de son fourreau, ne laissant plus que la trace noir du serpent tatoué sur sa peau. Les yeux toujours braqués sur l’écossais, l’homme laissa choir cette dernière arme et remit sa manche en place avant d’écarter les bras comme un prisonnier qui se rend.

— Tu me déçois Morgan, fit-il. Je pensais que tu avais un peu plus de sens de la mise en scène que ça. Et peut-être un petit peu plus de confiance envers mes intentions, ajouta-t-il en esquissant une vague moue. J’en ai un autre à la cheville droite. Tu veux t’en charger ?




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Pour tout ce qui est proche ou présent ; et si nul ne vient nous parler, nous ignorons tout de l'état humain.
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MessageSujet: Re: Bloody longing   Lun 15 Aoû - 21:36



Bloody longing

Ludovic Descremps x Morgan Winterfield

Alors comme ça, il se surestimerait hein ? Oh... Quelle drôle d'idée.
Tandis que l'autre lui fit cette brève critique, affirmant pour étoffer que toute se vie ne tournait pas autour du mort vivant, un sourire fendit à nouveau le visage de ce dernier bien qu'il ne sembla donner suite ni à un rire comme il avait pu le faire plus tôt, ni même à un quelconque commentaire. Bien sûr qu'il savait que l'autre ne réfléchissait pas sa vie en fonction de son existence et de sa menace, et bien que quelque part ça le décevait presque que ce ne soit pas le cas, il savait déjà qu'il avait changé bien assez de choses dans la vie du français pour pouvoir se vanter avoir une place de choix et surtout unique dans les connaissances du mortel. Après, l'un n'empêchait pas l'autre, et pour être tout à fait sincère, il ne faisait aucuns doutes que le vampire drapé dans son égo et sa fierté légendaire se surestimait bien plus qu'il n'oserait l'admettre. Mais il avait ses raisons, et bien qu'il était totalement dépassé sur certains points, il y en avait d'autres où même son estime surdimensionnée n'atteignait pas la réalité, comme par exemple, sa force surhumaine, le danger réel qu'il représentait, sa longévité accrue ou, pire, à quel point le corps qu'il trainait depuis longtemps maintenant était dans un état pitoyable.
Car il n'y avait aucuns doutes là dessus, il était un prédateur, dangereux, cruel et instinctif qui l'emporterai sur une bonne majorité des sorciers de Grande-Bretagne. Ses réflexes aiguisés par la mort dans laquelle on l'avait forgé n'avaient d'égal que chez ses compatriotes ou chez certaines bêtes féroces, sa force brute assommait sans mal et tuait avec encore plus d'aisance, quant à sa magie... Une magie noire, sombre, qui vrombissait dangereusement au moment même où elle agissait et dotée d'une puissance malsaine qui le brûlait de l'intérieur. Cela lui arrivait parfois, quand il se réveillait et se retrouvait surpris de voir un bout de sa chaire noire, dure, comme s'il avait littéralement pourri pendant la nuit. Puis, il guérissait, sans doutes l'avantage d'être un vampire, mais chaque fois, cela prenait plus de temps, toujours plus... A croire que toutes ces peintures et cicatrices qui lui couvraient le corps aux extrèmes n'étaient plus que de simples symboles pour le mort, mais de véritables plaies qui, bien qu'elles lui apportaient une force nouvelle, viendraient sans doutes bien plus vite à bout de lui que le sorcier qui lui faisait face actuellement.

Lorsqu'il lui ordonna de se déshabiller, les yeux du français s'arrondirent tant et si bien que Morgan cru bien que ces derniers allaient rouler hors de leur orbite jusqu'à terminer au sol, et ce, au sens propre du terme, et à vrai dire, c'était assez amusant de le voir aussi déstabilisé pour au moins une seconde. C'était plus difficile qu'auparavant, mais d'autant plus gratifiant. Après tout, il l'avait bien vu réagir lorsque l'autre avait compris à quel point il avait pu s'approcher de son Astronome d'ami, quant à la blondinette, il ne semblait pas réaliser à quel point Morgan faisait sur la durée... Mais ce n'était pas son problème. Enfin, dans tous les cas, le vampire prit un plaisir malsain à développer son idée de base à haute voix avant d'adresser à l'autre une critique, elle, d'autant plus sérieuse. Car lui même avait beau avoir bien des défauts, il avait la qualité d'être sincère, et parfois, bien plus qu'il ne le fallait.

Suite à son dernier rappel qui ordonnait au brun de se déshabiller sans plus tarder, il eu un silence. Un trop long silence durant lequel le sourire qu'affichait le vampire s'étiola un peu tandis que le sorcier, lui, semblait prendre de l'assurance, une lueur nouvelle s'allumant dans son regard alors qu'à son tour, un rictus mauvais ne déforme ses lèvres : les masques étaient tombés.

-Enfin... tu joues cartes sur table. lâcha l'ancien Serpentard, ses lèvres s'étirant un peu plus dans un sourire satisfait de voir enfin son ennemi tel qu'il était vraiment.

Alors, Ludovic laissa glisser son manteau au sol avant de commencer à révéler unes à une les armes qu'il avait caché sur lui, soutenant le regard de son "hôte" d'un air provocateur qui, aux yeux du mort, lui allait bien mieux. Mais cette victoire presque trop facile laissait un goût amer à Morgan qui ne pouvait empêcher son rictus de ressembler un peu trop à une grimace effrayante, à mi-chemin entre le dégoût, la frustration ainsi que l'amusement. C'était trop facile pour le coup, et la résistance lui manquerait presque.
Car ce qu'il venait de dire était vrai. Il y avait songé de nombreuses fois depuis qu'ils se connaissait, dés la première fois d'ailleurs, il lui avait toujours semblé que ce faux air accueillant n'était qu'une insupportable façade qu'il s'était mis en tête de briser un jour. Ca l’insupportait, lui donnait envie de vomir...
Et là, dans cette petite pièce d'une vieille maison en ruine, se tenaient deux hommes ennemis de toujours. Chacun fixait l'autre de ce même regard si mauvais et si provocateur qu'ils ne pouvaient même voir la plus simple des évidences, tous deux se haïssaient, du plus profond de leur coeur, et bien que l'un des deux s'était arrêté de battre depuis longtemps, il semblait pourtant évident qu'en ce jour, les deux hommes se ressemblaient plus que jamais.
L'un provoquait, l'autre n'en démordait pas, chacun essayait de jouer au plus malin tout en gardant ce qui lui servait de fierté et d'égo comme une ultime barrière à ce que son adversaire aurait pu lui faire faire ou lui dire. Et chacun des deux hommes tremblait de cette adrénaline, cette excitation, cet appel de la mort... Ils jouaient avec le feu, chacun le savait, mais pour rien au monde ils n'auraient reculé. Il fallait aller jusqu'au bout, quelle que soit la destination de cette expérience là, et ils savaient aussi tous deux que cela n'allait certainement pas se finir avec une étreinte amicale. Ou sinon, cela aurait été un autre genre d'étreinte. Du genre.. Avec un peu plus de sang, et un pieu dans le ventre aussi. Par exemple.

Morgan respirait lentement, fixant l'autre intensément alors qu'à nouveau sa bouche légèrement entrouverte lui faisait percevoir la situation avec d'autant plus d'intensité. Cela l'excitait c'est vrai, il n'allait pas se mentir, il adorait ça. Et retrouver enfin un némésis à sa hauteur... C'était grisant. Quelqu'un qui le détestait sûrement plus que n'importe qui d'autre, c'était très rare, et très difficile à trouver ! Alors, quoi qu'il se passe ce soir, il n'avait pas la moindre intention de le tuer. Lui faire mal, très mal... Oui, à la limite, s'amuser un peu, oui, aussi, mais le tuer... Pas ce soir, non. Il avait d'autres plans.
Puis, Ludovic se redressa, écartant les bras dans une nouvelle provocation qui fit doucement monter de la gorge du vampire un grondement d'excitation avant de lâcher à son tour quelques critiques bien que plus légères qui étirèrent encore plus les lèvres du prédateur, penché sur son siège. Amusante comme remarque... Vous ne trouvez pas ?

-Ow... Intéressant, alors comme ça je te déçois ? Il faudra m'excuser, je ne pensais pas que tu attendais quoi que ce soit de moi, et je pense qu'il vaut mieux être trop prudent que pas assez. Surtout avec quelqu'un qui veut notre mort. Enfin, ça me fait plaisir, tu sais ? Maintenant que tu te décides enfin à te montrer sous ton vrai visage, on va pouvoir passer aux choses sérieuses. Il sourit un peu plus, ne détachant pas ses yeux si fixes qu'ils en étaient impressionnants des pupilles de l'autre. Enlève ce que tu as à la cheville. ordonna-t-il gravement.

Il attendit que l'autre ne s'exécute, jetant un regard amusé à tout ce qu'il lui avait préparé -bien qu'il faille noter son air de dégoût lorsque son regard s'arrêta sur le crucifix- avant de lever sa baguette, s'apprêtant à lancer un sort.

-Ne t'en fais pas, je ne compte pas te tuer, moi. Enfin, pas ce soir.

D'un geste vif, il fit s'élever dans les airs les multiples armes afin de les jeter de l'autre côté de la pièce, sur sa gauche, les envoyant s'écraser bruyamment contre le mur croulant avant d'incanter un rapide "Finite Incantatem" pour éviter tout mauvais piège. Comme il venait de le dire, on n'est jamais trop prudent...

-Nous y voilà... souffla bassement le vampire en se levant enfin de son trône improvisé, sa baguette toujours fermement tenue dans sa main tandis que sur son visage, on pouvait aisément deviner l'expression un peu folle de son exaltation. Lentement, à grandes enjambées presque royales, l'homme s'approcha de l'autre en faisant tourner son unique mais suffisante arme entre ses doigts, l'observant de haut en bas un sourire carnassier aux lèvres. Dis moi... Tu fais toujours ce truc... Là, avec ta tête ?

Il tapota de l'index sa propre tempe, fixant l'autre droit dans les yeux et ce malgré le fait qu'il était clairement plus petit. Mais sa taille n'avait jamais été un problème, il réussissait toujours à compenser, et à croire la lueur un peu folle qui brillait actuellement au fond de ses yeux, on pouvait aisément comprendre la raison pour laquelle personne ou presque ne faisait plus attention à sa taille.

-Comment ça s'appelle déjà, hum ? La... la... La legilimencie ! Oui, bien sûr ! Un air d'illuminé éclaira son visage un instant, puis, soudainement, son visage se fit plus sombre, et en moins d'une seconde il tenait fermement d'une main la tête du français, la collant contre la sienne, front contre front, les yeux dans les yeux, tandis que son autre main visait à l'aide de la baguette les côtes de l'homme... Juste au cas où. Sors de ma tête. gronda-t-il sombrement. Sors tout de suite de ma tête.

Puis, son visage fut à nouveau éclairé d'un large sourire effrayant tandis que le fou faisait passer dans son esprit des souvenirs récents, très récents voir trop récents de scènes qu'il avait particulièrement apprécié, ce qui ne serait probablement pas le cas de son partenaire de jeu. Deux corps se chauffant l'un l'autre dans une danse répétitive, des allées et venues qui lui brulaient l'entrejambe dans une douce sensation de perdition tandis que, contre cette peau froide commençait à dégouliner ce merveilleux liquide qu'était le sang. Chaud comme jamais, il léchait avec délice ce corps merveilleusement fait, ou du moins, il se l'imaginait. Mais c'était si fort, si récent, qu'il semblait encore à l'écossais avoir le goût si plaisant du sang sur la langue. Puis, la soirée s'accéléra, et le corps adverse faiblit, il songea précisément à ce coeur à deux doigts de s'arrêter tout en éprouvant cette satisfaction malsaine, puis des dizaines d'autre corps se tordant de douleurs sous les assautes de sa baguettes, du sang, des morts, des cris... Et ce, alors que, dans une toute autre réalité, il tenait toujours aussi fermement le crâne de sa prochaine victime contre le sien.

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MessageSujet: Re: Bloody longing   Lun 15 Aoû - 23:17




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Ludovic aurait presque rit de la lente décomposition du visage de son ennemi lors de son silence s’il n’avait pas été si appliqué à conserver un air d’impassibilité. C’était jouissif en un sens de voir que l’autre s’énervait encore si facilement de le voir gâcher ses élans d’autorité, mais lorsque le sourire mauvais du français apparu, comme pour remplacer celui qui avait quitté l’écossais, le brun ne le conserva guère longtemps. Il n’était plus caché derrière son masque, certes, mais tous deux l’avaient compris et ce n’était pas la peine de l’entendre répéter. Aussi le brun détourna-t-il la tête une seconde, l’air lassé et plein de dédain, presque vexé, avant de faire ce à quoi l’autre s’attendait le moins : obéir.
Là encore la réaction du mort avait de quoi amuser. Le petit vampire presque déçu que son jouet n’ait pas davantage résisté, mais Ludovic n’avait pas de temps à perdre avec ces enfantillages. Couper l’herbe sous le pied, casser les élans lyriques de ses opposants, pour cela, il était très doué.

Le brun leva bientôt les mains, provoquant une vive réaction dans l’assistance avec une simple et brève réplique. Mais tandis que le seul spectateur répondait, le regard de l'échevelé se fit plus sombre, ne se détachant des pupilles du cadavre ambulant que lorsqu’un bref mouvement du côté de la  baguette de l’autre attira son attention. Trop facile. Le français laissa filer un soupir, fermant les poings et rabaissant ses bras en hésitant longuement à obéir. Une machine à tuer armée jusqu’aux dents face à un peu de fierté ? Il y avait de quoi avoir du mal à se décider. Pourtant, le maigrichon fini par se baisser, remontant rapidement le bas de son pantalon pour se débarrasser du dernier pieu de bois, presque aussi fin qu’un clou. Il se sentait bien un peu nu à présent, mais il n’avait pas mentis. Tout y était passé, il ne cachait plus rien, du moins, en dehors de ses mains. Peut-être aurait-il dut courir le risque de garder quelque part une arme secrète à user en dernier recours, mais il aurait suffi que l’autre la découvre pour que les conséquences en soit terrible. Autant jouer carte sur table et lui montrer tout ce qu’il avait apporté. Baissant légèrement les yeux, le brun suivit du regard le mouvement de ses plans de secours qui filaient à l’autre bout de la pièce, crispant un peu plus les poings sans pour autant chercher à les rattraper. A quoi bon ? Se faire tuer ? Au lieu de cela, il resta immobile fixant de nouveau l’autre droit dans les yeux tandis que ce dernier lançait un sort pour s’assurer d’avoir écarté tout danger. Sans réaction.

Le vampire s’approcha bientôt, désormais satisfait, avec cette même attitude de prétention qui irritait tant le français. Ce n’était pas parce qu’on était con qu’il fallait en faire profiter les autres. Le petit homme approcha encore, jusqu’à n’être plus qu’à quelque pas de son opposant. Ludovic ne bougea toujours pas, se contentant de reculer la tête avec un air dégouté, les yeux baissés pour les garder plantés dans ceux de l’autre, mais lorsque ce dernier commença à faire allusion à son talent caché, le brun sut vite que le rapprochement allait mal tourner.

En un éclair, une poigne de fer avait saisi sa tête, plantant les ongles dans sa chaire avec une telle force que le brun crut un instant que sa nuque allait lâcher. Son cœur de nouveau emballé, l’homme écarquilla les yeux de terreur, alors que l’autre collait son front contre le sien. Cherchant à s’échapper, le brun s’affaissa légèrement, pliant les genoux pour tenter de se dérober hors de portée de cette « étreinte » en se laissant glisser. L’étau ne céda pas, informant sans peine sa victime de la force brutale du monstre qui l’avait saisie. Tout aussi vite, une sensation douloureuse naquit dans ses côtes là où le prédateur venait de placer sa baguette, lui coupant toute retraite. Le regard affolé, le legilimen planta les yeux dans ceux de l’écossais, luttant encore alors que dans l’esprit de l’autre se formait une image bien plus nette que toutes les précédentes et qu’un nouvel ordre grondant résonnait dans la pièce. Un corps nu dansait désormais devant lui, l’excitant dans une chaleur enivrante alors qu’il flottait dans l’air comme une odeur puissante. Le français ferma les paupières une seconde, ruant encore plus fort vers l’arrière pour tenter de se dérober à la poigne qui tenait toujours bon.  Couper le lien était hors de question. Lire dans les pensées de l’autre était bien le seul avantage que le français possédait face à monstre pareil. Malheureusement sa tentative ne fut soldée que par élan plus fort du corps qui s’agitait contre le sien dans ses pensées alors qu’un intense goût métallique lui emplissait la gorge comme s’il allait s’en étouffer. Un goût unique délicieusement plaisant sur le palais de l’écossais, mais qui ne faisait que l’écoeurer. L’action s’accéléra sous la respiration toujours plus forte et précipitée du legilimen qui luttait encore pour garder les yeux ouverts. Hélas, sa résistance ne dura pas et bien vite ses paupières se fermèrent, alors que sous ses reins le temps de la jeune femme prenait fin dans une sensation de toute puissance qu’il perçu à peine tant la peur qui lui nouait désormais les tripes était prenante. Ludovic fronça les sourcils, serra les dents, le corps tremblant, s’efforçant de retenir les souffles de horreur qui filtraient parfois entre ses lèvres. Il allait mourir, l’autre allait le tuer et si ce n’était pas lui qui le faisait la peur s’en chargerait. Le brun ne cherchait même plus à rouvrir les yeux, s’agitant comme de douleur entre les doigts serrés du vampire sans parvenir à lui échapper. Dans sa tête défilait toute une galerie de morts, de victimes, de conquêtes aux destins plus ou moins sordides. Là une personne sacrifiée pour un rituel, là une famille de moldus massacrée. Ludovic serra davantage les poings, sentant une rangée d’échardes s’enfoncer dans sa paume. Prêt.

Presque sans réfléchir, le brun rouvrit les yeux, faisant vivement basculer son bassin, le décalant comme dans un pas de danse pour s’esquiver de la menace qui lui taquinait les côtes en se collant soudain contre le corps de l’autre pour plaquer sa main droite sur la nuque de l’opposant, faire jouer l’objet de bois pointu serré entre ses doigts et, d’un geste, planter l’un avec l’autre. Le mouvement avait été rapide, dirigé droit vers le coeur, sans doute pas assez vif pour un vampire, mais tout de même très honorable. Le pieu tantôt invisible qu’il avait gardé discrètement caché au creux de sa main depuis son arrivée s’était enfoncé jusqu’à la moitié de sa garde dans le corps de sa victime. Le français lâcha un souffle à la fois choqué et soulagé. Il n’aurait jamais cru qu’il serait si facile de l’enfoncer. La paume toujours plaquée sur la garde de bois à peine remise dans son nouveau fourreau, le mortel tenta de se reprendre, d’assimiler l’information alors que ces gestes répétés des heures durant s’étaient enchainés à la perfection. Tout cela en moins de quelques secondes ! Un coup unique ! Mais alors qu’il se demandait curieusement s’il n’aurait pas mieux fait d’opter pour un pieu en argent, Ludovic prit soudain conscience de la distance entre sa main toujours sur l’arme et les côtes de l’écossais qu’il devinait sans peine maintenant qu’il s’y trouvait collé. Trop haut, trop près ; dans un infime battement de cœur affolé, il sut qu’il l’avait manqué.




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MessageSujet: Re: Bloody longing   Mar 16 Aoû - 0:34



Bloody longing

Ludovic Descremps x Morgan Winterfield

Il tenait toujours aussi fermement le crâne du français contre le sien, il savait ce qu'il faisait, et il ne comptait pas à l'autre laisser une occasion aussi évidente d'échapper à son premier jeu. Alors, il forçait, il raffermissait sa poigne en sentant ses ongles s'enfoncer dans le crâne de l'autre, loin dessous sa chevelure dense. D'ailleurs, Morgan avait toujours apprécié le mythe du vampire cruel et tombeur qu'avait créé Dracula chez les fans de surnaturel du côté des moldus, et non seulement ces derniers étaient une excellente source de sang, mais de plus, certains étaient honorés de se faire saigner pour lui, de vrais moutons ! Alors, pour accentuer l'image, l'écossais s'était laissé pousser les ongles de sorte à les avoir un peu plus long, et il s'avérait que dans ce genre de cas, ces petites choses avaient une utilité bien plus que décorative : elles faisaient peur. Et là, elles faisaient mal.
Mais actuellement, il ne s'en préoccupait pas, occupé à revivre dans sa propre tête des souvenirs les plus enivrants les uns que les autres, un large sourire découvrant sa folie collé aux lèvres tandis qu'un rire grave s'élevait lentement de sa gorge, peu à peu amplifié par la puissance de son imagination.

Puis, le noir.

Une seconde du moins.
Morgan sentit soudainement une fulgurante douleur le prendre au coeur, le foudroyant sur place et lui coupant net tous rires, tous sourires, et même sa respiration. Pendant plusieurs secondes, l'homme tenta d'inspirer à nouveau, alors que sa gorge bloquait purement et simplement tout l'air qu'il tentait en vain d'aspirer. Bien vite, il tituba, se décrochant du français avant de basculer dangereusement vers le sol et bien qu'il retrouva son équilibre in extremis, il ne put empêcher son regard de se voiler d'une franche terreur face à ses poumons pris de convulsion et sa gorge qui ne laissait passer que des bruits sifflants. Il n'allait pas s'asphyxier là, tout de suite quand même ? Nan, il était plus résistant que ça... Allez !
Vivement, le vampire baissa la tête sur le fin mais redoutable bout de boit planté dans sa poitrine, le saisissant fermement d'une main avant de le retirer brusquement d'un large en prenant enfin une profonde inspiration trop sifflante comme s'il venait tout juste de sortir d'une longue apnée. Se redressant tout à fait, à présent presque parfaitement droit alors que de sa plaie ouverte s'écoulait abondamment le sang, le vampire leva lentement la main pour toucher cette dernière, observant une seconde le sang sur sa main avant de lécher son pouce tandis que cette fois, il riva son regard plus noir que jamais sur le mortel qui venait de lui asséner ce coup, un sourire carnassier et qui ne présageait rien de bon lui étirant les lèvres d'un air mauvais.

-Alors là, mon gars... Tu viens de faire une énorme erreur.

Et soudain, sans prévenir, le vampire fit un brusque pas en avant avant de donner une puissante giffle au français en un large geste tout en se retournant, le projetant durement en arrière alors que l'agresseur, lui, semblait s'amuser de cette violence et ne paraissait pas prêt de s'en tenir à cela. Il fit craquer ses phalanges, s'étirant la nuque alors que sa respiration difficile grondait, sifflait, faisait monter en sa gorge un grognement annonciateur.

-Leçon numéro une : on ne tente jamais de tuer son ennemi... Tant qu'on est pas sûr de son coup !

A nouveau, Morgan frappa le gringalet, mais du poing cette fois alors que, au moment du choc, un craquement siniste se fit entendre. Mais pour une fois, il n'y prêta pas attention. Il ne le tuerait pas, il le savait. Malgré les apparences, c'était un dur à cuire, et à ses yeux cela ne signifiait qu'une chose : il allait pouvoir s'amuser d'autant plus. Alors il ne privait pas, y mettant toute sa force pour faire clairement comprendre à l'autre qu'on ne se moquait pas de lui de la sorte. L'odeur du sang lui montait à la tête, l'ennivrant quand bien même c'était le sien, l'adrénaline répondait présente aussi et réussissait à le faire tenir debout malgré l'intense brûlure qui lui perforait encore le poumon, et il se sentait tout puissant. Il n'avait plus de raisons de se retenir maintenant, il le punirait, puis il se parleraient.
L'écossais cracha gracieusement une bonne giclée de sang qui lui remontait dans la bouche, s'essuyant cette dernière du dos de sa main déjà ensanglantée tant et si bien qu'il fini bientôt par être totalement barbouillé de rouge. Et il avançait toujours, lent mais décidé, son regard de rage irrémédiablement fixé sur le maigrichon qui subissait ses coups. Puis, il arriva enfin à un pas de l'homme, poussant sur ses jambes pour le saisir d'une main au cou puis de s'avancer vivement jusqu'au mur d'en face où il bloqua le français, appuyant sur sa nuque tandis qu'il se servait de cette prise pour le soulever un peu. Il avait faillit s'asphyxier, là, avec ce pieu dans le coeur, à son tour de voir ce que cela faisait.

-Ca va ? T'as bien préparé ton coup ? Le vampire sourit d'autant plus, ce même air carnassier au visage avant qu'il ne crache à nouveau une belle quantité de sang sur les vêtements de sa victime. T'en es fier j'espère hein ?

Et sur ces mots, il colla un nouveau poing dans le ventre du brun, lâchant un bref rire de satisfaction tandis qu'il arracha la baguette des mains du sorciers avant qu'il ne lève les yeux pour observer le visage du français prendre une teinte rougeâtre... C'est dingue à quel point il aimait cette couleur.

-Oh, excuse moi, tu veux respirer peut-être ?

Et sans plus de précautions, il lâcha brûtalement l'autre qui alla s'écraser mollement au sol sous le regard pas encore rassasié de son assaillant. Est-ce qu'il avait payé sa peine ? Etait-ce assez comme punition ? Après tout, il ne voulait pas non plus le casser... Pas dés la première fois. Mais une autre question s'imposa d'elle même dans son esprit tandis qu'il réprimait un gémissement de douleur alors que tout son coeur lui commandait de se pencher, de se tordre, en bref, de trouver une position qui le ferait moins souffrir : est-ce que son poumon était toujours perforé ? Et la réponse s'imposait d'elle même.
Il lui en fallait plus. Plus de violence, plus de sang, plus de vengeance. Il devait comprendre.
C'est pourquoi le vampire ne tarda pas à reprendre ses coups, donnant de rapides coups de pieds dans le ventre, le dos, les côtes de sa victime. Ils étaient brefs, moins puissants, mais répétés, insatiables, acharnés, tant et si bien que Morgan en perdit vite le compte.

-C'est bon ?! rugit l'écossais en crachant à nouveau du sang, son visage ne reflétant que rage et haine profonde. T'as eu ton compte !? Ou t'en veux encore ?

Et sur ces derniers mots, il fut pris d'un nouveau rire bref, s'écartant d'un pas en esquissant un sourire des plus malsain avant de faire ce qu'avait fait l'autre juste avant de lui planter un pieu dans le coeur : il écarta les bras, défiant du regard le français encore entier.
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MessageSujet: Re: Bloody longing   Mar 16 Aoû - 4:03




Bloody Longing
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Le vampire s'était tut. Son visage déformé par une grimace d'incompréhension. Le coup lui avait fait mal, très mal, transperçant une bonne partie de son poumon. Ludovic pouvait le lire dans sa tête, le voir dans ses yeux, sentir le souffle coupé de l'écossais lentement l'inquiéter. Pourtant, plutôt que de s'en réjouir, le brun lui aussi continuait à paniquer. Toujours bloqué, l'échevelé se débattait désormais mollement, cherchant à s'échapper bien sûr, mais presque timidement, comme s'il aurait plutôt préféré se faire oublier. Le mortel le savait, avec un vampire, vous n'aviez pas le droit à une seconde chance. Une fenêtre de tir, une seule munition et il venait de gâcher sa seule et unique occasion. Il n'était pas passé loin pourtant, à quelques centimètres près, quelques millimètres à peine... quel gâchis.

Le cadavre ambulant recula soudain, vacillant alors que sa fraiche blessure avait maculée la veste de son assaillant d'une large tâche vermeil. Jusqu'à quel point un vampire pouvait-il saigner ? Pouvaient-ils périr de ce genre de blessure ? Durant un instant, le français se mit à espérer, reculant à toute vitesse de son côté avec le visage livide, espérant de tout son coeur que le coup n'avait pas raté. Mais il le savait, même davantage que le sorcier désormais plié en deux qui s'efforçait en vain de respirer. Tirant sa baguette, Ludovic tourna la tête, cherchant à profiter du très bref lapse de temps que la douleur du mage noir lui laissait. Une seconde, c'était parfois assez pour survivre. Le brun hésita à peine, tournant la tête en direction du reste de ses pieux entassés en coin dans un angle de la pièce. Seconde chance.

Adressant un dernier coup d'oeil au mangemort qui tentait de retirer le pieu, Ludovic s'élança en sprint en direction du tas d'armes. Courir pour sa vie, la peur donne des ailes... tant de choses qui lui aurait soudain semblé totalement justifié s'il n'avait pas eut la tête si vide pour se rendre plus léger. Foulée après foulée, la délivrance semblait s'approcher. Peut-être aurait-il dut faire demi-tour, prendre la porte pour s'enfuir ou même transplaner. Mais il n'aurait eut aucune chance de semer son chasseur à la course et il était hors de question de s'enfuir comme le lâche que le vampire avait été, tant d'années auparavant. Le brun y était presque, encore un demi-mètre, lorsqu'un immortel furieux lui barra le chemin. L'homme ralentit de justesse et une claque retentissante le heurta à la tête. Ludovic bascula, sonné par le coup alors que des points phosphorescents dansaient devant ses yeux. Il n'eut même pas le temps de tomber au sol que le vampire le propulsa en arrière, le faisant sans peine voler dans les airs avant qu'il ne s'écrase rudement sur le dos, les poumons vidés. Les yeux écarquillés, la bouche ouverte, l'échevelé tentait tout aussi furieusement de retrouver ses esprits que son souffle. Bouger, rester en mouvement, ne pas se laisser massacrer. Le maigrichon tenta de se faire rouler pour se relever. Mais à peine eut-il réussi à soulever sa tête que l'autre s'était rapproché, lui balançant un coup de poing dans la mâchoire qui jeta un voile noir sur les points lumineux.

Ludovic sentit son os se fissurer avant même d'en entendre le craquement, si violent à ses oreilles qu'il cru instant que c'était son crâne qu'on venait de broyer. Chaque fêlure dans sa mandibule lui faisant l'effet d'une trainée de feu alors que , dans une giclée de sang, il sentit une de ses prémolaires sauter sous l'impact et rouler sur sa langue comme une perle charriée par des vagues pourpres.
Le brun se laissa retomber à terre, se retenant tout juste de s'étaler tout à fait en s'appuyant sur son avant bras. La tête dodelinante, une pulsation vibrante martelant ses tympans, l'échevelé recracha sa dent dans une gerbe de salive et de sang que sa mâchoire abimée ne lui laissa même pas expulser proprement. Il souffrait, c'était un moindre mot. Sa bouche en feu envoyait des décharges douloureuses dans tout son crâne alors que sa vue elle-même n'en menait plus très large. Il était toujours vivant ? Comme si son propre sang ne suffisait pas, le vampire cracha bientôt à terre à quelques pas de ses pieds. Ludovic le regarda, encore sonné avant d'essayer de ramper dans sa direction. Ses armes étaient de l'autre côté, il allait falloir se glisser entre ses jambes. Naturellement, le français n'en eut pas l'occasion. Lui laissant tout juste le léger bonheur de retrouver sa vision, le mangemort plaqua ses mains sur sa gorge et le colla au mur ; ses ongles long lui faisant l'effet de crochets harponnant un poisson.

Ludovic était grand, fort heureusement, mais même ainsi il eut l'impression que ses pieds ne touchaient plus le sol. Ses poumons à nouveau vidés par le choc contre le mur, le brun ne réalisa même pas qu'il avait perdu sa baguette en chemin. Instinctivement, il plaqua ses mains sur l'étau qui lui compressait désormais la trachée, essayant de tirer sur les doigts pour les desserrer alors que ses pieds cherchaient désespérément un endroit où se raccrocher. Autant dire que dans toute cette agitation, il ne prêta pas grande attention à ce que pouvait bien lui dire l'écossais. Il suffoquait, produisant des gargouillis et des souffles hachés sans parvenir à émettre le moindre bruit. Tout son air se retrouvait bloqué dans sa gorge à faire vibrer la fine barrière de sa peau contre la paume serrée de son assaillant. Il n'arrivait plus à respirer. Une information simple que son cerveau n'était même plus capable d'assimiler. Seule restait la peur, faible écho qui lui tordait encore le ventre avant qu'un poing du genre de ceux capable de vous arrêter le coeur ne vienne s'y loger.

Ludovic toussa, se pliant brièvement en deux alors que son estomac faisait de son mieux pour encaisser le coup, faisant remonter un liquide chaud qui lui emplit rapidement la gorge. Le teint violacé, le brun laissa ses mains glisser, relâchant le bras qui s'était mis en tête de l'étrangler pour pendre mollement le long de son corps. Ses yeux roulèrent lentement pour disparaitre à demi sous ses paupières vaguement ouverte alors que son esprit confus lui renvoyait l'image trouble d'un homme couvert de sang qui suffoquait contre un mur.

La pression s'effaça soudain et Ludovic s'affaissa, heurtant le sol dans un bruit flasque. Sa gorge à peine relâchée, il se retrouva à vomir un flot de sang, plus sombre et chaud que le premier, avant de se mettre à tousser et cracher. Vautré à quatre pattes, le français écouta sa toux rocailleuse se faire peu à peu plus claire, réveillant la douleur toujours vive qui lui élançait la mâchoire en se tenant le ventre. La trêve commençait tout juste à lui être bénéfique que les coups reprirent de plus belle, plus réguliers et moins violent cette fois. Presque semblable à ceux qu'un humain normal pouvait donner. Bien sûr, cela faisait toujours mal, mais comparé aux précédents assauts qui aurait bien pu le tuer, cette déferlante de haine ne fit que l'effet d'une très grosse pluie sur le français. L'échevelé prit tout juste la peine de rapprocher ses bras et ses jambes pour protéger sa tête et ses parties intimes, toussant encore quelques crachats de sang à chaque fois que son ventre écopait. Cela commençait à ressembler à une mauvaise habitude.

L'écossais s'interrompit enfin, s'écartant dans un grand rire en laissant sa victime souffler. Le brun se redressa, la main toujours plaquée contre son estomac un peu enflé alors qu'un filet de sang maculait sans discontinuer son menton. La bouche entre-ouverte pour ne pas trop souffrir de sa fracture, l'homme adressa un regard noir à celui qui l'avait mis dans cet état, se crachant dessus à son intention pour toute réponse. C'était facile avec une force et des réflexes surhumains, mais lui aussi pouvait jouer à ce jeu-là, se venger, cogner. Le brun pivota, rampant à un rythme bien trop lent en direction des pieux. Il n'y avait qu'à en attraper un, le planter dans cette créature pleine d'orgueil et recommencer encore et encore jusqu'à ce qu'il n'arrive plus à bouger. Lui aussi pouvait le faire, il pouvait le tuer. De toute façon, partie comme il l'était, il n'y avait bien que ce destin fatal qui semblait lui tendre les bras. Autant en profiter. Il se voyait déjà agoniser sur le plancher, battu à mort si ce n'était pas saigné, mais, par Merlin, il aurait encore préféré mourir cent fois que de ne pas tout essayer pour entrainer cet homme là dans sa chute.




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MessageSujet: Re: Bloody longing   Mar 16 Aoû - 20:29



Bloody longing

Ludovic Descremps x Morgan Winterfield

Il ne s'était pas débattu, il n'en avait pas eu l'occasion. A peine Ludovic levait-il la tête que l'écossais le ruait d'un nouveau coup, plus puissant encore que le précédent. Il ne voulait pas le détruire, ni le tuer, c'est pourquoi il prenait tout son temps; non, il voulait juste lui faire mal. Lui faire peur, et lui faire comprendre son erreur. Rien de plus, il restait sage tout de même... Non ?
Non, à travers ses gestes, il  n'y avait pas que cet instant qui lui revenait en mémoire, mais, allez savoir si c'était l'effet de la legilimencie sur lui ou non, lui qui habituellement se recentrait si peu sur son passé se surprenait à se rappeler toutes ces altercations, toutes ces fois où cet homme lui avait bloqué la route vers celle qu'il avait autrefois aimée et protégée des années durant. Oh certes, il lui avait déjà fait payer ces actes, mais ce n'était jamais assez. Sans oublier que ces dernières années, il s'était contenté de rester là, à observer gentiment... N'avait-il pas eu suffisamment de repos ? Oui, bien sûr. Mais maintenant, il fallait redescendre de son petit nuage : la vie n'était jamais aussi simple que ça. Elle était dure, cruelle, et parfois même, injuste. Et ça, Ludovic semblait l'avoir oublié dans sa petite vie tranquille dans laquelle il s'était embourbé.

Et pour une correction, il venait d'en filer une belle au pauvre français qui se tordait de douleur par terre, encore roulé en boule dans une vaine tentative de se protéger des coups des son agresseur. Ce dernier avait d'ailleurs cessé ses assauts répétés, se reculant d'un pas avant de défier l'autre tout en ouvrant les bras, son regard sombre brillant de cette lueur folle qui le caractérisait tant. Ainsi, il attendit dans cette position plusieurs secondes, affichant son large sourire alors que ses poumons étaient secoués d'un rire silencieux. Mais bien vite, son rictus retomba, laissant place à nouveau à une expression sombre et dangereuse d'une rage nouvelle : l'autre tentait de s'enfuir. Ou du moins, de récupérer ces armes qu'il avait eu l'intention d'utiliser contre lui. Et c'était... Hors de question.
L'écossais se tordit en arrière, levant les yeux au plafond dans une moue désespérée en soupirant franchement, puis, d'un pas rapide mais néanmoins calme, le vampire s'approcha à grandes enjambées de l'homme qui rampait difficilement sur le sol qui craquait à chacun de ses mouvements, grinçant dans un bruit sinistre à chacun des pas du prédateur. Alors, Morgan se plaça face au français, s'accroupissant toujours parfaitement calme en retenant un gémissement de douleur bien que ses yeux brillaient d'une façon dangereuse, puis, comme pour d'autant plus le bloquer dans sa progression, il lui saisit fermement le menton d'une main afin de le lever vers lui, forçant ainsi sa victime à le fixer malgré tout.

-Dis moi, tu te carapates où comme ça ?

La bouche légèrement entrouverte, il huma un instant l'enivrante odeur du sang du français, se sentant vaciller sous l'excitation qui battait ses veines... Ne pas le mordre... Pas tout de suite... C'était tentant, utile, voir terriblement efficace mais... Mais peut-être qu'au final c'était une bonne idée ?
Le sourire du mage noir s'afficha à nouveau, laissant passer son souffle rauque et sifflant à la fois alors qu'il plantait son regard droit dans les yeux ambres de sa victime, l'observant avec dédain afin de mieux voir dans quel état il était. Depuis qu'il était devenu vampire, il avait appris qu'afin de mieux protéger son coeur ou sa tête, il vallait plutôt bien connaître le corps humain, même chose pour éviter de s'intoxiquer ou de boire n'importe quel sang et finir cloué au lit. Alors les os, les muscles, les organes... Il s'y connaissait, et étrangement, cela l'aidait autant dans son métier de soigneur que de Mangemort. Et là, il voyait clairement qu'il avait bien amôché son repas. Il devait avoir mal, oh oui... Peut-être pourrait-il l'aider ?

-Bon... Je ne comptais pas faire ça ce soir, j'ai même pris un en-cas avant de venir ! Mais... Il me semble que je vais être obligé de faire ça si je veux te tenir éveillé et que tu ne t'effondres pas sous la douleur.

Puis, d'une main, lente mais ferme, il retourna le brun qui était au sol, l'adossant au mur le plus proche avant, d'une main, lui tenir fortement le haut de la gorge tandis que de l'autre il s'empara du bras du français afin qu'il ne se débatte pas plus qu'il ne fallait, et enfin, il sortit les crocs, s'approchant lentement de la jugulaire de Ludovic avant de soudainement y planter ses dents.
Pendant une seconde, il sentit la résistance de la chair; cette dureté habituelle à toutes ces personnes qui n'avaient jamais subit de morsure telles que les siennes. Une douce résistance qui ne fit qu'accroitre son besoin de forcer, juste assez pour retrouver la prise cicatrisée qu'il avait laissée il y a des années de cela. Puis, le graal, enfin, presque. Le chaud liquide remonta lentement à la surface tandis qu'il aspirait contre la peau de sa victime, sentant vite la boisson amère lui remplir la bouche pour la seconde fois. Mais cette fois, contrairement à son propre sang, le goût était plus prononcé, moins fort certes, après tout, son propre sang avait un goût vraiment spécifique, mais là, il y avait bien plus de nuances, de différences, de senteurs... C'était difficile à différencier pour quelqu'un qui n'avait pas l'habitude, mais pour lui, c'était un jeu d'enfant. Alors que le sang de la jeune femme qu'il avait conquise un peu plus tôt avait un goût fade, trop léger à son goût, celui-ci était plus pétant, plus rassasiant... Il ne prêta pas attention aux réactions du mortel, profitant de l'instant avant finalement de s'en détacher au bout de quelques instants, restant tout juste à quelques centimètres de la plaie saignante pour en humer le fumet.

-Ressens moi ça... C'est agréable n'est-ce pas ? Il murmurait tout juste, tout proche de l'oreille du brun alors qu'il le tenait toujours fermement pour éviter toute rébellion, puis, sans tarder, il lécha les quelques gouttes qui s'écoulaient lentement des deux petits trous avant d'à nouveau y planter les dents. La douleur... souffla-t-il encore en levant légèrement la tête. La douleur s'amenuise... C'est comme... Une douce torpeur, est-ce que tu la sens ?

Et sur ces mots, il plongea à nouveau sur la plaie, léchant, aspirant, mordant tandis qu'une autre cible tout aussi intéressante attirait son attention. Et alors, lorsque l'écossais jugea l'autre assez las pour se laisser faire, il lâcha son cou pour saisir à nouveau son menton avant de foncer sur ses lèvres couvertes de sang et de jouer de sa langue avec tout ce rouge que sa bouche contenait.

-Ca va mieux, tu te sens mieux. chuchota-t-il entre deux actions, reprenant de plus belle entre chaque phrase. Tu vas mieux, tu as toujours mal, tu es toujours blessé, mais tu le sens moins, pas vrai ?

Sa voix résonnait dans le silence, basse, grondante, parfois elle faiblissait ou le vampire laissait échapper un gémissement de douleur face à son poumon souffreteux, parfois même il laissait échapper un filet de sang, mais il était là, bien présent, et savait jouer de ses capacités pour obtenir ce qu'il voulait.
Se passèrent ainsi quelques brèves minutes avant que le Mangemort ne se recule un peu, totalement repus de son dîner. Les yeux papillonnants, il jeta un regard à l'enseignant, une lueur amusée dans ses yeux face à ce qu'il venait de lui faire. Puis, soudainement, l'homme saisit à nouveau brutalement le menton de l'autre, le forçant à le regarder en face, son air quelque peu féroce à nouveau retrouvé sous son sourire carnassier :

-Tu m'as pris du sang... Je pense qu'on est quitte maintenant. Son sourire s'accentua de même qu'il força un peu plus sur sa prise. Et je t'ai même fait passer la douleur, pour un peu, tu devrais presque me remercier !

Nouveau rictus, puis, il relâcha ensuite brusquement le menton de l'autre en se relevant, essuyant du dos de la main le sang qui lui barbouillait désormais le visage. C'est dingue à quel point l'autre embrassait mal d'ailleurs...

-Enfin, j'espère qu'au moins maintenant, on pourra parler sérieusement sans se faire interrompre toutes les deux minutes. Autrement... Tu sais à quoi t'attendre.


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MessageSujet: Re: Bloody longing   Mer 17 Aoû - 2:01




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Ludovic avançait lentement, mais sûrement. Glissant sur le plancher avec régularité, les yeux rivés sur son objectif. D'abord récupérer le crucifix, sait-on jamais, ensuite un pieu. Ou alors uniquement le pieu, cela dépendait du temps qu'il aurait. Pas assez visiblement, car à peine lui restait-t-il encore plusieurs bon mètres que le mage noir dressé dans la pièce commença à approcher. Son pas lourd, toujours moins que le poids que lui semblait être son corps, faisait craquer le sol à rythme régulier. Le français ne s'arrêta pas pour autant, ne cherchant même pas à se retourner ou paniquer. Ce n'était pas comme s'il avait le temps. Aussi poursuivit-il, aussi loin que possible, arrêté à mi-chemin par les jambes de l'écossais. En même temps il ne fallait pas rêver.

L'homme s'interrompit, se redressant légèrement pour faire face avant de couler un regard derrière le mage noir ; cherchant à déterminer combien de distance le séparait encore de ses pieux. Soudainement, l'écossais lui saisit la tête, réveillant la douleur aiguë dans sa mâchoire lorsqu'il la releva vers lui. Ludovic suivit, s'appuyant sur son bras pour soulager le tiraillement, foudroyant l'autre du regard avec une inquiétude tendue, d'autant plus palpable lorsqu'il vit l'autre renifler avec envie. Le brun aspira aussitôt le sang qui coulait encore entre ses dents, ne faisant que réveiller le flux douloureux et métallique de liquide qui s'échappait de sa gencive. Mieux valait éviter d’appâter le requin. Malheureusement, le mal semblait déjà fait et, alors qu'une lueur avide naissait sur le visage du mangemort, l'échevelé retrouva vite sa panique égarée. Surtout lorsque le vampire commença à faire allusion à un repas. Cherchant à reculer, le brun tira un peu plus sur sa mâchoire bien tenue, ne pouvant s'empêcher de recracher un filet sanglant. Ce n'était pas très raisonnable n'est-ce pas ? S'il avait déjà diné il n'allait pas recommencer. Cependant, le mangemort ne l'entendait pas de cette façon. L'échevelé secoua la tête, l'air suppliant, tandis que l'autre le redressait lentement pour l'asseoir contre le mur.

— Non, souffla-t-il, lançant ses bras devant lui pour repousser le sorcier. Non, s'il te plait.


Un mot de trop qui lui brula la bouche et le fit taire dans un gargouillis de douleur. Cessant de supplier, le brun dirigea toute sa force dans ses bras, pour tenir la tête du vampire à distance alors qu'il remuait les jambes en pagaille pour tenter de se dégager. Ce dernier lui saisit rapidement le poignet, réduisant ses défenses de moitié. Ludovic ne désespéra pas pour autant, appuyant sa main libre sur le visage blafard pour essayer de le repousser, luttant de toute ses forces alors que les crocs de l'immortel avançaient inlassablement. Millimètre par millimètre, l'échevelé sentit bientôt le souffle glaciale du vampire sur sa nuque alors que sa gorge tremblait déjà de panique, sa veine pulsant à toute allure. Les yeux écarquillés, l'enseignant remua les jambes plus encore, poussant de toutes ses forces sur le visage de l'écossais avant que deux crocs tranchant ne s'enfoncent dans sa gorge.

Tressautant au contact des deux fins poignards, le brun remua plus brusquement les jambes une seconde, se contorsionnant nerveusement dans un cri muet alors que dans sa jugulaire se diffusait déjà une sensation d'engourdissement. Repoussant encore mollement le visage de l'écossais, le français fini par arrêter de lutter alors que son sang se faisait lentement aspirer. C'était une sensation toute particulière que d'avoir des crocs enfoncés dans cette zone si sensible de sa peau, mais une sensation qu'il ne percevait déjà plus ; chassée par une douce chaleur, presque cotonneuse. Peu à peu, l'échevelé se détendit, chacun de ses muscles se relâchant un à un jusqu'à ce que sa main, encore posée sur le visage du mort, ne s'affaisse jusqu'au sol et que ses jambes ne s'immobilisent après encore quelques mouvements ralentis.

Ludovic se laissa gagner par le poison anesthésiant du buveur de sang, la douleur à sa mâchoire et son ventre semblaient déjà plus lointaines, remplacées par des picotements engourdis. Tout paraissait comme ralentis, amplifié. La voix calme et chaude, presque suave du vampire raisonnait à ses oreilles comme s'il s'agissait du seul son dans l'atmosphère. Le brun lâcha un soupir ténu en réponse, le regard déjà un peu perdu dans le vague. Dans d'autres circonstances cela lui aurait fait du mal de l'admettre, mais la créature avait raison. Pourtant, aussi terriblement agréable que puisse être ce moment, il ne l'empêcha pas de frissonner de dégoût lorsque la langue de l'écossais remonta le long de son cou, réveillant un relent d'instinct de survit qui se manifesta par un tressautement de jambes et un mouvement vague de son bras pour repousser l'attaquant. Malheureusement, sa riposte s'étouffa dans une plainte douloureuse lorsque le vampire reprit le fil de sa morsure.

Comme suivant le murmure envoutant de l'écossais, la douleur s'estompa au rythme de ses mots et la dite torpeur ne tarda pas à s'installer définitivement, ne faisant qu'apaiser plus encore sa victime aux paupières déjà à moitié closes. La tête de l'échevelé commença à dodeliner, se relâchant de côté comme pour laisser libre court aux morsures et gorgées du vampire, alors que le fin duvet qui courrait sur sa nuque se hérissait tant de peur que d’écœurement à chaque fois que l'écossais passait la langue sur sa blessure. Malgré tout, les gestes restaient doux, l'engourdissement de plus en plus présent. Ludovic respirait à bruit régulier, comme assoupit, son coeur apaisé par ce début de mort paisible. Soudain perturbé par un mouvement de tête de la part du prédateur qui se redressa pour l'embrasser.

L'échevelé vécu ce geste comme un étouffé électro-choc. Alors que la langue étrangère se glissait sans complexe jusqu'au trou qu'avait laissé sa dent, réveillant la douleur dans sa mâchoire et suffisamment de conscience chez la victime pour qu'il recule la tête au maximum contre le mur et ouvre un peu plus les yeux dans une protestation étouffée. L'autre continua à promener sa langue dans sa bouche, engloutissant ses lèvres dans une étreinte qui aurait fait vomir le français s'il avait encore pu réagir à ce point. Au lieu de ça, une image confuse commença à se profiler dans l'esprit du français. Déjà bien connue puisqu'il s'agissait encore et toujours de la même femme morte peu de temps auparavant. Ludovic ne réagit pas, sa bouche retombant légèrement entre-ouverte lorsque le mage noir la relâcha. Ecoeurant. Le français, retroussa légèrement les babines, dardant sa langue contre ses dents pour se débarrasser de son mieux de la salive souillée par ce baiser, agitant mollement les lèvres comme s'il voulait parler alors que la voix profonde de l'autre homme le laissait toujours plongé dans le même confort ouaté.

Cette situation sembla durer une éternité. Balloté entre paroles, morsures et baisers volés, le français commençait à perdre toute conscience de la réalité. Son corps à peine secoué par instant par quelques spasmes visant à le réveiller, lui rappelant brièvement que chaque seconde était peut-être ses derniers instants. Le vampire se retira enfin, laissant un français inerte avachi bras et jambes en vrac contre un mur. Semblant saisir qu'il avait là une nouvelle opportunité de s'en sortir, Ludovic commença presque aussitôt à s'agiter, remuant bras, jambes, tête, pour tenter de se libérer au plus vite de la torpeur mortelle sans parvenir à réellement bouger, son corps encore bien trop cotonneux.

Va te faire foutre,
cracha-t-il dans un souffle quand le vampire avança qu'il aurait dut le remercier.

Comme s'il allait s'abaisser à ça ! Surtout pour ce qu'il venait de faire. Il aurait fallut être un véritable dément pour apprécier de se faire vider de son sang — et qui plus est bécoter — par un monstre pareil.

— Qu'... murmura-t-il encore, agitant la mâchoire dans le vide entre chaque mot comme s'il n'arrivait plus à la tenir. Qu'est-ce que t'attends pour me tuer ?




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MessageSujet: Re: Bloody longing   Jeu 18 Aoû - 0:59



Bloody longing

Ludovic Descremps x Morgan Winterfield

Il se débattait, gesticulait en espérant que l'autre ne le lâche malgré ses gestes désordonnés et plus mous que jamais. Il espérait qu'il l'abandonne, le laisse souffrir et mourir en silence sur le sol de cette viille maison crasseuse, pris de convulsions, couvert de sang, souffreteux plus qu'il ne l'avait jamais été... Quoi que.
Et pourtant le vampire ne le lâcha pas, forçant calmement jusqu'à atteindre son objectif sans se montrer plus violent, plantant ses crocs dans la chaire encore résistante du français avant de laisser court à ses habitudes, ses gestes, ses paroles, le tout se mêlant en un harmonieux cocktail qui ne laissait personne indifférent. Et Ludovic ne semblait pas faire exception à la règle puisque, dés que ses dent eurent pénétré sa chaire, il cessa presque totalement de se débattre. Alors bien sûr, il eut quelques fois des sursauts de rebellions, mais rien de comparable à la violence avec laquelle il avait planté ce pieu dans le poumon du Mangemort, et c'était tant mieux !
Ainsi, Morgan put mieux profiter de l'instant, mieux jouer sur les mots et sur les gestes, jusqu'à ce qu'il ne finisse, totalement repus, se détachant lentement de l'autre avant de lâcher une ultime pique provocante. Ah... Il raffolait de ça... Il adorait se faire détester, et sentir toutes ces émotions bouillonner en une seule même personne, entendre son coeur s'emballer pour telle ou telle raison, le plaisir, le soupir, la douleur, la haine et la peur... Un vrai festin.

Alors, il se releva, s'essuyant la bouche sans grande efficacité, en affirmant qu'à présent, ils pourraient parler correctement sans se faire interrompre, mais à peine prononça-t-il ces quelques mots que l'autre bredouilla quelque chose en français, une expression presque incompréhensible, mais il ne fallait pas être un génie pour deviner la nature de ces dites paroles. C'est pourquoi le vampire se retourna instantanément, fronçant les sourcils avec un sourire carnassier aux lèvres tandis que l'autre lui demandait pourquoi il ne le tuait pas immédiatement. Mais loin de prêter attention à cette dernière question, le Vampire leva la tête en fixant un point dans le vide au niveau du plafond, se tordant mollement en arrière, la tête ballante, et ce sourire fou aux lèvres.

-Excuse-moi ? Il se pencha soudainement en avant, les yeux exorbités et brillants du sang qu'il venait d'ingurgiter. Tu disais quoi ? Je n'ai pas bien entendu ! Il se releva, redressant orgueuilleusement la tête du français du pied afin de le regarder en face une nouvelle fois. Si tu veux m'insulter, fais le, mais assume tes paroles.

Il rabaissa le pied, s'essuyant sa semelle poisseuse sur la chemise de son ennemi avant de lui cracher une gerbe de sang sombre dessus. Mais alors que ce geste plein de dédain partait d'une "bonne intention", l'écossais fut soudain pris d'une toux sanglante, lui brûlant la gorge alors qu'il pensait que ses poumons allaient prendre feu... C'était une sensation horrible, désagréable et à nouveau, un élan de peur submergea le coeur du mort vivant dont le regard se voilà une seconde de ce sentiment improbable. Bon sang, mais ça allait s'arrêter oui ?!
Une ultime toux le secoua avant qu'il ne grogne fortement, son visage à nouveau dépeint par la rage et la colère tandis qu'il lâcha un regard noir à l'enseignant en piètre état.

-Tu n'écoutes donc rien ? gronda dangereusement l'homme. Je ne compte pas te tuer, pas avant un moment en tous cas. Tu vas continuer à vivre... Et ce avec le poids du souvenir de ma langue dans ta bouche en plus...! rajouta-t-il avec une touche d'amusement malsain, un large sourire étirant ses lèvres. J'aimerais que tu me rendes un service, ou plutôt, plusieurs services. Et évidemment, j'attends de toi que tu acceptes. Je ne te parle même pas des conséquences s'il te prenait l'envie de ne pas obéir. Je pense que tu as suffisamment d'imagination pour avoir quelques idées de mes plans dans ce cas.

L'homme regarda autour de lui, se passant à nouveau la main sur la bouche en frottant d'autant plus alors qu'il cherchait du regard un siège de fortune. Finalement, il tira vers lui ce qui s'apparentait à un parpaing, s'y asseyant ensuite, genoux écartés et coudes appuyés sur ces derniers.

-On va commencer simple pour voir si tu as compris ce qu'est obéir aux ordres. Tu devras me déposer un colis dans un lieu précis, rien de bien méchant. Tu n'ouvres pas, tu ne regardes pas, tu déposes. Il laissa planer le silence une seconde, plongeant sa main dans sa veste afin de chercher dans sa poche intérieure une clope à se faire griller. N'importe quel imbécile y arriverai, et je ne doute pas que tu en seras capable, n'est-ce pas ?

Et sur ces mots doucement murmurés dans la presque létargie du mortel, comme un ordre, une comptine à retenir, le vampire coinça une cigarette entre ses lèvres, en pinçant le bout qui devint rougeoyant avant de lever son index coiffé d'une petite flamme, faisant danser cette dernière devant les yeux de sa victime.

-J'ai toujours adoré le feu... souffla-t-il doucement, presque déconnecté de la réalité. Les flammes rougeoyantes dansantes, vivantes, dévorantes... Enfin, tout le monde n'en pense pas la même chose... Pas vrai, "Ludo" ?
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MessageSujet: Re: Bloody longing   Ven 19 Aoû - 2:52




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La respiration saccadée, l'enseignant s'efforçait de retrouver le contrôle de son corps. L'engourdissement passé, cette absence de réaction avait quelque chose des plus frustrants. Comme si une armée de fourmis avait élu domicile sous sa peau et y naviguaient en tous sens par vagues puissantes, évitant très étrangement les zones de son ventre et de sa mâchoire. Peut-être que s'il n'avait pas eut si mal à ces deux endroits le poison qui lui courrait encore dans les veines auraient mit plus de temps à faire effet, mais en attendant, même si son esprit était encore confus, il parvenait déjà un peu à remuer. Aussi en profita-t-il pour essayer de se relever lorsque l'autre lui tourna le dos comme pour ignorer sa question. Malheureusement, si la volonté y était la réactivité, elle, était à la traine. Coulant un regard en direction des pieux toujours abandonnés sur le plancher, l'échevelé glissa mollement le long du mur, parvenant à peine à avancer le bras avant de se retrouver allongé par terre, quelques secondes avant que le vampire ne s'intéresse de nouveau à lui. Après tout, cela valait peut-être mieux comme ça. S'il l'avait surpris à récupérer des armes, mieux valait ne pas imaginer ce qui lui serait arrivé.

S'approchant du même pas lent, l'écossais lui leva la tête du bout du pied, le narguant une minute avant de le relâcher. L'échevelé ne broncha pas, le regard brumeux, avant qu'un filet de sang sombre ne lui gicle au visage, le faisant tressauter sans plus de réaction. Soudain une toux puissante fendit l'air, réveillant un peu d'intérêt chez le français. Ce dernier redressa la tête, jetant un coup d'oeil au mage noir qui crachait à s'en arracher les poumons. Un sourire carnassier apparu vite sur le visage du brun qui se redressa lentement, s'appuyant sur un bras tandis que son autre main tenait son ventre.

— Alors Morgan ?
railla-t-il d'une voix rocailleuse crachant un peu par terre à cause de sa difficulté à articuler. On a du mal à respirer ? Tu sens... La douleur... ? poursuivit le brun en imitant avec moins de succès le ton que le vampire avait employé. Quel dommage... même si j'en avais le pouvoir... il faudrait me payer cher pour t'en soulager.

Le sourire du brun se tordit en grimace narquoise avant qu'un rire grave ne remonte du fond de sa gorge enrouée. Très bref, tout juste deux ou trois souffles amusés qui se transformèrent bientôt en toux étouffée alors que l'homme se pliait en deux, ravalant une gorgée de sang qui cherchait à remonter alors, sa main toujours plus serrée sur son estomac. Ils devaient avoir l'air fin tous les deux à se moquer l'un de l'autre, à moitié morts, mais chacun son tour, c'était aussi bien comme ça. Cependant, le petit divertissement ne dura pas longtemps avant que le mangemort ne reprenne, faisant lever sur lui un regard empli de haine de la part du français, prit soudain d'une nouvelle envie de cracher. Le souvenir de sa langue oui, il n'était pas très éloigné de la réalité, il semblait bien à l'échevelé que le contact écœurant de l'autre envahissant sa bouche restait comme une empreinte fantôme sur son palais. Cinquante pastilles de menthes ne suffiraient pas à le faire passer. Toutefois, l'échevelé haussa bientôt les sourcils de surprise à la requête du mort. Se demandant si l'écossais n'avait pas perdu la raison. Jamais il n'accepterait de l'aider, le mage noir devait pourtant bien le savoir. Pourtant, l'homme semblait sérieux. S'installant à quelques pas de lui, pour aborder le sujet d'un mystérieux colis.

Incrédule, soucieux, le brun fronça légèrement les sourcils, s'efforçant de retenir chaque détail de ce que le mangemort lui disait. Autant les consignes fort vagues que les menaces voilées alors que dans son cerveau se formaient des milliers de questions pour tenter d'en apprendre davantage, l'air soudain beaucoup plus réveillé. Il n'y avait pas besoin d'être une flèche pour deviner que le mage noir préparait quelque chose et, au pire des cas, ce fameux "service" se révelerait un piège mortel tant pour le messager que pour le destinataire. Cependant, avant même d'avoir eut le temps de demander de quel genre de paquet il s'agissait ou bien de quelle destination et conséquences ils étaient en train de parler, le vampire tira un fin objet de sa poche, qui réveilla la vigilance du français. Allumant rapidement une cigarette, l'autre commença à le menacer avec la flamme magique qui lui avait servit d'allumette, la passant juste devant les yeux de l'échevelé au risque de le bruler.

Ludovic recula légèrement la tête, le regard de plus en plus sombre alors que son coeur s'était imperceptiblement accéléré sans qu'il ne s'en rende compte, voyant parfaitement où le mangemort voulait en venir. Mais au lieu de répondre, le sorcier se redressa une seconde, puisant dans ses ressources pour souffler soudain sur la fine flamme, la faisant muer en un souffle flamboyant, digne d'un dragon, qui s'envola en furie droit vers le visage de l'écossais. Cela ne le retiendrait pas, c'était certain, mais le français profita de cette diversion pour propulser son poing vers l'avant, droit dans la plaie ouverte du buste de l'immortel. Le coup était net, assez fort pour faire mal bien que sans doute en dessous de ce que sa colère aurait pu lui permettre. Il allait probablement se faire sévèrement punir pour cela et il n'arriverait sans doute pas à savoir ce que le mage noir mijotait, mais on ne manquait pas une pareille occasion et il était pratiquement sûr que rien ne  pouvait être pire que ce que le vampire avait déjà fait. Le brun serra les dents, se redressant un peu plus pour tenter de frapper une seconde fois avec son autre bras. Cette fois si hélas, le coup manqua sa cible de loin et, entrainé par l'élan, le français cotonneux s'étala mollement en direction du plancher. Cognant dans la jambe du vampire encore paralysé par la torpeur.

— J'ai dit... va te faire foutre, rétorqua le français.




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MessageSujet: Re: Bloody longing   Mar 23 Aoû - 2:46



Bloody longing

Ludovic Descremps x Morgan Winterfield

Alors que Morgan provoquait plus ou moins son ennemi, son mauvais tour se retourna contre lui et le vampire se retrouva bien vite à tousser violemment, crachant du sang au moins autant qu'une cheminée crachait sa fumée obscure dans un ciel gris d'hiver. Sa gorge le tiraillait, ses poumons le brûlaient un peu plus encore à chaque contraction, et à vrai dire, s'il avait été seul, nuls doutes qu'il se serait plié en deux, voir... En plus que cela, sans doutes se serait-il mit à gémir au sol, pris par cette douleur et ce coup que l'adrénaline laissait pourtant passer, et nuls doutes que, ces yeux brillants qui retenaient tant bien que mal les larmes de douleur n'auraient pas tenus aussi longtemps s'il n'avait pas eu une extrème bonne raison de le faire : il était face à Ludovic Descremps, son ennemi s'il pouvait dire, mais sans nuls doutes, la personne que Morgan haïssait le plus en ce bas monde. Lui montrer sans vergogne ses moindres faiblesses était donc déconseillé s'il voulait survivre... Un peu plus longtemps que cela.
Il était immortel, certes, mais son corps restait physique et la douleur elle, bien réelle. Il ne souffrait pas moins que n'importe quel humain, et bien que la morsure et son métabolisme spécial boosté à la magie noire réussissaient à amoindrir la souffrance, elle restait là, bien présente, comme un pieu invisible planté fermement et qu'il ne pouvait décidément pas enlever.

Alors quand il recommençait à tousser, il se doutait que l'autre allait prendre son pied face à ce spectacle, du moins, s'il n'était pas trop effrayé pour lever le regard. Mais, bien vite, Morgan eu le "plaisir" de se rendre compte que c'était loin d'être le cas, et que, plus que de s'en amuser, l'autre se moqua ouvertement de lui, reprenant ses propres paroles d'une façon certes très peu provocantes, mais qui laissait parfaitement passer cette même folie dans son regard. Celle qui les réunissait tous deux, cette haine, cette rage, ce feu qui brûlait continuellement et qui ne demandait qu'à être libéré... Et bien que le vampire adressa un regard noir à l'autre qui s'étouffait déjà, il venait là de soulever une question intéressante.
Ludovic s'était rebellé, si l'on pouvait dire, il ne cessait de le faire comme pour encore et encore tenter de le tuer même s'il savait parfaitement que rien n'était de son côté, mais il se moquait de lui tout en sachant pertinemment ce que cela pouvait lui apporter. Mais avait-il conscience que, s'il mourait là, à cause d'un tel acte, il ne pourrait pas tuer l'écossais ? Est-ce qu'alors, il préférait jouer à ce petit jeu avec lui plutôt que d'en terminer le plus tôt possible ? Préférait-il... Le faire souffrir plutôt que de le liquider ? Mais dans ce cas, cela signifierai que sa haine pour lui serait plus forte que sa peur, et ça... C'était beaucoup moins bon pour le mage noir.

Ensuite, les choses s'enchainèrent. L'immortel exposa son plan, ou du moins, le marché qu'il proposait plus ou moins sérieusement à l'autre où ce dernier ne serait qu'un... Relais de confiance. Ou du moins il l'espérait. Evidemment, en réalité, il faudrait du temps avant que Morgan n'arrive à faire confiance au français et ne lui confie ce pourquoi il était vraiment venus. Des mois, sans doutes, mais il était patient, il avait le temps, et pour le coup, c'était sans doutes l'une de ses rares qualités. Mais alors qu'il s'allumait une cigarette négligeamment, il décida comme de provoquer son adversaire. Mauvaise idée. Ce dernier avança le buste, soufflant sur la flamme qui s'agrandit soudainement, se propulsant vers l'écossais qui referma tout aussi soudainement le gaz en tuant ainsi le souffle chaud avant même qu'il ne l'atteigne. Son coeur s'étant accéléré d'un coup tandis qu'il avait vu l'élément l'atteindre de peu, Morgan déglutit, la respiration rapide avant de lever un regard d'autant plus noir sur l'enseignant qui, pourtant, le pris à nouveau de court en se propulsant sur lui, son poing fermé percutant douloureusement la plaie du Mangemort. Toussant une nouvelle gerbe de sang sous la surprise, l'homme prit une profonde inspiration sifflante comme pour parvenir à chasser cette nouvelle douleur qui le prenait au coeur, avant de, brusquement, être pris d'un réflex comme si l'autre allait le toucher à nouveau, ce qui n'arriva jamais.

Ludovic s'affala sur le sol sous les yeux exhorbités du vampire. Il était totalement mou, la cible parfaite car sans défenses aucunes... Et alors que les pensées du mort se remirent doucement en place, l'ancien Serdaigle souffla quelques mots, à nouveau presque incompréhensibles bien qu'en anglais, cette fois. Et évidemment, la réaction ne tarda pas avant de se faire sentir. Pris d'un brusque coup de sang, comme réveillé par les paroles de l'autre, le Mage Noir se releva, aspirant la fumée de sa cigarette une seconde sans esquisser le moindre geste avant d'asséner un puissant coup de pied dans les côtes de son ennemi, le faisant retourner et glisser sur quelques mètres.

- C'est drôle... Moi, quand je dis ce genre de chose, les gens ont tendance à vraiment y aller... C'est drôle hein ? Tu ne trouves... Pas ?!

Et sur ce dernier mot, le vampire lança un nouveau coup de pied en direction du français, le faisant à nouveau se déplacer dans toute la pièce, faisant grincer le parquet abîmé et enlevant la poussière par la même occasion. Mais Morgan, lui, ne le suivit pas, l'observant d'un regard mauvais se déplacer dans la pièce avant de lever la tête au ciel, faisant craquer sa mâchoire en inspirant la fumée de sa cigarette dans une vaine tentative de se calmer. Puis, il secoua le petit cylindre de papier pour en faire tomber les premières cendres, s'approchant à grandes enjambées de son adversaire en le retournant à nouveau du pied, mais plus calmement cette fois !
Puis, en portant une nouvelle fois son addiction à sa bouche, il leva le pied, le reposant fermement sur le cou du français sur lequel il appuya petit à petit, sentant presque l'air filer sous sa semelle.

-Je pense que tu n'as pas compris les termes de notre accord, Ludovic. Il appuya un peu plus encore en se penchant légèrement pour mettre sa tête au dessus de celle de l'autre. Je ne te laisse pas le choix. Il se redressa, sans enlever son pied mais en fumant un nouveau coup tout en faisant tomber les dernières cendres sur le visage de l'enseignant. Je me suis approché de tes amis, et même mieux, je les connais. Il me connaissent aussi d'ailleurs, mais pas avec ce visage. Alors, oui évidemment, si jamais, mais je ne pense pas que cela arrivera pas vrai ? Mais, si jamais tu venais à me désobéir ou à me décevoir, il serait simple pour moi de ... Mordre un peu trop telle ou telle personne. Expiration de la fumée, inspiration, cendres... Quoi que... Je pourrai essayer le Doloris, avec ma magie, je ne doute pas que la vie de tes proches s'en trouvera changée à jamais ! Tiens, pourquoi ne pas commencer avec.... Hum... Expiration de la fumée, inspiration, cendres... Cette femme là, que tu as rencontré lorsque tu as voulu me tuer... Tu sais, elle t'appelait toujours... "Monsieur le français "! Il sourit, ce même sourire carnassier et franchement amusé qu'il avait lorsqu'il était persuadé de tenir un bon filon. Tu as déjà causé la mort de beaucoup de gens Ludovic, combien encore es-tu capable de porter sur ta conscience ? Je suis curieux de le savoir !

Et sur ces derniers mots, Morgan souffla son nuage de fumée au visage du brun, écrasant sa cigarette brûlante sur sa joue, tout prêt de son oeil en forçant bien sur cette dernière avant de la jeter par dessus son épaule.
Car c'était bien là, l'une des différences qui séparaient Morgan et Ludovic : lui, avait une conscience. C'était celle-ci qui faisait que, en temps normal, il paraissait civilisé, gentil, agréable, et hypocrite. C'était celle-ci qui faisait en sorte qu'il ne devienne pas un esprit vengeur ou simplement assoiffé de cette souffrance dont il était capable de tant se délecter, mais en contrepartie, c'était aussi là les seules contraintes, les seules limites du français : sa culpabilité.
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MessageSujet: Re: Bloody longing   Sam 27 Aoû - 10:13




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Le flux de flammes avait été un parfait coup de chance. Le feu du briquet doublant de taille comme si le français y avait craché un nuage d'essence, l'air presque aussi étonné que l'écossais de voir que cela avait fonctionné. Cependant, sans attendre que la nuée ardente ne lui revienne en plein visage, le brun avait attaqué aussi vite que possible, cognant la plaie ouverte peu après que le fumeur ait refermé le flux de gaz. Assez fort, visiblement, pour réveiller la douleur chez le mangemort, mais trop, hélas, pour que le français ne parvienne à s'en relever.
Retombant mollement à terre, Ludovic lâcha un soupir vidé, semblable à un élan de bravoure qui s'épuise. Il était mal, très mal. Son acte désespéré revenait à frapper entre les deux yeux un requin avec un steak. Héroïque sur le coup... quoique non, l'exemple était totalement stupide tout du long. N'attendant pas que le prédateur ne se remette de cette mauvaise "délicatesse", le brun s'appliqua à ramper de son mieux pour chercher à remettre la main sur un de ses pieds. Enfin, ramper... c'était ce qu'un homme en parfaite possession de ses moyens aurait fait. Dans son cas, cela s'apparentait plutôt à remuer vaguement les doigts et à étendre un peu plus les jambes contre le plancher. Autant dire que lorsque le pied du mangemort vint chercher ses côtes il était parfaitement placé pour l’accueillir de plein fouet. Dans un craquement sec, le choc le propulsa quelques mètres en arrière, le faisant rouler sur le dos sans même qu'il ne parvienne à sentir l'étendue des dégâts. Le vampire approcha à grands pas, ses semelles claquant sur le parquet avant qu'un seconde coup ne le heurte par l'autre côté, le repoussant encore et chassant tout l'air de ses poumons pour le remplacer par une douleur étouffante.

Face contre terre, visage rouge et paupières écarquillées, le brun essayait désespérément d'inspirer alors qu'une douleur fulgurante commençait à surgir dans deux points nets de son dos malgré l'impression amortie qui le parcourait encore des pieds à la tête. Ludovic essaya de se redresser pour dégager ses voies respiratoire, s'appuyant sur ses avants-bras dans une basse et pénible respiration avant que le vampire n'approche encore, le retourne et pose son pied sur sa gorge.

Le mortel déplaça ses mains par réflexe, poussant sur la semelle qui l'écrasait dans l'espoir de la soulever alors qu'il remuait pour mettre son buste aussi loin que possible d'un nouveau coup. Crachant un filet d'air sifflant, le français leva un regard suppliant de douleur sur son agresseur, sa vision déjà troublée par une sorte de luminescence étrange et des lignes totalement déformées. L'échevelé inspira encore, ouvrant la bouche sans parvenir à remplir correctement ses poumons, poussant de plus belle sur la chaussure de plus en plus pesante et tapant dessus de coups amortis pour tenter de la repousser, en vain. Lentement, il remua sans conviction, essayant de se dérober, ou plutôt d'apaiser la douleur des précédentes plaies qui commençaient à se réveiller, des lueurs dansant devant ses yeux alors qu'il continuait à essayer tant bien que mal de respirer, sa mâchoire remuant dans le vide tandis qu'un nuage de poussières brulantes tombait en neige sur son visage. Ludovic lâcha un nouveau souffle sifflant, comme si expirer était la seule chose qu'il savait encore faire, ses bras tremblant sous l'effort alors qu'il cherchait à toute allure à savoir si il n'aurait pas entrainé un pieu quelque part à ses côtés. Il aurait fallut qu'il tâtonne pour le savoir, mais cela aurait signifié lâcher l'enclume qui cherchait à lui écraser la trachée et perdre sa dernière et fragile arrivée d'air. Ludovic agita les pieds, se courbant sous sa lente agonie alors que - ne voyant pas tout de suite de quelle jeune femme l'autre voulait parler - les paroles du vampire se gravaient dans son crâne comme une pauvre tentative d'emporter un dernier souvenir dans sa tombe. Il ne pouvait pas mourir comme ça, c'était trop bête. Son corps tout entier ne voulait pas, poussant son cerveau à réfléchir encore et encore à une solution qu'il ne trouvait pas jusqu'à ce qu'un crépitement ne retentisse à ses oreilles une demi-seconde avant qu'une douleur brulante ne trace un cercle sur sa joue.

Comme si cette brulure avait été le coup de trop, elle lui fit l'effet de concentrer sur un seul point toutes ses blessures, lui tirant un cri déchirant qui dut retentir à peine, mais lui donna l'impression de s'en crever les tympans. Les larmes aux yeux, le français se mit à sangloter une seconde tandis que l'autre continuait à se servir de lui comme cendrier, refermant la bouche et les paupières en ayant tout à fait l'air de céder. Il en aurait presque regretté le moment si calme de la morsure si cela n'avait pas été si humiliant.

D'a... d'accord, gémit-il, forçant davantage sur ses bras prêts à craquer jusqu'à avoir suffisamment d'air pour parler. Je ferais ce que tu voudras, siffla-t-il aussi vite et clairement que possible avant que la masse ne soit trop lourde pour lui et ne retombe.

Il n'aurait pas cru pouvoir encore dire des choses comme ça. C'était totalement inconscient, comme s'il donnait libre court à toutes les folies du vampire, mais son cerveau le lui avait supplié : tout plutôt que mourir. Avec un peu de chance cela lui ferait gagner du temps, suffisamment pour se venger, avoir une chance d'accomplir ses fins et surtout, de respirer encore un peu plus longtemps. Le brun n'en pouvait plus, ses paumes glissaient. Et si l'autre mentait ? Et s'il n'avait plus envie de le garder en vie ? Et s'il le laissait agoniser malgré tout ? Malgré ses tentatives désespéré et le sacrifice immense qu'il avait dut faire pour accepter finalement son marché ? Le brun ouvrit de nouveau la bouche, ranimant le bruit sifflant qui sortait de ses poumons alors qu'une discrète buée s'élevait d'entre ses dents.



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MessageSujet: Re: Bloody longing   Mer 31 Aoû - 20:15



Bloody longing

Ludovic Descremps x Morgan Winterfield

Alors que le français tremblait de douleur tant de haine, embrasé par les émotions qui se déchainaient dans son coeur et dont le vampire se délectait sans se gêner, ce dernier justement, avait l'esprit tranquille. Certes, il était agacé, en colère, bouillait intérieurement, mais finalement, il prenait tout cela comme avec détachement, tout de même amusé voir tirant du plaisir de cette situation inédite. Combien de fois, depuis qu'il le connaissait, avait-il pu s'amuser autant avec son cher Némésis ? Peu de fois très peu. Une... Deux peut-être, c'était difficile à dire tant cela remontait à loin. Après tout, il n'avait jamais eu de mémoire exceptionnelle, allez savoir où était la réalité bien qu'il était certain que, telle une anguille, l'autre s'était faufilé entre ses doigts de nombreuses fois. Mais le nombre exact...

Alors, lorsque l'autre lâcha enfin la réponse tant attendue, Morgan en fut quelque peu déstabilisé, mais, se serait mal le connaître que je penser qu'il allait en rester là. Il esquissa donc un large sourire, découvrant ses crocs et rallumant cette lueur excitée dans son regard tandis qu'il se penchait un peu plus en avant, déplaçant légèrement le poids du corps sur son pied pour laisser passer un léger filet d'air dans la trachée de sa victime ; il ne voulait pas qu'il meure non plus ! Mais il ne dit rien pourtant, se contentant d'observer l'autre, les mains désormais dans les poches alors qu'il en sortait une pour retracer les contours du visage du mordu de son index tendu, appuyant un peu plus -voir clairement plus- lorsqu'il arriva sur la marque de la brûlure avant de lâcher doucement :

-Parfait. On dirait que tu sais être raisonnable.

Il enleva son doigt, força un peu plus encore sur son pied durant quelques dernières secondes avant de soudainement l'enlever de la gorge trop fragile du mortel, s'éloignant d'un ou deux pas -distance raisonnable- avant de s'essuyer une nouvelle fois la bouche du dos de sa main puis de s'en prendre aux commissures d'un geste négligé du pouce. Alors, il regarda autour de lui, regardant le désordre qu'ils avaient laissé et les traces visibles du passage de Ludo dans la poussière, balayée chaotiquement là où ils s'étaient battu. Il eut un nouveau rictus mauvais sans laisser son inspection tomber, sortant lascivement un bout de papier ainsi que sa baguette puis, il jetta la pseudo boule de papier en l'air, le ratrappant à l'aide d'un sort tandis qu'un crayon apparu à côté, se mettant nerveusement à crisser contre la feuille.

-Bon, quelqu'un viendra te chercher. Je me demande bien ce que tu compte leur expliquer, et surtout comment. Enfin, c'est dommage, je serais déjà loin alors. Rictus. Je te ferai arriver l'objet, tu devras le déposer dans le bureau d'une... Certaine connaissance. Tu sauras qui.
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MessageSujet: Re: Bloody longing   Jeu 1 Sep - 2:54




Bloody Longing
Bloody Longing

Un fin filet d'air frais se faufila dans la trachée comprimée du français, lui faisant prendre une inspiration soulagée. Ce n'était toujours pas exceptionnel, son visage restait affreusement pourpre du fais du manque d'oxygène qui se faisait sentir, mais au moins avait-il un peu moins à forcer pour respirer. Le brun inspira encore, fermant les yeux, le visage soulagé, presque apaisé, alors que son abdomen s'activait à toute allure, jusqu'à ce qu'une sensation étrange le fasse se secouer. Un contact doux à première vue, mais qui le fit frisonner d'angoisse et rouvrir les paupières tandis qu'il secouait la tête pour chasser cette "caresse". Mal lui en prie, toujours bloqué sous la semelle de l'écossais, il ne parvint qu'à se bruler la peau contre sa chaussure, provoquant même un léger craquement au niveau de sa paume d'adam qui lui fit lâcher un gémissement douloureux. Agitant la bouche dans une plainte muette, le brun gémit un peu plus lorsque le mage noir appuya franchement sur la brulure fraiche qui lui mordait la joue, cassant une seconde sa concentration. Il se tordit le cou pour s'échapper, tâchant, cette fois de ne pas trop remuer sous l'étau toujours écrasant avant que sa patience n'arrive à son terme et qu'une fine pellicule de givre ne vienne tapisser la chaussure du vampire.

L'autre se retira avant que les petits cristaux de neige ne deviennent visible pour lui, relâchant enfin son étau tandis que l'échevelé recommençait à tousser. Mais à peine l'air fut-il expulsé de ses poumons pour tenter de rouvrir ses voies respiratoires qu'une terrible douleur le prit à la gorge, presque pire que celles qui lui clouaient le dos au sol, l'empêchant de se relever alors que le mort, lui, déambulait paisiblement dans la pièce, certain d'être en terrain conquis. Il n'avait pas tord. Il suffisait de le regarder, de voir les plaques de sang et de poussière séchées qui lui maculaient le visage et les vêtements pour savoir lequel des deux avait gagné. Le français ne se faisait pas d'illusion, pas plus que lorsqu'il était arrivé, avant même de monter les escaliers qui l'avaient menés à cette salle lugubre, mais bon, il n'avait pas non plus fini de jouer.

La respiration sifflante, du sang lui semblant obstruer chaque partie de son visage jusqu'à perturber totalement ses sens, le brun laissa lentement glisser une main en direction du plancher, y posant les doigts comme un mourant abandonne tout mouvement. Mais plutôt que de s'abandonner à une mort douce et paisible, le brun inspira un peu plus profondément malgré la douleur en fermant de nouveau les yeux, une minute, avant de relâcher son souffle, faisant naitre sous sa paume une solide, épaisse et lisse couche de glace. Ludovic expira plus bruyamment, lâchant un autre nuage de buée, plus dense que le premier alors que son corps tout entier lui semblait refroidir. La glace sous ses doigts s'étira à la seconde, enflant en une longue trainée qui bifurqua en direction du mage noir, dans un crissement glacial qui ne manquerait pas de le faire se retourner. Le français se concentra un peu plus, rouvrant les paupières en direction de sa cible alors qu'il faisait accélérer le rythme de la glace, poursuivant sa cible à toute allure pour ne lui laisser aucune occasion de fuir. Le brun fronça les sourcils, laissant le sort l'envahir au point de lever la tête sans même plus sentir la douleur qui le paralysait au sol. Il avait mieux à faire. Tendu sur le fait de suivre coute que coute l'écossais, l'ancien Serdaigle pivota pour poser sa seconde main au sol, tentant de faire se dresser la glace, d'abord en un pont peu vaillant jusqu'à y donner une impulsion vive, comme une onde de choc presque imperceptible qui traversa la pièce en une seconde avant que de gigantesques pieux de glace ne surgissent du plancher gelé. Fonçant en ligne droite sur le vampire en une quantité toujours plus croissante de pointes, presque plus transparentes que le verre, jusqu'à créer dans cette pièce un enfer gelé où un géant aurait été incapable de poser le pied sans se blesser.

Les yeux braqués sur le mangemort, Ludovic sentit le froid autour de son corps s'amplifier, au point que son visage rouge et ses doigts se mirent à bleuir. D'épais flux de buée s'échappant de sa bouche au point de former un brouillard trouble devant lui. Le sorcier se trouvait désormais à moitié accroupis, ses deux mains collées au sol alors qu'un givre épais commençait à remonter le long de ses bras, y formant à leur tour une épaisse croute de glace qui l'empêchait déjà de se relever, mais plutôt que d'interrompre le flux de magie, l'ancien Serdaigle se laissa envahir, basculant la tête en arrière, le visage fouetté par un vent glacial, tandis qu'un tourbillon de neige et de glace se mit à voltiger autour de lui, pareil à des débris dansants autour de l'oeil d'une tornade. Les pieux continuaient à pousser dans la pièce, pareil à de la mauvaise herbe, s'arrachant du sol, des murs et du plafond dans des craquements sinistres et fendant l'air en tout sens, remplaçant à chaque seconde ceux que l'écossais pouvait détruire, tandis que la glace commençait à engloutir presque totalement le français qui, les yeux fermés, n'arrivait déjà plus très bien à savoir ce qui se passait. Une seconde onde de choc diffuse traversa la pièce alors qu'un bloc de glace énorme s'élevait du sol, plongeant en une seconde la pièce entière dans un immense bloc de glace qui fit exploser les restants de fenêtre et s'enfoncer le plancher d'un bon centimètre sur ses fondations.



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MessageSujet: Re: Bloody longing   Ven 2 Sep - 1:20



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Ludovic Descremps x Morgan Winterfield

Crac.
L'écossais eu tout juste le temps de finir sa phrase avant que ce son, solitaire, seul, et sec ne retentisse. Crac. Il fronça les sourcils, observant l'homme face à lui sans encore comprendre ce qu'il se passait. Il y avait... Comme une pression. Un tremblement dans le sol qui parcourait son corps entier, lui transmettant frissons, excitation, crainte et adrénaline.
Et alors, dés qu'il vit le gel miroitant s'avancer vers lui, tel un requin affamé ayant flairé sa proie, son regard s'ouvrit grand sur sa surprise et la peur soudaine qui le saisit au coeur, mais, plus instinctif que réfléchi, Morgan poussa brutalement sur ses jambes en bondissant en arrière, réussissant ainsi à esquiver le monstre rampant qui s'approchait vers lui assez afin de brandir sa baguette.

-Incendio !

Sa voix résonna fort, vibrant contre les murs trop faibles de la petite baraque et surpassant même le craquement de plus en plus assourdissant de la glace qui gagnait du terrain sur le plancher. Mais alors, un bruit d'autant plus fort, un crépitement qui s'échappa brutalement du bout de bois, si fort qu'il fut presque semblable à une explosion et dont le souffle fit voler une seconde les vêtements et la chevelure du vampire qui, pourtant, ne se déconcentra pas. Le regard dur, comme concentré, le Mangemort esquissa un large geste qui fit voler la gerbe de flamme tel un large ruban flamboyant, faisant reculer l’envahisseur avec une facilité impressionnante face à la ténacité dont il faisait preuve. Un coup, deux coups, trois, quatre... Morgan enchainait les coups, tel un escrimeur d'exception alors qu'il se retrouva trop vite à blêmir sous le malaise et à haleter, l'effort amplifié une centaine de fois par toute la violence et la sauvagerie de la magie qu'il déployait. Son sang remontait lentement dans sa gorge, l'emplissant d'un goût amer alors qu'il sentait peu à peu ses poumons se compresser comme pour forcer le vomissement. Mais il devait résister... Car si lui faiblissait, bien que sa magie bouillonnante de rage forçait le respect, la glace, imprenable ennemie, continuait, encore et toujours, se faufilant dans les trous que ses flammes ne léchaient pas, et lorsqu'il entrevit l'autre français encore plus concentré sur son sort derrière sa vue troublée par l'afflux de sang, il grogna un juron, à peine soufflé, et fit disparaître les flammes en un craquement sonore.

Il réapparut chez lui, dans l'un des nombreux couloirs de son manoir, il n'aurait su dire lequel. Tout était flou, tournait, et il cracha généreusement une belle goulée de sang qui le dégoûta lui même et, alors qu'une nausée lui faisait remonter son dîner dans sa gorge, un puissant mal de tête lui traversa les tempes, le faisant doucement grogner tandis qu'il titubait de plus en plus...
Allez... Encore un peu...

-A... A... ABBYYY !

Ainsi, sur ce dernier cri, le mort vivant senti tous ses muscles trembler brutalement, avant que le noir l'emporte, le faisant purement et simplement tourner de l'oeil, là, sur le sol froid de son domaine.
Et voilà. Il avait finalement été contraint d'abandonner son fidèle balais sur lequel il était arrivé... Et merde.
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MessageSujet: Re: Bloody longing   Ven 2 Sep - 2:06




Bloody Longing
Bloody Longing

Le calme était retombé, drapé d'un silence intense. Dans la pièce en ruine de la maison abandonnée, un étrange spectacle se déroulait. De la porte aux fenêtre, du parquet au plafond, tout était envahi par une glace unie, lisse comme un miroir et transparent comme du verre. Ni couleur, ni malformation dut à la lente et successive congélation de l'eau, un glacier parfait forçait contre les murs, faisant grincer la maison dans un long grondement profond. Sous la glace, il n'y avait qu'un fauteuil réduit en pièces, figé à plus d'un mètre au-dessus du sol dans une explosion interrompue et une silhouette sombre d'un homme à genoux au centre des lieux. Autour de lui, de fines impuretés noires et rouges sombres mouchetaient le verre, là où le sang et la poussière s'étaient soulevés avant de se figer. L'homme ne respirait plus, du moins pas à première vue, il reposait contre la glace, les mains posées contre le sol, les genoux à terre, la tête basculée légèrement sur le côté, tenu par le tombeau de froid qu'il s'était formé. Il y avait eut un peu de changement tout de même, depuis que le glacier s'était formé. L'eau avait fondue, légèrement, autour de sa tête, détrempant ses cheveux qui formaient de longs fils noirs, plaqués contre son crâne tandis que des craquelures fines lézardaient la glace autour du reste de son corps. Le brun se trouva bientôt avec le visage dégagé jusqu'au menton, de larges hématomes violacés traçant des toiles autour de ses blessures fraiches alors que ses oreilles et son nez avaient pris une teinte plus rouge. Un souffle ténu s'échappait de ses poumons, faible, ralentit, mais toujours là.

Les coups, la glace, le feu... tout semblait tourner encore autour du français. Comme si le vampire était encore là à essayer de détruire ce qu'il était en train de construire. Le souffle chaud des flammes ardentes crépitant à quelques centimètres de son visage, le mordant presque avant d'être dispersé par le vent froid et les éclats de neiges tournoyant. Il s'était bien débrouillé, c'était certain, l'air semblait sec maintenant que le froid avait congelé jusqu'à la plus petite goutte d'eau. Cependant, ce n'était pas la quantité impressionnante de magie qu'il avait déferlé qui avait de quoi l'épater. Plutôt le fait qu'il ne se soit pas retrouvé en hypothermie cette fois et même mieux ! Qu'il parvienne à se décongeler sans avoir besoin que quelqu'un d'autre allume quinze feux de camps de tous côtés.

Dans un craquement sec, le mur de glace céda, creusant une grotte autour du sorcier qui bascula. Mollement, l'homme glissa à terre, s'écrasant de côté sur le parquet en remuant l'une de ses côtes cassées. Ludovic ouvrit les yeux, lâchant un cri strident qui s'étouffa dans la glace avant de se redresser à la hâte, se cognant dans la surface froide. Le brun se retourna, s'appuyant sur ses coudes avant de vomir un flot de sang qui eut tôt fait de faire fondre les éclats de gèle restant. Le français se redressa, appuyant sa joue intacte sur la surface fraiche de l'eau figée. Son souffle semblait repartit, malheureusement la douleur aussi. La vue trouble, les bras noués autour de son ventre et de ses côtes, le brun tâcha de retrouver un peu d'équilibre, se sentant pris de vertiges sans même s'être levé. Cela n'allait pas, c'était le moins qu'on pouvait dire. Déglutissant, de la sueur et de l'eau plein le front, le sorcier leva une main tremblante devant ses yeux, y sentant une douleur vive dont il n'était pas sûr de l'origine. Sans grande surprise, ses mains étaient gelées, le bout de ses ongles noirs et pelés et ses doigts bleus et enflés jusqu'à la paume. Le teint livide, le brun lâcha un sifflement plaintif, se retenant de vomir encore ou de tourner de l'oeil avant de glisser ses mains blessées sous ses bras, jetant un coup d'oeil aux environs pour retrouver son manteau.

La glace brisée n'offrait plus une très bonne visibilité, le morceau de tissu restait introuvable, mais les pieux éparpillés par le vampire était déjà plus à sa portée. Ludovic pivota légèrement sur lui-même, cherchant l'accès le plus près du premier pique de bois avant d'appuyer deux doigts sur la surface rigide, serrant les dents sous la douleur en fronçant les sourcils tandis que la glace qui se fissurait toujours se mit à fondre. Une fine cascade d'eau limpide dégoulina du trou que forma le français qui continuait à avancer le bras, ses doigts blessés toujours appuyés contre la glace jusqu'à dégeler assez de matière pour atteindre l'objet de bois. Il le ramassa sans perdre de temps, tandis que le mur du glacier grinçait et couinait sous la pression des fissures en train de se former. Récupérant le crucifix qu'il repassa machinalement autour de son cou, ainsi que les autres pieux en se servant du premier qu'il avait ramassé pour se frayer un passage, le brun se réarma peu à peu. Une précaution sans doute inutile vu que le mort ambulant était partit, mais qui le rassurait un peu, d'autant que cette petite collecte lui permis d'avancer progressivement au travers de la pièce, suffisamment pour pouvoir enfin retrouver sa baguette. Ludovic la dégagea de la glace de la même façon qu'il l'avait fait pour les autres armes, perçant bien vite le plafond d'une cavité parfaitement polie où régnait une agréable tiédeur. L'homme se jeta sur le morceau de bois, enroulant ses doigts gelés tout autour pour profiter de la chaleur qui en émanait avec un frisson délicieux. Sa précieuse alliée retrouvée, le sorcier se trouvait déjà plus rassuré. Cela serait désormais beaucoup plus facile de rentrer, se soigner. Sans perdre de temps à se jeter un sort pour apaiser ses blessures, le brun se redressa tant bien que mal, pivotant d'un geste assez mal assuré avant de transplaner dans un claquement sec puis un tourbillon confus.

Il fut stoppé à mi-chemin par un mur infranchissable, le percutant de plein fouet avant de rebondir et s'étaler de tout son long au beau milieu de la grande allée qui menait au château. Ludovic toussa, réveillant la douleur vive dans sa gorge en essayant de remplir ses poumons. Il avait oublié la protection magique tout autour de l'école. Gémissant en roulant sur lui-même pour s'appuyer sur ses coudes, le brun glissa une main sous sa chemise, touchant son épaule en lâchant un autre sifflement douloureux alors qu'il sentait la chaire à vif de son épaule à moitié désartibulée. Un peu plus un peu moins... cela lui apprendrait à être distrait. Le français siffla entre ses dents, fouillant le sol dans le noir pour retrouver sa baguette en sentant d'épaisses gouttes tièdes tomber sur ses doigts gercés. Le calme revenu, l'adrénaline cessait de faire effet et son sang lui semblait affluer dans sa bouche, ses yeux, son nez, dégoulinant sur son visage à un rythme encore lent, mais déjà assez affolant. Il avait intérêt à se dépêcher. Récupérant son morceau de noyer, le brun transplana de nouveau, retournant à son point de départ, caché dans son mur de glace pour retrouver son manteau histoire de se faire plus discret pour traverser la ville jusqu'au prochain passage secret.



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