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 Tous les chemins mènent à un autre monde - Jour 1 -

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Gallions : 3453
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MessageSujet: Tous les chemins mènent à un autre monde - Jour 1 -   Ven 1 Mai - 1:29

Tous les chemins mènent à un autre monde

Ludovic arpentait le marché d'un pas régulier qui produisait des bruits curieux lorsque ses pieds s'enfonçaient dans la boue de la place pour en ressortir aussitôt, entrainant un peu d'eau saumâtre avec lui. A tous les coups ses chaussures finiraient ruinées avant la fin de la journée, mais la bonne vie de ses affaires n'était pas le principal problème du jour. Le problème s'étendait tout autour de lui, dans les habitants agglutinés qui sentaient la sueur, dans le fait qu'il était dans un lieu inconnu au lieu d'une bibliothèque familière et dans le mutisme d'Oswin qui trainait à quelques pas derrière lui. Il s'efforçait de ne pas y faire attention, de ne pas penser à la distance qu'elle voulait mettre entre eux. Il en avait assez du silence et si c'était ce qu'elle voulait alors il ferait comme si. Comme si quoi ? Comme si tout, il trouverait bien.

Focalisé sur ses sens, l’ébouriffé s'appliquait à s'occuper l'esprit pour ne plus penser au mal-aise qu'il avait ressentit quelques instants plus tôt. Maintenant qu'il était calme, la situation lui semblait nettement plus intrigante. Il aurait préféré s'en passer bien sûr, il avait toujours envie d'aller se cacher quelque part pour digérer tout ça. Le retour de la jeune femme, leurs disputes, le couteau et le reste, mais puisqu'il semblait un peu plus détaché qu'elle pour une fois, autant ne pas perdre de temps. Il ne pouvait s'empêcher de toujours revenir à ce qu'il sentait. L'odorat n'était pas le sens qu'il utilisait le plus en temps normal, mais il fallait reconnaitre qu'il était impossible de faire autrement ce jour-là. La viande à l'air libre, les légumes bouillis dans un coin, le poisson frais depuis trois jours et l'urine même, il l'aurait juré, ne pouvaient que vous agresser le flaire au point de vous le faire perdre.

— Je crois... commença-t-il à l'intention d'Oswin d'une voix à mi-chemin entre la rancœur et celle qu'il avait lorsqu'il faisait cours. Je crois que nous sommes... Je ne sais pas, peut-être dans un autre pays. Je dirais que c'est à cause du livre, ça c'est sûr, mais je ne sais pas pourquoi ici. C'est trop réel pour être un simple sort d'illusion. Il agita la main devant son visage l'air de vouloir tenir le vent dans sa paume. L'odeur, les détails, les gens, il y en a trop, ils sont trop différents pour que ce soit juste une image d'un sort de sommeil ou d'hallucination. Nous ne sommes plus à Poudlard, ça aussi c'est certain. Il se tourna légèrement vers la jeune femme avant de se raviser. Je veux dire qu'il y a des sorts qui vous font voir une autre réalité, qui vous donnent l'impression d'être ailleurs alors que vous n'avez pas changé de pièce. Comme un somnambule qui verrait une autre version de sa chambre. Mais si c'était le cas on se serait déjà probablement prit un mur au bout d'un couloir mal ajusté. Il fit jouer ses épaules avec une grimace tandis que l'élancement revenait. D'un autre côté je trouve l'air bizarre. Lourd, morne, pas vous ? Je pense qu'on doit être quelque part dans un petit pays d'Europe. Il faudrait trouver... une enseigne, un texte, pour connaitre la langue. Je n'ai pas fait attention à ce que disaient les gens, et vous ?

Il se tourna encore vers la jeune femme, juste de quoi pouvoir la voir du coin de l’œil, mais pas assez pour en avoir une image très nette. Il aurait préféré qu'elle réponde, mais il pouvait aussi faire la conversation pour deux. Au bout d'un instant, regarder en arrière lui fit mal aux yeux et il reporta son attention sur la route. Surveillant ses pieds. Il était certain d'être dans le monde réel. Pas tant pour tout ce qu'il venait de dire, même si cela en faisait grandement partit, que pour les esprits. Il sentait encore la présence grouillante des pensées des passants autour d'eux, si intense - comme toujours dans les lieux bondés - qu'elle créait presque une seconde foule par dessus la première. Il ne les devinait pas parfaitement bien sûr, sinon il se serait déjà évanouie, mais il était certain que ces consciences étaient réelles. Il existait beaucoup de sorts, mais peu auraient pu le tromper ainsi sur l'un des plus vieux talents de sa vie.

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MessageSujet: Re: Tous les chemins mènent à un autre monde - Jour 1 -   Ven 1 Mai - 15:43


First Day in a New World
Après le monologue de Ludovic, la surveillante s'était enfermée dans un mutisme presque total, évitant par la même occasion d'avoir le moindre contact avec celui qui venait gentiment de la "recadrer". Mais ce n'était pas un mutisme froid, désagréable, c'était comme si... Elle réfléchissait.
Le visage étrangement doux, sans la moindre expression cependant, seuls ses yeux laissaient paraitre une légère lueur de colère mêlée à une sorte de tristesse -même si le mot n'était certainement pas le plus juste-, elle ne semblait pas en colère, pas vexée, peut-etre... Honteuse.
Mais il ne lui fallait que du temps, un peu de temps, juste histoire de se calmer et de reprendre un peu de cran. Alors en attendant, elle devait bien laisser le français dans ce silence qui lui pesait tant, alors qu'elle mêmeprofitait de ces instants pour réfléchir àtout ce qui lui arrivait, et pas seulement ici, dans cet endroit étrange.
Elle y avait été obligé, de faire un choix. De faire ce choix. Alors oui, on a toujours le choix, et elle était la première a le clamer jusqu'à ce que sa signature ne finisse sur l'une de ces feuilles de contrats interminables, mais si elle avait continué de cette façon... Qui sait ce qu'elle serait advenue? Elle dut donc choisir: se trahir elle, ou sa promesse de respecter ses contrats  à la lettre. C'était sa sanité ou bien ses principes.

Ne croyait-il pas que cela avait été un choix difficile?

Ce fut le fait que l'enseignant reprenne la parole qui sorti Oswin de ses pensées, levant son visage totalement neutre vers l'homme qui marchait d'un pas assuré mais bien moins rapide que d'habitude à quelques pas devant elle. Elle appréciait l'attention, au moins, cela montrait qu'il ne lui en voulait plus autant, mais dans un autre sens, cela lui donnait la désagréable attention d'être traitée comme la vieille brebis blessée du troupeau pour qui on ralentissait le rythme. Elle n'était pas handicapée.
Il aurait pût aller plus vite, elle l'aurait tout de même suivi sans problèmes, qu'il s'adapte ainsi lui donnait l'impression de ronger son frein.
Mais il fallait l'avouer, c'était plutôt bienvenue, mais de là à l'avouer oralement ou seulement à elle même... Même pas en rêve!

Les bras croisés comme pour se protéger du froid, un froid imaginaire qui n'étreignait qu'elle, son regard vide fixait l'arrière du crâne de l'homme qui lui parlait sans réellement le voir, alors que son esprit assimilait inconsciemment toutes les informations qu'il lui donnait.
Pas a Poudlard... Pas de sortilège d'illusion... Pas ici... En Europe... Vraiment?
Une fois que l'autre eut terminé son explication, entre tous ses retournements auxquels la jeune femme ne fit presque pas attention, il n'obtint aucunes réactions de Linda qui se contenta de serrer un peu plus ses bras sous sa poitrine, son regard coulant lentement vers le sol alors que ses neurones s'exciterent à nouveau.

-Vous pensez réellement que j'ai eut le temps? murmura-t-elle du bout des lèvres sans faire attention si l'autre l'avait entendu ou pas.

La française redressa la tête, son regard reprenant une certaine consistance alors qu'il parcourut a une vitesse surprenante la foule qui les entourait.
Une autre mauvaise habitude, essayer de deviner les gens, les coupables, les innocents, les victimes, ceux qui en disaient trop pour être sincères ou pas assez pour être honnête. Habitude d'Auror fort utile lors des mission, et là encore, elle allait lui servir un minimum.

-Vous savez lire sur les lèvres? demanda alors la brune alors que sa voix avait reprit plus d'assurance que son visage. C'est très intéressant... Je ne m'y connais pas vraiment, mais j'ai lut... des livres dessus, et si je réussi a comprendre un ou deux mots, nous seront fixés.

Et sans plus d'explications, l'Auror se tut et observa attentivement toute personne les entourant.
Trop grand, mange les lettres et syllabes, pipelette -trop-, silencieux, de profil... Il s'agissait d'une vraie chasse a l'homme de trouver la bonne personne, et au moins, cela lui occupa l'esprit pour quelques instants, car une fois fixée sur la bonne personne, il ne lui fallut pas longtemps pour reconnaitre quelques mots, du moins assez pour saisir le sens de la phrase que l'inconnu prononçait, puis elle lâcha un soupir avant de réprimer un frisson qui la saisit a nouveau.

-Je ne sais pas si c'est de l'anglais, mais ça y ressemble ...

Nouveau silence, pendant lequel la surveillante songeait a toutes les possibilités qu'eux deux auraient jugées improbables.
Peut-être avaient-ils voyagé dans le temps? Ou encore étaient-ils peut-être dans leur propre imaginaire? Ou bien aspirés dans un livre quelconque? Si des choses pouvaient en sortir, pourquoi ne pouvaient-elles pas y rentrer?

-Vous pensez vraiment qu'on est en Europe? Cela me semble bien trop... Rustique, pour l'Europe. A moins que nous soyons dans une reconstitution...?



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MessageSujet: Re: Tous les chemins mènent à un autre monde - Jour 1 -   Ven 1 Mai - 17:41

Tous les chemins mènent à un autre monde

La jeune femme avait répondu, pas très fort et d'un ton un peu sec, mais c'était déjà ça. Ludovic aurait très bien pu ne pas l'entendre s'il n'avait pas tendu l'oreille et, surtout, si son enfance avec la timide et presque inaudible Aidrian Starkweather ne lui avait pas donnée une ouïe affutée. Il avait beaucoup perdu depuis toutes ces années, vieillesse oblige, mais il était encore capable de capter une phrase marmonnée dans sa barbe.

— Le temps de ? reprit-il aussitôt avec la même urgence que s'il s'était mis à souffler pour faire prendre un feu qui commençait tout juste à fumer. Ah oui, le temps... laissez tomber.

Ce fut lui cette fois qui devint silencieux, cherchant un autre sujet de conversation plus ou moins à sens unique. Il aurait put exposer d'autres théories, raconter la fois où il s'était retrouvé bloqué dans une tour sans porte ni fenêtres parce qu'il avait eut le malheur de lire un livre sur les plus grand sorciers passe-muraille de l'histoire. Malchance malheureuse, il ne se souvenait plus comment il en était sortit, mais cela expliquait peut-être pourquoi il s'était mit à crocheter des serrures moins d'une semaine plus tard. Il était plongé dans ses souvenirs lorsque la question d'Oswin le tira de ses pensées. Cela lui parut une question si saugrenue qu'il se retourna, interloqué et ralentit encore jusqu'à presque s'arrêter.

— Non. Pourquoi ?

Il n'y avait jamais trouvé le moindre intérêt. A quoi bon lire sur les lèvres lorsqu'on pouvait entendre ou même sonder des pensées ? Il leur aurait suffit de tendre un peu l'oreille pour essayer de discerner quelques paroles parmi le brouhaha ambiant. Après tout, les marchands parlaient assez fort pour se faire entendre sur deux bons kilomètres, mais il n'en fit pas la remarque. A la façon dont Oswin en parla, le fait qu'il y ait eut des livres à ce sujet et qu'elle semblait savoir ce qu'elle faisait suffit à ce qu'il ne critique pas. Ludovic l'observa essayer la mise en pratique. Elle semblait concentrée, effectuant quelque chose qu'il ne connaissait pas. Autant dire qu'il était proprement fasciné. Est-ce qu'il ressemblait aussi à cela lorsqu'il réfléchissait ? C'était étrange, cela semblait toujours peu crédible de voir quelqu'un réfléchir. Autant l'entendre réfléchir était captivant, autant le voir lui faisait l'effet de regarder une bête boiteuse prisonnière dans une cage de verre. Il aurait donné n'importe quoi pour pouvoir rentrer dans une tête en train de réfléchir comme cela.

Son vœu allait être exaucé, alors que son esprit se focalisait sur la jeune femme, lorsqu'elle poussa un soupir qui le fit presque sursauter. Lire les esprits ne se faisait pas, il lui en voulait, il avait mieux à faire. Le français tourna la tête vers la foule, cherchant avec un train de retard sur quelles lèvres avait pu lire la jeune femme, tandis qu'un frisson laissait une empreinte fantôme dans son mental en retrait.

— De l'anglais, marmonna-t-il. Impossible.

Il médita une seconde ce que cela aurait voulu dire. Il n'avait peut-être pas parcouru tous les pays du monde au court de ses voyages, mais il connaissait assez bien l'Angleterre pour savoir qu'une ville pareil ne s'y trouvait pas. Quoique, certaines structures de rues lui disaient bien quelque chose et, maintenant qu'il y pensait, il y avait bien cette sensation particulière sur lequel il n'arrivait jamais à mettre un nom, mais il aurait remarqué une ville pareille s'il l'avait croisée. Il aurait fallut voir le paysage pour vérifier.

— Non impossible,
répéta-t-il avant de reprendre sa marche.

La surveillante ne semblait pourtant pas croire à sa version. Il ne prit pas la peine de s'arrêter, répondant à la volée.

— Bien sûr. Même si c'était de l'anglais ça reste le bon continent. Ce n'est pas en Amérique que vous verrez des choses comme pareilles, ils ne sont pas encore assez dérangés pour ça. En revanche en Transylvanie il y a quelques villages sorciers qui ressemblent un peu à ça, pour le tourisme. Beau pays la Transylvanie, un peu froid et pas très accueillant de prime abord, mais plutôt... calme. Morne. Beaucoup de vampires, sympathiques les vampires. Bon, il ne faut pas trainer quand ils sont dans les parages, mais si vous y allez à plusieurs, dans la journée et que vous pensez à prendre des rats pour l’apéritif il y en a qui sont très civilisés. De toute façon, il suffit de demander.

Joignant le geste à la parole, Ludovic s'approcha d'un homme en conversation avec une grosse femme portant un panier d'il ne savait trop quoi et attira leur attention d'un léger salut de la main.

— Excusez-moi, salut. Je m'appelle... John Smith. J'ai été attaqué par un voyageur temporel qui a échangé ses vêtements avec les miens. Sauriez-vous où je pourrais trouver un tailleur pour les remplacer ? Ou... le responsable de tout ça.

Il désigna le marché autour de lui et attendit la réaction des deux inconnus qui ne tarda pas. La femme éclata de rire avant de le traiter de fou. Tandis que l'homme cracha par terre lui conseillant de se taire et de ne plus l'approcher s'il ne voulait pas qu'il appelle la garde. Ludovic recula prudemment, affichant un sourire et lançant un bref "Merci". En tous cas, c'était bien de l'anglais.

— D'accord, admit-il se tournant vers Oswin une fois revenu à sa hauteur. Si c'était une reconstitution l'un des deux m'aurait dit ou aller. Donc soit ce sont des professionnels, soit des fous, soit tout est réel, mais je ne pense pas. Un village au Moyen Âge c'est idiot. Pourquoi ? Comment serait-on arrivés là ? Un village anglais en Transylvanie. C'est plus... probable.

A vrai dire, plus il parlait plus son propre raisonnement lui semblait bancal, mais il préférait parier sur la solution la plus simple. Il était plus facile de transformer un livre en Porte-au-loin que de créer un faux monde où piéger des sorciers. Peut-être avaient-ils débarqués dans une sorte d'ancien parc touristique. Une attraction tournant en circuit fermé pour se changer les idées dont le livre aurait été l'entrée avec des projections d'humains pour meubler. Oui, c'était possible. Mais pourquoi le Moyen-Âge ? Peut-être y avait-il d'autres époques ailleurs. Il songea à cela et à plusieurs autres choses encore - comprenant de la barbe-à-papa - finissant par prendre une nouvelle inspiration l'air de sortir d'une agréable rêverie. Qu'il ait raison ou non, le meilleur pour vérifier était encore d'attendre et voir ce qui allait se passer.

— Je vais me promener, fit-il avant de s'élancer pour traverser la foule.

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MessageSujet: Re: Tous les chemins mènent à un autre monde - Jour 1 -   Ven 1 Mai - 21:40


First Day in a New World
Le fait que Ludovic ne savait pas lire sur les lèvres surpris en un sens la surveillante qui ne réagit cependant pas le moins du monde. Elle aurait put froncer les sourcils, mais elle cherchait d'ores et déjà la personne parfaite pour prouver sa première pensée.
Quelqu'un d'aussi atypique que le Français ne se devait-il pas de savoir lire sur les lèvres? Cela lui serait pourtant tellement bien allé! Surtout vu l'aisance avec laquelle il fondait sur les lèvres justement... On n'avait pas à dire, cela restait un sacré bon souvenir ce baiser si inattendu...!
Mais bon, il était suffisamment excentrique ainsi, encore plus et ce serait trop. Ainsi, c'était sûrement pour cette raison que elle savait s'y prendre. Effet balancier, sûrement une théorie totalement fausse, mais opposés comme ils étaient, cela pouvait sembler logique.

Elle ne remarqua pas le regard presque fasciné que lui adressait son interlocuteur, totalement prise dans sa machination, son but de trouver quelqu'un de parfait qui pouvait lui servir d'exemple, mais si elle l'avait remarqué...
Si elle l'avait remarqué...
Qui sait?
Peut-être se serait-elle amusée de sa réaction? Peut-être se serait-elle demandée ce qui provoquait ce soudain intérêt? Peut-être que son esprit troublé depuis quelques temps y aurait vu une quelconque source de réconfort ou justement un tremplin pour se remettre d'aplomb?
Mais cela passa inaperçu, et quelque part, ce fut sans doute tant mieux. Pourquoi se focaliser sur les "si" quand il y avait en face de nous une réalité bien réelle?

Nouvelle réaction inattendue lorsque l'autre prit en compte sa déduction, semblait même plus que troublé à cette révélation, comme put le démontrer l'apparition soudaine du français dans son langage. Et cette fois, cette réaction arracha enfin un geste à la surveillante fronça légèrement les sourcils en réfléchissant à ce qui avait bien put surprendre l'autre de cette manière. Toujours les bras enroulés autour de son buste, elle commença cependant à lentement se détendre, comme si le froid imaginaire qui l'entourait jusqu'à présent commençait à peine à laisser ses muscles se réchauffer.

-Un problème?

À peine eut-elle posé sa question que l'enseignant y répondit, pas à la bonne c'était certain, mais dans un sens il répondit à sa théorie du fait qu'être en Europe était sûrement impossible. EN quelque sorte.
Non car il aurait aussi bien pût s'agir d'un délire du Professeur de Sortilèges qu'un monologue personnel pour répondre à une discussion qu'il était le seul à suivre qu'à sa dite réponse à sa théorie.
Mais par conséquent, il ne répondit pas à la question qu'elle venait de poser...
Ah, Ludovic Descremps, on ne pouvait décidément pas tout obtenir avec lui!
Elle lâcha un soupir, soupir qui n’atteint d'ailleurs pas son terme, bientôt coupé par la curiosité d'Oswin qui se réveilla en même temps que son scepticisme à l'écoute des commentaires quelque peu... originaux du Français.
La surveillante haussa un sourcil, même si dans son regard, plus qu'un air désabusé, il y avait un intérêt certain pour ce que racontait le sorcier. Elle avait souvent tendance à oublier qui il était, qu'il avait voyagé, et pourtant... Il lui avait dit la première fois qu'ils s'étaient rencontrés non? Ou bien l'avait-elle entendu au détour d'un couloir? Les rumeurs allaient de bon train autour du Français, et celles qui disaient qu'il n'était pas compétent en prenant comme exemple ses nombreux voyages incessants... Ou encore peut-être était-ce ce Lakenstridge qui avait laissé échappé une quelconque information?
C'est vrai que l'origine lui échappait, mais les voyages... Il fallait avouer qu'il s'agissait là d'une idée des plus attirantes. Partir, voyager, découvrir de nouveaux horizons... Seulement il fallait les moyens, et de plus, trop de choses la reliaient à cet endroit, ou du moins, à la Grande Bretagne. Tout abandonner et partir à présent n'était qu'une idée saugrenue de plus, mais simplement imaginer toutes les choses qu'avait dut vivre le français... C'était impressionnant.
Oh, bien sûr, elle aussi en avait vu du pays, surtout les côtes françaises à vrai dire, voyageant, non. Fuyant. Le plus vite possible, le plus loin possible, traquant les assassins de son frère sans répit, encore sensible, encore jeune, encore perdue et effrayée...
Des assassins qui finalement n'avaient jamais existé.

Oh oui, il avait dut en voir, des choses...!

Sans intervenir, Oswin suivit des yeux l'homme s'avancer vers deux personnes choisies au hasard, leur parlant alors avec une sorte d'excitation qui lui seyait bien, à moins que cela ne soit l'habitude? Elle les observa de loin, s'avançant très lentement et sans réel but, simplement... Que pouvait-elle donc bien faire d'autre?
Et malgré son sourire, Ludovic ne se fit pas vraiment bien accueuillir auprès des deux inconnus. Pas vraiment une surprise, c'est d'ailleurs pourquoi la brune eut un léger sourire railleur au coin de la lèvre. Le gentil professeur qui se faisait traiter de fou... Comme quoi, à croire que quelques fois, certaines personnes avaient réellement un don pour deviner les personnalités des gens!
L'homme revint alors de son côté, se tournant vers elle avant de se lancer dans des déductions plus ou moins probables, balayant les possibilités unes par unes pour en arriver finalement à la conclusion qu'ils devaient se trouver dans un village anglais en... Transylvanie?

Cette fois, la surveillante lâcha un léger rire en secouant lentement la tête, même si elle ne fit aucuns commentaires: il s'emportait, cherchant une solution plausible à tout cela... Bon Dieu, elle se reconnaîtrait presque en lui lorsqu'elle cherchait à comprendre quelques réactions humaines!
Oswin n'eut pas réellement l'occasion de se poser plus sur ce dernier sujet que l'autre s'en allait déjà, l'informant de sa petite promenade de dernière minute avant de se retourner.
Et encore une fois, la française se saisit du poignet de l'enseignant, même si dans un laps de temps bien plus court cette fois, puisqu'une fois arrivée à son hauteur, elle le lâcha immédiatement, le fixant simplement de ses yeux bruns calmes:

-Pas sans moi, pas cette fois.

Elle esquissa un petit sourire tout aussi calme, quelque peu perturbant, d'autant plus que son regard semblait toujours légèrement hésitant sur l'expression qu'il devait adopter, puis elle fixa le vide droit devant elle avant de reprendre :

-Il serait bien dommage que je vous perde de vue aussi bêtement.

Aucune ironie dans son ton, aucune raillerie dans sa voix, simplement une remarque plus ou moins posée, après tout, elle même ne savait pas trop comment elle devait réagir à tout cela.
Se passa un temps de silence, pendant lequel la surveillante réfléchis aux possibilités écartées de son collègue, puis en prenant en compte ses quelques idées bien plus... originales.
Elle alors tourna son regard vers l'échevelé, n'esquissant pas le moindre geste pour parler dans un premier temps, l'observant de haut en bas avant de fixer à nouveau le vide devant elle, et d'enfin décroiser ses bras pour s'étirer, comme elle l'avait déjà tellement fait par le passé.

-Vous y avez songé? Je veux dire... Vous restez bien terre à terre, pourquoi nous n'aurions pas... Voyagé dans le temps?

C'était une possibilité réjouissante quelque part, certes affolante, mais s'ils étaient arrivés, ils pourraient forcément repartir?
Non... Non, ce n'était pas pour cette raison qu'elle était aussi calme...
Pourquoi donc dans ce cas? Elle aurait dut vouloir rentrer, forcer Descremps à l'aider une lame lui caressant le cou, mais non. Elle se sentait étrangement sereine même si une désagréable sensation de boule au ventre ne faisait qu'augmenter au fur et à mesure que le temps passait.
Alors pourquoi?



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MessageSujet: Re: Tous les chemins mènent à un autre monde - Jour 1 -   Sam 2 Mai - 2:06

Tous les chemins mènent à un autre monde

Le stand de barbe-à-papa imaginaires devrait attendre, Ludovic venait à peine de faire deux pas qu'il se faisait une fois de plus freiner par la jeune femme. Cela aurait put devenir agaçant, mais il était trop curieux pour vraiment être remonté. C'était un nouveau monde qui s'ouvrait à eux, il avait hâte d'en visiter tous les recoins, de goûter toute chose comestible qu'il pourrait y trouver et de parcourir encore et encore chaque centimètres carré jusqu'à ce que le fait d'être pris au piège réveille son instinct de préservation. En attendant, il s'arrêta une nouvelle fois, regardant Oswin après un léger soupir qu'il ne prit même pas la peine de finir. Si elle ne voulait pas le perdre, elle n'avait qu'à le suivre. Cela semblait évident.

— Je vais par là, juste en face, fit-il en levant le bras, celui que tenait la jeune femme, pour indiquer la façade d'une échoppe. Il y a une bonne odeur. Dans les situations compliquées, toujours se fier à son nez et je réfléchis mieux le ventre plein.

Après tout, il ne se souvenait plus bien à quand remontait son dernier repas. La journée était déjà assez bien avancée lorsqu'il était allé à la bibliothèque et on aurait put dire que son remue-ménage avait tendance à lui creuser l’appétit. Sans oublier qu'il avait pensé à des barbe-à-papa. S'il en arrivait là, c'était qu'il était temps de reprendre un bout de bacon. Pourtant il n'avait pas vraiment faim. On ne se remet pas si vite de menaces à main armée, mais il savait que les femmes aimaient bien qu'on les rassure en faisant mine de savoir où aller. Il baissa le bras, sans vérifier si la jeune femme l'avait lâcher ou non et lui afficha un sourire narquois.

— Si vous avez peur de vous perdre vous n'aurez qu'à faire de la lumière avec votre baguette je viendrais vous chercher.

Est-ce qu'il lui avait pardonné ? Bien sûr que non, cela aurait été trop facile, mais il savait faire semblant sous ses airs d’écervelé et la situation lui semblait bien trop intéressante pour qu'il s'encombre d'états d'âmes. Le sujet était clos, il y reviendrait peut-être plus tard. Un parc d'attraction, c'était la théorie. Qu'est-ce qui n'était pas un parc d'attraction pour lui ? Tant que c'était nouveau et imprévu, il ne pouvait pas être plus ravi. Il glissa de nouveau ses mains dans ses poches et reprit sa marche, très ralentit, déambulant parmi les étals plus que se rendant réellement quelque part. Il se mit soudain à sourire, songeant à ce que cela aurait été s'il avait amené Lisbeth ici. Elle aurait sans doute trouvé cela un peu bizarre, le Moyen Âge n'était pas forcément la période la plus attractive, mais ils auraient sûrement trouvé de quoi s'occuper. Il y avait toujours de quoi faire où que l'on se rendait.

— Voyager dans le temps ? répliqua-t-il. Pourquoi faire ? Vous avez déjà vu des cours d'histoire de la magie ? Franchement, c'est d'un ennuis...

Son sourire partit alors qu'il songeait tout à coup qu'il ne reverrait pas la métamorphomage avant d'être sortit de cet endroit et il sentit soudain qu'il avait intérêt à ne pas s'attarder. Il avait rendez-vous avec elle le lendemain, il était tout à fait hors de question d'être en retard. Il baissa la tête comme pour fixer ses pieds, mais sans regarder quoi que ce soit en particulier. Poursuivant d'une voix atone.

— En fait ça me rappelle un livre que j'avais lu, il y a longtemps. Une histoire bizarre sur un village au Moyen Âge. Mais je confonds peut-être, ça arrive... Il tourna légèrement la tête pour regarder passer une voiture tirée par un cheval noir. C'était un truc saugrenue et ennuyeux, à propos d'une bête qui massacrait des habitants. Quatrième étagère, sixième rayon. Je ne sais plus si j'ai lu la fin, mais je me souviens qu'au début il y avait une bagarre.

A peine venait-il de dire cela qu'il heurta un passant de plein fouet. Il dévia de sa route, s'excusa et fit quelques pas presque en marche arrière. Il se retournait tout juste, que son pied cogna dans une cale qui avait eut la mauvaise idée de se trouver sur son chemin. Les choses auraient put en rester là, si cela n'avait pas suffit à faire sauter le bout de bois et s'écrouler la planche qu'il retenait, faisant dégringoler par terre une brassée de casseroles et d’ustensiles en bronze qu'il évita miraculeusement. Ludovic pivota, faisant face au massacre, alors que le vendeur fonçait vers lui en vociférant. Le français recula de quelques pas, ouvrant la bouche pour essayer de s'expliquer, lorsqu'il bouscula un clochard qui savourait une soupe sûrement durement acquise. Le contenu du bol se renversa par terre le temps que l'ébouriffé se retourne et le clochard se releva, agrippant le professeur par le col avant de balancer le poing droit vers son visage. Ludovic esquiva de peu et les phalanges de son assaillant allèrent s'écraser sur le nez du marchand qui venait tout juste d'arriver derrière lui. Le réduisant en miettes dans un craquement sinistre.

Quel était le mot déjà ? Ah oui ; Insortable. Il avait l'art et la manière de se faire des amis.

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MessageSujet: Re: Tous les chemins mènent à un autre monde - Jour 1 -   Sam 2 Mai - 10:23


First Day in a New World

Oswin haussa légèrement les épaules lorsque le français lui désigna une direction, expliquant qu'il s'y dirigeait pour trouver quelque chose pour se remplir le ventre.
C'était une bonne solution, c'est sur que l'odeur... Il devait y avoir de tout ici, des dizaines d'odeurs qui harcelaient les narines aussi bien que la plus acre des odeurs de potions! Alors aller vers une direction ou il serait déjà possible de respirer sans subir cette infecte odeur, c'était plutôt une bonne stratégie, même si de son côté, la fin ne la tenaillait pas le moins du monde.  Ce qui était d'ailleurs étrange, puisqu'ils devaient facilement avoir passé un peu moins voir une heure ici, et qu'avant de rentrer, son seul repas avait été le petit déjeuner, mais elle ne s'y attarda, suivant simplement l'enseignant sans prononcer le moindre mot.

Mais lorsque l'autre se ria d'elle en lui sortant que si elle était perdue, elle n'avait qu'à faire comme les enfants et il viendrai la chercher, la surveillante haussa un sourcil avant de répondre sur le même ton:

-Quel honneur! Vous viendrez aussi avec votre armure et votre cheval blanc peut-être?

Bon, pour l'armure, il faudrait voir... Petite armure, de cuir... Non, voir même de tissus, sinon, il aurait pût se briser le dos en la portant, c'était qu'il était fragile le Descremps! Une tape dans le dos et on lui briserait les dos! C'était presque à se demander comment il résistait si bien a ses prises!
A cette pensée, Oswin esquissa un sourire en coin alors que son regard repartait fixer  un point du vide en face d'elle. Il devait être sacrement souple... Était-ce ainsi dans toutes les situations?

L'enseignant commença alors un étrange... "Manège", ne se rendant pas de son point A au point B présenté comme attendu, mais déambulant tranquillement de-ci, de-la, s'arrêtant avant de repartir, le tout sous le regard presque intrigué de l'Auror qui était arrêtée un instant en remarquant ce détail, avant de reprendre sa marche lorsqu'elle l'entendit légèrement parler ... Tout seul? Non, sûrement a elle, raison pour laquelle elle s'approcha d'ailleurs.

A vrai dire, la réponse qu'il lui sorti n'était certainement pas celle attendue, elle était même peut-être un peu... Vexante.
Ce n'était pas tant le fait qu'il rejette son hypothèse qui la vexant mais plutôt la question qui suivit, alors qu'il critiquait les cours d'histoire de la magie, il se permit une petite remarque avant de lui demander sans gêne si elle avait déjà vu un cours du genre. Et bien la réponse était non. Non elle n'avait jamais suivi ce genre de cours, non, elle n'était pas non plus allé à Poudlard durant son enfance, et elle n'avait aucune idée concrète de ce à quoi ils pouvaient ressembler.
Alors évidemment, elle avait entendu des ragots et des discussions a ce propos, assez pour savoir qu'ils avaient plutôt mauvaise réputation, mais de son propre chef, jamais elle n'avait pût se faire son propre avis.
Alors cette fois, elle ne répondit encore une fois dans un premier temps, observant les étals de fruit comme si elle faisait son marché.
Il fallait déjà trouver les mots, puis ne pas lui cracher son erreur au visage, et rien que cela demandait un petit temps de réflexion.

-Non, je n'ai jamais eut cette "chance". finit-elle par lâcher sur un ton bien heureusement assez léger.

Elle contempla encore un instant ses fruits avant que Ludovic ne reprenne la parole, parlant d'un livre que lui rappelait cette situation.
Éveillant immédiatement son intérêt, elle se redressa pour écouter, même si ses habitudes d'Auror poussèrent son regard a passer la foule en revue: toujours observer les observateurs, ils pouvaient toujours se rendre utile par la suite.
Quelque part, le fait qu'il ne se souvienne que d'un livre dans cette situation intrigua la brune qui ne fit cependant aucunes remarques. Pour l'instant, les seuls éléments qu'ils avaient étaient d'être a une époque Moyen-Ageuse, comment avait-il pût s'en souvenir aussi précisement ? Peut-être avait-il pris en compte l'endroit où ils se trouvaient avant d'avoir été envoyés ici ... Quoi qu'il en soit, cela allait dans le sens de son idée d'être rentré dans le livre. Alors... Pourquoi pas?

Elle eut a peine le temps d'ouvrir la bouche pour tenter de donner son avis, que lorsque son regard se posa sur Descremps, ou plutôt la place qu'il occupait la seconde d'avant, il n'était déjà plus là et en train de valdinguer d'un étal a l'autre, semant la panique et la colère des personnes autour d'eux là où il passait, le tout sous le regard totalement stupéfait de la surveillante.

-Mais... Comment...?

Elle ne chercha pas plus, soupirant une nouvelle fois avant de tenter de s'interposer en lâchant un discret "Par tous les dieux...!", s'approchant du vendeur mécontent alors qu'elle avait subitement retrouvé toute son assurance habituelle.

-Salut mon mignon, je crois qu'on a un petit problème... Tu ne penses pas?

À peine eut-elle finit sa phrase que ses mains se posèrent sur les épaules de l'homme et que son genoux remonta brutalement en angle droit pour aller donner un joli coup dans les bijoux de familles de l'autre qui se plia en deux. Mauvaise réaction d'ailleurs, car Oswin ne tarda pas à en profiter et, de son autre genoux, donna un violent coup au milieu du visage du vendeur qui se recula alors brutalement sous le coup, quelques pas chancelants en arrière avant qu'il n'aille s'écraser dans l'étal de fruit précédemment remarqué, faisant dégringoler toutes les pommes dans un joyeux mouvement, et au milieu des cris presque enthousiastes des enfants qui s'empressèrent de s'en saisir.
Résultat de l'opération? Deux hommes en armure bousculés, et une femme mecontente de plus.

Et bien... Ça promettait!

L'Auror ne pût n'empêche qu'un grand sourire enthousiaste ne s'affiche sur son visage alors qu'elle faisait craquer ses phalanges, un peu d'action, cela ne faisait pas de mal!


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MessageSujet: Re: Tous les chemins mènent à un autre monde - Jour 1 -   Sam 2 Mai - 16:44

Tous les chemins mènent à un autre monde

Un sourire un peu plus large s'afficha sur le visage de Ludovic à la remarque de la française, mais il avait déjà l'esprit trop occupé par quelqu'un d'autre pour vraiment se demander à quoi il aurait put ressembler à cheval dans une armure. Surtout sur un cheval ordinaire, car s'il connaissait assez bien les chevaux à plumes pour avoir apprit en grande partit dans une école avec des pégases comme fierté, il ne lui était encore jamais arrivé de monter sur un cheval dépourvu d'ailes. C'était ainsi, on ne pouvait pas faire l'extraordinaire et le classique.

Ludovic songeait à Lisbeth, à ses longs cheveux blonds. Il la voyait plus souvent en blonde qu'autre chose, c'était après tout ainsi qu'il l'avait vu le plus souvent. Mais il lui arrivait de se l'imaginer en brune, pas un brun vulgaire, mais avec des nuances semblable à du bois roux. Il ne se souvenait pas si elle avait déjà eut les cheveux comme cela avec lui, mais il la voyait tellement bien ainsi. Il aurait fallut qu'il lui demande ce que cela pouvait donner. Il trouvait que cela aurait été très accordé à son regard et ses lèvres. Aussi, perdu dans ses pensées, il ne fit pas encore très attention à ce que lui disait Oswin. Juste de quoi pouvoir répondre avant de se souvenir à qui il parlait.

— Si vous ne savez pas ce que c'est, vous pourrez toujours aller suivre un des cours au château. Il suffit de frapper et d'entrer. Je pense que personne ne vous en voudra de vouloir piquer un petit somme.

Il s'interrompit avant d'ajouter qu'il l'aurait bien vu derrière un banc d'école ou qu'il aurait bien aimé l'envoyer prendre des notes afin de lui faire un compte rendu pour qu'il passe - enfin - ses ASPICs comme s'était plu à le proposer Rian la première fois qu'il était allé assister à un des cours de la professeur de potions. Parler de ses lacunes n'était pas une bonne idée, surtout en présence de quelqu'un qui avait déjà essayé de lui démonter les bras deux fois. Cette simple pensée lui rappela qu'il avait encore les tendons à vif et peut-être n'aurait-il pas percuté le premier passant s'il n'avait pas essayé de se détendre les omoplates en plus de ne pas regarder où il mettait les pieds.

La suite s'était enchainée très vite, si bien que, du point de vue de Ludovic, il n'avait pas fallut plus de quelques secondes avant qu'un poing inconnu ne lui frôle le crâne. Il s'était dérobé en passant sur le côté, profitant que le clochard soit quelque peu déconcentré par le fait qu'il n'ait pas frappé la bonne personne pour se libérer de sa poigne. Il y eut ensuite une petite seconde de répit un peu grotesques lors de laquelle le français et le clochard fixaient le malheureux marchand qui se tenait le nez, l'air de se demander comment ils en étaient arrivés là. Leur interrogation fut bientôt remplacée par un élan de sympathie masculine et une grimace commune, lorsqu'ils virent le malheureux se faire tasser les bijoux de famille par une surveillante que l'ébouriffé avait presque oublié.

— Je te jure que je la connais pas, lança Ludovic à l'adresse de son nouvel ami sans emploi.

Ce dernier se rappela qu'il avait envie de lui briser des os et se jeta aussitôt à la gorge de l'enseignant qui ne recula pas assez vite pour éviter de se faire agrippé par le cou et penché vers le sol comme un frère l'aurait fait pour lui frotter le crâne. Mais c'était bien un autre coup de poing que voulait lui donner le clochard qui décolla soudain du sol alors qu'un marchand voisin venait l'attraper par la taille. Ludovic voulut en profiter pour s'enfuir, mais se fit rattraper par le col par un autre marchand venu porter secours à leur collègue au nez et parties intimes en morceaux.

La prise de son assaillant était bien plus ferme que celle du clochard, Ludovic se trouva tiré vers le sol et ferma les yeux pour encaisser le coup qui ne venait toujours pas. Il rouvrit une paupière et vit l'homme à terre, sans doute refroidit par la bande de pouilleux attirés par la bagarre ou par Oswin qui semblait à peine perturbée par le nombre toujours croissant de combattants. Ludovic aurait peut-être enfin pu réaliser ce qui se passait, s'il n'avait pas soudain été fauché par trois montagnes de muscles fondant sur lui pareil à des taureaux en furies. Il y eut un flottement au cours duquel l'horizon prit une inclinaison tout à fait particulière, dans l'un de ces instants très rares et étranges où vous prenez soudain conscience que vous n'êtes qu'un tas de viande miraculeusement dressé sur des jambes. Bien que sac d'os eut été une description plus juste dans le cas de l'ébouriffé.

Il sentit sa hanche et ses côtes heurter douloureusement le sol tandis que l'air désertait ses poumons et réalisa soudain que sous la boue crasseuse et noire de monde se trouvait des pavés bien alignés. Sa tête frappa au coin de l'un d'eux avec assez de force pour faire éclore le crâne d'un non sorcier, faisant naitre un sifflement strident dans ses oreilles juste une seconde avant que l'image ne se brouille et que tout devienne noir.

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MessageSujet: Re: Tous les chemins mènent à un autre monde - Jour 1 -   Sam 2 Mai - 22:40


First Day in a New World

***

Oswin remit d'un coup d'épaule le corps inanimé de l'enseignant en place sur son dos, réprimant un grognement qui montait dans sa gorge. Elle aurait aimé dire qu'il faisait plus lourd que son poids une fois porté, histoire d'avoir au moins une excuse de se plaindre, mais malgré des os plutôt désagréables -trop fins, ils s'enfonçaient entre ses os-, il était vraiment aussi léger qu'il y paraissait, voir même plus encore!
Alors elle se plaignait, en silence, gardant pour elle ses quelques commentaires, sans oublier qu'il lui semblait que même le corps inconscient du français voulais la taquiner, car bien évidemment, elle n'était pas ressortie totalement indemne de la bagarre -et cela malgré ses talents de combattante-, et comme par hasard, les jambes ramollies de l'homme tapaient sur ses bleus et maigres coupures...

Quelle joie!

La surveillante soupira, contre-coup au fait qu'elle ne pouvait pas grogner, elle soupirait, avant de secouer legerement la tête et de relever la tête vers l'homme qui la guidait sombrement. Ils marchaient sur une lande, près des falaises, on aurait presque pût se croire encore sur les Plages d'Angleterre !
L'air froid soufflait ici bien plus fort que dans la ville, et la discrète coupure qu'avait reçu la jeune femme au bras lors de la bagarre ne cessait de se raviver au fur et à mesure des bourrasque. Un peu plus loin, l'herbe se changeait en roche grise et dure, mais la vision était bien vite bloquée par ce qui pouvait s'apparenter à... du brouillard? Un brouillard sombre, mais son guide n'y prêtant pas la moindre attention, Oswin en avait conclut qu'il n'y avait rien a craindre. Du moins pour l'instant.

-Est-ce encore loin?

L'homme à quelques mètres d'elle lui lança une sorte de regard noir, avant de pointer du doigt une maison presque invisible au milieu d'une brume blanche, au sommet de la côte.
Il devait rester encore quelques bonnes minutes, tant mieux, car ses jambes commençaient tout de même à faiblir avec la fatigue, le poids de l'échêvelé qu'elle se trimbalait et la faim qui avait commencé à lui titiller l'estomac.
L'Auror prit alors une grande inspiration avant d'accélérer le pas pour parvenir au niveau de son guide en quelques enjambées ayant de plus en plus de mal a retenir le corps inanimé qui ballotait dans son dos.

Cet homme avait été celui qui les avaient observé un peu plus tôt alors que Ludovic énonçait pour la première fois la théorie du livre, plus précisément lorsqu'il s'était mis a évoquer les meurtres.
Alors à parler d'un livre dans lequel ils seraient, à porter des habits inadaptés et à engager des bagarres au milieu de la place du marché, évidemment qu'ils se sont fait remarqués ! L'inverse aurait été tout simplement ridicule, quoi qu'un peu inquiétant pour la santé mentale des habitants de ce pays...
Quoi qu'il en soit, il avait aidé Oswin a trouver un endroit sur alors qu'elle avait récupéré le corps inerte de son collègue, et après s'être copieusement fait hurler dessus par une française en colère, il lui avait expliqué quelques détails de la situation, dont le fait que sa fille avait été une des victimes la veille, avant de lui demander s'ils savaient quelque chose.
À cela, l'Auror inquiète lui avait répondu une simple phrase, une phrase qui avait réussit a convaincre l'homme de leur fournir un lit où dormir, et une phrase qu'elle n'allait sans doute pas répéter un jour.

Un grognement la sorti de ses pensées, et cette fois, il ne venait pas d'elle. Son regard coula instinctivement sur la tête de l'homme qu'elle portait presque comme un sac à patate désormais -soit sur son épaule gauche, jambes vers l'arrière, buste vers l'avant-, et elle eut raison, car lentement, l'enseignant commençait a gesticuler dans sa sorte de sommeil.

-Pouvons-nous nous arrêter quelques minutes? Je crois qu'il reprend conscience.

Toujours sans le moindre mot, l'homme acquiesça lentement avant de se diriger sur une pierre surélevée, s'asseyant dessus jambes écartées alors qu'il s'appuyait sur le bâton qui lui servait de cane.
Suivant son exemple, Oswin s'avança de quelques mètres pour atteindre la partie rocailleuse de la lande, puis elle déposa le plus délicatement possible le corps de l'autre en position assise contre un rebord de pierre, alors qu'elle même s'accroupit devant lui en le tenant d'une seule main pour qu'il ne s'effondre pas trop vite.

-Alors, on revient du royaume des songes, Descremps?

Elle esquissa un léger sourire avant de reprendre, désignant d'un geste de tête le guide à quelques mètres d'elle.

-Il répétait que étiez mort, mais vous êtes plus résistant que cela, n'est-ce pas? Belle au Bois dormant !

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MessageSujet: Re: Tous les chemins mènent à un autre monde - Jour 1 -   Sam 2 Mai - 23:48

Tous les chemins mènent à un autre monde

Si Ludovic avait pu voir de quelle façon il avait traversé la ville, chargé comme un tas de chiffons sur l'épaule d'une femme - certes plus musclée que lui et capable de régler son compte à n'importe qui avec un peu de persévérance, mais une femme quand même - il en serait mort de honte. Heureusement, il ne voyait rien. Pas plus la honte que l'angle de vue unique qu'il aurait eut sur le corps de la surveillante et qui n'aurait pas manqué de lui faire de l'effet - lequel, nous ne le saurons jamais, mais de l'effet c'était certain -. Il ne regardait pas, tant pis et tant mieux.

Ce furent ses bras et ses jambes qui reprirent conscience en premier, même si le crane ourlé de sang séché du français ne parvint pas à analyser les informations qu'il en reçu. Ses mains sentirent glisser sur leur peau l'air frais et humide d'un brouillard. Ses pieds des masses inconnues les heurter à rythme régulier. Tout cela était curieux pour eux, et un index eut un léger spasme de perplexité. Que leur fallait-il faire, ils n'en avaient aucune idée, mais ils s'appliquèrent à essayer de réveiller le centre de commande, ce qui, pour des membres sans volonté, s’avéra totalement inutile. Jusqu'à ce que les côtes décident de rejoindre la partie.

Ludovic grogna, c'était ténu, plutôt un souffle rauque. Il avait mal aux côtes. Toutes les côtes. Les hématomes que lui avaient dessinés les pavées commençaient à le réveiller, s'enfonçant de plus en plus sur l'épaule de la français au point qu'il commence enfin à se souvenir qu'il fallait se redresser pour bien respirer. Il n'avait pas envie de se redresser. Il préférait dormir, non, être inconscient, c'était bien, c'était agréable, c'était impalpable, mais son corps, trop heureux d'avoir eut une réponse, célébra la survit de son propriétaire en faisant tout à coup déferler toutes les douleurs qu'il avait accumulé. Le gentil traitre.

Ludovic toussa, ouvrit les yeux alors qu'on le descendait vers le sol. Une massa confuse, grise, brouillée d'un voile rouge, pour tout paysage. Le sifflement qu'il avait entendu avant de perdre connaissance reprit où il en était resté, déclenchant une pluie de graviers à l'intérieur de sa tête bientôt suivit d'une migraine lancinante. Il se sentit redressé, ayant soudain plus de facilité à respirer et eut envie de vomir. Les paupières plissées pour essayer de faire le point, les sourcils froncés dans le vain espoir d'arrêter son mal de crâne, il fixa la forme confuse qui lui parlait. Qu'est-ce que c'était que ce truc ?

— Des songes ? répéta-t-il d'une voix pâteuse, comprenant soudain les mots qu'on venait de lui dire. 'Parlez pas.

Tout concentré sur sa mise au point, les bras fermement serrés contre ses côtes douloureuses et oscillant dangereusement sur lui-même, Ludovic cligna une ou deux fois des yeux avant que le visage de la surveillante ne sorte enfin du brouillard.

— Fait noir... marmonna-t-il tandis que son cerveau s'activait pour lui expliquer ce que la jeune femme venait de lui dire.

Catégorie ; remarque, critique, plaisanterie, sarcasme. Importance de la réponse ; faible. Objectif de la question latente ; faire le point, se rassurer, vérifier fonctions cognitives. Importance de la réponse ; urgente. Ludovic soupira. Il avait mal.

— Si j'avais su que c'était vous le sauveur je pense que j'aurais mis... moins... plus... plus de temps pour me réveiller. Il fronça encore les sourcils si c'était possible. Quelque chose comme ça.

Le français tourna la tête vers l'inconnu que lui avait désigné sa collègue. Un peu trop vite à en jugé par la nouvelle crise de nausée qui l'assaillit et au vertige qui s'ajouta à la migraine. A deux doigts de vomir pour de bon, l'ébouriffé tendit un bras à l'aveugle, l'autre toujours pressé contre son flanc, jusqu'à attraper l'épaule d'Oswin qu'il serra de son mieux pour ne pas tomber une nouvelle fois par terre. Il était tombé par terre non ? Par terre... Lorsque les farfadets cessèrent de voltiger devant ses yeux il se concentra sur la chose à côté de lui. Un homme.

— Qui êtes-vous ? demanda-t-il.

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MessageSujet: Re: Tous les chemins mènent à un autre monde - Jour 1 -   Dim 3 Mai - 1:08


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La brune haussa les sourcils lorsque Ludovic lui demanda de ne pas parler, semblant totalement autre part alors qu'il commençait a peine a ressortie de sa petite sieste.
Bon... Après tout, après avoir subit tant de chocs qu'il aurait pût même être comparé à une balle de ping-pong, il pouvait bien délirer un peu, n'est-ce pas? Chacun sa façon de décompresser.
C'est donc pour cette raison que la surveillante n'en tint pas plus compte, lâchant simplement un "Oui oui, bien sur...!" avant de poser le dos de sa main sur le front quelque peu ensanglanté de l'enseignant, prenant sa température légèrement haute avant de ramener sa main sur ses genoux pliés.

-Il va vous falloir vous reposer un peu, on ne se fait pas plaquer ainsi sans conséquences!

Elle lâcha un soupir a cette idée, cette si simple idée pourtant tellement impossible: Ludovic? Se reposer? Voyons...! Et pourquoi ne pas lui confisquer ses armes à elle? Les deux possibilités étaient aussi risquées l'une que l'autre!
Il lui faudrait trouver un moyen de le laisser au lit si jamais il avait la soudaine envie de se balader sur la lande, que ce soit les menottes ou la corde, sans oublier bien évidemment de lui confisquer sa baguette...! Bon sang, c'était déjà très mal parti...

Le blessé se plaint alors qu'il faisait noir, information totalement erronée par ailleurs, mais la française ne fit pas un commentaire. Il fallait le laisser réagir, les remarques attendraient, le pauvre avait un désavantage certain: se faire piétiner par une armée de gros pleins de soupes n'était certainement pas de tout repos!
Le cerveau de l'homme sembla alors enfin se remettre en marche, et à sa remarque, Oswin esquissa un nouveau sourire en coin: il reprenait déjà les petites railleries, c'était bon signe, au moins il n'était pas sur le point de mourir!
Quoi que... Rectification, peut-être que même sur son lit de mort, il aurait été capable de lui cracher quelques taquineries au visage, on ne change pas un Descremps n'est-ce pas?

-Oh, pourquoi donc? Vous auriez préféré quelqu'un d'autre peut-être?

Elle releva sa main pour poser son menton dans sa paume, sans cependant quitter l'homme des yeux, avant de rajouter plus légèrement:

-Vous aurez tout le temps de dormir plus tard, Descremps! Du nerf!

Elle s'apprêtait à se relever lorsque le professeur décida alors de s'appuyer sur elle, la déséquilibrant légèrement et lui arrachant une grimace qu'elle tenta de réprimer: mauvaise épaule, blessure encore vive... Tant pis.
Elle ne fit aucune remarque, mieux fallait ne pas l'embêter avec ce genre de détails, ou risquer qu'il ne s'inquiète pour rien, après tout, c'était sa faute quelque part, et par de multiples occasions elle avait compris qu'il culpabilisait facilement selon les conditions.
Le guide, lui, lança un regard noir étrangement triste au professeur, avant de détourner le regard et de lâcher qu'un seul mot:

-Tiberius.

Linda ne rajouta rien au départ, observant l'homme sans le moindre commentaire, étrangement neutre à son égard. Cet homme etait un allié, du moins, elle etait bien obligée de le penser. Comment faire dans le cas contraire? Ils seraient restes dehors, dans le froid de la nuit qui ne tardait pas a arriver comme l'indiquaient les couleurs légèrement plus chaude du ciel brumeux? Entre les rats, blessés comme ils l'étaient? Ils ne tiendraient pas une semaine dans ces conditions... Alors même si cet homme si silencieux devait être le tueur qui sévissait, ou encore quelqu'un qui leur voulait du mal, ou même simplement un psychopathe qui s'amusait a torturer les gens un peu bizarres -avec la chance de Ludovic, ce ne serait même pas surprenant!-, ils ne pouvaient pas vraiment y faire grand chose, et quelque part, avoir ainsi les pieds et poings liés frustrait la jeune femme qui tentait malgré tout de faire avec.
Il se passa quelques secondes de silence avant qu'elle ne se tourne a nouveau vers son collègue encore un peu dans le brouillard:

-Il m'a aidé, je vous expliquerai tout cela plus tard si vous le voulez bien. En attendant il faut reprendre la route... Vous vous sentez assez d'aplomb pour marcher un peu? Oh, évidemment, vous vous appuierez sur moi, sinon vous ne tiendrez pas deux mètres!

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MessageSujet: Re: Tous les chemins mènent à un autre monde - Jour 1 -   Dim 3 Mai - 2:12

Tous les chemins mènent à un autre monde

La française n'avait pas l'air de comprendre ce qu'il lui disait. C'était frustrant. Il était pourtant clair, limpide même. Il n'avait pas bien le choix, incapable d'aligner plus de deux pensées cohérentes comme il l'était. Il n'y fit pourtant pas grande attention, il n'avait pas l'énergie pour ça. Il sentit la main froide de la jeune femme se poser sur son front et essaya de se souvenir de ce qu'était un plaquage. Quelque chose lui disait que cela avait un rapport avec son mal de crâne. Une matraque ? Oui, c'était un peu le même genre. Peut-être. Il ouvrit la bouche quand la jeune femme lui demanda s'il aurait préféré être réveillé par quelqu'un d'autre, mais s'interrompit, songeur. Il lui semblait que oui, mais il n'arrivait pas à se souvenir de qui.

Oswin se mit alors à essayer de l'encourager et Ludovic tourna la tête pour essayer de se protéger les oreilles d'une relance de migraine. A côté, la réponse monosyllabique de l'inconnu faillit lui échapper tant elle était grave et plate. Il mit un petit temps à réaliser qu'il n'aurait rien de plus et se répéta le nom à mi-voix pour essayer de s'en rappeler.

— Qu'est-ce qui s'est passé ?
marmonna-t-il encore.

La surveillante reprit la parole ; il saurait plus tard. Pour l'instant il fallait se lever. L'ébouriffé soupira, levant les yeux aussi haut qu'il le pouvait sans se donner le tournis et lâcha l'épaule de la jeune femme pour remettre son bras contre ses côtes, se penchant vers l'avant pour calmer l'onde de douleur qui venait de le reprendre. Il n'eut pas le temps d'aller très loin que ses épaules prirent le relais, ainsi que son dos, lui réchauffant le corps à coup de tiraillement et de crampes. Au final, il se retrouva relativement droit, partagé entre l'envie de s'étirer de son mieux et de se rouler en boule sur le sol. Il resta figé une seconde, paupières fermées à s'en faire mal - un peu plus. Et, pour couronner le tout, sa tête couverte de boue et de sang commença à le démanger.

— D'accord, fit-il au bout d'un moment lorsqu'il fut de nouveau capable de parler.

Il lâcha ses côtes à contre-cœur et s'appuya sur la roche pour essayer de se redresser. Hélas, il avait le malheur d'être grand. A peine ses yeux se trouvèrent-ils à la moitié de leur hauteur habituelle qu'il fut prit d'un nouveau vertige qui le força à se rasseoir. Ludovic ferma les yeux, prit quelques inspirations tranquilles pour chasser la nausée. Lâchant un "Désolé, deux minutes" à l'intention d'Oswin. Il attendit que sa tête ait à peu près retrouvé son centre de gravité avant de faire une nouvelle tentative.

Cette fois, ce fut avec grand bonheur qu'il parvint à se dresser sur ses jambes et s'écrouler en avant, droit sur la jeune femme. Il se retint de justesse en s'accrochant une nouvelle fois à ses épaules et fit en sorte de se mettre dans le sens de la marche. Non, pas ce côté, l'autre. Tandis que le triste bonhomme qui les accompagnait passait devant eux sans un commentaire pour ouvrir le chemin.

— Qui est-ce ? demanda le professeur qui semblait presque allongé à la verticale sur la surveillante tant il reposait de tout son poids sur elle. Enfin je veux dire, vous l'avez ramassé... Il... nous a ramassé où ? Qu'est-ce qui s'est passé ?

Étrangement, il ne se posa pas la question de savoir si s'appuyer autant sur la jeune femme était bon ou non pour sa réputation. A vrai dire, il n'était plus à ça près et personne ne regardait. Alors quand la fatigue parle autant écouter. Il jeta un coup d'oeil par dessus l'épaule de la française, découvrant à peu près le paysage surnaturel où il se trouvait. Il eut alors deux réactions. La première, un vertige sans nom comme il n'en avait jamais connu. Quand à la seconde, une subite impression de déjà vu.

— C'est vraiment comme dans le bouquin, fit-il les yeux écarquillé en s'agrippant un peu plus à Oswin pour ne pas tomber.

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MessageSujet: Re: Tous les chemins mènent à un autre monde - Jour 1 -   Dim 3 Mai - 11:05


First Day in a New World

Lorsque l'autre demanda innocemment ce qu'il s'était passé, enfin, innocemment mais avec tout de même sacrément la tête de quelqu'un qui revenait d'une bonne cuite, Oswin lâcha un léger rire presque en soupirant en même temps.
Ce qu'il c'était passé... Était bien compliqué, cela avait être rapide, et conter les détails à l'instant serait bien trop long, et puis comment allait se porter la fierté de l'enseignant s'il apprenait que dans elle, il serait probablement déjà mort, voir au au mieux, enfermé dans de sombres cachots... Quoi que...même cela aurait pût lui plaire après réflexion, peut-être simplement pour retrouver ce frisson de l'excitation qu'elle même recherchait a de nombreux endroits.

-C'est une longue histoire, mais pour faire court, vous vous êtes évanouit au début de la bataille, et j'ai dut ramasser les morceaux... Je vous raconterai tour cela un peu plus ena détails plus tard .

La surveillante esquissa un sourire en laissant planer quelques instants le silence, avant de le briser d'une simple phrase qui pouvait repondre a bien des questions...

-Ah... Mais que feriez-vous sans moi?

Elle haussa les épaules pour illustrer son geste, du moins, avant que Ludovic n'attire son attention en commençant a se tordre de douleur.
Réaction naturelle, elle se demanda immédiatement ce qui avait bien pût provoquer tant de douleur, commençant même à croire que les récents événements n'étaient pas les seules causes de son malheur.
Cependant, ce n'est pas pour cela qu'elle le laissa agoniser seul sur la pierre dure, et connaissant bien les petites manies des blessures, elle tenta du mieux qu'elle pût de le maintenir droit de sa main, sans pour autant l'empêcher de se courber s'il en avait envie. Blessé de partout comme il l'était, le mieux était encore de se tenir droit.
Ludovic fut alors "d'accord" de se relever, douce ironie, car de toute façon, qu'il ait été d'accord ou pas, elle l'aurait tout de même prit pour l'emmener au plus vite se reposer... Quelque part. Alors lorsqu'il lui dit d'attendre deux minute, elle n'eut aucunes réactions, le laissant se lever au rythme qu'il jugeait bon: elle ne pouvait pas l'aider. Elle même ne savait pas ou il était blessé, alors tenter de faire quoi que ce soit aurait été un coup de poker, avec peu de chance de tomber juste.
Une fois debout, il s'affala avec joie sur l'épaule de la surveillante, la bonne cette fois, trainant derrière elle presque comme un piquet qu'elle pourrait tirer, et elle le supporta tant bien que mal. Quelqu'un qui s'appuyait totalement sur vous était toujours bien plus lourd... Qu'une poupée de chiffon que vous avez à porter.
Se mettant de sorte à ce que l'enseignant ne tombe pas, elle reprit la marche à la suite de leur guide, restant étrangement silencieuse.

Cela commençait a faire trop... Oui, enfin... Disons qu'elle ne savait plus comment réagir, dés le départ elle se sentait marcher sur des oeufs, et alors qu'elle avait préféré agir comme d'habitude cela avait été une grossière erreur. Ensuite elle s'était "excusée", plus ou moins, engageant à nouveau un climat difficile entre elle et Ludovic, et elle n'avait toujours pas sut comment réagir.
Et désormais s'ajoutait à tout cela un Descremps blessé et pleins d'ecchymoses qu'elle se devait d'aider, d'être son support, alors que les événements passés étaient toujours dans son esprit. Et elle ne pouvait définitivement pas le laisser se débrouiller seul, histoire de rester quelques pas en retraits et réussir a trouver un sens logique a tout cela....
Fichu code d'honneur!

Ce fut le fait de se rappeler les questions de l'homme qui ramena Oswin à la réalité -si on pouvait considérer ce monde comme la réalité-, se rendant alors compte qu'elle n'avait pas répondu a ces dernières, elle déglutit pour tenter de se rappeler de quoi il était question.

-C'est un " ami", du moins je l'espère quant à... Quant au fait où il nous a ramassé, c'était après que vous ayez gentiment déclenché un énorme remue-ménage. Et pour ce qu'il s'est passé, je vous l'ai dit, vous avez perdu connaissance. Le reste, plus tard!

Elle avait dit cela presque en chuchotant, le regard perdu dans la mer à leur gauche qui s'étendait a perte de vue, à écouter le son des vagues venant s'écraser avec violence contre les rochers en brisant le silence de cette fin de journée.
Elle n'était plus à Poudlard.
Elle n'était plus dans cet endroit si fascinant.
Mais elle était dans un endroit tout simplement magique.
Pas de tonnes de pierres au dessus de sa tête pour l'enfermer, pas de règles, simplement l'air frais qui brûlait ses blessures, et la sensation de n'avoir plus aucunes attaches.
Sauf une, à ses côtés, qui tentait péniblement d'avancer malgré tous ses petits malheurs.
Oswin lâcha un soupir calme, avant que son regard ne vienne a nouveau se poser sur la petite maison en hauteur... Ce n'était pas de la brume qui l'entourait,elle était bien trop mouvante et surtout elle disparaissait au bout de quelques secondes... De la vapeur alors? Qu'est ce qui pouvait provoquer tant de vapeur?

-Nous allons bientôt arriver, reprit-elle sans réelle raison, vous tiendrez le coup Descremps ou bien je devrai vous ramasser à la petite cuillère les dix derniers mètres?

Il fallait lui occuper l'esprit.
Comme ceux qui étaient gravement blessés, il fallait a tout prix éviter qu'ils ne retombe dans l'inconscience, alors elle le titillait, encore, tout en espérant simplement que cela suffirait à le maintenir éveillé.


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MessageSujet: Re: Tous les chemins mènent à un autre monde - Jour 1 -   Dim 3 Mai - 20:49

Tous les chemins mènent à un autre monde

Redressé dans cette position grotesque qui faisait la fierté des bipèdes, Ludovic essaya de retrouver la méthode pour marcher. Droit si possible. Car autant, mettre un pied devant l'autre n'était pas si compliqué - droite, gauche, droite, gauche et on recommence - autant faire en sorte de ne pas dévier du chemin revenait pour lui à déambuler sur un fil au beau milieu d'une tempête. Il essaya également de tranché sur la meilleure chose à regarder pour limiter ses maux. S'il levait la tête pour regarder devant lui, la lumière trop clair du jour mourant et la brume lui faisaient mal à la tête. S'il regardait ses pieds, il était prit de vertige. Il finit par tourner la tête vers sa canne vivante, un peu surpris de voir le visage de la jeune femme si près du sien.

— ça me rappelle les cachots pas vous ? Je trouvais déjà pas votre épaule confortable, mais je m'en sortait mieux avec une seule jambe.

Comme pour appuyer ses dires, il se retrouva emporté par l'élan et dut bien les pousser de quelques pas vers le bord de la falaise avant d'arriver à se redresser. Alors réflexion faite, il valait encore mieux regarder ses pieds. Il baissa donc la tête et se concentra pour essayer de visualiser une ligne sur laquelle il lui aurait fallut marcher. Son front lui semblait brulant à force de le démanger, mais il craignait de perdre son équilibre précaire s'il lui prenait l'envie de lever un bras. Compliqué la vie.

Ecoutant la surveillante d'une oreille attentive, Ludovic tenta en vain de se rappeler de ce qui lui était arrivé et de ce qu'il avait manqué pendant qu'il était dans le noir complet. Peine perdue. Il se souvenait vaguement d'une place, quelques personnes au visage assez hideux pour être inoubliables et d'un morceau de ciel clair à la verticale. Le reste avait été complétement supprimé de sa mémoire, lui laissant un trou opaque de plusieurs heures. Il ne se découragea pas pour autant et essaya de faire le point en reprenant depuis le début. Il y avait eut une vache ensuite... Non, il y avait eut une table... Non plus. Une bibliothèque ? C'était ça ! Il se souvenait de la bibliothèque. Il était allé à la bibliothèque et puis...

Se rappelant soudain de ce qu'elle lui avait fait, l'instinct de survie reprenant le dessus. Ludovic se redressa de son mieux pesant moins lourd sur la jeune femme dans une molle tentative de fuite tandis qu'il s'incendiait intérieurement pour avoir parlé sans réfléchir la minute d'avant. Qu'il veuille d'elle comme soutien ou non, il n'avait pas bien le choix, il ne pouvait pas s'écarter sans risquer de retomber par terre et de se rouvrir le crâne sur l'une des pierres qui bordaient le chemin. Cela aurait été idiot, même ignorant toujours ce qui lui était arrivé. Il songea un instant à demander à ce qu'on le laisse là, au bord de la falaise, mais se reprit bien vite. Qu'aurait-il put faire à part attendre de se remettre de ses mauvais coups ? Il valait mieux essayer de suivre la malade mentale au couteau et son acolyte à demi-muet. Quelle belle brochette.

Il mit un moment à réagir au nouveau sarcasme de son support et, même alors, il eut beau cherché il ne trouva rien à répondre. Il n'était pas certain lui-même d'arriver à faire encore dix mètres dans son état, même si l'air frais lui faisait du bien, éclaircissant ses idées à chaque pas. Il se contenta donc de réfléchir encore, essayant de rassembler de quoi combler les trous de mémoire et se demanda si le brouillard était réel ou le fruit de son imagination. La question le travailla une bonne minute avant qu'il ne repère l'homme qui marchait en tête et se découpait sur la surface grisâtre. Il venait de s'arrêter devant la porte d'une petite maison qui donnait l'impression d'être sur le point de s'écrouler, cherchant sans doute de quoi l'ouvrir. Ti... Tibérius, c'était ça.

— Dites, fit-il soudain d'un ton soucieux. J'espère que vous ne lui avez pas promis un de mes reins pour qu'il nous aide. Parce que je suis contre.

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MessageSujet: Re: Tous les chemins mènent à un autre monde - Jour 1 -   Lun 4 Mai - 0:25


First Day in a New World

Un sourire etira légèrement les lèvres de la jeune femme lorsque Ludovic lui rappela les cachots et la situation quasi similaire.
C'est vrai que cela en avait un petit air, elle même y avait pensé d'ailleurs, seulement cette fois, le français n'était pas de mise, et qu'ils n'étaient certainement pas enfermés entre quatre murs et perdus dans les dédales de l'école de magie.
Non, cette fois c'était bien différent, ils n'étaient pas enfermés avec de la pierre, mais dans des pages de livres. Ils parcouraient en ce moment chaque mots de ces récits incroyables, chaque aventure se déployait sous leurs pas, et au fur et à mesure qu'ils s'avançaient, les pages ne faisaient que défiler... et défiler... Encore et encore, inexorablement, et ils ne pouvaient rien y faire.
Mais que se passerait-il donc une fois que la dernière page sera tournée?

La surveillante garda cette pensée sombre au fond d'elle, espérant simplement qu'ils ne deviendraient pas seulement des mots sans vie à vivre inlassablement la même aventure, et se contenta de sourire au blessé qu'elle transportait.

-Au moins cette fois nous avons droit à un paysage plus agréable.

Après cette dernière remarque, il ne leur fallut pas longtemps pour arriver aux portes de la petite maison, suivant toujours dans un silence de mort leur guide presque plus sombre que la nuit qui s'annonçait.

-Nous y sommes.

La porte s'ouvrit en un sinistre grincement lorsque le pêcheur lui donna un violent coup d'épaule -surtout si on considérait sa taille et sa carrure-,puis il s'engouffra a l'intérieur en lancer simplement un regard appuyé aux deux jeunes gens qui le suivaient pour s'assurer qu'ils rentraient bien a l'intérieur.
Oswin attendit quelques secondes, profitant de ce court laps de temps pour remettre l'enseignant correctement sur son épaule, ou du moins d'une manière plus confortable, se rappelant d'ailleurs le petit détail de la baguette.
Faisant mine de ramener le corps de l'échêvelé vers elle, sa main se glissa habilement sous sa veste pour en sortir la baguette tant convoitée d'une poche intérieure qu'elle avait remarqué à maintes fois par le passé. À force de la narguer avec cela, elle avait tout de même finis par comprendre qu'il s'agissait là de la poche privilégiée du petit objet.
Ramenant alors son bras contre elle, elle cala la baguette de son compère dans sa ceinture avant de s'avancer vers la porte, passant en première pour porter l'autre durant sa "traversée", avant de le guider a nouveau dans l'intérieur de la maison.

Il s'agissait là d'une petite salle de taille tout de même correcte, de forme légèrement rectangulaire, une petite table ornait la partie gauche de la pièce alors qu'une sorte de grosse cheminée occupait la majeure partie droite de l'endroit. Autour d'elle, plusieurs tonneaux d'où dépassaient divers matériaux de pêche, et d'autre encore sentaient bon le sel matin, probablement pour préserver de la nourriture. Sur le feu dans la cheminée bouillait une imposante marmite d'où s'échappait une agréable odeur de nourriture, ou du moins, bien meilleure que toutes celles qui avaient jusqu'à présent harcelées les narines de nos français!

Mais Oswin ne s'extasia pas sur la petite maison bien modeste, et se dirigea presque instinctivement vers l'une des chaises près d'elle pour y déposer le plus attentivement possible l'autre enseignant.
A ce moment, elle pût enfin lâcher un soupir de soulagement alors qu'elle faisait à son tour rouler ses épaules, grimaçant lorsque celle qui était blessée se mouva trop brutalement.
D'ailleurs, il fallait qu'elle pense à se changer assez tôt, car même si porter une chemise un peu boueuse ne la dérangeait pas dans l'immédiat, avoir une bonne partie de l'épaule a la poitrine gauche d'une belle couleur rouge, le tout se remarquant assez facilement sur le tissus blanc, ce n'était pas le meilleur moyen ni de passer inaperçu, ni de ne pas attraper d'infection... Alors même si les moyens du bord n'allaient pas permettre grand chose, il fallait bien qu'elle réagisse à cela sinon sa petite coupure allait se terminer par une grave infection.
Cool hein?

-Restez par ici, grogna Tiberius en voyant Oswin s'éloigner légèrement, nous n'allons pas tarder à manger. Aucuns de vous n'a de problèmes avec le poisson j'espère?

Oswin ne réagit tout d'abord pas, s'attendant à ce que l'autre réponde à se place, mais sûrement encore bien trop dans les vapes pour cela, elle fut forcée de constater que c'était là bien à elle de répondre.

-Il ne me semble que non... dit-elle vaguement alors que ses doigts caressaient la couverture de l'un des livres qui trainaient sur les tonneaux de la pièce. Et puis, nous saurons nous contenter de ce qu'il y a... N'est-ce pas Descremps?

Le geste suivant la parole, elle se retourna pour fixer l'ancien Serdaigle, s'appuyant sur le tonneaux avant de croiser les bras, tentant de passer outre ses quelques bleus -peine perdue, il n'y avait qu'à voir son léger sourire crispé pour comprendre qu'elle n'y échappait pas-.

-Bon, et bien de toute façon, nous n'avons que cela.

L'homme se saisit de trois assiettes creuses dans une sorte de grosse armoire de bois, avant de se diriger vers le chaudron et, avec l'aide d'une louche, d'y verser une ou deux bonne cuillerées chacuns. A chaque fois, il déposa l'assiette servie avant d'en servir une nouvelle, pendant que dans ce même temps, la surveillante s'était approchée de la table et y était assise, observant ces allées et venues avec un léger amusement malgré son apparente neutralité.
Le pêcheur vint finalement s'assoir, mangeant bruyamment a l'aide d'une cuillère précédemment déposée à sa place, aspirant la sorte de soupe au poisson qu'il avait servit avec une avidité presque incroyable.

Lentement, Oswin commença à suivre son exemple, et a boire la soupe bien moins bruyamment cependant.

-Bon, reprit alors l'homme entre deux bouchées, d'où venez vous habillé ainsi et à parler des meurtres comme ça? Vous savez qu'il est interdit d'en parler sous peine d'être décapité?


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MessageSujet: Re: Tous les chemins mènent à un autre monde - Jour 1 -   Lun 4 Mai - 1:36

Tous les chemins mènent à un autre monde

Ludovic eut un fin sourire en pensant qu'effectivement, lorsqu'il arrêtait de tanguer, le paysage devait être très agréable à regarder. En revanche, la surveillante ne fit aucun commentaire à sa dernière remarque, laissant son collègue se demander si elle avait vraiment pu le marchander en échange d'un peu d'aide. Non, ce n'était que le fruit de son imagination, même si l'homme devant eux lui semblait être tout à fait le genre de personne à trainer dans des affaires étranges. Il ne lui inspirait pas vraiment confiance, mais le français avait fini par apprendre à ne pas trop se fier aux apparences. S'il les avait aidé, c'était qu'il devait y avoir un bon fond, sinon... cela dépassait ses capacités de compréhension actuelles.

Arriver devant la maison, à défaut d'être rassurant, eut le mérite de calmer sa migraine. La façade sombre plaisait bien à ses yeux en comparaison du brouillard et il ferma les paupières de contentement. Ne les rouvrant que pour essayer de distinguer quelque chose de ce qui se trouvait derrière la porte. Il se fit malmener un instant par Oswin qui réajustait sa prise, redonnant un coup à ses hématomes au passage, avant qu'elle ne le guide à l'intérieur.

La première chose que remarqua le français fut la table et ses chaises accueillantes qui ne semblaient attendre que lui. Il sentit aussi la délicieuse odeur de soupe qui lui donna une furieuse envie de vomir. Heureusement, il se retrouva sur un siège avant d'avoir le temps de s'attarder là-dessus et faillit bien s'écrouler sur la table lorsque son corps fourbu décida qu'il était temps de se mettre en veille. Il se retint du bras évitant de peu une dégringolade sur le sol et s'appliqua à garder les paupières ouvertes tandis que sa tête ronronnait comme un moteur. Désormais à peu près stable, il parvint à revenir à son sujet d'origine ; l'envie de vomir.

Il adressa un regard vitreux à Oswin alors qu'elle parlait de poisson, remarquant enfin les tâches pourpres sur les vêtements de la jeune femme qui lui firent l'effet d'une douche froide. Il songea une seconde qu'il s'agissait peut-être de son propre sang qu'il aurait répandu lors du voyage, mais écarta aussitôt cette possibilité, n'ayant pas l'impression d'avoir ce genre de plaie. Il fixa donc la brune, cherchant une coupure, voir à la limite une déchirure dans le tissu et lui chuchota trois mots alors que leur hôte avait disparu de son champ de vision.

— Vous allez bien ?

Sa voix fut peut-être couverte par celle bien plus puissante de l'homme qui commença à faire tinter couverts et marmite. En peu de temps, Ludovic se retrouva avec une assiette fumante sous le nez qui lui semblait être à la fois une chose tout à fait délicieuse et la pire qu'il ait vu depuis une éternité. Cela ressemblait à de l'eau, avec ces petits cercles typiques du gras de poisson agglutiné à la surface. Le liquide était trouble, mais il devinait sans peine qu'il devait se trouver dans les profondeurs des morceaux plus consistants qui lui donnèrent un léger haut-le-cœur. Sans cesser de froncer les sourcils devant son assiette, Ludovic leva les yeux vers les deux autres qui commençaient à engloutir leur repas comme s'ils n'en avaient pas eut depuis des jours et il se demanda sérieusement comment ils pouvaient être capable d'avaler quoi que ce soit.

Repoussant discrètement sa part de soupe pour se faire un peu de place, Ludovic posa l'autre bras sur la table, le croisant avec le premier, sa tête bien tentée à l'idée d'aller s'y enfouir pour quelques heures. Il fit l'effort de rester droit et fixa le mur jusqu'à ce que l'homme demande d'où ils venaient. Le français leva un sourcil surpris à l'allusion de la peine de mort. Il aurait bien aimé être au courant plus tôt, ces gens là ne connaissaient donc pas les panneaux d'affichage ? Il aurait fallut qu'il écoute en histoire de la magie pour le savoir. L'ébouriffé songea un instant à laisser Oswin répondre, mais elle était occupée et il fallait qu'il se change les idées pour ne pas repenser aux bouts de poisson.

— Je m'appelle John Smith. commença-t-il, essayant d'inventer la suite assez vite pour ne pas paraitre suspect. Je suis un marchand. Je viens d'une contrée reculée appelée... Ouldar. J'étais venu pour affaires dans un convoi, mais nous avons été attaqués sur le chemin. Il tourna la tête vers la jeune femme, la détaillant une seconde, l'air d'examiner un bout de viande. Voici Glinda, fit-il reportant son attention sur l'homme. Une servante à mon service que j'ai trouvé dans un fourré.

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MessageSujet: Re: Tous les chemins mènent à un autre monde - Jour 1 -   Lun 4 Mai - 21:54


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C'est impressionnant à quel point certaines choses plus ou moins communes pouvaient devenir passionnantes lorsque l'on s'y penchait un peu. Par exemple, prenons cette vieille bicoque sur le point de sa faire souffler par le vent, debout sur la lande, solitaire. Qu'est-ce qui pouvait donc être si impressionnant?
La vue? Certes, si nous étions a l'extérieur ou si les quelques fenêtres étaient orientées du bon côté. Alors quoi donc? La situation? Il est vrai que se retrouver nourris par un pêcheur à l'air rabougri n'était pas commun, mais ce qui était bien extraordinaire, c'était tout simplement cette odeur.
Cette odeur, ce toucher, cette chaleur et ce froid mordant. Un froid qui n'existait pas dans son monde, un froid qu'elle ne connaitrait qu'ici.
Est-ce qu'elle y songeait? Pas vraiment, en fait, la main d'Oswin avait beau parcourir le bois des tonneaux, et son regard suivre les déplacements de son hôte alors que son visage affichait un sourire forcé -bien que poli-, son esprit était bien trop envahis par toutes ses émotions contradictoires pour réussir a s'y retrouver concrètement. Ce qui faisait qu'au final, elle était bien plus absente que attentive.

Un comble pour une Auror, n'est-ce pas?

Elle regrettait d'être partie sans rien dire, mais elle savait que cela avait été une obligation. Elle en voulait à Ludovic qui n'avait pas compris son choix, et en même temps qu'elle compatissait, elle lui en voulait aussi pour l'avoir menacé sérieusement mais elle n'y était pas pour rien. De plus, lors de la précédente bagarre, si le français avait terminé blessé a ce point, c'était bien car elle n'avait tout simplement pas sorti ni sa baguette ni ses armes a feu... Mais comment les utiliser? Sa baguette était encore plus ou moins hors contrôle, et ses armes... L'avaient trahies. Elle qui croyait en ces objets de vie et de mort depuis des années, elle se sentait désormais... Horriblement trahie.
Et désormais perdue dans ses propres pensées, désarmée, il devait réellement s'agir d'un miracle pour qu'elle puisse tenir debout et encore réagir au monde extérieur.

Et ce monde extérieur la rappela bien plus tôt que prévu, avec une simple phrase à peine murmurée qui pourtant lui parvint comme si elle avait été prononcée dans le silence le plus parfait.
Ce ne fut que quelques secondes, mais ces quelques secondes parurent durer une éternité à l'Auror qui leva son regard inexpressif vers l'homme a quelques mètres d'elle.

Oui, beaucoup de choses avaient changé, et cela, en très peu de temps, trop peu de temps. Même sa foi envers ses armes s'était vue ébranlée par ces brusques rebondissements, c'est dire!
Mais quelque chose ne semblait pas avoir changé, et pourtant c'était bien la dernière chose qui aurait pût rester la même: Ludovic Descremps.
Comme elle l'avait déduit plus tôt, dés qu'il remarqua sa chemise rougie par le sang, il avait commencé à s'inquiéter. Et instinctivement, l'image du Descremps semblable à un enfant lui revint en mémoire, lui arrachant un sourire amusé mais certainement pas provocateur, au contraire, il avait quelque chose de... Sincère en lui.
Oswin lâcha un soupir mélangé d'un rire en secouant la tête, même si le tout sonnait étrangement sombre. Son regard se fixa à nouveau sur l'enseignant alors qu'un léger sourire etirait ses lèvres. Et que devait-on faire avec un enfant?
Lui mentir. Et ne pas le laisser voir qu'on allait mal.

-Ne vous inquiétez pas.

Quelques simples mots, des mots qui allaient sûrement le frustrer, il n'y avait aucuns doutes là dessus. Mais c'était bien le plus important non? Qu'il ne s'inquiète pas...
Elle allait bien, enfin, mieux que lui, alors pourquoi s'en faire plus que cela? Le bel inconscient, il préférait se faire un sang d'encre pour elle plutôt que pour son propre pauvre corps qui criait au martyre!
Quel idiot...!

Heureusement pour l'ancien Serdaigle, la surveillante fut interrompue dans ses pensées par l'arrivée du "dîner", dîner auquel elle ne mit pas longtemps avant de s'y atteler.
Elle connaissait parfaitement l'importance d'un bon repas pour la forme physique, ainsi que pour une bonne santé, mais là, elle dut bien avouer que le repas avait quelque mal à passer. Elle mangeait, là n'était pas le problème, mais ce qui était sur, c'est qu'elle n'engloutissait pas la " soupe" à la même vitesse que leur hôte. Mais au moins, elle faisait un effort, contrairement a l'enseignant qui lui ne semblait pas vouloir tenter quoi que ce soit. En même temps, vu son état, peut-être valait-il mieux pour lui qu'il ne touche pas au poisson bouilli.

Le vieux pêcheur demanda alors qui ils étaient concrètement, Ludovic se faisant alors un "plaisir" de répondre, prenant à nouveau son pseudonyme de "John Smith" -il faudrait vraiment qu'elle lui demande quel intérêt il avait à prendre sans cesse ce nom là-, avant de lui octroyer sans même demander son avis un bien autre nom: Glinda.
La jeune femme haussa un sourcil, levant un oeil de son assiette où elle triturait un pauvre bout de pomme de terre pour observer l'enseignant d'un air désabusé.
Glinda? Vraiment? Quel nom magnifique...! Sans oublier qu'il s'agissait là d'une bien étrange coïncidence qu'il ressemble autant à son propre prénom. Est-ce qu'il savait quelque chose? Dans ce cas, comment? Toutes les informations circulant sur elle étaient bloquée, et cela grâce à l'aide onéreuse d'un homme... Dont elle ne préférais pas parler. Alors comment avait-il pût savoir?
Bon, ce n'était certainement pas pire que d'autres, comme Thorsen qui s'était amusé a l'appeler "Claudette" pendant un temps, référence quelque peu maladroite à Claude-Francois, français lui aussi -elle avait porté ce nom pendant plus d'une semaine, pas franchement la chose la plus agréable qu'elle n'ait jamais vecu-... Resultat: ce prénom resta dans sa mémoire comme un souvenir loin d'être des plus précieux!

Plongée dans ses pensées, elle porta lentement sa cuillère à la bouche, mauvaise décision...
Très mauvaise décision...
Car elle faillit tout recracher à la dernière phrase de son "collègue". Fort heureusement -si on pouvait dire-, elle préféra s'étouffer toute seule que d'en faire profiter les autres, et une fois qu'elle eut reprit son souffle et un rythme cardiaque régulier, Ludovic eut droit a un regard noir à en faire trembler la Colère elle même.
Oh, et puis évidemment, aucuns commentaires possibles! Non, sinon plus énormément de crédibilité aux yeux du pauvre pêcheur!
Ah! Il se sentait fier le Serdaigle n'est-ce pas? "Servante trouvée dans un fourré" ? Et bien... Elle allait "bien" s'occuper de lui!
"Glinda" fit une moue quelque peu boudeuse alors qu'elle décida de poser définitivement sa cuillère sur le bois dur, puis, avec une lueur de provocation dans les yeux mélangée à de l'amusement, elle se pencha légèrement vers leur hôte en face d'eux, et sur le ton de la confidence, enchaina avec un sourire aux lèvres:

-Oui car Môssieur n'est pas capable de lacer ses bas et ses chaussures tout seul vous savez? Ah... Les riches de nos jours... sont assistés pour tout et n'importe quoi vous ne trouvez pas? Ils devraient sortir de leurs palais de temps en temps pour aller traire les vaches, je me demande ce que ça donnerai un bourge le nez dans le purrin...!

Oswin se recula, reprenant sa position initiale en croisant les bras, lançant alors un regard presque fier à celui qui s'était donné a coeur joie de la rabaisser dans son honneur.

-Enfin... Quand on voit comment cela finit...!

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MessageSujet: Re: Tous les chemins mènent à un autre monde - Jour 1 -   Mar 5 Mai - 1:37

Tous les chemins mènent à un autre monde

Le brun grinça des dents et tourna la tête, décrochant les yeux de ceux de la jeune femme. Elle lui avait mentit, c'était évident comme le nez au milieu de la figure. Par bonté d'âme qui plus est, il n'y avait rien de plus vexant. Il se mit à taquiner le bois de la table du bout de l'ongle et essaya de ne plus y penser, ce que sa nausée et la puissante odeur des lieux n'eut aucun mal à lui permettre. D'autant plus lorsque la soupe fut servie. L'homme, Tibérius, hocha brièvement la tête à son explication tandis que la surveillante s'étouffait avec sa cuillère, faisant naitre un sourire en coin au français. Un sourire mauvais et tourné du côté où la jeune femme ne pouvait pas le voir. Ludovic aurait bien aimé enfoncer le clou, décrivant à long renforts de gestes, grimaces et coup d’œil la légère débilité de sa nouvelle servante, mais celle-ci le prit de vitesse.

En d'autres circonstances, Ludovic aurait sans doute trouvé plus rapidement de quoi répliquer, mais ils se trouvaient bien dans ces circonstances où l'ébouriffé avait vu une masse humaine lui passer sur le corps au point de l’aplatir contre la chaussée, aussi ne trouva-t-il pas mieux pour se venger que donner un coup de poing furieux sur la table, adressant un regard assortit à sa voisine. Il ne réussit qu'à se faire un peu plus mal, mais eut au moins le temps de réfléchir à ce qu'il comptait dire.

— Quand on est pas capable de faire son boulot correctement on ne critique pas celui des autres.

Il avait fait pire et il avait fait mieux. Au moins avait-il répondu quelque chose, les apparences étaient sauves. Le brun attrapa sa cuillère pour la plonger dans la soupe, la levant de quelques centimètres pour en faire couler le contenu en cascade dans son assiette. Plic, ploc... Il vit passer un morceau de poisson rose. Cela avait vraiment quelque chose d’écœurant.

— Elle se plaint alors que je ne lui demande même pas grand chose, fit-il à l'adresse de l'homme, l'air de s'adresser à son repas. C'est toujours pareil de toute façon. Il leva les yeux vers son hôte, abandonnant la cuillère dans la soupe. Une fois je lui ai demandé de me trouver de quoi faire une lettre et bien croyez moi je l'attends encore. Six mois pour repriser une chaussette, trois heures pour aller chercher du sel et en plus elle a essayé de m'escroquer sur l'argent du pain. Passe encore qu'elle sache se battre sans ça je l'aurais revendu il y a longtemps. Il tourna la tête vers la française une seconde. Quand je pense à ce que j'ai fait pour vous et ce que j'ai eut en échange, je me demande si ça en valait la peine. Avant de retourner à la contemplation de son assiette, y créant un petit tourbillon du bout de sa cuillère.

Il chercha quelque chose d'autre à ajouter, mais fut bientôt captivé par le mouvement qui naissait à la surface de la soupe. Il regarda les ridules fines plisser le liquide aussi délicatement qu'un drap de soie qui s'affaisse sur lui même et les morceaux de chaire qui remontaient parmi l'écume lui firent l'effet de requins traquant leur proie. Il se demanda s'il avait déjà traversé la mer sans transplaner. Il lui semblait que oui, il se souvenait d'une eau trouble et sombre, du crachin sur sa peau, pourtant cela lui donnait juste l'impression d'être un rêve. Frontière entre le mensonge et le réel. Il fut tiré de sa contemplation par la voix caverneuse de l'homme. Si Oswin avait répondu ou fait quelque chose, il n'avait absolument rien remarqué.

— Admettons. Mais vous ne m'avez toujours pas répondu. Qu'est ce que vous savez des meurtres ?

Ludovic ne prit pas la peine de lever la tête et se contenta de hausser vaguement une épaule. S'il en avait jamais sut quelque chose, ce n'était pas maintenant qu'il allait avoir envie de s'en souvenir.

— Demandez donc à Glinda vu qu'elle a l'air de croire qu'elle vaut mieux que la noblesse. Il leva les yeux sur l'homme après avoir laissé sa soupe tranquille, pas même entamée d'une goutte. Je ne voudrais pas avoir l'air d'abuser, je me doute que vous avez déjà fait beaucoup, mais je vous serai très reconnaissant si vous pouviez m'indiquer un endroit où dormir. Même une couverture à côté de la cheminée me suffirait... je crois. s'empressa-t-il d'ajouter, se souvenant qu'il devait jouer les marchands.

L'homme resta silencieux un moment, occupé à peser le pour et le contre, avant de hocher gravement la tête.

— Je vais vous montrer la chambre de ma fille.


Ludovic eut un soupir de soulagement et n'oublia pas de remercier pour une fois. Leur hôte se leva et contourna la table jusqu'à atteindre une barre de bois suspendue au plafond. Il tira dessus, faisant descendre un escalier sommaire. Il y avait là un petit quelque chose de conte qui ralluma un instant une lueur d'intérêt chez l'ébouriffé, avant qu'il ne réalise qu'il allait devoir monter. Il regarda les marches, ses jambes solidement encrées dans le sol, bien décidées à y rester.

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MessageSujet: Re: Tous les chemins mènent à un autre monde - Jour 1 -   Mer 6 Mai - 1:03


First Day in a New World


Lorsque Ludovic s'emporta en donnant un brusque coup de poing sur la table, la surveillante fut partagée entre l'amusement et le questionnement.
Sa réaction fut brutale, vive, peut-être un peu lent a la détente, mais tout de même surprenante. Ce petit délai fut plutôt amusant, mais lorsque son regard croisa celui de l'enseignant, elle ne rit pas longtemps avant de froncer les sourcils et de s'inquieter a nouveau.
Ce n'était pas de la comédie, pas cela, pas ce geste. C'était quelque chose de presque spontané, sûrement une torture pour les membres de l'enseignant, mais pourtant c'était tout de même arrivé. Et qu'allait-il faire? Monter le ton? La gronder?
Était-elle allée trop loin? Encore une fois?
Ce qui fit froncer encore plus les sourcils a l'Auror, ce fut la remarque suivante, sûrement sensée être répondue au tac au tac a ses provocations, elle ne fit là pas grand effet. A part plonger à nouveau la jeune femme dans une profonde réflexion.
Qui parlait donc à ce moment? "John Smith" ou bien Descremps? Et dans ce cas... De quel travail parlait-il donc?
Celui d'Auror? De surveillante?
Puis l'autre reprit la parole, continuant de grogner tout en jouant avec sa soupe, comme hypnotisé par les vaguelettes dans l'eau créé par les mouvements de sa cuillère. Et cette fois, même si le début semblait bien plus un résultat d'une fierté bafouée, la fin elle, s'apparentait bien plus à un couteau qu'il se plaisait à remuer dans la plaie qu'à autre chose.
Conclusion: il se plaignait. Encore. Et cette fois encore, Oswin ne resta pas insensible.
Quelque part, elle avait l'impression de... De trahir, de rater quelque chose, une évidence si énorme qu'elle passait totalement à côté. Et la trahison était encore quelque chose qu'elle ne pouvait supporter, pas sans raison, pas sans contrepartie suffisante. Lâches étaient les traitres, idiots et impulsifs... Ils se laissaient aller à la facilité au lieu de chercher à régler le problème et ...
Mais n'était-elle pas donc elle même tout cela?

À cette pensée, Oswin ferma les yeux une seconde en se mordant la lèvre inférieure, et qu'importe si l'un des deux hommes s'en étaient rendu compte, il fallait qu'elle cesse de songer à ce genre de choses sinon elle finirait par se nuire à elle même. Même plus besoin de Descremps vous voyez?

Elle redressa la tête, relevant le regard sans dire un seul mot.
Ce n'était ni l'endroit ni le moment pour qu'elle ne tente de s'expliquer une énième fois, pas devant quelqu'un du moins. Et cela, même si ce devait être "Glinda" qui parlait.
Lentement, elle se saisit à nouveau de sa cuillère avant de porter une nouvelle bouchée de l'étrange soupe qu'avait préparé le pêcheur, son visage fermé contrastant étrangement avec son attitude précédente.
L'hôte leur demanda d'ailleurs à ce moment ce qu'ils savaient des récents meurtres, cela avant que Ludovic ne rejette la tache ardue de répondre à la question de Tiberius à sa collègue qui haussa un sourcil, interloquée.

-De ce côté la, je crains que Môsieur est bien plus informé que moi de toute façon. Je ne le vaux sûrement pas sur ce terrain..!

Puis il ne fallut pas longtemps avant que le français ne change de sujet, demandant où se trouvait l'endroit où il allait dormir, et lorsque le pêcheur ouvrit une trappe dans le plafond en leur indiquant la chambre de "sa fille", le désespoir pût se lire aisément sur le visage de Ludovic qui pourtant ne fit aucuns nouveaux commentaires.

-Bon! s'exclama alors la surveillante en se relevant, son épaule et son flanc protestant a nouveau contre geste un peu trop brusque. Excusez-nous Tiberius, mais c'est l'heure du bain de Môsieur, alors il ne nous faut pas trainer vous comprenez?

Elle adressa un sourire au vieil homme avant de se tourner vers son collègue, et de l'aider a se relever en faisant attention à moins toucher ses membres affaiblis, même si le tout se releva plus brutal que précédemment.

-N'ayez crainte pour le bain, je m'en sortirai... En attendant, profiter de la nuit qui tombe pour... Vous reposer un peu?

Tout en parlant, la brune s'était rapprochée de l'escalier, se mettant de profil pour passer les marches avant le blessé, le faire avancer sur quelques niveaux avant de passer à nouveau à l'arrière pour finalement pousser Ludovic en espérant que cela ne faisait pas trop souffrir ses muscles endoloris.

-Ah oui, j'oubliais... reprit alors Oswin en souriant à leur hôte, semblant alors plus détendue que précédemment. Merci pour le toit et la soupe. C'est très généreux de votre part.

Et après quelques nouvelles secondes de silences, la surveillante reprit sa montée tant bien que mal, finissant au bout d'une bonne minute pour déposer son fardeau sur le lit de la chambre et de prendre une grande inspiration comme si elle sortait d'une longue apnée.
Il lui fallut quelques secondes de respiration profonde pour reprendre son souffle, mais surtout, remettre de l'ordre dans ses idées qui avaient recommencé à s'éparpiller.
Son regard dévia alors vers Ludovic alors qu'elle ne disait toujours pas un mot, se demandant si à présent seuls, elle pouvait tenter de s'expliquer tout en sachant pertinemment que le Serdaigle ne la croirait pas. À quoi bon?
Il lui en voulait... C'était évident, seulement que pouvait-elle y faire?

-Il me semble évident que je ne vous aiderai pas à vous laver. Vous refuseriez.

Son ton s'était fait étrangement plus froid, plus ferme, et après un soupir, elle tourna les talons en s'apprêtant à sortir de la chambre:

-Je vais demander de quoi bander les blessures, et si il possède de l'alcool aussi. Faites ce que vous voulez, choisissez de m'en vouloir si vous voulez, mais il est hors de question que je vous laisse vous vider de votre sang sur le plancher de cette chambre.


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MessageSujet: Re: Tous les chemins mènent à un autre monde - Jour 1 -   Jeu 7 Mai - 1:47

Tous les chemins mènent à un autre monde

Sans jeter le moindre regard à sa voisine, le professeur de sorts haussa une nouvelle fois les épaules, encore moins haut que la première fois, alors qu'elle laissait entendre qu'il s'y connaissait mieux qu'elle. Il se retrouvait bien avancé. Qu'était-il censé savoir ? Est-ce que cela avait un rapport avec ce qu'il avait dit à la surveillante avant de se faire écraser par des colosses ? Il ne se rappelait même plus ce qu'il lui avait dit très exactement et ce dont il se souvenait lui semblait davantage un méli-mélo de théories farfelues que quoi que soit pouvant servir à des meurtres. Il avait plutôt intérêt à demander à Oswin de clairement lui expliquer ce qu'il avait manquer ou il risquait de ne pas faire illusion très longtemps.

Pour l'instant, il restait parfaitement impassible, du moins, impassible comme quelqu'un qui n'est pas tout à fait dans son assiette et, fort heureusement, il n'avait pas besoin de se forcer pour être crédible. Il émit un grognement à la remarque d'Oswin sur un bain. Qu'elle le touche et... il y avait de fortes chances pour qu'il reçoive un nouveau mauvais coup. Enfin, il arriverait bien à se défendre avant. Après tout, il aurait le temps de sortir sa baguette cette fois. Quoique.

Le brun tournait à peine les yeux vers la jeune femme que celle-ci le tirait sans ménagement hors de sa chaise, lui faisant soudain réaliser à quel point elle avait été plus délicate quelques minutes plus tôt. Elle se vengeait, d'accord, elle avait sans doute certaines raisons pour cela, mais il crut bien qu'elle allait finir par lui casser une côte si ce n'était pas déjà fait. N'ayant pas plus le choix qu'avant, Ludovic fut bien obligé de se laisser tantôt trainer tantôt pousser dans les escaliers. Il parvint tout de même à échapper à "l'aide" de la jeune femme lorsqu'elle se retourna pour remercier leur hôte, se servant de ses bras pour se hisser jusqu'au plancher du grenier.

Assis au bord de l'ouverture de l'escalier, les pieds posés sur les marches les plus hautes, Ludovic jeta un coup d'oeil aux deux portes qui l'entouraient. Gauche ou droite ? Quelque chose lui disait de choisir celle de gauche, mais il aurait aussi bien put rester sur le pallier. D'ailleurs, la place au bout du faux couloir qui séparait les deux portes aurait été bien suffisant pour qu'il s'y installe sans risque de devoir partager avec Oswin. Oui, cela semblait une bonne idée. Il allait se trainer tant bien que mal dans un coin lorsque la jeune femme déboucha au sommet de l'escalier, le récupérant avant même qu'il ait pu protester. Il lâcha un soupir et se fit escorter à travers la petite chambre - celle de droite - jusqu'à être largué sur un matelas un peu dur quoique très confortable comparé au chaises du rez-de-chaussée.

Le brun ne fut pas mécontent de voir la surveillante s'éloigner et lui lança un regard noir alors qu'il protégeait ses côtes d'un bras. Il la fixa, presque sans ciller, tandis qu'elle allait et venait devant lui en soufflant et fini par baisser la tête sur son manteau pour constater l'étendue des dégâts. Du brun clair il avait viré au marron foncé on ne peu plus douteux sur une bonne partie du dos et du flanc gauche. Ludovic grimaça. Hors de question de rester comme ça. Entendant la française reprendre la parole, il leva la tête, la gratifiant du même air sombre et entreprit de retirer le manteau en commençant par dégager son bras droit. Pas de bain ? Pas plus mal.

— Pour une fois qu'on se comprends, grommela-t-il.

Naturellement qu'il aurait refusé. Il aurait fallut être fou et il n'était pas encore impotent. Presque aussitôt, la surveillante tourna les talons, se dirigeant vers la porte, déclarant aller chercher des bandages sur un ton de reproches. L'échevelé aurait bien aimé répliquer, mais la dernière phrase de la jeune femme l'interrompit net. Se vider de son sang ? Ludovic fixa la française incrédule tandis qu'elle quittait la pièce. Elle se moquait de lui, il n'était coupé nul part. Il baissa les yeux, scrutant ses vêtements à la recherche de tâches pourpres. En dehors de la boue, il ne voyait rien. Un bruit de pas lui fit lever la tête, Tibérius s'approchait, tenant une petite pile de vêtements propres qu'il posa sur le lit à côté de son invité.

— Merci, lança aussitôt le français.

Mais l'homme ne répondit pas, repartant aussi silencieusement qu'il était arrivé. Ludovic soupira. Oswin avait décidément trouvé un bien curieux allier, mais il fallait reconnaitre qu'il les traitait bien. Enfin, encore fallait-il passer la nuit pour pouvoir se prononcer. Ils n'étaient pas rares les escrocs qui vous endormaient à coup de gentillesse avant de vous tuer dans votre sommeil. Le brun fini de retirer son manteau et passa une seconde la pièce en revue pour voir où il pouvait le laisser. Il ne tarda pas à repérer un paravent pas très éloigné et jeta sa pelisse qui alla s'y suspendre une seconde avant de tomber par terre. Tant pis. Ludovic examina les vêtements que lui avait apporté Tibérius. Une chemise trop large qui sentait plus mauvais que des pieds de randonneur et un pantalon dans lequel on aurait put sans peine caser deux personnes de son gabarit. L'enseignant jeta un coup d'oeil à ses propres vêtements - guère plus présentables dans leur état actuel, mais à la bonne taille - avant de défaire sa veste qui ne tarda pas à rejoindre le manteau au pied du paravent. La sienne étant assez propre, il pourrait sans doute se passer de la chemise.

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MessageSujet: Re: Tous les chemins mènent à un autre monde - Jour 1 -   Ven 8 Mai - 13:25


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Oswin ne dit pas un mot avant de quitter le pièce, refermant la porte quelque peu brusquement même si elle ne trembla pas dans ses gonds.
S'appuyant contre la maigre séparation de bois qui la séparait de l'enseignant, la jeune femme ferma une nouvelle fois les yeux avant de porter instinctivement la main à la naissance de sa poitrine, là ou pendait habituellement le pendentif que lui avait "offert" le français lors de son anniversaire. Le contact avec sa peau plus chaude que d'habitude lui rappela douloureusement qu'elle l'avait ôté il y a bien quelques jours, dans un excès de colère envers l'injustice que la vie lui avait offert. Il n'était plus "juste", à l'intérieur, il s'y trouvait une petite photo " de famille", de sa famille. Sa mère, son père et son frère, seulement porter autour du coup l'image d'un fantôme qui l'avait trahis n'avait plus rien d'attendrissant désormais...
Alors elle avait faillit de jeter, purement et simplement, le détruire ou l'écraser de son talon, mais malgré toute sa colère, elle en avait été incapable. Et il ne fallut ensuite pas longtemps avant qu'elle ne se traite de faible, faible de ressentir tant de... Tant d'émotions pour quelque chose d'aussi idiot. Faible de ne pas contrôler ce flux incessant de sentiments.
Faible que, après tout ce qu'elle avait vécu, elle était encore capable de souffrir pour quoi que ce soit.

Sa main se referma dans le vide, alors qu'elle contracta son poing si fort que ses ongles s'enfoncèrent dans sa chair jusqu'à ce qu'elle ne ressente plus rien, puis, les sourcils froncés comme si elle voulait décidément laisser tout cela derrière elle, Oswin prit une grande inspiration et descendit les escaliers pour tenter de retrouver le pêcheur.
Elle croisa ce dernier alors qu'il s'apprêtait à monter à l'étage, les bras chargés de linge. Se saisissant de l'occasion, elle s'empressa de lui demander s'il n'avait pas quelques torchons assez propre pour nettoyer leurs plaies, ainsi que de l'alcool sans doute, pour elle cette fois.
Peut-être que Tiberius prit cette demande plutôt étrangement, c'était sûrement là la raison pour laquelle il fronça les sourcils avant d'esquisser un léger sourire fatigué, son regard se fixant vers le haut des quelques marches qui le séparaient de "John Smith".

-Ce n'était pas l'heure de sa toilette par hasard? Enfin, qu'importe. Je vais déposer ces habits pour vous changer, et je reviens dans un instant.

Cette fois, ce fut la surveillante qui fronça les sourcils en l'observant grimper les marches avec presque autant de difficultés que son collègue Français.
De quoi parlait-il? Les chiffons pouvaient parfaitement servir pour le bain, non?
Elle finit cependant par soupirer et par abandonner l'idée de comprendre ce qu'il venait de sous-entendre, trop exténuée moralement pour se battre encore une fois, et machinalement, elle se mit à errer dans la petite pièce.
Son regard parcourut les différents bibelots sûrement encore utiles a cette époque, disposés de-ci, de-la, du moins, jusqu'à ce qu'elle n'aperçoive un livre du coin de l'oeil.
Instinctivement mais avec une lenteur nonchalante, la brune se rapprocha de son trésor avant de s'en saisir, lisant la couverture calmement -ou plutôt le titre inscris à l'interieur-, caressant sans s'en rendre compte le cuir dur qui servait de couverture.
Quelques lettres calligraphiées, presque illisibles tellement qu'elles étaient inhabituelles, mais en y faisant attention, on pouvait aisément y lire "Al Embert, Almanach des créatures de l'ombre et de l'au-delà". Les dorures étaient tout même délicates, surtout pour un livre qu'avait put se payer un simple pêcheur, mais elles étaient irrégulières, comme si le script -ou l'auteur- qui avait recopié le livre s'était plus ennuyé qu'autre chose. En feuilletant l'ouvrage, Oswin ne mit pas longtemps à comprendre qu'il s'agissait d'une sorte de bestiaire, avec des dessins réguliers qui semblaient peint à l'aquarelle pour illustrer les idées. C'était quelque chose d'intriguant, intéressant, un sujet atypique qu'elle n'avait pas l'habitude de consulter. Mais dans un nouveau monde, n'y avait-il pas de nouvelles créatures? De nouvelles choses à découvrir?
Une faible lueur se réveilla au fond de ses pupilles, son visage ayant toujours cette étrange expression un peu fade, et alors que ses doigts ouvrirent la première page comme pour s'apprêter à se lancer dans la lecture, une voix rauque lui revint, la faisant fermer vivement l'ouvrage avant qu'elle ne se retourne très calmement, le livre naturellement dissimulé derrière ses propres formes.

-De l'alcool et des tissus c'est cela? grogna l'homme en se dirigeant presque directement vers l'un des nombreux tonneaux de "la cuisine".

La surveillante hocha silencieusement la tête, son regard à peine vivant suivant son hôte lassivement, se plongeant dans ses récipients, disparaissant derrière ceux-ci, avant de reapparaitre quelques secondes plus tard, tantôt se grattant le crâne ou le buste de réflexion, mais au bout de quelques minutes -pendant lesquelles la française avait commencé sa lecture-, il se tourna à nouveau vers la jeune femme en lui tendant fièrement -quoi que toujours un peu sombre, le propre des vieux hommes fiers et renfermés- ce qu'elle lui avait demandé, le tout dans un seau à la propreté douteuse.
La surveillante adressa alors un nouveau sourire suivi d'un remerciement avant de s'apprêter à monter, juste avant que son hôte ne lui autorise presque en grognant de lui emprunter son livre, tant qu'elle ne l'abimait pas, évidemment. Elle s'arrêta alors une seconde se tournant vers Tiberius qui s'était déjà tourné pour faire autre chose, reconnaissante même si tant de " bonté" l'inquiétait.
C'était un homme bon, dans le deuil oui, mais avouons le, ce n'était certainement pas le plus pauvre, même si pas le plus riche non plus. Mais autant de bonté était-elle seulement possible?

Se chassant cette idée de la tête, la surveillante reprit sa route là ou elle en était, arrivant alors à l'étage où elle hésita quelques instants à rentrer en se rappelant que leur hôte avait amené des vêtements, avant de tout simplement ouvrir la porte et de s'y enfoncer.
Qu'il se change ou pas, il avait eut suffisamment de temps! Et puis de toute façon, s'il n'avait pas terminé, cela lui offrirait la possibilité d'avoir une... Jolie vision.

Malheureusement pour elle, lorsqu'elle rentra dans la chambre, Ludovic avait déjà finit de se changer, et il était même en train de dormir dans une position qui suggérait plutôt que lui même ne s'était pas attendu à se faire happé par le sommeil. Un rictus lui échappa alors qu'elle s'avançait, l'observant quelques instants avant d'à nouveau poser le dos de sa main sur le front encore chaud de l'enseignant.
Mauvais signe, mais au moins, il arrivait à dormir. C'etait déjà cela.
Oswin se redressa, s'étirant mollement avant d'observer autour d'elle si le pêcheur lui avait prit quelque chose. Elle crut d'abord que la chemise délaissée par l'endormi lui était destinée, mais en apercevant un morceau d'étoffe bien plus long, elle se détourna de cette idée pour s'approcher de la table ou celle-ci était posée.
Posant son livre près d'elle, elle se saisit de l'habit dans le but de le... De le déplier ? Ou de le derouler plutôt, oui, voilà. Le tout dans l'idée d'observer ce qu'elle allait devoir se mettre sur le dos.
C'était une sorte de... Chemise de nuit. Une large chemise de nuit. Qui allait être probablement trop juste au niveau de la poitrine d'ailleurs. Elle était d'un léger bleu délavé et sali, manches courtes et decoleté lâche, elle faisait bien plus "petite fille" que... "Linda Oswin".
Si Ludovic aurait été conscient, nuls doutes qu'il se serait permit une remarque quelconque, et nuls doutes qu'elle l'aurait joyeusement foudroyé du regard. Mais ce n'était pas le cas, et sa chemise était définitivement bien trop abîmée pour qu'elle puisse continuer à la porter ainsi.
Jetant la chemise de nuit sur la table, elle enleva d'un geste souple le haut qu'elle portait avant de s'attaquer à son bas et à ses bottes.
Croisant alors son regard dans un miroir qu'elle n'avait vu avant, elle stoppa son geste, se redressant pour se fixer quelques instants, et de se poser à nouveau cette question qui la taraudait et la faisait souffrir depuis maintenant plusieurs jours: qui est-cette femme dans le miroir?
La française détourna vivement le regard, se saisissant de sa propre chemise avant de la jeter sur la glace dans le but de couvrir une majeur partie du verre réfléchissant, avant de s'habiller avec une rapidité soudaine et de s'affaler sur la chaise en se prenant la tête entre les mains quelques secondes, se frottant les yeux comme su cela allait suffire à chasser ses idées noires.
Si cela continuait, elle allait refaire les mêmes erreurs que par le passé, s'abandonner à de mauvaises tactiques pour tenter de ne plus y penser... Mais pour le moment, elle avait autre chose à faire, elle devait se concentrer sur d'autres choses, des choses comme...

La respiration profonde de l'homme dans la chambre la sorti de ses pensées, et elle se tourna légèrement pour l'observer somnoler quelques secondes.
Impressionnant comment on pouvait tout oublier en quelques secondes grâce à cette chose que l'on appelait sommeil.
Oswin prit une grande inspiration pour se calmer, se levant lentement en s'appuyant sur le dossier de la chaise avant de se saisir d'un tissus propre qu'elle imbiba d'alcool, passant sa main sous son col pour désinfecter sa plaie alors qu'elle retenait un grognement au contact du liquide brulant.
Assez vite, le tissus prit la teinte rouge du sang séché de son épaule, et toutes les blessures furent rapidement "nettoyées", du moins, presque toutes les blessures.
En prenant un nouveau tissus, le plus grand qu'elle pût trouver, elle tenta de bander tant bien que mal sa plaie, pas assez profonde pour se faire du soucis, mais bien assez pour risquer une infection, esquissant une grimace à chaque fois que son épaule faisait de trop grands gestes.
Une fois son manège terminé, elle plia lentement le bout de mouchoir en jetant un coup d'oeil a Ludovic qui dormait toujours, se saisissant d'un autre support pour le désinfectant avant de s'avancer vers le dormeur.
La surveillante écarta délicatement l'encolure du professeur, vérifiant qu'il n'y avait pas de blessures majeures, avant de soulever cette dernière et de passer lentement le chiffon sur le corps de l'autre.
Linda pût une nouvelle fois remarquer les nombreuses cicatrices qui parcouraient le corps du français, toutes différentes, ou du moins la plupart. Comment avait-il pût se faire tout cela? Peut-être lors de ses... " voyages"? Oh, évidemment, elle aussi en avait à force -même si au final elles s'apparentaient plus souvent à des brûlures ou à des blessures de balles-, mais son passé et son travail expliquaient tout.
Et on ne se faisait pas si souvent blesser sans une raison valable.

La surveillante ne mit pas longtemps avant de terminer sa besogne, même s'il fallait avouer qu'elle n'avait pas fait au plus vite, elle se releva finalement et alla à nouveau vers la table, s'asseyant sur une chaise avant de se saisir du livre, et de continuer sa lecture là ou elle s'était arrêtée.

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MessageSujet: Re: Tous les chemins mènent à un autre monde - Jour 1 -   Ven 8 Mai - 17:34

Tous les chemins mènent à un autre monde

Seul dans la petite chambre, Ludovic leva la tête, les yeux fermés, pour pousser un fin soupir. Il n'avait pas fallut moins d'une heure pour que sa malchance se réveille. C'était à se demander comment il pouvait faire pour être encore en vie, surtout depuis sa rencontre avec la surveillante. Si avant les choses avaient pu être compliquées pour lui, elles semblaient être plus épineuses que jamais chaque fois que la jeune femme se trouvait dans les parages. Qui aurait pu dire combien de temps il aurait pu tenir à ce régime. Pourtant il n'y avait pas vraiment songé lorsqu'il avait apprit qu'elle était partit, trop préoccupé à l'idée de comprendre ce qui avait pu se passer. Le brun rouvrit les yeux et baissa la tête pour sortir sa chemise de son pantalon. Ce qui était fait était fait, inutile de ressasser.

Ludovic serra les dents, s'attendant au pire lorsqu'il souleva le pan de sa chemise, mais constata bien vite qu'il avait eut de la chance. Il avait sur les côtes, un peu désaxé, entre trois et cinq hématomes violacés qui traçaient comme des toiles d'araignées reliées les unes aux autres sur sa peau. En y regardant bien, il aurait juré que les motifs filiformes redessinaient une rangée de pavés. Le français toucha le mauvais coup du bout des doigts avant de palper ses côtes une à une pour vérifier qu'elles soient intactes. Il remonta petit à petit, les comptants au fur et à mesure et se crispa avec une grimace lorsque la septième sembla s'embraser de toute sa longueur sous la légère pression. Il s'accorda une pause avant de réessayer. Sentant l'os intacte malgré la douleur. Sans doute fendu. Son passage en revu terminé, il en arriva à trois côte plus ou moins fêlées et aucune de cassée. Une véritable chance.

La tête lourde, Ludovic cligna des yeux avec force pour rester éveiller et gratta distraitement sa tempe, décrochant des croutes de boue et de sang de ses cheveux sans s'en rendre compte. Du revers de la main, il essuya un fin filet rouge qui coulait vers son oreille, croyant à de la sueur et se redressa pour retirer son pantalon, découvrant avec surprise un bleu noir sur sa hanche qui n'avait, étrangement, rien de douloureux. Le français ne s'en préoccupa donc guère plus. Il enfila le vêtement de rechange, bien trop large comme il l'avait prévu et se demandait vaguement comment régler le problème lorsqu'il s'affaissa sur le matelas, plongeant dans un sommeil opaque aux limites de la perte de connaissance.

Une main sur le ventre, l'autre sur le côté, il n'entendit pas la surveillante entrer et aller venir dans la chambre. Pas plus qu'il ne sentit sa main se poser une nouvelle fois sur son front. Il respirait profondément, tout à fait immobile, perdu dans un de ces sommes sans rêves qui vous laissent plus fatigué au réveil que vous ne l'étiez avant de sombrer. Ce ne fut que lorsque la surveillante commença à le nettoyer qu'il revint un peu à lui. Assez pour se rendre compte qu'il commençait à être tremper et que quelqu'un le déplaçait. Il ne se réveilla pas pour autant, mais marmonna quelques mots à peine audibles.

— Qu'est-ce... vous faites ?


Il retourna dans l'inconscience la seconde d'après et y resta jusqu'à ce qu'il commence à avoir froid là où l'air mordait sa peau humide. Il resta assoupit encore quelques minutes jusqu'à ce qu'un frisson le parcourt des pieds à la nuque. Ludovic remua, cherchant à s'étirer et ouvrit à demi les paupières avant de se retourner, hissant ses jambes sur le matelas, pour essayer de conserver sa chaleur. Allongé sur le côté, l'échevelé s’apprêtait à reprendre son sommeil où il l'avait laissé lorsqu'une forme pâle dressée sur une chaise attira son attention. Il ouvrit les yeux, fronçant les sourcils pour distinguer ce qui ce passait.

Ludovic crut d'abord voir un fantôme lui tourner le dos, puis il songea qu'une inconnue venait d'entrer et resta un instant méfiant. Penchée sur quelque chose qu'il ne pouvait pas voir, la jeune femme portait une longue chemise fine qui tombait amplement sur ses épaules comme une robe de petite fille, mais qui prenait à la lueur de la bougie une teinte presque spectrale. Profitant qu'elle ne semblait pas faire attention à lui, le français l'observa, cherchant de quelle façon il devait réagir, jusqu'à ce qu'il reconnaisse Oswin. Il lâcha un discret soupir, plus détendu et essaya de se redresser, sans succès.

— Qu'est-ce que vous faites ?
demanda-t-il sans la quitter des yeux. Jeune fille.

Le professeur vit enfin la couverture de cuir entre les doigts de la surveillante et dressa un peu la tête, les yeux grands ouverts. Il coula un regard vers le visage de la française et se reprit. Faisant en sorte de paraitre indifférent. Ce n'était pas une bonne idée. Mais c'était trop tard, le livre avait déjà piqué sa curiosité et, avant même qu'il s'en rende compte, il se tordait le cou pour essayer de deviner les pages entre le cuir et les lignes sur les pages. Elles étaient bien trop loin, il ne voyait rien, et ce n'était pas dans son état qu'il pourrait se lever pour examiner l'objet de sa curiosité de plus près. Il resta silencieux un instant, hésita. Entre-ouvrit la bouche pour la refermer presque aussitôt. Puis il posa une nouvelle question du bout des lèvres comme pour tester la température d'un café bouillant.

— Est-ce que... est-ce que je peux lire ? Il marqua une légère pause, pesant avec soin la suite de ses mots. Avec vous. Si vous le voulez bien. Je ne voudrais pas vous priver ou vous déranger, juste... lire. S'il vous plait.

Il s'appliqua à garder bonne figure, mais ne put s'empêcher de dévorer des yeux la reliure brune. Il n'aurait jamais imaginé revoir un livre de si tôt, encore moins un livre sans titre qui ne pouvait qu'attiser sa curiosité.

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MessageSujet: Re: Tous les chemins mènent à un autre monde - Jour 1 -   Sam 9 Mai - 3:40


First Day in a New World

Oswin n'avait en réalité guère fait attention à la faible question de son "patient" lorsque celui-ci lui avait demandé ce qu'elle faisait.
Il était fatigué, dans les vappes, et elle, totalement dans sa bulle, exécutant ses gestes machinalement, presque sans s'en rendre compte bien que son regard parcourait les formes de l'enseignant comme un assoiffé s'abreuverai de l'eau abondante d'une gourde, sans même s'en rendre compte.
Alors elle avait tourné les talons, s'asseyant calmement sur l'une des chaises avant de se plonger dans sa lecture.
Le livre était, avouons le, des plus passionnants. C'était inhabituel, oui, mais l'homme qui avait écrit cet ouvrage était réellement passionné, et semblait expliquer chaque créature qu'il connaissait dans les détails et avec des informations si précises qu'il n'était pas difficile de se visualiser les créatures. Et avec l'aide des illustrations, on n'avait aucun mal à s'imaginer le Marauguail à la seule lumière de la petite lampe à huile, un magnifique lion ailé au pelage couleur nuit donc les yeux brillant comme des diamants paralysaient ses poids la nuit, son cri semblable au braillement su cerf ne semblait qu'être une longue complainte qui nous faisait frissonner à chaque cri, mais ses griffes redoutables n'étaient pas à prendre à la légère, car une seule griffure et le poison mortel se dispersait dans votre sang en moins de quelques jours...

Chaque détail, chaque expression utilisée, la lueur flamboyante dans les yeux d'un cruel félin prêt a vous disséquer sur place, tout était si réaliste qu'il n'était pas compliqué de se perdre dans les paroles bien tournées de l'auteur.
Ce fut probablement là la raison pour laquelle la française ne réagit pas lorsque le dormeur se réveilla, et sûrement pour laquelle elle ne réagit pas tout de suite à l'appel de Descremps. Mais cependant, lorsqu'il rajouta le "Jeune Fille", l'un de ses sourcils se leva alors que l'autre se fronça, un air à la fois interloqué, amusé et désespéré au visage.
Refermant le livre, la surveillante se retourna sur la chaise en s'appuyant au dossier d'un coude, elle observa un instant l'autre avant de soupirer, un léger sourire aux lèvres:

-Ow, on reprend deja? Et bien, c'est plutôt bon signe... Mais disons que je mets cela sur le compte de la divaguation... D'accord?

Oh, évidemment, ce n'en était pas, et la taquinerie n'était pas passée inaperçu, pas la mâchoire quelque peu crispée de la jeune femme indiquait assez clairement que la remarque sur son style n'était pas passée inaperçue.
C'est sur que la chemise de nuit qu'elle portait n'était pas réellement dans son style habituel, voir même pas du tout, mais il fallait avouer que dans son état d'esprit, elle était bien trop épuisée pour renchérir encore sur les provocations de son "compagnon". Et pourtant, l'autre y arrivait, même a force de réflexion, mais il y arrivait... Comme quoi, sa fierté avait dut laisser place à... quelque chose d'autre, allez savoir.

Puis Ludovic reprit la parole, s'apprêtant à lui demander quelque chose avant de s'arrêter en plein milieu de sa phrase, et la brune releva son regard étrangement neutre vers lui, le fixant intensément de ses pupilles brunes alors qu'elle ne distinguait que la contour de ses traits à la faible lumière chaude de la lampe posée sue la table.
C'était une situation étrange, plutôt intriguante, mais aussi étrangement apaisante. Dans la fraicheur du soir, le silence entier régnait autour d'eaux, seulement entrecoupé des grincements de la bicoque et du bruit lointain des vagues s'écrasant contre les rochers bien plus bas, bien plus loin. Même elle semblait bien... Plus calme, plus pensive, comme si elle aussi se laissait aller au rythme doux de cette nuit.
Alors autant dire que la question des plus intrigantes qui suivit fit légèrement hausser les sourcils d'Oswin alors qu'elle se demandait si la question était une nouvelle moquerie ou bien si elle était sérieuse, ce à quoi l'autre répondit de lui même en concrétisant son idée, ornant le tout d'un poli "S'il vous plait" comme s'il suppliait la surveillante de le laisser lire.
Mais son ton implorant et son cou qui se tordait en tous sens pour tenter d'apercevoir ne serait-ce qu'un coin de l'ouvrage finirent par convaincre la brune qui esquissa un sourire en coin un peu fade, avant de se lever de sa chaise au bout de quelques secondes de réflexion:

-Et bien... Vous avez des idées bien étrange, mais faisons comme si... C'était normal. Et puis, un "s'il vous vous plait" est tout de même un grand honneur

Elle sourit à l'enseignant avant de se retourner, se saisissant du livre déposé un peu plus tôt sur le rebord de la table et de la lampe qui illuminait la petite pièce, puis de s'avancer vers le lit, d'accrocher la lampe à huile à un rebord de la tête de lit et de tenter de monter sur le lit, aux côtés du blessé.

-Bougez vous un peu, voulez-vous? Vous prenez toute la place...!

Une petite taquinerie, pas bien méchante, surtout au vu du ton qu'elle avait utilisé, mais elle ne s'attarda pas sur ce genre de détail, et une fois qu'elle fut assise  auprès de l'autre avachi, appuyée contre la tête de lit pour plus de confort, elle rouvrit le livre à la première page, celle-ci affichant le titre calligraphié à la mode d'autrefois.
Son regard coula alors vers Descremps près d'elle, assez proche pour qu'elle puisse sentir la chaleur de son corps... Quelque chose qu'elle n'avait pas expérimenté depuis bien longtemps, de nuit, dans un lit... Trop longtemps.
Mais ce n'était certainement pas aujourd'hui ni dans ces conditions là qu'elle allait recommencer.

-C'est quelqu'un qui décris plusieurs formes de créatures qu'il a rencontré pour la plupart ou dont il a entendu les récits. C'est un beau livre, comme on n'en fais plus.

Sa petite explication faite, la jeune femme tourna la page pour que l'homme puisse commencer à lire, mais à peine eut-elle déposé la feuille de papier qu'une simple question lui échappa:

-Vous aimez tant lire que cela?

Aucune provocation dans sa voix, simplement de la curiosité mêlée à un certain calme étrange, comme si elle venait de demander quel pain il prenait pour du pain perdu.
Est-ce Qu'il aimait vraiment lire à ce point pour se contreficher de qui tenait le livre?
Et cela même s'il s'agissait d'elle?

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MessageSujet: Re: Tous les chemins mènent à un autre monde - Jour 1 -   Dim 10 Mai - 4:39

Tous les chemins mènent à un autre monde

Un fin sourire moqueur apparut sur le visage à demi endormit du français. Les taquineries faisaient toujours plaisir c'était certain, du moins les légères et sans conséquences comme celle-ci. Il aurait pu laisser sa tête retomber sur le matelas pour s'assoupir de nouveau avec le sentiment du devoir accomplis, si Oswin n'avait fait claquer la couverture du livre qui émit un bruit feutré en se fermant. Désormais, les yeux fixés sur l'ouvrage, Ludovic attendait que la brune décide de son sort. Le laisser lire ou pas, il y avait là de quoi, au choix, le tourmenter toute la nuit ou faire de lui le plus heureux des hommes. Sa patience poussée à bout, il faisait de son mieux pour rester où il était. Certes, même s'il l'avait voulu il n'aurait pas pu aller très loin, mais il se trouvait déjà tendu tout entier vers l'objet de sa curiosité, se retenant tout juste de se lever.

Lorsque enfin Oswin répondit, il dut serrer les dents pour ne pas proposer de l’honorer d'un second "s'il vous plait". Il ne voulait pas avoir l'air de la supplier. Enfin, pas trop. Car il aurait été bien incapable de contrôler la lueur passionnée qui lui faisait garder les yeux ouverts et qui s'attisa un peu plus tandis que la surveillante semblait céder. Ludovic eut un instant de méfiance. Peut-être lui faisait-elle un faux espoir. Elle aurait été capable de venir lui mettre le livre sous le nez avant de retourner sur sa chaise en lui lançant un sarcasme. Pourtant ce ne fut pas le cas et l'ébouriffé ne se posa pas plus de questions lorsqu'elle lui demanda de se pousser, s’exécutant aussi vite qu'il le pouvait pour se tasser à l'autre bord du matelas, calé contre le mur. L'homme avait beau ne pas être très épais, le lit était trop étroit pour qu'il puisse réellement prendre de la distance et il se retrouva pratiquement collé à la jeune femme qui venait de s'installer. Il y avait bien quelques centimètres de marge, mais ce n'était qu'une broutille et il s'arrêta une seconde de regarder le livre pour se redresser un peu dans une inspiration profonde, histoire d'être davantage à la hauteur d'Oswin.

Allongé comme il l'était, la position n'était pas des plus adaptée à une lecture. Sa nuque ne manquerait pas de le faire souffrir à force d'être pliée en deux pour qu'il puisse apercevoir les lignes noires délicatement calligraphiées, mais il préférait ajouter un torticolis à sa collection de blessures plutôt que de tirer encore sur son dos ou ses côtes. Qu'importait de toute façon, un livre valait presque toujours toutes les peines que l'on se donnait pour le lire. Ludovic tapota d'impatience le dessus de lit du bout des doigts. Fallait-il vraiment que la française le prenne pour un enfant pour qu'elle résume ainsi ce qu'il aurait put dévorer en quelques heures à peine ? Il n'était pas demeuré, il trouverait bien tout seul de quel thème il s'agissait. Malgré son agacement face à la lenteur de la surveillante qui semblait partie pour tourner soigneusement une page après l'autre là où il aurait été d'avis de feuilleter le livre jusqu'à trouver un chapitre au hasard, il contint son caractère, attendant que le "rituel" de la française se termine et ne cessa de s'agiter que lorsqu'elle se remit à parler pour une dernière interrogation.

— Tant que cela ?
répondit-il surpris par cette question à première vue stupide. Tant que quoi ? Il leva les yeux vers le visage de la jeune femme, juste stupéfait par le fait qu'elle ne semble pas connaitre cette élémentaire vérité. Existe-t-il une limite au-delà de laquelle on pourrait ne plus aimer lire ?

Ludovic fronça un sourcil et tourna de nouveau la tête vers les pages, caressant du regard les dessins et l'encre noire. Il leva une main pour retracer du bout de l'index les courbes du lion céleste qui ornait un des coins, frôlant à peine les pigments diffus de l'aquarelle tandis que son corps et son visage se détendaient comme s'il était prit dans un délicieux rêve.

— Les livres c'est au-delà de tout ce que vous pouvez trouver. Si vous en lisez assez vous verrez le monde se redessiner en eux. Une découverte en amène à une autre, un mystère résolut vous donneras la clef pour en comprendre cent autres. C'est ça qui compte dans une bibliothèque que chaque chose se réponde, pour que de livre en livre on se retrouve avec toutes les vérités sous les yeux, qu'on puisse les voir ou non. Si vous remplissez un meuble de milliers d'ouvrages qui n'ont rien à apprendre vous n'aurez pas de bibliothèque. Vous n'aurez qu'un meuble avec des milliers d'ouvrages. Mais si vous choisissez un livre et faites l'effort de prendre à chaque mot que vous y trouverez un autre livre qui l'explique vous aurez non seulement une véritable bibliothèque, mais il y aura aussi tant de chose à l'intérieur que vous ne pourrez jamais les apprendre en toute une vie, voir même plusieurs. La seule chose c'est de trouver le bon premier livre pour construire le reste. Pour la tête c'est pareil. Il y a juste à choisir de quelle façon la remplir. Vous pouvez être une petite lectrice et vous contenter de lire pour lire ou comprendre qu'il y a plus de choses entre les pages que vous ne pouvez en saisir.

Ludovic fit une pause, il lui semblait s'écarter du sujet. Il prit quelques instant pour aligner ses mots et essaya d'être plus clair.

— Je n'aime pas lire, j'en ai besoin. Si je vois un livre qui m'a l'air de contenir une chose à apprendre, ne pas le lire ce serait comme avoir un rideau devant les yeux et se contenter de le suivre au lieu de chercher à voir ce qui se trouve derrière. Ce serait comme... passer à côté d'un trésor sans le voir ou comme... je ne sais pas. Comme rencontrer la seule chose qui vous manque pour être heureux et préférer regarder ailleurs. Ce serait juste insupportable.

L'ébouriffé se tut une nouvelle fois. A quoi bon essayer d'expliquer une chose pareil ? Soit celui à qui vous le disiez l'avait déjà compris et vous ne faisiez que lui répéter ce qu'il savait, soit il n'y avait jamais fait attention et ce n'était pas avec des mots que vous lui feriez comprendre son erreur. Pourtant, il s'essaya encore quelques instants à l’exercice, cherchant de quoi renchérir sans plus se soucier du sujet d'origine et fini par réaliser que cela faisait un moment qu'il n'avait rien dit à voix haute.

— Bah, aucune importance. De toute façon je vous ennuis. Il tourna une seconde les yeux vers Oswin, avec un sourire. On faisait ça chez les Serdaigles. Lire à plusieurs. Je sais, ça n'a l'air de rien, mais quand vous êtes dans une maison où tout le monde veut lire le même livre et qu'il ne peut être emprunté que par une seule personne, c'était soit ça soit se haïr. On se mettait à quatre, six, plus encore sur un grimoire. Celui du milieu tournait les pages. Quand vous êtes celui du milieu il faut s'adapter à la lecture des autres, ceux qui sont autour le font aussi bien sûr ; les plus rapides ralentissent, les plus lents accélèrent, mais quand vous êtes au milieu vous devez donner le rythme. Si vous faites bien votre travail alors vous pouvez faire lire les autres des nuits entières et si vous êtes très doué vous pouvez jouer avec les pages, les tourner plus lentement pour accentuer un suspense par exemple. Je ne sais pas s'ils le font encore maintenant, mais c'était de très bons moments. Il lâcha un soupire et essaya sans succès d'entamer sa lecture. Enfin, je vous connais, je parle trop, vous allez encore me prendre pour un idiot. Il réalisa soudain qu'il avait gardé la main posée sur la page et tapota de l'ongle les yeux de l'aquarelle avant de ramener son bras serré contre son torse. Plutôt cool non ? Je me demande comment ils ont été faits.

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MessageSujet: Re: Tous les chemins mènent à un autre monde - Jour 1 -   Dim 10 Mai - 17:00


First Day in a New World

Lorsque Ludovic lui répondit, la regardant avec des yeux ronds comme si elle venait de demander la plus absurde des évidences, la surveillante ne cilla pas, continuant de regarder l'homme de la même façon que précédemment, de ce regard vide et inexpressif qu'elle avait fait sien depuis ces derniers temps.
D'ailleurs, l'enseignant ne sembla pas comprendre sa question, lui demandant plus de détails qu'elle ne fournit pas avant qu'il ne ferme plus ou moins la question en avouant plus ou moins qu'un bon livre valait tous les sacrifices.
Oswin détourna le regard, avant que sa tête ne suive le mouvement pour fixer les pages ornées d'écritures presque illisibles à la faible lueur de la lampe auprès d'eux, sans pour autant les voir, un faible sourire aux lèvres.

-C'est vrai.

Les livres étaient après tout le meilleur moyen d'apprendre, d'être dans sa bulle sans personne pour nous déranger. C'était un moment privilégié qui n'appartenait qu'au lecteur, et au diable ce qu'il se passait autour de lui tant que les lettres et les phrases se succédaient sans fin!
Tout était si clair dans les livres, que même la plus tordue des hypothèses devenint cristalline lorsque l'on continuait quelque peu sa lecture, et cela quel que soit l'ouvrage. Alors qu'importe ceux qui étaient auprès de nous tant que l'on avait un échappatoire.

Et avant même qu'elle ne s'en rende compte, le français avait d'ores et déjà reprit la parole, expliquant sur un ton des plus passionné sa vision de la lecture.
Passionné n'était pas exactement le terme exact, peut-être que "dans son monde" serait plus juste, ou encore "emporté", mais c'était bien un mélange de tout cela: la passion presque machinale, calme, douce, mais qui ne pouvait vous empêcher de vous emporter comme s'il s'agissait là du sujet le plus ardent que vous n'ayez jamais eut à défendre.
Et quoi qu'il en soit, ce fut tout simplement magnifique.
Linda suivit attentivement le monologue du Professeur, jetant de temps à autre quelques coups d'oeil à son professeur de l'instant, voyant devant ses yeux tout le schéma de son " histoire" se dresser devant ses yeux, telle une toile qui ne cesserait de s'étendre et cela par tous les moyens possibles et inimaginables. Une lente déferlante de nouveaux horizons tous plus attirants les uns des autres, attisant sa curiosité naturelle, refoulée depuis déjà bien trop longtemps.
Ses doigts parcoururent le dos du livre, caressant à nouveau le cuir comme une ancre vers la réalité, les paroles de l'homme à ses côtés semblables au flot des vagues qui l'entrainaient autre part. Bien loin.

La pause que fit Ludovic permit à la jeune femme de revenir plus ou moins à elle, émergeant lentement du monde qui ne lui appartenait pas dans lequel elle s'était plongée sans réticences et sans efforts. Elle observa alors en silence l'enseignant qui lui, avait les yeux rivés sur les pages du petit objet qu'elle tenait entre les mains. Il semblait plongé dans ses pensées, mais à la fois étrangement présent à ses côtés. À la frontière parfaite entre la rêverie et l'eveil, avec cette lueur si attirante dans le regard. Une lueur qu'elle même aurait tant aimé avoir...

Puis il reprit à nouveau la parole, semblant revenir sur une réponse directe à l'unique question de la jeune femme, avouant par la même occasion qu'il "n'aimait" pas lire, mais qu'il en avait besoin.
Besoin de lire... Quelle belle image.
Les lèvres de la brune s'étirèrent quelques millimètres de plus sans pour autant que la moindre joie ou le moindre amusement ne se lise sur son visage. Elle semblait plus... Calme, apaisée. L'esprit occupé par bien des choses, mais ne s'y préoccupant plus juste pour cet instant rare qui se déroulait en ce moment même.
Quant aux exemples que lui donna l'autre pour illustrer ses propos, bien que brillamment choisis, ils ne firent pas grand effet.
Tous, sauf le dernier.
À l'écoute du dernier exemple, bien plus fort que les deux autres, Oswin ne pût s'empêcher de se crisper quelque peu, se détachant alors un peu plus de l'enseignant comme si la situation l'avait alors soudainement gênée.
Puis, elle ferma les yeux.
Les sourcils légèrement froncés, légèrement relevés, un sourire fade aux lèvres presque désespéré, un faible rire nerveux lui échappa alors qu'elle maudit pour la centième fois le don de son collègue à toujours appuyer là où il ne fallait pas, toujours totalement par hasard, et bien involontairement. Seulement, elle ne fit pas le moindre commentaire. S'attarder dessus n'aurait servit à rien, et même si par delà cette "gaffe" semblait lui donner un précieux conseil, elle aurait tout simplement été incapable de l'appliquer.
Ce n'était certainement pas de lui dont elle avait besoin pour être heureuse. Le bonheur... N'était pas pour elle de toute façon, il n'était plus pour elle. Et depuis longtemps.

Ce fut donc après qu'il ait remué le coûteau dans la plaie que son interlocuteur reprit la parole, commençant par le fait qu'il devait sans doute l'ennuyer avant de confier qu'enfant, il faisait ça avec bien d'autres Serdaigles, rajoutant quelques détails des plus intéressants sur ses propres expériences, avant de terminer sur une  phrase le dénigrant, prenant par ailleurs comme excuse le fait qu'il la connaissait, avant de se reconcentrer sur les quelques illustrations du livre qu'ils feuilletaient.
Des le début de son nouveau monologue, Oswin ne pût s'empêcher un nouveau sourire calme, un peu triste, mais cette fois, légèrement amusé et attendri par la façon dont l'autre décrivait ses souvenirs en détails. À nouveau, elle pouvait sentir la passion dans sa voix, une sorte de nostalgie qui pourtant ne faisait que l'encourager dans son récit. Est-ce qu'elle même avait ce genre de souvenirs ? Des souvenirs qu'elle aurait pût raconter avec la même légèreté?
Le français supposa d'ailleurs la connaître, et qu'elle le prendrait pour un idiot... C'est vrai que cela avait un petit air de grand-père au coiracintait qui racontait ses aventures, et peut-etre qu'en temps normal, elle lui aurait fait la remarque, mais elle ne l'aurait certainement pas pris pour un idiot, surtout dans ces conditions.

Une fois le monologue de l'echevele, et sa petite remarque sur l'illustration prononcée, il se passa un temps de silence durant lequel Oswin ne dit pas un mot, son regard fixant le vide en direction des pages que lui indiquait l'autre, puis, elle lâcha un léger rire sans joie, mais pas sans émotions.

-Oh, Ludovic... Vous êtes bien des choses, mais vous n'êtes certainement pas ennuyeux.


S'en suivit une profonde et lente inspiration, apres quoi elle se détendit lentement, et tout naturellement, sans même s'en rendre compte, elle se pencha sur l'enseignant pour poser sa tête sur son épaule, toujours dans le silence des plus parfaits.
Elle ne mit pas tout son poids dessus, prenant tout de même en compte l'état plus que déplorable du professeur de Sortilège, mais cela avait été à nouveau un geste spontané, naturel et surtout, non réfléchi.

-C'est vrai, reprit-elle dans un murmure, c'est "cool".

Un nouveau silence s'installa, et cette fois, Oswin ferma les yeux un instant comme pour mieux profiter de cet instant qui ne se reproduirait sûrement plus.
Si on devait approcher son état actuel d'un autre par lequel elle était déjà passée en compagnie du français, ce devait bien être lors de sa danse avec ce dernier au bal.
La même bulle qui les isolait du même, elle, avec ses mêmes problèmes, et lui, avec sa même passion. Un mélange de sérénité, mais aussi une sorte de vide qu'elle devait combler et que jusque la, elle n'avait réussit que légèrement et pendant quelques courts instants qu'avec cet homme qui pourtant était le dernier auquel elle aurait pût songer.
Se passa ainsi quelques secondes, voir quelques minutes, elle ne sut pas vraiment. Cela lui semblait infiniment court mais aussi, infiniment long, une longue danse dont elle n'aurait pas aimé voir la fin.

-J'ai aussi fait cela, dans le passé... Avec mon frère.

Son regard vide toujours fixé sur les pages illustrées de l'ouvrage qu'elle tenait entre ses mains, se passa un temps durant lequel elle n'en dit pas plus, semblant totalement ailleurs.

-J'étais jeune, je ne savais pas encore lire, et lorsque nos parents n'étaient pas là pour... Pour nous, il se posait près de moi avec un livre, et commençait à lire à voix haute, intonation et suspens inclus...

La surveillante se tut, revoyant devant elle le sourire innocent de son frère alors qu'il prenait la voix grave d'un vieux chef de régiment de guerre, un sourire clairement triste étira ses lèvres alors qu'elle ne tarda pas à fermer les yeux pour empêcher de possibles larmes qu'elle sentait arriver de couler sur ses joues, et ainsi de rouvrir une blessure bien trop sensible depuis quelques temps.

-Ça ne parait peut-être rien, mais ce fut ça qui me donna envie de lire. Et ces moments... Pour rien au monde je les echangerait.

Lentement, elle rouvrit ses yeux encore humides, ses longs cils papillonnant lentement avant de se stabiliser et de fixer le livre en face d'eux sans plus de cérémonie.
Et une nouvelle fois, Oswin remercia le bon Dieu que du fait de sa tête posée sur l'épaule de son interlocuteur,  l'enseignant ne pouvait rien voir de son expression, et cela même si sa voix suffisait amplement à saisir l'importance de ses quelques paroles.

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Dernière édition par Linda Oswin le Dim 10 Mai - 19:42, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Tous les chemins mènent à un autre monde - Jour 1 -   Dim 10 Mai - 18:36

Tous les chemins mènent à un autre monde

Le bref accord prononcé par la jeune femme aurait put rompre le fragile équilibre des confidences avant même qu'il ne se forme, heureusement, le professeur était déjà trop loin dans ses pensées pour s'arrêter. Il entendit bien sûr les deux mots qui résonnèrent à ses oreilles avec la même force subite d'un éclair, mais au lieu de tourner la tête pour voir ce qui avait put les provoquer et l'interrompre, il se contenta d'un léger hochement de tête. Parler ensuite avait semblé si naturel qu'il n'y avait pas fait attention. C'était normal. Du moins, cela l'avait été. Après tout, à quoi bon remplir à ras-bord une bibliothèque si ce n'était pas pour partager ce qu'elle contenait ? Dire qu'il aurait fait de même avec n'importe qui aurait été mentir, dire qu'il l'avait fait uniquement pour sa voisine aussi.

Son monologue terminé, Ludovic s'était tut. Il regardait les pages du livre et assemblaient les mots pour en apprendre davantage sur le Marauguail, cherchant si par hasard il n'avait pas déjà entendu ce nom quelque part. Cette créature existait-elle seulement ? Après tout, s'ils étaient entrés dans un livre, les choses pouvaient y être très différentes de ce qu'ils connaissaient. D'autres monstres, d'autres livres, une infinité de possibilités pour réécrire l'histoire et donner à une image à première vue familière une toute autre signification. Cela avait de quoi le tenter, pourtant, plus il y songeait, moins il lui semblait probable qu'ils soient perdus entre des mots. Pourquoi les livres auraient-ils prit la peine de se peupler d'autre chose que des copies d'eux même ? Un livre se suffit toujours si on le laisse dans son coin. C'est une bête arrogante. Jamais un dictionnaire n'aurait reconnu qu'on en apprenait plus dans une encyclopédie. Il y avait aussi les gens, la ville, le paysage changeant. S'ils s'étaient trouvés dans un roman quel auteur aurait prit la peine d'en décrire autant si cela ne faisait pas partit de l'histoire ? C'était inexplicable, pourtant, s'il s'était écouté quelques secondes plus tôt, il aurait peut-être réussi à se le faire comprendre. Mais cela faisait aussi partit du jeu.

Ludovic lisait toujours lorsqu'un frottement à ses côté lui fit tourner la tête. Il prit tout de même le temps de finir sa phrase, ce qui expliqua pourquoi peut-être il ne vit pas la surveillante bouger avant qu'elle ne se penche vers lui, mais la simple phrase qu'elle prononça ne manqua de se faire remarquer dans le calme de la chambre. Dans n'importe quel autre contexte, il aurait sans doute grommelé et aurait répliqué d'une remarque plus ou moins cinglante ; estimant que si elle croyait que ce genre de faux compliments lui irait ce n'était là que la preuve qu'elle le prenait pour un imbécile fini. Au lieu de ça, la jeune femme posa la tête au creux de son épaule et il ne laissa rien échapper par delà ses lèvres en dehors de son souffle. Il aurait put rester silencieux longtemps si la française n'avait pas reprit, mais là encore, il laissa s'écouler de longues secondes avant de prononcer un simple "merci". Merci de l'avoir écouté et de ne pas trop juger.

La surveillante contre lui, l'ébouriffé reprit sa lecture. Il se sentait tout à coup si bien que cela en semblait presque impossible après tout ce qui s'était passé. Pourtant, la chaleur qui se diffusait lentement d'Oswin à ses os, était presque parvenu à lui faire tout oublier. Tout sauf le livre qu'il continuait à lire malgré ses paupières lourdes. Sa tête s'était déjà reposée contre celle de la jeune femme avant qu'il ne comprenne qu'il était en train de se rendormir. Il ouvrit presque aussitôt la bouche dans l'idée de se maintenir éveillé en commentant... l'aquarelle par exemple, mais la surveillante le prit de vitesse et il s'interrompit pour écouter. Elle voulait lui parler de son frère, c'était important, il fallait écouter, hélas l’état ne s'y prêtait pas. Il lutta tant bien que mal pour garder les yeux ouvert. Il fallait écouter, peut-être même répondre, c'était essentiel. Mais il y avait la chaleur douce, les mèches de la brune sur son cou, le confort du matelas qui le happait depuis longtemps et la forme rassurante du livre. Il fallait écouter les filles lorsqu'elles parlaient ainsi si on voulait éviter les pires atrocités. Mais il y avait le calme, la torpeur et l'impression que rien ne pouvait se passer. Il y avait la tête lourde, les paupières qui se closent et la tranquillité.

Ludovic essaya de se répéter en lui-même les paroles de la surveillante dans un vain espoir de ne pas les oublier. Les mèches brunes, la chaleur, le calme et la sérénité. Ses muscles se relâchèrent, sa tête posée contre celle d'Oswin. Il commença à respirer plus profondément, les paupières fermées et, lentement, l'un de ses bras glissa dans le maigre creux entre lui la jeune femme. Il avait eut beau essayer, il n'avait rien entendu.

FICHE ET CODES PAR BROADSWORD.

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Pour tout ce qui est proche ou présent ; et si nul ne vient nous parler, nous ignorons tout de l'état humain.
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