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 [Flash-back]Chasser le naturel

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Gallions : 3272
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MessageSujet: [Flash-back]Chasser le naturel   Mar 20 Jan - 20:10

Chasser le naturel

Les psychiatres. De tous les métiers du monde, de toutes les sortes possibles de guérisseurs, de toutes les représentations de l'espèce humaine ou même de toutes les aberrations produites par les théoriciens du complot il n'y avait rien, absolument rien, que Ludovic détestait plus que les psychiatre. Et encore, "détester" était trop doux pour traduire sa sainte horreur, son mépris, son agacement, sa presque haine viscérale pour ce genre d'énergumènes. Des bouffons, des langues de serpent, des arracheurs de dents qui, pire que les juristes, prenaient tout ce que vous disiez pour le retourner contre vous, qui vous tapotait la tête, vous donnait une sucette, et vous démolissait tout à coup par une pluie de questions métaphysiques, finissant toujours par des moyens retords à vous persuader que vous aviez un problème alors que vous leur répétiez sans cesse, sur parole de censé, que vous n’étiez pas fou.

Ludovic en avait vu beaucoup, avait visité la tête d'autant et avait vu la large étendue de perversités qui leur embrouillait le cerveau. Il ne les aimait pas, bien qu'étrangement, cela n'ait jamais été réciproque. Tous ceux qu'il avait vu avaient eu l'air fascinés, soumis à un voyeurisme compulsif malsain, de l'entendre parler lorsqu'il était gamin. Dégoutant, écoeurant, psychiatrique. Il n'avait pas mis longtemps à apprendre à faire l'idiot avec eux, bien aidé par la faculté de voir à l'avance où ils voulaient en venir. Car les fourbes avaient prévu des plans d'action avec lui, se récitaient leurs notes des précédentes séances tout en lui parlant, à croire que tout ce qui les intéressait c'était de lui mettre la main dessus pour casser toute la fantaisie et l'étiqueter "normal" ou, en cas d'échec, de l'envoyer à vie dans un asile. Alors Ludovic avait prit patience, avait joué les normaux, avait appris ce qui permettait de vous faire passer pour sain d'esprit ou pour dérangé et avait utilisé tout cela jusqu'à ce que les chacals se lassent et qu'on le confie à une guérisseuse digne de ce nom.

Devant la salle des professeurs, le français retrouvait ses souvenirs de cette époque lointaine où son instinct de survie lui avait apprit tout ce qu'il fallait savoir sur les psychiatres. Se méfier de ce que l'on dit, de chaque mot, de chaque mouvement même, de la vitesse des réponses, de la façon de sourire. Ne jamais croire leur air compatissant et se méfier de leurs notes. Chaque parole gravée sur du papier, chaque erreur pouvant causer votre perte. Il était certain que cela ne l'avait pas aidé à garder les idées claires, mais il se raccrochait toujours à cette ancre tenace ; Je ne suis pas fou.

— Tu n'es pas fou, se chuchota-t-il en ouvrant à peine les lèvres pour que personne n'entende, même avec l'oreille collée contre la porte.

C'était ce qu'il ne fallait surtout pas oublier. S'il gardait bien ça en tête il s'en sortirait. Le reste était facile, même sans legilimencie. Car bien sûr, il n'avait pas l'intention de s'en servir. Il n'était pas fou, on vous l'avait dit. Il respectait son code d'honneur et ce n'était pas un voyeur, lui. De toute façon, avec la pratique, parler avec ces gens là était devenu comme une seconde nature. Il se souvenait très bien des techniques. Laisser croire ce que l'on veut faire croire, être d'accord, avoir l'air un peu perturbé par les réponses, mais pas trop, le minimum de base. S'il se débrouillait bien, cela passerais comme un hibou par la fenêtre. Il frappa à la porte.

— Rester calme, naturel. Facile, chuchota-t-il encore en ouvrant les bras comme un astronome.

Il prit une grande inspiration. Cela ne devait pas durer longtemps d'après McGonagall. Il eut un sourire en s'imaginant ce que cela avait dut être lorsque l'animagus avait fait la connaissance de son premier psychiatre. Sans doute inoubliable. Il se demanda aussi ce que cela donnerait avec les autres. Jon, Aidrian, Emmy, Conrad et cette surveillante là... il ne se souvenait plus de son nom. La pauvre Aidrian, il faudrait qu'il pense à aller la voir après qu'elle ait eut son rendez-vous.

Il attendit qu'on lui dise d'entrer. Tachant de chasser les pensées superflues et prit un air avenant, inoffensif. Ce n'était pas comme s'il avait fait quelque chose de mal ce mois-là. Encore une seconde pour figer son moral au mieux de sa forme oui, il était prêt. Un parfait sorcier lambda. Il ouvrit la porte. Moins d'une heure, tenir juste moins d'une heure et il serait libre.

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MessageSujet: Re: [Flash-back]Chasser le naturel   Mar 20 Jan - 21:16





Chasser le naturel...





"... nous verrons bien ce qu'il en résulte."

La psychiatrique referma son journal d'un ton sec, avant de se saisir de son sac à main et de soigneusement ranger son recueil à l'intérieur. Son regard se fixa sur le porte qui menait à l'extérieur, c'était étrange de se retrouver ici à nouveau après tant d'années. Et même si elle ne comptait pas déménager toutes ses affaires ici, il n'y avait aucuns doutes que ce serait une expériences intéressante.
Voir comment avaient évolué les élèves, les professeurs... En restaient-ils de ceux qui l'avaient instruite il y a bien des années? Elle n'avait pas vérifié...
La seule chose que Savanah savait, c'était le nom de ceux qui devaient lui rendre visite. Tous ne venaient pas, pas aujourd'hui du moins, mais d'autres, comme le Bibliothécaire, il lui tardait de les rencontrer. Discuter, juste un peu, tout naturellement, cela faisait un moment qu'elle n'avait pas vu "son collègue", et il était loin d'être celui qu'elle supportais le moins.

Toujours l'esprit vaguant autre part, la sorcière se mit à parcourir la salle de long en large, tournant autour de la table centrale en laissant sa main caresser le bois glacé dans un bruissement léger.
Elle était déjà venue ici, dans cette salle. Bon, certes, les meubles avaient étés changés -et il lui semblait qu'il manquait un mur vu la place qu'il y avait  présent-, mais elle reconnaissait facilement la pièce ou elle avait longuement discuté avec ses Professeurs, soucieux de son comportement en cours.. C'était idiot, tout allait bien, et à part lui offrir un emploi sur un plateau d'argent, ils ne pouvaient strictement rien faire pour l'aider! Quelle ironie qu’aujourd’hui c'était elle qui demandait à ses clients de lui parler de leur vie!

Quelques rapides coups contre la porte la sortie de ses pensées, mais elle ne leva pas pour autant la tête, restant quelques secondes songeuses avant d'aller ouvrir la porte à son premier arrivant.
Quel était son nom déjà...? Oh, qu'importe, elle verrait bien.
Savanah ne prit pas le temps de rester plantée devant la porte pour observer l'enseignant, se dirigeant directement vers la place qu'elle avait décidé d'occuper pour sortir de son sac un bloc-note ainsi qu'un crayon, nécessaire du bon petit psychiatre. Quelques fois, elle se disait que c'était plus que pathétique, le même rituel, tout le monde le connaissait, et pourtant, il n'y avait rien de plus basique et de plus utile dans son métier.

-Asseyez-vous je vous prie, installez vous.

Pas une fois elle ne leva les yeux sur celui qui venait de s'installer dans sa salle provisoire, griffonnant quelques mots sur son bloc-note avant de s'appuyer sur la table, tournée vers le Français.

-Savanah Lewis... Ludovic Descremps j'imagine? Contente de voir que vous êtes venu, c'est un bon début. J'espère que vos collègues seront aussi ponctuels.

Sans lever la tête, elle posa enfin son regard sur l'homme, l'observant de haut en bas d'un oeil presque accusateur, comme si elle le scrutait, telle une voyeuse.
Seulement, elle se désintéressa assez rapidement de celui qu'elle avait en face d'elle, écrivant à nouveau quelque chose sur ses notes qu'elle posa ensuite sur la table près d'elle, engageant enfin la discussion avec "son patient".

-Je vais être directe:ni vous ni moi n'avons envie d'être ici, "bien, et qu'est-ce que je fais ici?" allez vous me dire. Alors commençons par là, pourquoi pensez-vous être ici? Autre que "la direction m'a clairement fais comprendre que je faisait mieux de venir si je ne voulais pas perdre mon travail" je vous prie.



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MessageSujet: Re: [Flash-back]Chasser le naturel   Mar 20 Jan - 23:44

Chasser le naturel

— Bonjour... ? Hasarda le Ludovic lambda en voyant une femme ouvrir la porte.

Cela c'était nouveau. Pas que ce soit une femme non, il en avait vu une ou deux, la psychanalyse est une maladie vaste et égalitaire. Ce qui était étrange c'était cette femme en elle-même. Son comportement, son style, le ton de sa voix... Elle ne ressemblait en rien à ses consœurs faussement effacées qui vous fixent sans ciller avec un large sourire comme si adopter une attitude de malade mental en porcelaine pouvait vous aider à parler d'avantage. Au contraire, elle semblait plutôt, ordinaire. Enfin, pas ordinaire, mais normale, enfin, pas forcément normale, mais bien habillée, bien maquillée et avec l'air déterminé. Quoique son air, le français n'eut pas le temps de le remarquer. La femme partit si vite s'asseoir qu'il n'eut même pas le temps de voir son visage. Ludovic resta une seconde interdit sur le pas de la porte. Était-ce bien la fameuse psychiatre ? Il avait pu se tromper de pièce. Il jeta un coup d’œil aux environ. Non, c'était bien là. Il reconnaissait la salle des profs. Il examina une nouvelle fois la femme. C'était étrange, très étrange. Elle ressemblait vraiment au commun des mortels, très éloigné des vautours d'un service psychiatriques. C'était bizarre. Au moins n'eut-il pas de mal à passer pour quelqu'un qui n'avait aucune idée de ce qu'il faisait dans le coin.

Le français revint à lui dans un léger sursaut quand la femme lui proposa un siège.

— Oui, bien sûr, laissa-t-il échapper avec un air niais.

Il se dirigea en quelques pas rassemblés, bien loin de ses grandes enjambées habituelles, jusqu'à une chaise et s'installa à la table. La femme ne semblait pas avoir l'intention de s'asseoir à son tour. Ludovic fit en sorte de ne pas se laisser déstabiliser cette fois. Ce n'était qu'une question de temps. Il prit soin de ne pas savoir quoi faire de ses mains. Il hésita un moment entre les laisser sur la table ou les garder sur ses jambes, se gratta une seconde le cuir chevelu et décida finalement de les croiser devant lui comme s'il couvait un œuf entre ses paumes. Son manège terminé, il s'ajusta un peu sur sa chaise, visiblement mal à l'aise alors que son fort intérieur grimaçait de voir le fameux carnet de note. Oui, elle était bien psychiatre, non, il ne fallait pas faire de quartiers. Il lui adressa un regard et un sourire un peu crispé, se voulant amical, mais un peu inquiet. Là encore, il n'eut pas trop de mal à trouver le ton ; il y avait quelque chose de bizarre.

La femme se présenta enfin. Savanah Lewis, un nom aussi facile à retenir qu'à oublier. Elle n'avait pas l'air de lui accorder le moindre intérêt, concentrée corps et âme sur son satané carnet, mais méfiance. Ce n'est pas parce qu'un fennec ne vous voit pas qu'il ne peut pas vous entendre. Le français ne se laissa pas détourner de son rôle de prof gentil, mais un peu simple. Il se contenta d'un "C'est ça" pour confirmer son identité et se gratta une nouvelle fois la tête lorsqu'elle le félicita d'être venu.

— Oh vous savez, ils sont plus ponctuels que moi en général donc vous ne devriez pas avoir de problèmes.

Il sourit encore un peu, toujours légèrement crispé. Il passait en premier en plus, c'était vache. Sans doute un coup de KitCat, enfin, au moins éviterait-il la comparaison avec les autres. S'il était passé après McGonagall par exemple, avoir l'air normal-stressé aurait été beaucoup plus suspect. Il se gratta une fois de plus la tête, c'était involontaire cette fois, mais on ne voyait pas la différence. Il y avait quand même quelque chose de bizarre.

La brune leva enfin les yeux et Ludovic reprit sa position mains croisées, s'avançant un peu vers elle avant de s'immobiliser, attentif. Moment délicat du début de séance à ne surtout pas rater pour faire bonne impression. Il pinça les lèvres, oreilles aux aguets avant d'écarquiller les paupières d'un demi-millimètre, sincèrement surpris. Quelle question étrange. Il leva les yeux vers la psychiatre, le regard toujours aussi pacifique, mais cette fois rempli d'une incompréhension non feinte. Il ne voyait pas quoi répondre, c'était bien la première fois. Du moins, la première fois depuis sa première fois avec ce métier maudit. C'était bizarre.

Pendant une bonne poignée de secondes, Ludovic fut tout simplement incapable de penser et la pièce lui parut étrangement silencieuse. Il garda les yeux fixés sur la femme, incapable de trouver une réponse convenable. Il avait bien sûr pensé dire qu'il était là pour garder son travail, mais elle lui avait coupé l'herbe sous le pied. Désormais, la seule chose qui lui venait à l'esprit était : "Parce que mes jambes passaient dans le coin". Sauf que cela ne collait pas vraiment avec son rôle. Il réfléchit encore. Cela commençait à durer, ce n'était pas bon signe.

— Euh... lâcha-t-il en espérant que cela réveille un peu ses méninges. Je... Je ne sais pas.

Il n'avait pas trouvé mieux. Il chercha encore un peu, la tête désespérément vide. Il jeta un coup d’œil à la psychiatre. Est-ce que la réponse convenait au moins ? Il était prêt à parier que non. Il se gratta un sourcil et eut tout à coup un bref rire pour détendre l'atmosphère et ses nerfs, se redressant pour avoir une position un peu plus confortable.

— Excusez-moi, fit-il. Je ne suis pas très doué. C'est la première fois qu'on me demande d'aller voir un psychiatre j'avoue que je suis un peu perdu.

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MessageSujet: Re: [Flash-back]Chasser le naturel   Mer 21 Jan - 23:58





Chasser le naturel...




Son nouveau patient semblait assez hésitant, comme s'il ne savait pas vraiment ou se mettre, et pourtant, après plusieurs instants ou il resta immobile, droit comme un piquet devant la porte grande ouverte. Un bel imbécile en résumé, mais bon, ce n'était pas le premier. Elle faillit lui demander de refermer la porte après lui, plus par réflex qu'autre chose, mais il le fit de lui-même, lui coupant l'herbe sous le pied. Au moins, se sera déjà ça de fait.
Savanah observa le professeur s'installer dans la salle, choisissant une chaise avant de s'y assoir, presque gêné. Gêné par quoi? Là était la question, par elle ou bien par sa présence ici?
Sourires forcés, position assez réservée, il était mal à l'aise, peut-être un peu, peut-être plus. Mais bon, c'était sûrement sa première visite chez un psychiatre, comme nombre de personnes encore aujourd'hui. Par contre, il ne semblait pas être spécialement de mauvaise humeur, ni  même vexé, au moins, il ne semblait pas penser que son métier n'était fait que pour les "fous", et si c'était le cas, et bien il attendait gentiment que cela passe.
Quelle délicate attention...!

"Ludovic" assura ensuite à la sorcière que habituellement, ses collègues étaient bien plus ponctuels que lui. Sûrement un bon point, mais encore fallait-il que ce soit possible.

-Vous croyez? Vous n'imaginez même pas le nombre de personnes responsables qui feraient n'importe quoi pour échapper à l'une de mes séances. Mais cessons de parler de ceux qui ne viendront probablement même pas, voulez-vous?

Savanah ne mit pas longtemps à remarquer certains petits tics dont était victime son nouveau patient, autrement dit, sa manie de se gratter régulièrement la nuque. après tout, si elle avait fait tant d'années d'études, c'était bien pour remarquer ce genre de petits détails insignifiants, mais qui pourtant en disaient long sur la personne qui les exerçait non? Dans tout les cas, il s'agissait là d'un signe des plus que clair de nervosité, rien de plus normal à vrai dire. Et la théorie de l'Anglaise se confirma lorsqu'il lui avoua ne pas avoir de réelle idée sur sa présence ici, lui confiant ensuite que c'était bel et bien la première fois qu'il allait voir un psychiatre.

L'hésitation et la confusion du Français arrachèrent un discret sourire crispé à la sorcière, l'un de ces sourires qu'elle utilisait régulièrement dans son métier. Rien de très exceptionnel, juste... une réaction habituelle pour ne pas ressembler à un bloc de glace face à ses patients.

-Première fois donc?

Elle fit une légère pause, continuant d'observer le professeur pendant quelques instants avant de reprendre:

-Normal que vous ne savez pas ce que vous faites là, ils vous envoient ici en espérant que cela suffira pour obtenir toutes les informations possibles et imaginables sur vous, c'est totalement idiot. Ce n'est pas de cette façon qu'ils réussiront à réguler leur personnel...

Soupir.
Et oui, c'était le début de journée, la mauvaise humeur était au rendez-vous, et elle plaignait d'ores et déjà le pauvre Descremps qui allait devoir faire face à quelques répliques plus ou moins déplacée de la part d'une psy. Mais avant d'être une psychologue, elle était tout de même un être vivant... Qui, de son côté, pouvait aussi avoir quelques coups de gueule.

-Très bien, alors si c'est la première fois pour vous, je vais vous expliquer rapidement ce que nous allons faire. La plupart des personnes pensent que les psychanalystes ne sont là que pour les "fous", et pourtant, il y a de plus en plus de monde qui vient voir des "psy", mais évidemment, ils n'en parlent pas, de peur de passer pour des "fous furieux". Alors oui, je me suis déjà occupée plus d'une fois de personnes qualifiées de folles, mais je trouve personnellement qu'il n'existe pas ce genre de personnes. Ce qu'il y a de bien dans ce métier, c'est la diversité des personnes, chacune pense différemment, chacune donne envie...

Elle fit une pause, s'humectant légèrement les lèvres en hésitant sur la fin de sa phrase... Quel terme utiliser? De le découvrir? De se mettre à sa place? Non...

-De le comprendre.

Elle redressa le regard vers Ludovic, le fixant à nouveau quelques secondes de son regard éternellement neutre qui semblait scruter au fond de votre âme, puis la sorcière finit sur un ton plus léger:

-Je vais répondre pour vous à ma précédente question, mais se sera la seule et unique fois; si vous êtes présent ici avec moi, ce n'est sûrement pas parce que vous êtes "fou", mais parce que comme tout le monde, vous êtes unique. Et certaines personnes pensent qu'il est utile de coller une étiquette sur le front de chaque personne.

Tiens... elle avait été inspirée...
Bah, de toute façon, il s'agissait de l'habituel petit discours de mise en confiance. Pas qu'elle le récitait chaque fois qu'une nouvelle tête passait sa porte, mais chaque fois, il fallait mettre au clair le statut que les vieilles rumeurs lui avaient collés à la peau.

-Bon, à présent que tout est clair, on va pouvoir commencer vous ne pensez pas?

Savanah toisa l'enseignant du regard, reprenant son habitude de semi-mutisme habituel alors que son regard parcourait de haut en bas Ludovic pendant quelques secondes encore, juste avant qu'elle ne lance sur un ton plus léger:

-Vous êtes enseignant ici non? Dîtes moi, qu'est-ce que vous enseignez?



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MessageSujet: Re: [Flash-back]Chasser le naturel   Jeu 22 Jan - 1:39

Chasser le naturel

Ludovic retint un sourire en se demandant qui dans le château pouvait être assez "responsable" et inconscient pour ne pas venir. Il y avait pensé bien sûr, avait même inventé plusieurs excuses. Il avait, par exemple, offert presque un quart d'heure supplémentaire de cours à sa classe de Gryffondors et Serdaigles avant d'être interrompu par un chat tigré furieux. Manque de chance, il s'était trompé d'horaire, cela n'avait servit à rien. Il avait aussi pensé à se rendre indispensable à un quelconque problème de logistique dans l'école pour être occupé assez longtemps et éviter de passer à la potence, mais il n'aurait sans doute fait que retarder l'échéance et c'était un très mauvais point quand on voulait passer inaperçu. Alors autant serrer les dents et en finir une fois pour toute.

La psychiatre eut un sourire. C'était curieux. Cela le mettait mal à l'aise, mais pas comme d'habitude. Il ne voyait pas du tout ce que ce sourire voulait dire. Etait-il bon ou mauvais ? Est-ce qu'elle le prenait pour un idiot, comme il le voulait, ou bien était-ce sournois parce qu'elle avait tout compris ? Il affirma davantage son air bienveillant, un peu perturbé. C'était peut-être simplement parce qu'elle était trop concentrée sur ses vieilles notes, à essayer de jouer les devins sans feuilles de thé. Elle le regarda de nouveau, il lui adressa un sourire compatissant alors qu'elle critiquait brièvement l'absurdité de cette visite obligatoire. Dire qu'il n'y connaissait rien en psychologie... il était désolé de la ralentir dans son travail et ferait tout pour ne pas trop l'ennuyer avec sa bêtise latente dans son domaine. Pour le reste, il était bien d'accord, mais n'en montra rien.

Il reprit ses appuis sur la table et redevint très attentif quand elle commença à lui expliquer le pourquoi du comment de son métier. Comme si on ne lui avait pas déjà faite cent fois celle-là. Il n'était pas dupe. On vous disait "mais non, ce n'est pas pour les fous" en pensant "je devrais le mettre sous neuroleptiques", autant dire qu'il n'accorda pas le moindre crédit à ce qu'elle lui déclara. Il se força tout de même à la regarder avec un air intéressé et à se détendre un peu, étirant son sourire d'un millimètre chaque fois que lui prenait l'envie de grincer des dents. Elle lui mentait avec une telle certitude que cela en devenait navrant. Comme si elle croyait en ce qu'elle disait, mais, là encore, Ludovic hésita. Il devint soucieux une seconde, lui lançant un regard plus pénétrant. Il n'était pas sûr qu'elle mentait, il avait même faillit rentrer dans son jeu. Pourquoi ? Il chassa ces pensées et se contenta d'un visage gentil lorsqu'elle le regarda de nouveau.

— C'est sûr que cela semble être un métier intéressant, approuva-t-il. Enfin, ce n'est pas trop mon genre... ce doit être épuisant. J'imagine qu'il n'y a pas grand monde qui comprend ce que vous faites.

Comme chercher à tromper de pauvres gens par exemple. Il l'écouta encore débiter des sornettes, son sourire penchant dangereusement vers quelque chose de plus carnassier. Bah tiens, comme s'il allait la croire. Il se ressaisit en hochant la tête.

— Je vous écoute. C'est quand vous voulez.

Il attendit avec cet air qu'on les jeunes chiens qui s'impatientent en silence que vous lanciez la balle. Le silence... C'était encore une fois très silencieux et pourquoi la femme ne s'asseyait pas ? Pas d'importance, il avait hâte de répondre à ses questions dans la joie, la bonne humeur et... la normalité d'un enseignant passionné par ce qu'il fait.

— Je suis prof de sorts, répondit-il. J'enseigne les sortilèges. Toutes classes confondues de la première à la septième année. Wingardium Leviosa, Lumos, Accio... tout le nécessaire de base pour le quotidien. La théorie et la méthode. Enfin surtout la théorie parfois j'ai l'impression. Léger rire rapidement étranglé. Enfin je veux dire que parfois pour que les élèves comprennent il faut souvent se répéter alors j'ai vite l'impression de réciter le manuel, mais je fais de la pratique aussi bien sûr ! Il se gratta encore la tête. Enfin voilà... sortilèges.

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MessageSujet: Re: [Flash-back]Chasser le naturel   Jeu 22 Jan - 23:37





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Plus d'une fois la psychiatre avait eut a faire a des "réfractaires" comme elle disait, elle n'avait pas réussis grand chose avec certains, particulièrement fermés a la discussion, mais pour la plupart, elle avait plutôt bien réussi son travail. Et puis, Ludovic ne semblait pas franchement ne pas vouloir ouvrir la bouche de la séance, alors il lui serait sûrement assez simple de réussir a engager une conversation avec lui. Ce n'était pas le plus compliqué des patients, enfin, elle le croyait.
De plus, elle avait fais quelques recherches quelques jours auparavant sur la plupart de ses nouveaux patients de Poudlard, même pour une séance, il fallait toujours mieux a savoir plus que l'on n'en laissait paraître. Parcours professionnels, concours, échecs importants, elle avait tout passé au peigne fin, et aucuns détails importants ne lui avaient échappés.
Alors, que savait-elle de celui qui s'était confortablement assis a "sa table"? En voilà une bonne question. Il était français, fils du ministre, d'ailleurs, un point qui avait particulièrement intéressé Savanah lors de sa découverte, il était allé a Poudlard a la même époque qu'elle, distribué a Serdaigle. Mais comme le voulait son métier, elle jouerai celle qui en savait le moins pour en apprendre plus.
Un panel riche d'informations en résumé, et sur le moment, la sorcière s'était fait remarquer qu'il serait sans doute un patient intéressant. Seulement de ce qu'elle en voyait pour le moment, il était sûrement des personnes les plus communes qu'il lui était donné de voir. Mais ne disait-on pas que c'est ceux qui en avaient le plus a cacher qui en laissaient paraitre le moins?
Et quoi qu'on en dise, elle finissait toujours par percer les mystères.
Toujours.

-Un métier intéressant... C'est drôle, vous n'êtes pas le premier a me faire cette remarque vous savez?

Son ton paru lourd de sous-entendus, mais nulle lueur dans son regard et aucune expressions ne purent confirmer cette impression, ses yeux fixant un point dans le vide, au niveau du visage de l'enseignant, comme si elle le regardait sans vraiment le voir.
La raison pour laquelle elle ne s'asseyait pas était toute simple, une vieille habitude qu'elle avait pris à force de le répéter. L'une de ses règles de base: ne jamais se mettre au niveau de son interlocuteur tant qu'il n'avait pas manifesté le moindre intérêt a ses yeux. Alors elle ne s'asseyait pas, restant... "Au-dessus", comme supérieure. Une vieille habitude... Clairement déductible si on n'était pas franchement mauvais en psychologie, mais qu'importe. Ce n'était qu'un point parmi tant d'autres.
Machinalement, elle décroisa ses bras, et commença a faire le tour de la grande table, cherchant le nom de ses anciens professeurs, qui l'avaient tant de fois repris pour des raisons bien que peu importantes, mais très diverses. Ici, elle s'était assise pendant que le Professeur de Potions lui confiait ses inquiétudes, assis a quelques chaises d'elle qui n'attendait que la fin de sa petite réunion imposée. La, l'avait grondé le Professeur de Sortilèges sur ses remarques pendant ses cours, avant de l'emmener auprès de sa directrice de maison qui n'avait pas écouté le moins du monde les grognements incompréhensibles de celui que Ludovic appelait " Moralisateur". Que de souvenirs...
Il faudrait qu'elle demande a Dumbledore de la changer de salle le plus tôt possible.

Lorsque son regard se posa a nouveau sur le français, elle remarqua sans peine que l'air d'idiot joyeux de ce dernier c'était encore accentué, jusqu'à arriver a quelque chose... De plutôt étrange.

-Arrêtez d'être a ce point crispé, on dirait que vous avez les zygomatiques de coincé. soupira la psychiatre en haussant légèrement un sourcil, avant de s'appuyer sur l'une des chaises face a Ludovic, continuant de le fixer sans la moindre expression. Est-ce que je vous gêne a ce point?

Savanah se tut a nouveau, écoutant patiemment l'enseignant lui expliquer sa tache dans l'établissement. Professeur de sortilèges donc? Alors le vieux qu'elle avait connu était parti? Tant mieux. Elle ne l'aurait sûrement pas sûrement une heure de plus, même pour la consultation.

-Merci Ludovic, mais sauf respect de votre part, je pense encore connaitre mes sortilèges.

Encore un de ces sourires froid, mêlant dégoût et dédains sans pour autant paraitre si sombre que cela, ça donnait même un peu de lumière a ce visage éternellement sombre.
Un contraste étrange qui, au final, résumait assez bien la personne qui le portait.

-Vous êtes là depuis longtemps? Comment vous êtes arrivé ici? J'ai entendu dire que votre prédécesseur a quitté l'école il y a quelques temps non? Vous le connaissiez?

Quelques questions, pouvant paraître agressives si elle les avait formulées sur un ton différent, mais sa voix n'exprimait que son envie d'en savoir plus sur un fond calme inébranlable, restant tout de même a une distance respectable de la politesse qu'elle s'imposait elle-même.
Car pour l'instant, Ludovic ne restait qu'un patient, loin d'être passionnant, mais elle ne demandait qu'a découvrir s'il était réellement digne d'intérêt.
Elle était bien la pour ça de toute façon.


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MessageSujet: Re: [Flash-back]Chasser le naturel   Ven 23 Jan - 1:35

Chasser le naturel

— Vraiment ? s'étonna le français.

Qui pouvait bien trouver la psychiatrie intéressante en dehors des psychiatres ? Là, pour le coup, on aurait put dire qu'il s'agissait de fous. Ou bien de personnes qui, comme lui, essayaient de cirer les chaussures de leur bourreau. Il faudrait qu'il fasse plus attention, peut-être connaissait-elle la technique. Il fut surprit une seconde fois  par la réaction de la femme sur son air crispé. Sérieusement ? L'un de ses sourcils se souleva tout seul tandis que l'autre se fronçait d'un iota. Il commençait à ne plus savoir sur quel pied danser avec ce curieux personnage. Elle était psychiatre ou non ? Il doutait qu'un seul de ses patients arrive à rester plus d'une séance avec elle si elle leur parler de cette façon, lui même serait bien sortit sur le champ si l'envie de répliquer n'avait pas été la plus forte. Malgré tout, il resta muet. C'était trop curieux pour qu'il réagisse, cette histoire ne tournait pas rond. Sans doute cette façon qu'elle avait de le fixer. Il se racla la gorge, il valait mieux faire comme si de rien n'était.

— Excusez-moi, je n'avais pas fait attention. Il se massa l'oreille, eut un sourire qu'il s'empressa de corriger par une grimace. C'est juste que j'ai un peu de mal avec les situations inhabituelles...

Il s'excusa encore une fois. Bien entendu qu'elle connaissait les sorts, insister faisait partit du jeu, tout comme s'excuser de son comportement idiot. Seulement, le dernier point, il aurait préféré éviter le faire deux fois de suite. Elle finirait par penser qu'il n'avait aucune personnalité, ce qui, pour un psychiatre, est tout aussi mauvais signe que de trop en avoir et ce sourire... il lui glaçait le sang... étrangement. Il baissa les yeux sur la table prenant un air gêné. Il fallait qu'il réfléchisse à un autre plan, mais lequel ? Pour l'instant, toutes ses tentatives pour l'attendrir un peu et sembler inoffensif lui avaient fait l'effet d'être des coups d'épée dans l'eau. Il n'avait pas sentit la moindre impression qui aurait put lui certifier qu'il faisait bonne route ou non, il ne devait pas avoir la bonne méthode. Il prit une discrète inspiration, soyons normal puisque nous sommes normal. Il mit ses mains à plat sur la table et fit comme s'il ne s'agissait que d'un simple examen de fin d'années. Donner des réponses satisfaisantes, rien de plus facile.

— Je travail ici depuis le début de l'année, très exactement. J'ai reçu une lettre du directeur qui m'a proposé un poste pour une durée indéterminée. Je ne pensais pas vraiment enseigner un jour, mais cela me conviens plutôt bien je dois dire. Quand à mon prédécesseur... Je crois qu'il y a eut plusieurs professeurs de sortilèges à Poudlard avant moi ces dernières années... Il n'avait pas vraiment prit la peine de vérifier. Enfin je me souviens de celui que j'avais lorsque j'étais élève ici, je n'en ai pas gardé que des bons souvenirs, mais il n'avait pas l'air d'être trop mauvais.

Il n'avait pas prit la peine de mentir, elle avait beau être une étrange psychiatre, si elle n'était pas incompétente elle avait forcément lu son dossier. Il la regarda dans les yeux, patient, esquissant un sourire avant de se reprendre.

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MessageSujet: Re: [Flash-back]Chasser le naturel   Sam 24 Jan - 0:32





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La psychiatre hocha légèrement la tête, presque imperceptiblement tellement ce fut léger, son regard ne cessant pas la moindre seconde de fixer son patient. Quoi qu'elle fasse, ou qu'elle se déplace dans la pièce, une seule chose restait constante: son regard sur lui. Comme s'il était la seule chose digne d'intérêt dans la pièce, la seule chose sur laquelle son regard perçant et son attention aiguisée pouvait se fixer. Mais que pouvait-elle observer d'autre? Les vitres? Les murs? Les chaise ou la table?
Les souvenirs, ce n'était définitivement pas pour elle, alors autant ne pas chercher a en retrouver a travers ces quelques objets aussi futiles soient-ils, et plutôt se concentrer sur le présent. Car c'était bien la qu'on en apprenait le plus, dans le présent, et dans les personnes.

Ludovic sembla ensuite plus gêné que précédemment, prétextant que c'était a cause de la situation inhabituelle.
Et a vrai dire, c'était plutôt comique de savoir qu'il disait cela, surtout lorsqu'on connaissait un minimum son passé quelque peux ... Houleux. Mais après, elle ne jugeait pas, il pouvait avoir changé, tout pouvait changer, et elle était sûrement l'une des mieux placées pour pouvoir affirmer ce point.
Qui, en la voyant une vingtaine d'années plus tôt, pourrait deviner qu'elle deviendrait une psychopathe gravement atteinte, avec une fâcheuse tendance de tuer a petit feu les clients trop "avantagés"? La gentille Poufsouffle, peut-être un peu distante et froide, mais gentille tout de même, n'hésitant pas a aider ceux qui avaient besoin d'aide, et prête a tout abandonner pour devenir l'image même de la femme parfaite des années 50, celle qui cuisinait pour son maris avec amour, passait sa journée a plier ses chemises et lui préparait chaque soir une arrivée digne des plus grands pachas. Et la voilà aujourd'hui, hautaine, arrogante...
Dangereuse.

-C'est tout naturel, c'est pas tous les jours que l'on doit faire sa visite annuelle chez la psy. Essayez seulement de vous détendre un peu, c'est insupportable de parler a quelqu'un qui est aussi crispé qu'un balais.

Savanah leva les yeux au ciel, retenant un discret soupir avant de reconcentrer toute son attention a nouveau sur son patient qui baissa les yeux. Intimidé ? Apeuré ? Stressé ?
En vingt ans, on pouvait changer, mais devenir a ce point craintif de tout ce qui l'entourait... C'était assez décevant quelque part.

-Je pense que sur ce point là, nous sommes dans le même panier. Je ne me suis pas particulièrement intéressée aux enseignants passés et présents de cette école, mais j'ai un souvenir étonnement net de mon ancien professeur de sort.

Lassant, surtout. Elle en gardait un souvenir... D'agacement, et surtout d'ennui total. Il se répétait souvent, enfin, surtout pour gronder quelques élèves dont la tête ne lui revenaient décidément pas, et puis ses cours étaient d'être très intéressant. Mais heureusement pour lui, la matière même étant passionnante, et Savanah réussissant admirablement bien pour une née moldue, elle n'avait jamais gardé de dent contre lui. Cependant, il ne faisait aucuns doutes que d'autres étaient sûrement bien plus... Rancuniers.

-Donc vous n'êtes là que depuis le début de l'année. Que faisiez-vous avant de venir ici? Si Dumbledore vous a choisis, il y a sûrement une bonne raison a cela. Enfin, je l'espère, il serait idiot d'aller trouver le premier imbécile dans la rue pour instruire les futures générations, personnellement.


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MessageSujet: Re: [Flash-back]Chasser le naturel   Sam 24 Jan - 2:03

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Cela devait bien faire cinq minutes que le rendez-vous avait commencé et la femme ne s'était toujours pas assise. Au contraire, elle allait et venait dans la salle l'air de vouloir partir au plus vite. Ludovic trouvait cela assez malpoli d'une part, car c'était plutôt lui qui aurait dut tourner comme un lion en cage, mais aussi et surtout stressant. Qu'est-ce qui lui prenait de rester debout ? Il n'aimait pas ça, presque autant qu'il n'aimait pas ce curieux silence qu'il avait l'impression d'entendre chaque fois qu'ils se taisaient. Elle commençait à le rendre nerveux, mais pas comme un professeur intimidé, non, il avait plutôt l'image d'un chien qui se met à bondir tous les crocs dehors parce que vous le défiez du regard. Il essaya de rester calme, mais il y avait les regards de la femme également, ils lui semblaient vide et mauvais. Cela commençait à devenir énervant. Quatre de ses doigts pianotèrent chacun une fois sur le plat de la table et il serra les dents une seconde.

— Ce sont en général des personnes inoubliables, répondit-il au sujet des professeurs de sorts.

Le sien lui était plutôt bien resté en mémoire, tant pour leur petite guerre dans sa jeunesse que pour la seule et unique lettre qu'il en avait reçu. Un homme sévère et assez vache, mais plein de surprises. Après tout, il lui avait mit un Optimal à ses buses malgré une farouche haine ouverte. Penser à cet homme détendit un peu le français, lui tirant presque un vrai sourire, mais c'était sans compter sur la psychiatre qui ne tarda pas à refaire parler d'elle. Ludovic reprit son rôle, il aurait aimé pouvoir jeter un coup d'oeil à sa montre pour voir combien de temps il lui restait à la supporter.

— Je faisais des recherches sur l'Ancienne Magie, expliqua-t-il après s'être éclaircit la gorge. Vous savez, celle que vous utilisez enfant quand vous découvrez que vous êtes bel et bien sorcier, une belle sorte de magie qui se perd ces temps-ci. Enfin bref. Ce n'est pas toujours considéré comme sérieux, mais assez pour qu'on vous reconnaisse des talents en sortilèges. Il tourna la tête vers la femme, gardant un ton très amical, plaisantant presque. Et bien sûr, il va de soit que je ne suis pas un imbécile.

Il la dévisagea une seconde des pieds à la tête, aussi détaché que possible, mais lassé de la prendre pour une idiote. De toute évidence elle n'en était pas une et il aurait mieux fait de continuer à jouer les gentil naïfs pour l'ennuyer jusqu'à ce qu'elle le laisse partir en paix, mais elle l'énervait. Toujours debout, toujours le même regard, toujours le même tailleur. Certes, elle n'allait pas se changer devant lui au beau milieu d'un entretien, mais il n'aimait pas du tout la couleur de son tailleur, ni ses yeux, ni son nez, ni sa tête en général. Elle empestait à plein nez la vaniteuse et elle était psychiatre. Il prit une fine inspiration, se massa l'oreille et tâcha d'être prévenant.

— Vous ne voulez pas vous asseoir ?

Il fallait rester concentrer, ne pas oublier qu'il avait une partie de poker à jouer. Il songea à la bibliothèque, elle n'était pas très loin, seulement trois étages au-dessus. Il aurait tôt fait de s'y rendre dès son supplice terminer. Il se concentra sur l'idée, pour chasser sa furieuse envie de mordre. Quel grimoire allait-il pouvoir lire ? Un ou plusieurs ? Il commença à se passer les rayons en revue et sourit légèrement. Peut-être y avait-il l'un de ses livres sur les rayonnages. Il faudrait qu'il aille les récupérer avant que quelqu'un ne fasse le rapprochement entre le nom sur les couvertures et le sien.

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MessageSujet: Re: [Flash-back]Chasser le naturel   Dim 25 Jan - 3:27





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Pourquoi semblait-elle aussi froide?
En voilà une bonne question. Pourquoi Savanah Lewis était a ce point ... "Désagréable" ? Elle était pourtant parfaitement capable de jouer l'hypocrite, souriante, agréable, loin d'être effacée... Alors pourquoi pas cette fois?
Et bien comme dit plus tôt, Ludovic était bien le premier client de la psychologue de la journée, et il se prenait par conséquence toute la mauvaise humeur de la sorcière. Bon, c'était quand même loin d'être l'agressivité absolue, après tout, elle était l'Envie, non pas la Colère, mais c'était tout de même peu agréable d'en subir les conséquences.

Un léger sourire apparut sur son visage lorsque le Français se jeta lui-même des fleurs, affirmant que les Professeur de son rangs étaient généralement "inoubliables", un bien joli compliment pour une personne qui le méritait sûrement. Ce n'était peut-être qu'un détail, mais c'était ce genre de détails sur lesquels elle s'arrêtait, sur lesquels elle devait s'arrêter pour réussir a se faire un portrait assez concret de la personne qu'elle avait en face d'elle.

-Oh, je n'en doute pas une minute.

Son regard parcourut ensuite les chaises de la salle, réfléchissant a la probable place qu'elle prendrai prochainement. L'entre-vue s'annonçait longue, et finalement, il lui semblait que son nouveau patient était bien plus profond que la flaque d'eau dont il avait l'air au premier abord. Peut-être finirait-elle par s'assoir après tout?

Puis, Ludovic répondit ensuite a sa question suivante, en clair, que faisait-il avant Poudlard. Il lui répondit calmement qu'il s'était intéressé a l'Ancienne Magie, un sujet intéressant sur lequel elle avait elle-même fait des études quelques année auparavant. Ah, notez le dernier petit commentaire qui flattait a nouveau sa petite personne, ce qui confirmait sa petite théorie.

-C'est vrai? J'ai connu quelques patients qui faisaient aussi des recherches sur ce sujet. Vous êtes allé dans quelle école pour réussir a entreprendre vos recherches ? Cambridge peut-être ? Il parait qu'il s'agit d'une excellente école pour se lancer dans ce genre de choses.

Il n'avait jamais fais d'études pour en arriver a la, elle le savait. Peut-être avait-il du mal a rester en place? Beaucoup de personnes avaient ce problème, elle même n'appréciait pas vraiment la routine, mais dans son travail, il y avait toujours de nouvelles pépites dans le tas de boue qu'étaient ses patients.

Lorsque le Francais lui demanda si elle ne voulait pas s'assoir, elle haussa un sourcil, amusée par cette proposition. Alors ainsi, cela le mettait mal a l'aise?

-Non merci, j'ai l'habitude. Mais pourquoi ? Un petit problème de fierté peut-être?

Après tout, tous ne supportaient pas de se faire "dominer" par une femme, psychologue de surcroit.


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MessageSujet: Re: [Flash-back]Chasser le naturel   Dim 25 Jan - 4:33

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Pour une fois que Ludovic avait été modeste en s'excluant inconsciemment du lot des "professeurs de sortilèges inoubliables", voilà que cette malheureuse remarque venait de gâcher sa couverture. Encore heureux qu'il n'ait pas été au courant de ce léger détail ou il aurait put crier haut et fort, avec raisons qui plus est, que les psychiatres sont vraiment des malaxeurs de mots sans foi ni âme. Néanmoins, le ton de la femme n'empêcha pas un léger doute de lui traverser l'esprit et il s'empressa à moitié, freiné par l'idée qu'il n'arriverait pas à grand chose et poussé par celle que cela accentuerait son côté maladroit avec la psychologie, d'ajouter :

— Je ne veux pas dire que je le suis. Je parlais de manière générale.

Voilà, c'était dit. Il n'avait sans doute fait que s'enfoncer un peu plus, mais rien n'aurait put le tirer de ce mauvais pas. Au moins avait-il essayé et puis, c'était moitié-moitié. Soit elle le verrait de nouveau comme un inoffensif malhabile, soit elle... et bien se débrouillerait. Une idée désagréable, mais il ne pouvait pas faire autrement. Rester calme, c'était le plus important. Il fut prit d'une soudaine envie de se taper sur l'oreille. Il venait enfin de comprendre ce qu'était cette chose bizarre qu'il avait perçu en entrant. C'était la sensation d'avoir tout à coup perdu l'ouïe ou n'importe quel sens tout aussi important. Il finit par passer le majeur sur le bord de son canal auditif, persuadé d'être sourd. Il claqua des doigts en rabaissant sa main, comme s'il chassait une cochonnerie de son ongle. Le son lui parvint à merveille. Curieux, mais il se rapprochait. Il dut couper court à ses réflexions, la femme lui parlait encore.

— Cambridge ? Oui, j'en ai entendu parler, mais je n'y suis pas allé, j'ai appris sur le terrain.

Sa réponse livrée, il revint à son problème de sens, de sixième sens pour être exact. Il tourna la tête vers la psychiatre et essaya de profiter de quelques secondes de silence pour vérifier. Ce fut peu concluant. Il se concentra un peu plus sur elle, son tailleur, sa grosse tête et ses cheveux raides, et la vérité lui apparut de plein fouet. Sa conscience se heurta à un mur opaque qu'elle ne parvint qu'à contourner. Il avait déjà vu ça. Plus d'une fois.

— De fierté non, répondit-il sur le même ton et avec le même visage qu'il avait eut jusque là en s'adressant à elle. Juste d'éducation. Sans quitter une seconde des yeux la psychiatre, il se releva en souplesse et s'assit au bord de la table, croisant les bras sans les serrer de trop. Cela ne se fait pas de rester sur sa chaise en présence d'une dame levée. Vous ne voulez vraiment pas vous asseoir ?

Toujours aimable, toujours calme, alors que dans son esprit l'information circulait à cent à l'heure.

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MessageSujet: Re: [Flash-back]Chasser le naturel   Dim 25 Jan - 15:16





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La psychiatre acquiesça légèrement de la tête lorsque Ludovic affirma qu'il ne s'incluait pas dans " les professeurs de sorts inoubliable ", de la fausse modestie peut-être ? Ou simplement essayait-il de passer moins égocentrique qu'il ne l'était?

-Je n'en doute pas, mais je pense cependant que vous êtes effectivement quelqu'un " d'inoubliable". Peut-être un petit "lapsus révélateur" vous ne pensez pas?

Et surtout pour elle, tout le monde était inoubliable. Chaque détail, chaque homme, chaque femme... Chaque visage, chaque caractère et chaque histoire était unique, alors elle se souvenait de tous. Peut-être que cela pouvait se montrer être un handicap, peut-être que certains penseraient à une obsession malsaine, ou a un hobbie effrayant, mais ce n'était qu'une habitude parmi tant d'autres.

-Et puis, chacun a bien droit de se faire quelques compliments de temps en temps, sinon qui d'autre le fera?

Qu'il joue la comédie ou non, cette phrase ne pouvait tout simplement pas tomber a l'eau. Tout simplement car si il était sincère, elle contribuerai à renforcer sa confiance en soit, et peut-être pour déboucher sur quelques séances supplémentaires, et s'il ne faisait que jouer l'idiot naïf... Et bien disons simplement qu'il ne pouvait réagir autrement qu'en continuant de sourire. Quelque part, si l'homme qu'il laissait paraître était faux, il s'était coincé tout seul en se limitant a ce rôle là. Que pensait-il derrière ces yeux qui ne faisaient que la fixer aimablement, comme une réponse a son regard éternellement posé sur lui? Question intéressante... A approfondir avec plaisir.

-Vous avez eut de la chance, reprit Savanah suite a ce que le Français lui avoua sur son travail, peu de personnes réussissent a aller sur le terrain sans passer par de longues études. Et encore!

Ludovic développa par la suite l'explication de son malaise face a la psychiatre qui refusait apparemment de s'assoir, prétextant la galanterie. La sorcière le toisa légèrement du regard, ajoutant ce dernier point a la liste du professeur qui commençait a être déjà bien fournie pour lequel elle avait réussi a se brosser un portrait plus ou moins ressemblant. Et même si certains points restaient approximatif, les limites qu'il avait pût lui-même se fixer lui assuraient une avance confortable.

-J'apprécie, finit-elle par répondre après quelques secondes de silence, s'adoucissant légèrement, la galanterie se perd de nos jours.

Savanah resta immobile encore quelques courts instants, avant de sourire légèrement et de finalement tirer une chaise vers elle pour s'y assoir, tournée vers son patient, ses jambes élégamment croisées et ses mains posées sur ses cuisses tenant légèrement sa jupe pour une simple question de savoir-vivre.

-Est-ce mieux à présent?


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MessageSujet: Re: [Flash-back]Chasser le naturel   Lun 26 Jan - 0:59

Chasser le naturel

Ludovic se mordit discrètement la langue pour ne pas risquer de répliquer trop vite et aggraver davantage son cas. Lapsus, n'importe quoi. Ce n'était pas un lapsus, c'était simplement pour poursuivre la conversation. Comme s'il avait besoin de se lancer des fleurs au quotidien pour savoir qu'il était brillant et excentrique. Ce dernier côté, même si tous ne le disaient pas forcément en face, il devait y en avoir plus d'un qui aurait été d'accord. Pour le meilleur et pour le pire, difficile de le manquer. La discrétion n'avait jamais vraiment fait partie de ses qualités. Pourquoi se cacher de toute façon ? Chacun le faisait bien assez comme ça, inutile d'en rajouter. Il le fit pourtant, préférant se taire que trop en dire alors que les critiques assassines fusaient dans son esprit.

— Je ne sais pas, pensez ce que vous voulez.

Comme si elle avait besoin de sa permission de toute façon. Il n'aimait pas cela, cela faisait longtemps qu'un psychiatre ne l'avait pas coincé à ce point là. Sa méthode devait être rouillée et puis, il l'avait élaborée lorsqu'il était encore un enfant, cela devait forcément être très différent pour les adultes. Plus fourbe et retord. Enfant, on vous prenait sans peine pour un idiot, mais adulte, même si vous l’étiez vraiment, beaucoup partaient du principe que vous serez toujours plus éveillé qu'un gosse. Quelle méthode employer alors ? Elle continuait à lui parler de sa profession avant Poudlard.

— Je sais, répondit-il. C'est pour ça que j'ai dut passer plusieurs diplômes en auditeur libre. Par correspondance. En revanche, je n'ai pas fait attention à l'école, c'est un ami qui m'a inscrit. Allez savoir... plaisanta-t-il c'était peut-être Cambridge.

Il commençait sans doute à trop en dire. Il ne manquerait plus qu'elle lui pose des question sur ce fameux ami. Il n'avait aucune intention de lui en parler, pour la simple et bonne raison que ce n'était pas des affaires de psychiatre et qu'il n'allait pas livrer en pâture le nom d'une de ses connaissances à l'un de ces fennecs tout en crocs et sans poils.

Il s'était levé depuis peu, se rasseoir tout de suite aurait semblé ridicule, mais la bienséance voulait aussi qu'on ne toise pas ainsi une femme. Tant pis, il ferait un compromis. Il resta à sa place, au coin de la table.

— C'est mieux si vous trouvez la position plus confortable. Je m'en voudrais si vous ne l'aviez fait que parce que je vous l'ai proposé.

Il la fixait avec de plus en plus d'attention, essayant sans le vouloir réellement de percer les défenses qui rendaient aveugle sa legilimencie. Les occluments. S'il n'en avait pas rencontré une si extraordinaire qu'il lui devait sans doute d'être libre aujourd'hui, il aurait probablement détesté ces personnes et leur esprit plus clos qu'un mur. C'était comme se trouver face à un rocher, son pouvoir déferlait tout autour, léchant les bords en tout sens à la recherche d'une fissure dans ce vide, ce silence. C'était très étrange. Comme si la femme n'avait été qu'un courant d'air à travers lequel il pouvait voir le reste de la pièce, comme si elle n'existait pas et qu'il était le seul être vivant des environs. Pourtant elle était là, sous ses yeux, à le fixer toujours de la même façon. Il n'y avait rien de plus perturbant. Une femme invisible qu'il voyait à merveille, un rocher autour duquel il ne pouvait que tourner. Son esprit lui faisait l'effet de rebondir contre les murs pareil à une bête prise au piège qui perçoit un danger.

— Je repense à ce que vous m'avez dit... Les compliments n'est-ce pas. Vous vous en faites souvent ?

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MessageSujet: Re: [Flash-back]Chasser le naturel   Mer 28 Jan - 0:24





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-C'est bien pour ça que je suis la, répondit Savanah en s'appuyant élégamment sur sa main relevée, toujours assise sur sa chaise, pour penser quelque chose de vous.

Après, chacun sa méthode. Elle par exemple entrainait son sujet sur des discussions légères, simples, ce qu'il voulait lorsqu'il avait une idée précise, et jugeait ses patients sur leurs réactions, leurs erreurs, le caractère qu'ils laissaient paraitre.
Alors quoi de mieux qu'un merveilleux lapsus? Une perche bien tendue, tombée par hasard serait plus juste, et quelques fois, personne ne se rendait compte que l'on en avait tendue une a la psychiatre. Et puisqu'il semblait au professeur d'avoir laissé échapper quelques mots qui voulaient sûrement plus en dire que ce qu'il laissait paraitre, il était hors de question qu'elle les ignore.
Ludovic détailla ensuite de quelle façon il avait réussit ses études, passé ses examens, le tout en continuant de travailler sur le terrain. Il laissa même comprendre qu'il avait peut-être étudié à Cambridge, accompagnant cette révélation d'un rire jaune.

-Et bien vous devez être brillant pour avoir réussit cet exploit, correspondance et sur le terrain...

La sorcière acquiesça légèrement, se plongeant a nouveau dans ses pensées en songeant au nombre de patients qui rêvaient de pouvoir s'accorder ces plaisir, pas forcément dans la même direction professionnelle, mais l'idée restait la même.
Peut-être était-ce son père qui l'avait favorisé dans ses "études" ? Il lui aurait donc permis de rejoindre les rangs de Poudlard avant de l'y enlever? Proche de son père? En tout cas assez pour bénéficier du soutien de ce dernier. Une piste interessante, a approfondir.
Tant qu'à faire, peut-être pouvait-elle trouver quelques informations intéressantes sur le ministère de France? Évidemment, ce ne serait pas simple mais qui sait?
Elle avait toujours rêvé d'aller en France.

Ludovic s'inquiéta alors pour la jeune femme, ou plus précisément, sur sa position assise sue la chaise. Détail étrange, mais après tout, peut-être se sentait-il démunis qu'elle lui ait "obéis" aussi rapidement?

-Je vous assure que je suis parfaitement assise, ce n'est pas parce que je suis rapide que je fais mal les choses. le rassura Savanah sur un ton des plus calmes.

Le Français se tut alors un long moment, fixant la sorcière comme s'il essayait de voir a travers, de voir le dos de cette chaise sur laquelle elle était appuyée, et elle fit de même, ne détournant pas le regard, l'observant sans réellement le voir.
Il fronçait les sourcils, légèrement, a quoi pensait-il avec cet air un peu boudeur, les bras croisés et le visage fermé ?
Il sortit alors de son mutisme, lui demandant si elle faisait souvent des compliments a ses clients. Ainsi donc, ses remarques n'étaient pas passées a la trappe? Encore un détail intéressant, a retenir.
La psychiatre attendit quelques secondes, réfléchissant a la question avant de répondre calmement:

-Mes clients sont souvent en manque de confiance en soit, alors oui, c'est devenue une... Une habitude, mais jamais je n'irais dire a un brun qui se croit blond que ses cheveux sont d'un blond magnifique! Si je les complimente, c'est pour qu'ils aient conscience de leurs qualités et de leurs forces, pas pour qu'un jour quelqu'un leur fasse comprendre qu'ils sont bruns et le resteront.

Elle fit une légère pause, appuyant ses paroles par la même occasion, avant de finir:

-Mon boulot n'est pas de briser mes clients.

Ce qui ne voulait évidemment pas dire qu'elle ne le faisait jamais.


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MessageSujet: Re: [Flash-back]Chasser le naturel   Mer 28 Jan - 2:16

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Penser quelque chose de lui, il n'en doutait pas. Tout le monde faisait toujours cela, mais les psychiatres étaient bien pires que les autres. Parce qu'ils avaient raison ? Qu'elle bonne blague ! Parce qu'ils pensaient avoir raison rien de plus et s'appuyaient sur leurs études pour justifier leurs élucubrations là où les autres, lorsqu'ils étaient à peu près supportables et bien élevés, les gardaient pour eux. Des gosses avec un matériel de petit chimiste, voilà ce qu'étaient les psychiatre. Rien de plus.

Il esquissa un sourire au compliment, il ne pouvait pas faire autrement. Sûr qu'il était brillant, mais ce n'était pas pour cela qu'il souriait. C'était pour la façon grossière qu'elle avait de le pousser à avouer qu'il était imbus de lui-même. Chose totalement fausse soit dit en passant. Qu'espérait-elle prouver ? Il aurait put expliquer en détails comment il avait bénéficié de l'aide de précieux amis pour mener les deux de front, mais toujours le même problèmes. Ne pas livrer de noms en pâture au fauve.

La femme assura ensuite être bien assise. Ludovic haussa les épaules et se redressa, décroisant les bras. Il tourna le dos, jeta un coup d'oeil vers la porte sans y accorder grande importance. Ce qui comptait c'était de montrer une légère indifférence. Légère car il jouait un rôle n'oublions pas. Il contourna sa chaise et s'assit de nouveau, se penchant sur la table en croisant les mais devant lui. Fixant la psychiatre avec un aimable sourire. Ils se trouvaient d'égal à égal maintenant ? Pas tout à fait. La tête de l'homme était plus basse, il regardait le sujet de sa fine curiosité par en-dessous. Son sourire s'élargit un peu.

— Je pense que vous n'avez pas compris ma question, reprit-il. Je ne vous demandais pas si vous faisiez des compliments aux autres, mais si vous il insista là dessus vous en faisiez à vous-même. Il décroisa les mains, en levant une avant de poser le bout de ses doigts sur la table comme pour y fixer quelque chose. Soyons d'accord, je ne m'y connais pas, mais je pense, il leva la tête vers la femme, modestement, que si vous avez vu dans ma phrase un lapsus, c'est que vous-même devez souvent pratiquer l'auto-congratulation. Ses doigts glissèrent sur la table et il appuya le menton dans sa paume. Dites-moi si je me trompe. Oh, mais attendez. il la pointa de l'index l'air ravi. J'y suis. Vous vouliez juste éviter de répondre à ma question. Il s'appuya de nouveau sur sa main. C'est ça ? Pourquoi ?

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MessageSujet: Re: [Flash-back]Chasser le naturel   Mer 28 Jan - 11:34





Chasser le naturel...




Ludovic ne répondit rien aux premiers commentaires de la psychiatre, se contentant de sourire et d'être prit pour un soudain intérêt pour la salle alors que la seconde d'avant, il l'observait tellement intensément qu'on aurait presque pût croire que ses yeux allaient lui sortir de la tête. Ce fut a ce moment là qu'il se tourna, juste un instant, avant de se choisir une chaise et d'enfin s'assoir a son tour.
Une position aussi bonne que mauvaise, ils étaient maintenant plus ou moins a égalité, du moins, semblaient-ils le considérer, mais l'homme gardait sa tête légèrement plus basse que celle de sa tortionnaire. Volontairement? Vu sa posture, ça l'était, mais la raison, elle, était encore inconnue a Savanah.

C'est alors que le Français commença a corriger ses propos, expliquant plus que clairement le sens de sa question, un long discours accompagné de gestes qui ne faisaient qu'illustrer son état d'esprit en ce moment, et ça... Ça promettait d'être intéressant!
La sorcière fronça les sourcils, un grand sourire presque effrayant étirant ses lèvres alors qu'elle se remettait une mèche de cheveux derrière l'oreille, attendant patiemment que son patient termine sa déduction.
Vint alors son tour, et elle se pencha vers l'autre avant de lâcher:

-Vous avez faux. Sur toute la ligne.

Savanah se redressa, a nouveau droite, et ses yeux maintenant légèrement plissés par l'intérêt fixaient Ludovic comme s'ils désiraient, eux aussi, voir a travers.

-J'ai des qualités, je les connais et reconnais, mon "auto-congratulation" s'arrête à là. Et pourquoi ne voudrais-je pas répondre a votre question? Aurais-je peur ... De vous a tout hasard? sa dernière question se fit plus dure, mais elle sonnait comme si elle le provoquait pour qu'il continue.

Et c'était sûrement ce qu'elle faisait, quand bien même qu'à ce moment la, il s'agissait tout simplement d'un jeu ou elle prenait du plaisir, il ne faisait aucuns doutes que toutes les informations qu'elle recueillerait reviendraient plus tard "a classer" dans son esprit.


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MessageSujet: Re: [Flash-back]Chasser le naturel   Mer 28 Jan - 23:02

Chasser le naturel

La femme eut un sourire des plus désagréables auquel Ludovic ne fit pas attention, trop occupé à garder sans ciller les yeux fixés sur ceux de la psychiatre. Il ne voyait toujours que du vide... enfin, ne voyait rien... enfin ce n'était pas une question de vue, mais de perception, vous l'aviez compris, mais ne rien voir ne l'empêchait pas pour autant de continuer à regarder, loin de là. Qu'elle curieuse petite boite close que cette chose. Il pencha la tête, fixant son interlocutrice sans prendre soin d'avoir l'air normal. Après tout, il la regardait juste, l'air aussi fasciné qu'un papillon face à une lanterne. Il s'était toujours demandé comment les occluments faisaient pour garder ainsi toutes leurs pensées dans leurs tête. Cela devait être encombrant, bouillonnant, ennuyeux. Dans ces ridicules petits crânes obtus, les idées devaient pourrir d'être mal aérées. Il devait y avoir une affreuse odeur et de la moisissure partout dans ce bouillon de réflexions qui tournent en rond alors que son sixième sens caracolait dans la pièce vide de concurrence.

La psychiatre nia en bloc. Il avait tord selon elle. Peut-être, il n'avait pas moyen de vérifier. Pas le moindre pressentiment pour savoir où aller. Le professeur fit une moue exagérée, pencha la tête de l'autre côté et fixa un point au plafond, se grattant derrière une oreille. Il n'avait pas perdu son sourire pour autant, il revint d'ailleurs bien vite, même si plus discret. Quelle était cette réflexion d'un de ses psychiatre déjà ? Bah, aucune importance.

— Hum hum... fit-il. Trompé ? Dommage. Je ne dois pas être fait pour être psy alors. Il laissa passer un temps avant de tourner la tête tout à coup, comme s'il venait de se réveiller en sursaut. C'est bien en tout cas, poursuivit le brun en regardant de nouveau la psychiatre, comme un être humain civilisé cette fois. De reconnaitre ses qualités je veux dire. Tout le monde n'en est pas capable.

Il détailla ce qu'il voyait de la femme de là où il était. Sa tenue et sa façon de se tenir. Elle était très droite et carrée, un peu comme McGonagall, mais avec un air bien plus... supérieur, suffisant, qui lui rappelait quelque chose. Coiffure soignée, rouge à lèvre appliqué au millimètre près... elle devait passer des heures devant son miroir chaque matin pour se rendre présentable. A côté, l'homme aux cheveux en bataille à moitié vautré sur la table, miraculeusement rasé pour une fois, semblait sortir tout droit d'un cyclone. Même son costume devait paraitre mal adapté en comparaison de la grande qualité qui couvrait le dos de son interlocutrice.

Il ricana une seconde quand la femme eut fini et se laissa aller contre le dossier de sa chaise.

— Peur ? De moi ? Nan. Drôle d'idée.
Cela devenait ridicule. Il haussa un sourcil, ne sachant pas trop s'il devait vraiment en rire ou être surpris. Pourquoi ? Vous avez peur de moi ?

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MessageSujet: Re: [Flash-back]Chasser le naturel   Ven 30 Jan - 13:26





Chasser le naturel...




ALors que Ludovic avait commencé à fixer étrangement la psychiatre, semblant totalement passionné par quelque chose en elle, voir toute son être, c'était assez difficile à comprendre à vrai dire, mais il restait que c'était bel et bien un regard très intéressé. Par quoi? La était la question?
Cependant, ce ne fut pas cela qui déconcentra Savanah qui continuait à se montrer aussi impassible que précédemment, attendant ainsi patiemment la réaction de son patient qui commençait à tarder.
Elle vint finalement, cette dite réponse, et il semblait toujours aussi "excité" par son propre emportement, même si dans le sens de ses paroles il s'avouait être probablement incapable de devenir "psy". C'est marrant... Pourquoi faudrait-il de longues années d'études si c'était à la portée de tout le monde?
Un sourire suffisant naquit à ce moment sur les lèvres de la sorcière qui ne fit cependant aucuns commentaire à nouveau, écoutant la fin de son petit monologue avant de répondre quoi que ce soit. C'est vrai que peu de gens réussissaient à prendre conscience de leurs qualités, c'était quelque chose de complexe, mais c'était grâce à cette complexité qu'elle pouvait se payer ses vêtements sur mesure et son maquillage hors-de-prix.
On est chic ou on ne l'est pas.

-Et c'est là que j'interviens. C'est mon travail, je le connais, et bien plus que des "fous", je vois surtout passer de simples personnes comme vous et moi en manque de confiance en soit.

Elle s'appuya ensuite légèrement sur l'accoudoir de son siège, dans une pose toujours aussi élégante, et dit calmement:

-Et vous? Vous savez reconnaître vos "qualités" ? Réalistement évidemment, que je sâche un peu plus à quel homme j'ai affaire.

Son ton était soudain devenu plus calme, et pourtant, cela c'était fait très naturellement, et ne troublait ni l'oreille ni la sitation. Elle parlait comme si elle demandait l'heure, sur le ton de discussion, ou quel était son livre préféré avant de se lancer sur un débat des plus intéressants sur "Pourquoi ce livre?", comme elle savait si bien le faire.

Savanah esquissa un nouveau sourire lorsque son patient s'amusa de la possibilité que l'on le craigne, c'est vrai que dans son style, il ne semblait ni dangereux ni impressionnant. Mais comme on disait, on a tous un côté sombre en nous, n'est-ce pas?
Puis il lui demanda de but en blanc si elle avait peur de lui, ce qui ne fit ni chaud ni froid à la psychiatre qui se contenta de répondre:

-Pourquoi aurais-je peur de vous? Si ça peut vous rassurer, ce n'est pas le cas, mais j'espère que de votre côté c'est plus ou moins la même chose, je m'en voudrait de vous effrayer. s'amusa la sorcière en haussant légèrement les sourcils.


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MessageSujet: Re: [Flash-back]Chasser le naturel   Sam 31 Jan - 3:17

Chasser le naturel

Ludovic fixait toujours la femme, la tête appuyée sur sa paume. Il l'écouta d'une oreille distraite expliquer le pourquoi du comment de son métier. Ennuyeux, ennuyeux, les psychiatre ne l'avaient jamais intéressé. Heureusement que cette femme était occlument où il se serait mis à bailler aux corneilles. Il se retint de se moquer de cette histoire de confiance en soi. Lui n'en manquait pas, enfin, pas à ce moment là, mais elle si ? Pourquoi en parler autrement ? Il détailla encore sa tenue, le summum de ce que les non sorciers considéraient comme chic et auquel il ne faisait d'ordinaire pas attention. Est-ce qu'elle s'en servait pour cacher un manque de confiance en soi ou ne disait-elle cela que pour essayer de s'attirer sa sympathie.

— Moi ? Oh, non je n'ai que des défauts, répondit-il sur un ton qui ne laissait pas savoir s'il se moquait d'elle ou s'il était sincère.

Il ne s'en était même pas rendu compte et cela ne le perturba pas plus que cela jusqu'à ce qu'il y repense. C'est vrai au fait, qu'elles étaient ses qualités ? Il chercha une minute ou deux avant de laisser tomber, préférant le divertissement qu'il avait sous les yeux. C'était drôle, il la trouvait drôle, c'était peut-être nerveux ou bien à cause de toutes les comparaisons colorées qu'il trouvait pour la décrire. Ce qu'il pouvait ne pas aimer ces gens là... s'il avait sut qu'il aurait à la revoir plus tard, il aurait sans doute moins fait le fier, mais pour l'instant, il se contenta d'étouffer un gloussement.

— Je ne sais pas, c'est vous qui me demandez, répondit-il alors qu'elle lui demandais pourquoi elle aurait dut avoir peur de lui. Je ne suis pas dans votre tête, et pour une fois que c'était vrai il n'allait pas se priver.

C'était peut-être à cause de cela l'euphorie. De se sentir tout à coup délesté des pensées parasites qui filtraient toujours un peu de ces petites caboches creuses lui faisait l'effet d'une bouffée d'oxygène au sommet de l’Everest. Il ferma à demi les paupières et savoura le silence, les yeux rivés sur ceux de la femme. C'était si agréable une fois le premier choc passé, de ne rien entendre d'autre que soi-même. Il trouvait juste dommage de devoir ce petit moment de répit à une détestable psychiatre. Il aurait préféré rester ainsi, sans rien dire, mais cela ne se fait pas vraiment dans ce genre d'entretiens et puis, il fallait bien se calmer un peu, être hilare ne fait pas très sérieux.

— Vous exercez depuis longtemps ? demanda-t-il sans tenir compte d'une éventuelle question qu'elle aurait put lui poser.

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MessageSujet: Re: [Flash-back]Chasser le naturel   Sam 31 Jan - 23:05





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La psychiatre ne réagit pas lorsque Ludovic lui assura qu'il n'avait que des défauts, comme s'il s'agissait là d'une évidence. Chacun sa vision des choses, même si toute vision n'était pas juste, chacune avait du vrai. Peu de qualités alors, même s'il était certain  qu'il devait bien en avoir quelques unes, voir énormément mais après cela dépendait du caractère du patient et pour le moment le français ne semblait pas être du genre à se dévaloriser particulièrement.
Vous ne comprenez pas ce qu'elle dit?
Normal, essayez simplement de vous imaginer toutes les possibilités qu'un si petit détail pouvait changer dans la forme générale. C'était comme un arbre à six branche, et si sur chaque branche il y avait six autres branches, sur lesquelles il y avait là encore six branches, puis six branches, et on continue de cette façon selon chaque détail qui pouvait changer. Il y avait d'indénombrables possibilités, alors décrire cela en un petit paragraphe... Un peu compliqué.
Mais Savanah, elle, se créait mentalement cet arbre presque automatiquement.

-C'est vrai, reprit-elle lorsque l'homme affirma qu'il n'était pas dans sa tête, mais peut-être aviez-vous des espérances à ce propos?

Le français sembla alors preaque soulagé, avec un sourire idiot aux lèvres, comme s'il se sentait particulièrement bien ou qu'il s'amusait plus que normalement de la situation le permettrait.
Qu'est-ce qu'il avait cette fois? Il se fichait de sa tête? Remarquez, c'était possible, il n'aurait pas été le premier dans tous les cas.
Il lui posa alors une question des plus communes, assez banale même, et qui déteignait assez face à son caractère les précédentes minutes, mais ce ne serait pas pour ça que Savanah ne répondrait pas.

-Oui, depuis près de dix ans. Pourquoi cette question?

Elle fronça légèrement les sourcils, encore intriguée par cette lueur de... d'amusement qui persistait dans le regard de l'autre, et puis finalement, elle pencha légèrement la tète en plissant les yeux, intéressée, puis demanda simplement:

-Il y a quelque chose de drôle?



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MessageSujet: Re: [Flash-back]Chasser le naturel   Dim 1 Fév - 22:16

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Ludovic haussa un sourcil. Qu'entendait-elle par des espérance ? Est-ce qu'elle sous-entendait qu'il aurait voulu lui faire peur ? Pourquoi ? Il n'aurait eut aucun intérêt là-dedans. La prendre de haut et la haïr lui suffisaient bien. Essayer de faire peur c'était bien trop fatiguant et cela n'attirait que des ennuis... enfin, un peu plus que d'habitude, enfin... il n'avait pas eut le loisir de comparer. "C'est un concours de qui fait peur à qui ou une scéance de psy ?" se retint-il de répliquer. Bah. Il n'était pas là pour juger, seulement pour attendre que le "un petit peu moins d'une heure" passe. Il devait être bien avancé d'ailleurs. A force de parler de tout et, visiblement, surtout de n'importe quoi. Il trouvait toujours cela très étrange comme façon de procéder, mais avait fini par se persuader qu'elle devait être incompétente, peut-être même pas sorcière... à si, sorcière c'était obligé, elle était occlumens. D'ailleurs c'était curieux. Pourquoi être psychiatre et pas guérisseuse ? Il avait déjà rencontré des psychiatres, bien entendu, il y a eut un long débat là-dessus, mais deux d'entre avaient été des moldus mariés à des sorciers tandis que les autres étaient plus des caricatures de sorciers qu'il n'avait eut aucun mal à prendre pour des cracmols. Elle semblait plus habile que ses confrères, plus assurée également, alors pourquoi choisir cette voie plutôt qu'une autre ?

— Pour rien, pour discuter, fit-il avec un léger haussement d'épaule comme si cela coulait de source.

Il souriait encore, et pas qu'un peu. Ses zygomatiques allaient finir par lui faire mal à cause du manque d'exercice ces derniers jours, mais il n'arrivait pas à prendre l'air neutre, morose ou inquiet, ni aucun autre d'ailleurs. Juste béa. Ce n'était pas très valorisant, mais c'était très agréable. Il ne perdit son sourire qu'une poignée de secondes en voyant la femme pencher la tête avant de lui demander ce qu'il y avait de drôle. Il se racla la gorge pour essayer de reprendre un peu son sérieux, mais cela n'avait pas l'air d'être le moment.

— Non, rien, répondit-il innocemment. C'est juste... nerveux.

Son rictus augmenta encore alors qu'il se retenait d'avoir un fou-rire. Il se racla encore la gorge, bien plus qu'il n'en avait besoin, mais cela occuperait quelques minutes supplémentaires. Il fixa la table jusqu'à être sûr d'avoir retrouvé son sérieux puis leva les yeux vers la psychiatre.

— Excusez-moi, je vous écoute.

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MessageSujet: Re: [Flash-back]Chasser le naturel   Jeu 5 Fév - 22:02





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La nouvelle excuse de l'enseignant ne fit aucun effet à Savanah qui nota ce nouveau point dans un coin de sa tête. Encore une fois oui, mais il y avait tellement de choses à dire sur une seule personne, comment ne pas tout retranscrire?
Excuse sur excuse, c'était une façon de faire, pas moyen de critiquer de quelque façon, ou d'encourager ce comportement, chacun avait son caractère et ce Ludovic ne semblait pas particulièrement à chercher le conflit à tout bout de champ, ce qui était plutôt agréable. C'est sûr que contrairement à elle hors de ses réunions, il semblait de nature calme, alors peut-être était-ce comme elle, rien qu'un aspect qu'il prenait pour mieux s'adapter, mais les faits restaient là. Il était calme.

-Et bien jolie tentative, mais j'ai peur que côté travail, j'ai quelques restrictions du doux nom de "Secret Professionnel", alors je doute que j'aurais grand chose à dire. dit simplement la psychiatre en souriant légèrement.

Face au large sourire de l'enseignant, son discret rictus faisait pâle figure, mais elle, elle n'était pas en train de prendre son pied à quelques obscures raisons.
Le Français se défendit ensuite, affirmant qu'il n'y avait aucuns problèmes et que la raison de son énorme sourire était seulement nerveuse, avant quoi il faillit exploser tellement il était visible qu'un rire montait lentement dans sa gorge.

-Nerveux donc hein? demanda-t-elle alors que l'autre semblait tenter de retrouver un calme potable. Je vois ça...

Savanah releva la tête, observant patiemment Ludovic qui réussit finalement à retrouver une attitude décente, et dés qu'il lui donna le feu vert, elle reprit tout aussi sérieuse que d'habitude:

-Et que me vaut toute cette... nervosité?



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MessageSujet: Re: [Flash-back]Chasser le naturel   Sam 7 Fév - 2:54

Chasser le naturel

La psychiatre n'avait pas l'air de vouloir parler d'elle. Ludovic reconnaissait bien les bons vieux rats de son domaine. Poussez les un peu, chatouillez leur les oreilles et ils courraient se cacher derrière leur secret professionnel. Néanmoins, il y avait quelque chose qui aurait put titiller le professeur de sortilèges, mais à laquelle il ne prêta hélas pas beaucoup d'attention. Pour qu'elle raison son interlocutrice avait si tôt placée entre elle et lui cette barrière de mutisme faussement justifiée ? Il avait mis cela sur le compte de sa maladroite tentative pour changer de sujet qui lui avait mis la puce à l'oreille. Ce n'était déjà pas un exercice facile avec Jon, mais avec une personne formée pour l'insistance, autant parler de chocogrenouilles à des tasse à thé.

Ce qui fit vraiment perdre son sourire au français fut la façon que la femme eut de reprendre son mot. Nervosité. Il était à peu près certain qu'ils n'avaient pas la même définition du mot, ou, au contraire, qu'elle voyait trop bien ce qu'il avait voulu dire. Il la fixa, tout à fait impassible, cherchant à lire sur le visage de la brune ce qu'il ne pouvait pas voir dans son esprit. Hélas, il était beaucoup moins habile à ce jeu là, ce n'était pas comme s'il avait eut besoin de travailler son côté observateur auparavant.

— Je ne sais pas, finit-il par répondre aussi aimable que possible. Qu'en pense votre psychologie ?

Cela faisait deux fois en moins de vingt minutes qu'il disait ignorer quelque chose, heureusement que la deuxième n'était pas tout à fait exacte ou il aurait trouvé qu'il manquait d'exercice. Il y avait pourtant de quoi calmer assez son orgueil pour qu'il soit encore un peu plus méfiant.

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MessageSujet: Re: [Flash-back]Chasser le naturel   Lun 9 Fév - 17:48





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Le sourire du Français s'évanouit presque aussitôt que Savanah reprit ses propres mots pour les tourner contre lui. Avait-elle touché un point sensible? Un sujet qu'il ne voulait pas aborder sans doute? Elle tenait le bon filon, il ne restait plus qu'à tirer lentement et précautionneusement, juste assez pour ramener le bout a elle, mais pas trop fort pour ne pas rompre la corde.
C'était délicat, mais quelques fois il fallait tirer un bon coup pour réussir a obtenir quelque chose.

Ludovic ne répondit pas, feignant a nouveau l'ignorance, demandant "simplement" a la psychologue son avis personnel sur la chose. C'était une bonne technique, un peu idiot de la réutiliser une seconde fois avec la même personne, mais la sorcière se devait d'avouer que malgré la situation, son patient réussissait plutôt bien a garder la tête hors de l'eau.

-L'hypothèse la plus simple serait que j'ai dit quelque chose qui vous rappelle a d'autres souvenirs, mais ça m'étonnerait que cela puisse avoir un quelconque rapport avec la "nervosité " dont vous faites preuve. Alors soit cet endroit vous met mal a l'aise, soit c'est moi même qui vous gêne.

Savanah fit une courte pause, redressant la tête alors qu'intérieurement, elle souriait largement.

-Un problème avec les psychiatres peut-être?

Ou bien avec les Occulumens?
Oh évidemment, elle n'avait pas négligé cette possibilité, cela restait très probable quand on y repensait un peu, mais tout ceux qui étaient mal a l'aise n'etaient sûrement pas Legilimens. Elle avait déjà travaillé avec certains, tous très intéressants, la plupart étaient même encore en vie, et tous avaient eut cette sorte de... Maladresse la première fois, cela s'exprimait différemment a chaque fois, bien-être, terreur, colère, apaisement, mais il y avait toujours ce petit quelque chose qu'elle avait appris a reconnaître, ainsi que cet horrible pincement au coeur qui la ramenait souvent au premier cas de Legilimencie qu'elle avait connu.

-Pourquoi fuyez vous mes questions? finit-elle par demander le plus neutrement possible.


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MessageSujet: Re: [Flash-back]Chasser le naturel   Mar 10 Fév - 15:50

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Ludovic fronça un sourcil et se demanda quel genre de souvenirs les mots de la femme aurait pu réveiller chez lui. Franchement, aucun. C'était toujours un peu la même chose avec ces gens là, à croire que tous vos problèmes ne se résumaient qu'à des jours d'enfance mal digérés et des histoires de sexe refoulées. Certes, il y en avait sans doute une bonne partie, mais l'être humain était tout de même assez évolué pour dépasser ça non ? En tous cas, lui avait eut une enfance heureuse, très heureuse, et il n'aurait pas toléré qu'on lui dise que si cet après-midi avec sa mère était un si bon souvenir pour lui c'était parce qu'il avait un syndrome de tragédie grecque. Déprimant.

Tout cela était peu convainquant pour le professeur qui se frotta la tempe en essayant de chasser de ses souvenirs une bibliothèque un peu trop encombrante. Il sentit un frisson lui parcourir la nuque et fut assez content que la femme enchaîne, lui donnant une occasion inespérée de penser à autre chose. Il haussa les sourcils, prenant soin d'avoir l'air surpris par l'idée.

— Pourquoi j'aurais un problème avec vous ou les psychiatres ? Vous ne faites que votre travail.

La deuxième partie de la phrase lui fit l'effet d'avoir avalé un plein boisseau de lames de rasoir qu'il aurait tant bien que mal essayé de recracher. Il fit défiler une flopée d'insultes en son fort intérieur pour conserver un visage attentif et dégagé. Il fronça un sourcil et leva l'autre dans cet air interloqué qui lui allait si bien. Pas très difficile de flairer son manque de bonne volonté, mais il n'allait pas se mettre à répondre juste pour lui faire plaisir.

— Je ne fuis pas vos questions, répliqua-t-il sur un ton égal. J'attends juste que vous en posiez d'un peu plus... il s'interrompit une seconde. Attendre quoi que ce soit d'un psychiatre c'était dérisoire. Disons que je ne vois pas où vous voulez en venir, enchaîna-t-il. Il me semble que ce rendez-vous était pour faire un bilan général, je m'attendais plus à des questions du genre "Appréciez-vous travailler avec des enfants ?" ou "Êtes-vous un psychopathe ?" Je ne pense pas que le reste les intéresse vraiment ; le directeur et sa charmante sous-directrice, j'entends, précisa-t-il avec une pointe de sarcasme. Et vu que vous n'aviez pas l'air de vouloir trainer ici plus que nécessaire, je me demande pourquoi vous semblez commencer à vous écarter du sujet.

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