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 En persévérant, on arrive à tout... ou presque

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Gallions : 3239
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MessageSujet: En persévérant, on arrive à tout... ou presque   Jeu 16 Oct - 14:19




En persévérant, on arrive à tout

Ludovic se trouvait face à l'infirmerie. Hésitant.

Prêt de deux semaines s'étaient écoulées depuis ce fameux jour où un tableau était apparu dans sa chambre, cachant un passage secret qui l'avait conduit directement au cinquième étage, vers une situation à laquelle il avait encore du mal à croire. Qu'avait-il fait du tableau ? Il l'avait gardé, juste isolé entre trois murs et protégé par une foule de sortilèges comme les autres entrées de sa chambre. Il est toujours utile de garder ce genre d'issues de secours et il n'avait pas réussi à l'enlever. La raison de son atterrissage chez lui était toujours inconnue, mais il ne semblait pas représenter un danger. Le danger en réalité, se trouvait derrière cette porte d'infirmerie. Bon, il en faisait peut-être un peu trop.

Il tendit le bras vers la poignée et le laissa retomber.

Depuis deux semaines, il s'était tenu à bonne distance de l'infirmerie et de tout endroit où il avait fini par apprendre que Jane Gray avait ses habitudes. Enfin, plus ou moins. Il avait alterné entre tentatives pour lui parler et évitement soigneux, changeant de chemin lorsqu'il la voyait au bout d'un couloir quitte à être en retard et attendant des heures devant l'accès aux tours pour essayer de la convaincre de le laisser s'expliquer. Jusqu'ici, cela n'avait mené à rien et il ne savait toujours pas quoi faire. Il ne pouvait pas laisser la situation comme ça, la laisser croire qu'il n'était qu'un pervers dérangé qui se promenait en caleçon dans les couloirs pour sauter sur les jeunes filles. C'était juste impossible. Que ce soit pour sa conscience ou pour l'assistante, il devait essayer de se faire pardonner.

Il hésita encore une minute avant de décider de faire demi-tour. Soudain, un élève ouvrit la porte et quitta l'infirmerie en courant à moitié. Sans doute un visiteur qui n'avait pas vu le temps passer. Ludovic retint la porte. Maintenant qu'elle était ouverte, il ne pouvait plus se permettre de reculer.

Il passa la tête par l'ouverture et jeta un coup d’œil aux lieux. Il aperçu Emy qui lui lança un regard à vous enfouir l'estomac au fond des talons, du moins, c'est l'impression qu'il en eut. Courageusement, il fit un pas dans la pièce et lança un "bonjour" méfiant. Il resta une seconde sur place, à danser d'un pied sur l'autre. Pour éviter de s'enfuir, il examina les lits, les blessés, les visages. Avec un peu de chance, elle ne serait pas là.

Il eut une seconde de panique en voyant qu'elle y était.

Il prit une profonde inspiration, joua avec le bord de ses manches, histoire d'être certain qu'il était bel et bien habillé, et se lança. D'une démarche un peu gauche, il se dirigea jusqu'à la jeune femme et s'arrêta pas très loin d'elle, prenant soin de rester à deux mètre de distance, juste au cas où. Il se racla la gorge pour attirer son attention, incapable de la regarder dans les yeux, il se contenta de fixer le sol à ses pieds.

Bon, à partir de maintenant il s'agissait de bien choisir ses mots. Il n'aurait pas fallut qu'il la fasse s'enfuir. Peut-être pas commencer directement par des excuses, il avait déjà essayé, ça n'avait pas été une réussite. Tout comme la tentative de changement de sujet. Cela faisait quelques minutes qu'il se repassait tous ses essais d'approche à la recherche de quelque chose qu'il n'avait pas encore dit, le silence commençait à le mettre mal à l'aise, il fallait trouver quelque chose.

— Salut... finit-il par bafouiller. Je... je peux vous aider ?

Qu'elle idée, il ne lui aurait sûrement pas été d'une très grande utilité. L'infirmerie, il ne s'en souvenait que depuis un lit de malade, avec un bras cassé, une intoxication quelconque, une couleur violette... enfin bref, des tas de choses qui l'avaient empêchées de faire vraiment attention aux remèdes qu'on lui donnait. Stupide, mais trop tard hélas, il ne pouvait pas revenir en arrière. Il attrapa un petit pot de baume qui trainait sur une table pour le faire tourner entre ses doigts. Il fallait qu'il attende la réponse avant de voir s'il devait s'enfuir ou non. Il espérait juste que cela viendrait assez vite.





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MessageSujet: Re: En persévérant, on arrive à tout... ou presque   Jeu 23 Oct - 20:23





Deux semaines. C’était le temps qu’il s’était écoulé depuis que Jane avait rencontré le professeur de sortilèges dans un couloir dans une nudité partielle, presque intégrale d’ailleurs. C’était aussi le temps qui s’était écoulé depuis qu’elle n’avait plus voulu lui adresser la parole, voir même un regard. Il avait bien essayé plusieurs fois de lui parler, de lui donner une explication, mais la jeune femme s’était enfuie à chaque reprise ou ne lui avait pas laissé l’occasion de lui parler qu’elle lui claquait la porte au nez. Non, elle ne voulait plus parler à cet homme. Bon, depuis, elle avait réfléchi à la situation et elle avait bien compris que son don devait y être pour quelque chose, puisqu’il s’était reprit lors de l’apparition de Caleb, mais tout de même ! Jamais personne n’avait réagit autant à sa saleté de don, alors forcément, elle avait prit peur. Au vu de ses réactions déplacées et déconcertantes, la jeune femme n’avait eu d’autres choix que de couper définitivement les ponts avec lui. Après tout, elle ne pouvait pas continuer à fréquenter un pervers tel que lui. Il avait, et de loin, dépassé les limites de Jane et elle avait une certaine peur de lui. Peur qu’il ne la touche une nouvelle fois. Elle se sentait horriblement sale depuis. Les douches et le savon n’avaient rien changé, elle restait sale et elle se sentait mal.

Elle n’arrivait pas à l’expliquer, elle ne voulait pas l’expliquer, ni en parler. Elle ne voulait pas non plus ternir la réputation du professeur Descremps, mais durant ces deux semaines, elle s’était montrée particulièrement tourmentée et pas trop bien dans ses baskets. A qui pourrait-elle parler d’une telle chose de toute façon ? Personne. Personne ne comprendrait. Et puis de toute façon, elle ne voulait embêter personne avec ses problèmes, bien que l’infirmière en chef ait bien essayé de lui tirer les vers du nez, comme certains de ses amis. Elle n’était plus d’humeur aussi enthousiaste et joviale, elle ne parlait plus beaucoup et ne mangeait pratiquement rien, des douleurs de stress lui tordant l’estomac.

Rien que de le voir, elle se crispait, était tendue à s’en rendre malade. Plusieurs fois, elle avait remit son repas après qu’il ait tenté de venir lui parler. C’était peut-être extrême d’un point de vue extérieure mais la blonde ne pouvait faire autrement, elle était toujours très touchée par ce qui l’entourait et encore plus par ce qui la concernait, ce qui amenait parfois à des comportements un peu excessifs sans que toutefois elle ne puisse le contrôler. Comment pourrait-elle supporter qu’il ne lui parle encore ? Bon il ne l’avait pas violée non plus mais pour Jane, c’était presque équivalent. Ca aurait parut anodin à d’autres mais que lui aurait-il fait si Caleb ne s’était pas décidé à sortir de sa salle commune pour sortir en douce ? D’un mouvement brusque, elle secoua la tête, elle ne voulait plus y penser. Elle devait restée concentrée sur son travail et faire abstraction du reste. C’est d’ailleurs ce qu’elle fit le reste de la journée, s’appliquant à bien travailler et à en apprendre le maximum. Il y avait eut peu de monde aujourd’hui, mais elle avait prit soin de chaque patient, restant avec eux durant le repas, tentant de faire la conversation tant bien que mal. Elle était en train de refaire le bandage d’un élève s’étant foulé le poignet quand il arriva. Elle fit mine qu’elle ne le voyait pas, mais son corps se tendit quelque peu.

Il venait sans doute pour parler avec son mentor, quoi de plus ? Il n’allait tout de même pas venir dans l’infirmerie faire son cirque devant les patients et l’infirmière en chef, donc elle n’avait rien à craindre, normalement. Fixant le poignet du jeune homme, elle appliquait la bande consciencieusement en prenant bien garde de ne pas tourner des yeux vers le professeur venu plus près d’elle. S’il approchait, elle allait vomir.

Lorsqu’il se racla la gorge, non loin d’elle, elle eut un sursaut. Elle termina le bandage en y faisant un nœud et laissa le jeune homme partir avant de commencer à ranger le peu de matériel qu’elle avait utilisé. Après un silence un peu pesant, duquel on entendait juste le bruit des instruments remit à leur place initiale, il prit la parole. L’aider. Sérieusement ? Qu’est-ce qu’il voulait faire ? Il n’avait rien à faire ici, il ne ferait que pire, faisant perdre tous ses moyens à la belle. Distraite et tendue par la venue de l’homme, elle avait d’ailleurs lâché sa baguette juste à côté de la table. Elle s’empressa de la ramasser avant de se tourner face au professeur.

-Non, Professeur.

Elle l’avait dit d’une petite voix craintive et hésitante. Elle ne savait pas quel comportement adopter face à lui.

-Est-ce que vous êtes malade ou souffrant ? Avez-vous besoin d’aide Monsieur Descremps ? Car si ce n’est pas le cas, je vais devoir vous demandez de partir, cet endroit est réservé aux patients et aux infirmières.

Elle ne l’avait pas dit d’un ton méchant ou d’un ton sec, toujours d’une voix douce, bien que un poil tendue et craintive mais c’était sans équivoque. S’il n’avait aucune bonne raison d’être là, il devait quitter les lieux et au plus vite, si possible. Il n’y avait pas à dire, elle était véritablement mal à l’aise face à lui.



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MessageSujet: Re: En persévérant, on arrive à tout... ou presque   Ven 24 Oct - 18:04




En persévérant, on arrive à tout

Le professeur de Sortilège sentit sa nuque se raidir et geler instantanément lorsque l'assistante infirmière lui répondit enfin. Ses doigts arrêtèrent une seconde de jouer avec le pot de baume qu'il tenait dans les mains, avant d'avoir une subite accélération et de reposer l'objet à sa place comme s'il avait prit feu. Il tourna la tête vers la porte, fit un mouvement de recul et se racla la gorge pour essayer de ne pas avoir l'air aussi paniqué qu'il l'était. Il se rattrapa au lit du blessé et regarda la cheville que la jeune femme était en train de panser. Si seulement il avait put s'être cassé quelque chose au lieu que cet incident au cinquième étage ait eut lieu. Il prit une profonde inspiration pour se calmer et fit accélérer le rythme de ses méninges pour trouver une idée.

Il regarda l'infirmerie autour de lui, ses petites tables soigneusement rangées, les pots de fleurs à côté des blessés pas encore remis. Il se rappela la fois où il était resté cloué au lit pendant un mois entier, d'une autre qui avait durée prêt d'un an. Les infirmeries, les hôpitaux, il connaissait presque trop bien, mais il ne trouvait rien ici qui aurait put l'aider. La jeune femme ne voulait plus le voir, c'était compréhensible, même normal. Il aurait peut-être mieux fait de laisser tomber et de la laisser tranquille. De faire en sorte de ne plus jamais tomber malade jusqu'à la fin de ses jours ou du moins jusqu'à ce qu'il quitte Poudlard.

— Oh ! Je sais ! fit-il soudain, prit d'une illumination.

Il se mordit aussitôt la langue, l'air ennuyé. Il n'aurait pas dut parler si fort, ni si subitement, il allait la faire détaler. Il se tordit les doigts, toucha une nouvelle fois le bout de ses manches et fit un geste apaisant en direction de l'infirmière, prenant soin de toujours garder son périmètre de sécurité et de ne pas la regarder.

— Ne... ne bougez pas... bredouilla-t-il d'une voix calme, et ne vous inquiétez pas... d'accord ? Je ne suis pas... dangereux ou fou... enfin... ne bougez pas. S'il vous plait.

Il s'assura qu'elle resterait où elle était au moins quelques minutes et se dirigea en deux enjambées vers l'un des paravent repliés qui entouraient les lits vide. Il l'attrapa par le bord et le tira avec lui, le faisant rouler jusqu'à son point de départ pour le tourner et le placer entre lui et la jeune femme. Il le déplia, s'assura que le rideau couvrait bien tout le cadre et se gratta derrière l'oreille, inquiet.

— Voilà... comme ça... vous ne me voyez pas. Je reste de mon côté, je ne bouge pas. Emmy me surveille.

Il tourna la tête vers l'infirmière en chef qui le scrutait toujours de cette même façon désagréable. Il rentra un peu la tête dans les épaules et déglutit avec difficulté, fixant le rideau d'une couleur non identifiée, il se retint d'en lisser les plis une fois encore. Il croisa les bras, comme pour se couvrir le torse et se pencha légèrement vers le paravent pour parler d'une voix qui se voulait apaisante :

— Vous n'avez rien à craindre, je ne bouge pas, je ne vous vois pas. Je ne peux rien vous faire. Il fit une pause avant de reprendre d'une voix serrée. S'il vous plait, laissez moi juste une chance de m'expliquer et de... Il regarda ses pieds et reprit quelques inspirations dans le silence. Si... si vous ne voulez pas, vous pouvez partir. Je ne vous verrais pas. Je parlerais dans le vide comme un imbécile et je l'aurais bien mérité. Parce que je sais que c'est de ma faute, que c'est impardonnable et... et que...

Il ne trouvait plus ses mots. Encore heureux qu'il ne l'avait pas sous les yeux ou il aurait put dire moitié moins de ce qu'il venait de prononcer. Il se frotta le visage et regarda la porte. Emmy le fixait encore, l'air légèrement attendrit, mais toujours aussi implacable. Le message était clair, il n'avait pas intérêt à quitter cette pièce avant d'avoir fait le maximum pour arranger la situation. Cela promettait d'être long.




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MessageSujet: Re: En persévérant, on arrive à tout... ou presque   Sam 25 Oct - 22:06




Son estomac se tordait et la faisait souffrir. Mais eu pouvait-il bien faire ici ? N’avait-il pas comprit qu’elle ne voulait pas l’entendre ou le voir ? Ne comprenait-il pas que ce qu’il avait fait était indigne ? Que ce qu’il avait fait était inacceptable ? Elle avait besoin de temps, ne pouvait-il pas la laisser tranquille ? Elle ne lui en voulait pas, enfin, pas vraiment. C’est à elle qu’elle en voulait, son poison quotidien n’avait jamais créé autant de problème en si peu de temps ! C’était déjà une tare de l’avoir mais si en plus ça lui créait des problèmes. Serait-ce donc toujours comme ça ? Seul son don lui apporterait de l’intérêt aux yeux des hommes, elle ne serait donc pas appréciée de la gente masculine sur un plan plus personnel que par l’action de son sang empoisonné ? Tout, elle donnerait absolument tout pour s’en débarrasser une bonne fois pour toute. Mais la nature avait mal fait les choses, un corps plus que plaisant, un esprit prude et un don attirant les hommes pour un instant.
Elle ne comprenait pas son acharnement. Si elle ne voulait pas lui parler ou le voir, pourquoi s’obstinait-il donc ? C’était déconcertant. Elle savait, au fond d’elle, qu’il n’était pas un homme mauvais. L’infirmière avait pu lui tirer quelques informations, elle savait juste que c’était négatif sur Jane et que ça concernait le professeur Descremps mais Jane n’avait rien dit de plus.

Madame Pomfresh avait tenté de deviner également mais elle restait loin du compte. Elle l’avait cependant rassurée sur le personnage qu’il était. Mais ça n’avait pas grande importance aux yeux de Jane. Oui, elle lui laisserait une seconde chance, sûrement, elle le faisait toujours mais elle avait besoin de temps. Quand il s’était exclamé, beaucoup trop fort au gout de la jeune infirmière, qu’il avait une idée, elle avait eu un nouveau sursaut qui lui avait fait renverser le plateau qu’elle venait de ranger. Sans un regard pour le spécimen qu’était le professeur de sortilèges, elle s’empressa de tout ramasser, les doigts un peu tremblants. Et tandis qu’elle ramassait ses instruments et qu’elle le regardait avec des yeux de proie effrayée, il s’en allait chercher un paravent afin de le placer entre eux. Quelle imagination ! Se relevant, le plateau entre les mains, elle ne sut quoi dire. Il croyait réellement que ne plus le voir comme ça la ferait se sentir mieux ? Non, elle, elle voulait surtout qu’il arrête son cirque.

Elle s’obligea à respirer correctement et profondément, elle avait mal au cœur et elle avait la nette impression qu’elle allait remettre son repas d’un moment à l’autre. Elle entrouvrit un peu une des fenêtres, tandis que le professeur parlait derrière le paravent. Elle n’allait tout de même pas le laisser là, elle n’était pas comme ça. Elle tendit l’oreille pour écouter ce qu’il avait à dire, non sans apercevoir les regards étonnés de certains malades. Elle le laissa finir avant de se diriger d’un pas hésitant vers l’autre versant du paravent. Ils n’allaient tout de même pas s’expliquer devant les malades, ils devaient faire ça dans un coin plus tranquille de l’infirmerie. Elle prit soin de ne pas croiser les yeux du brun quand elle s’adressa à lui de sa voix douce.

-Suivez moi, ce n’est pas l’endroit pour discuter de ceci, nous allons aller dans mon bureau.

Sans l’attendre, elle avait remit le paravent à sa place avant de se diriger ers le fond de l’infirmerie, où une petite pièce lui avait été aménagée afin que ce soit son bureau. Elle l’avait décoré d’une bibliothèque pleine de livres, de photographies, de petits objets de décorations très féminins. La pièce dégageait une aura chaleureuse et rassurante pour la demoiselle. Elle fit un petit sourire rassurant à Emmy, bien qu’elle n’y croie pas elle-même. Elle avait sa baguette et s’en servirait cette fois. Ou du moins, s’il faisait quoi que ce soit envers elle, elle n’hésiterait pas. Quoi que.

Elle s’installa derrière son bureau, sur son siège et invita le professeur d’un signe de la main à prendre place sur un siège lui aussi. Il y aurait au moins un bureau entre eux. Elle ne l’avait toujours pas regardé dans les yeux, elle n’y arrivait pas. Elle faisait déjà d’énormes efforts pour rester si près alors il ne fallait pas lui en demander plus. Le rouge un peu monté aux joues, elle laissa un blanc s’installer avant de prendre la parole.

-Je vous écoute, Professeur. Allez-y.

Elle n’était pas réellement sûre d’être prête à écouter ce qu’il avait à lui dire mais elle pouvait au moins faire l’effort puisqu’il tentait tout de même de trouver une solution à leur problème. Elle releva les yeux vers les siens, essayant de surmonter sa honte, sa gêne et sa répulsion.



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MessageSujet: Re: En persévérant, on arrive à tout... ou presque   Dim 26 Oct - 21:44




En persévérant, on arrive à tout

Ludovic se figea en voyant le visage de l'infirmière passer de son côté du paravent, ne lui laissant d'autre choix que de la regarder franchement. Elle ne leva pas les yeux vers lui, il savait ce que cela voulait dire. Il courba l'échine, mais resta silencieux, au fond de lui tout comme à l'extérieur. Il fallait qu'il tienne, qu'il arrive à rester assez courageux pour deux et qu'ils aient une occasion de s'expliquer. Il en avait besoin, cela ferait toujours un poids de moins. Il lança un regard inquiet à Emmy lorsque Jane lui proposa d'aller dans un endroit plus discret pour parler. L'infirmière ne regardait pas, il eut presque plus peur de cela que de son air de tueuse qui vous retournait les tripes. Malgré tout, il suivit l'assistante, non sans un dernier regard vers la porte.

Lorsqu'il mit le pied dans le bureau, Ludovic sentit une bouffée d'angoisse s'emparer de lui, au point qu'il eut besoin de souffler à trois reprises pour s'empêcher de fuir. Il garda les yeux rivés sur le mur, les bras toujours croisés la pose encore fermée. Il refusa le siège que lui proposa la jeune fille, préférant rester debout, prêt de l'entrée, presque collé au mur, juste au cas où. Cette pièce étroite lui rappelait la chambre d'Oswin. Elle avait la même forme et plus ou moins la même taille. Les mêmes couleurs aussi. Il sentit sa nuque se raidir et une étreinte glacée l'entourer. Il avait l'impression d'être revenu dans cette chambre avec son mur de journaux, d'être bloqué dans un coin entre le bureau et la sortie. Il regarda la porte, angoissé, s'attendant à voir une femme en furie entrer pour lui plaquer une foutue arme sur la tempe. Sauf qu'il n'y avait aucune raison d'attendre que la propriétaire des lieux surgisse à l'improviste puisque cette dernière était déjà présente et se trouvait assise derrière son bureau.

Ludovic recula, percutant le mur, il commença à se décaler sur le côté comme s'il avait voulu se trouver dans un coin. Il prit deux profondes bouffées d'air et tenta de se calmer, ce n'était pas le moment de développer une nouvelle phobie. La dernière phrase de l'infirmière lui fit l'effet d'une décharge. Il la fixa une seconde, l'air paniqué avant de déglutir péniblement. Parler, il fallait qu'il parle. Il ne voyait pas comment il aurait put faire dans son état. Il tourna la tête à droite à gauche, cherchant une échappatoire, et réalisa qu'il avait bel et bien fini par se tasser dans un coin. Il prit une profonde inspiration, fixa ses pieds et ferma les yeux pour se concentrer. Il fallait juste parler, tout le monde le faisait tous les jours et s'il ne pouvait pas parler, il n'avait qu'à penser à voix haute. Se faire la discussion, oui, ça il y arrivait toujours.

— J'écris des lettres d'habitudes, énonça-t-il. J'écris des lettres quand j'ai un problème parce que je n'aime pas les affronter. C'est trop compliqué de face, on ne sait jamais quoi dire, il faut être réactif, attentif, concentré tout le temps, être prêt à ce qu'on nous répondra, capable d'y donner une réponse immédiate. C'est trop compliqué pour moi, je fini toujours par dire n'importe quoi ou faire envenimer les choses juste parce que je suis moi. Alors j'écris des lettres parce qu'on a le temps d'y réfléchir à une lettre, de peser le poids des mots, de rester assez détacher pour que ça soit tenable. On a pas le regard de l'autre qui attends de vous répondre, qui cherche le mot pour vous blesser, ou même qui sans le faire exprès vous jette un coup d'oeil ou pas qui dit tout et que vous n'oublierez jamais.

Il fit une pause, il avait dit tout cela dans un flux continue et rapide, des pensées tout juste mises en paroles. C'était étrange, peut-être était-ce comme ça que marchait Jon. Il se contentait de prononcer ses pensées à voix haute dès qu'il ouvrait la bouche et c'est ce qui faisait qu'on ne parvenait pas à l'arrêter une fois sur sa lancée. Ludovic dressa la tête et regarda la jeune femme derrière son bureau. Toujours serré dans son coin, mais assez tranquille pour pouvoir penser avec les yeux ouverts.

— J'ai pas réussi à écrire de lettre, fit-il.

Encore un silence, il n'avait pas dut trouver la bonne pensée qui déroulerait le reste. Il regarda de nouveau ses pieds et fouilla un peu plus dans les recoins de son crâne avant de continuer. Si, c'était la bonne phrase, la suite était juste un peu plus compliquée.

— J'y ai même pas pensé en fait. Je trouvais ça impensable. Ecrire une lettre c'est si stupide, si inutile, alors que même parler face à face ne changera rien. Pourtant je m'obstine, je ne sais pas pourquoi. Parce que je ne veux pas vous faire du mal. J'aurais... Tous les mots du monde ne servent à rien. Je sais ce que j'ai fait, pourquoi et que ce n'est pas votre faute. C'est la mienne je sais, c'est ma faute. Je n'aurais pas dut approcher, je ne pouvait pas savoir. C'est une fille qui me l'a dit, avant que je vienne étudier ici. Elle s'est servit de son don sur moi, on était qu'en première année. Je me suis réveillé au bout d'un mois lorsqu'elle en a eut assez. Elle m'a dit que j'étais une mauviette et qu'elle n'avait jamais cru qu'il serait si facile de contrôler un homme. On était que des enfants, mais ça ne s'est pas arrangé avec le temps. J'avais oublié, parce que ça fait longtemps que je n'avais croisé personne avec cette... particularité. C'est comme un vide qui se comble avec... ça, il la désigna d'un geste vague, sans la regarder.

A peine avait-il finit qu'il fit un grand pas pour se jeter sur la poignée de la porte. Il y resta accroché, le dos tourné à la pièce, les doigts de sa main libre agités frénétiquement, occupé à respirer lentement. Il ne pouvait pas partir, pas sans attendre la réponse. C'était le but d'une conversation, que l'un des deux participant se contente de penser à voix haute ou non. Il posa sa main libre contre la porte pour s'empêcher de l'ouvrir et murmura une dernière phrase à demi-mots qui raisonna dans la petite pièce.

— J'aurais dut savoir.




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MessageSujet: Re: En persévérant, on arrive à tout... ou presque   Lun 27 Oct - 14:08




C’est assez docilement que le professeur de sortilèges l’avait suivie jusqu’à son bureau. En même temps, s’il tenait absolument à lui parler, il fallait qu’il se plie un peu aux règles de l’assistante. Soit la distance, le coin tranquille et aucun geste trop brusque pour ne pas l’effrayer une nouvelle fois. Ce qui surprenait le plus la jeune infirmière, c’est que le professeur restait obstinément les bras croisés contre sa poitrine. Elle était tellement stressée qu’elle n’aurait jamais pu faire ça, ça l’aurait totalement empêché de respirer, elle avait déjà du mal alors si en plus elle s’obstruait le passage à l’air frais, elle allait tomber dans les pommes. Il adoptait réellement un comportement étrange, refusant le siège qu’elle lui avait proposé d’un geste de la main, il restait dans son coin, rasant les murs de près, n’osant pas lever les yeux vers elle. Elle eut un pincement au cœur de le voir dans un tel état alors que tout ça, c’était sa faute à elle indirectement. Il semblait moins à l’aise ici, avec elle, que quelques minutes plus tôt dans la grande infirmerie. Il avait l’attitude de quelqu’un qui cherche à s’enfuir par tous les moyens et ça mettait la jeune femme encore plus mal à l’aise. Pourquoi venait-il pour lui parler s’il ne supportait pas d’être juste face à elle dans son bureau ? Avait-il peur d’elle ? Peur de ce qu’elle pouvait lui faire ? Oh mais bien sûr, elle trainait sa tare partout et il devait s’imaginer qu’elle pouvait le charmer à nouveau à tout moment. Cette pensa lui souleva le cœur. La voyait-il comme ça ? Comme un monstre qui l’avait envouté et qui avait fait ensuite la petite proie blessée ? Elle espérait vivement que non. Jamais elle n’aurait pu faire ça, jamais elle ne ferait ça. Elle n’utilisait jamais son don, elle n’en voulait pas ! Pourquoi est-ce que personne ne comprenait ça ? Au final, elle pouvait être perçue comme une charmeuse fourbe alors que c’était elle qui souffrait le plus de cette malédiction sanguine.

Sachant qu’il regardait ses pieds plutôt qu’elle, la demoiselle en profita pour le regarder alors qu’il se mettait à parler. Et plus il parlait, moins elle comprenait où il voulait en venir. Il écrivait des lettres, c’était très bien mais elle n’avait reçu aucune lettre, en dehors d’un hibou de Johan, qui en réalité était pour sa maman et non pour elle mais soit, ils avaient continués à discuter depuis. Johan avait été sa bouffée d’air frais ces derniers temps. Lorsqu’il eut terminé son monologue, il releva les yeux vers elle et ses joues rosirent. Elle avait l’impression d’avoir été prise en faute en train de l’épier. Aussitôt qu’elle avait croisé ses yeux, elle avait baissé les siens, toujours aussi honteuse.

Tandis qu’il reprenait la parole, la jeune infirmière tordait les pans de sa robe sous son bureau tellement elle fut stressée par la situation. Il fallait qu’elle occupe les mains. Quand il eut achevé sa phrase, elle releva la tête vers lui, presque machinalement, alors que leurs yeux se croisèrent encore une fois. Lui, baissa une nouvelle fois les yeux sur ses chaussures. Un silence moins pesant que le dernier s’installa entre eux et la demoiselle, dans un geste fluide bien qu’un poil timide, s’était levée de son siège pour s’accoler à son bureau. Quand il reprit la parole, la demoiselle se crispa un peu et s’agrippa au bureau. Ce qu’elle entendit lui fit mal au cœur. Comment devait-elle interpréter tout ce qu’il était en train de lui dire ? Il ne faisait que de lui répéter sa nature de créature damnée du diable et bien qu’il endossait tous les tords, la demoiselle ne se sentait que de plus en plus mal et de plus en plus fautive. Elle éprouvait beaucoup de peine pour lui, pour ce qu’on lui avait fait subir et ce, qu’au final, elle avait finit par lui faire, contre son gré. Son cœur comme son estomac se tordirent violement une nouvelle fois. Il devait souffrir du manque d’amour ou d’affection et elle, elle n’avait fait qu’empirer les choses. Et c’était elle qui se plaignait alors que c’est elle qui avait créé le plus de mal, à son insu mais cela n’effaçait en rien le mal fait. Les yeux lui piquèrent un peu.

Mais quand il eut finit et qu’il se jeta presque sur la poignée de la porte pour s’enfuir, le moral de la jeune femme tomba encore plus bas. Bien sûr qu’il n’avait qu’une seule hâte, celle de partir. Quoi d’autre ? Il se retrouvait enfermer dans un bureau un peu étroit avec en face de lui, un de ses démons. C’est pour ça qu’il avait mit un paravent tout à l’heure, pour ne pas la voir. Elle était tiraillée entre le fait que c’était sans aucun doute mieux pour lui qu’il s’en aille, qu’il la fuie et qu’ils s’évitent à présent, pour ne plus qu’il soit blessé par son don et le fait qu’elle voulait qu’il reste, qu’ils s’expliquent, qu’elle s’excuse. Elle compatissait à sa douleur en fait, elle se prenait un peu d’affection pour lui. Après ce qu’il avait vécu, comment avait-elle pu faire ça ? Bon, elle n’aurait pas pu être au courant mais rien que d’y penser, ça lui broyait le cœur. Elle ne voulait faire souffrir personne, elle avait horreur de ça.

Elle n’entendit même pas le murmure du professeur Descremps, elle tendit la main vers lui quelques secondes à peine avant de la laisser retomber et de pencher pour ce qui serait le mieux, au final. Elle n’avait aucunement le droit de le retenir enchainé à elle ici pour des explications et des excuses qu’elle avait refusé dans un premier temps. C’était plutôt à elle de s’excuser auprès de lui pour le mal occasionné. Les larmes lui montèrent aux yeux, sans que toutefois elles ne coulent. Décidemment, face à lui elle ne faisait que pleurer. Elle laissa retomber sa main le long de son corps, baissant la tête et se mordant un peu la lèvre.

-Je… Je suis vraiment désolée de vous avoir causé autant de tord. Avait-elle dit dans un murmure parfaitement audible. Je comprendrais très bien si… Si vous préfériez qu’on évite de se croiser à l’avenir.

Prenant une petite bouffée d’air, elle fit un pas vers lui avant de s’arrêter et de lever les yeux vers lui.

-Vous êtes libre de partir si vous le voulez. Je… Je ne voudrais pas vous retenir enfermer avec une créature telle que moi.

Il n’y avait aucun reproche dans sa voix, après tout, c’était à elle qu’elle en voulait, pas à lui. D’un pas un peu tremblant, elle se mit près de lui, posant sa main sur celle du professeur étant déjà sur la poignée et l’abaissa afin d’ouvrir la porte pour lui laisser la voie libre dans sa fuite.



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MessageSujet: Re: En persévérant, on arrive à tout... ou presque   Lun 27 Oct - 15:40




En persévérant, on arrive à tout

Le professeur de sortilèges contemplait le grain du bois devant lui. C'était une belle porte, un beau chêne massif taillé dans la masse qui n'aurait pas cédé face à une charge de rhinocéros avant d'en avoir assommés au moins deux ou quatre, il l'aurait parié. Les portes de Poudlard, il commençait à bien les connaitre. Il s'en servait tous les jours, pas une seule fois il ne pouvait passer la journée sans passer une porte. Il les connaissait plus personnellement aussi, après tout il s'en prenait une dans la tête au moins deux fois par mois, autant dire qu'il devait avoir plus d'un grain de bois dans le crâne. Malgré tout, il n'avait jamais pris la peine de regarder l'un de ces objets du quotidien aussi longtemps. Il aurait put dire combien de nœuds se trouvaient sur chaque épaisse lattes resserrées, combien de clous maintenaient les lattes ensemble à travers la barre de fer qui tenait la porte aux gonds. C'était un très bel objet une porte, on ne prenait pas assez le temps de les contempler. En plus c'est assez symbolique lorsqu'on y regarde bien, c'est essentiel dans la vie, dans les rêves, dans les moments importants, on peut faire capter une infinité d'émotions rien qu'en observant la façon dont quelqu'un ouvre une porte. Celui-ci le fait à demi, c'est la première fois qu'il vient ou bien il à quelque chose à se reprocher. Celui-là l'enfonce presque, il est furieux ne restez pas sur son passage. Trente seconde d'ouverture et vous pouvez deviner la suite du rp. Oui, les portes c'est bien, même lorsqu'elles restent fermées.

On aurait put dire encore beaucoup de choses à ce sujet, mais Jane se mit à parler et je me doute que cela vous intéresse d'avantage. En entendant le son de cette voix murmurer, Ludovic tourna la tête. Pas longtemps, même pas une seconde, pas complétement non plus. Il avait juste bougé un peu par réflexe lorsque quelqu'un vous parle avant de regarder de nouveau la poignée dont il n'arrivait pas à se détacher. Une inspiration, changement de pied d'appuis lorsqu'elle fit une pause. Il laissa retomber sa main qui lui bloquait le passage, toujours accroché. Elle lui disait qu'il était libre de partir et il se sentit soulagé. C'était comme dans la chambre d'Oswin, lorsque la surveillante lui avait autorisé à prendre congé. Après qu'elle ait dit ça, il avait put s'enfuir. Il sentit une main se poser sur la sienne et lui faire doucement lâcher la porte. Il se laissa faire. L'infirmière ouvrait. Il pouvait voir les couleurs plus claires, l'espace ouvert de l'infirmerie. Loin de cette pièce confinée et trop peu occupée. Les bras le long du corps, il tourna la tête vers Jane.

— Vous n'êtes pas un monstre, vous n'avez juste pas eu de chance, répondit-il posément en la regardant droit dans les yeux.

Il fit un pas en arrière, pour ne plus se trouver devant l'entrée. Respirant avec un bruit plus prononcé que d'habitude pour ne pas trop paniquer. Ce qu'il lui avait dit, c'était ce qu'il aurait aimé qu'on lui dise plusieurs fois. Lorsqu'il était jeune, après avoir farcie sa tête du pire sort qui pouvait exister, après qu'il ait appris sa faiblesse extrême pour les velanes, après qu'il ait fait du mal à la personne qui se trouvait juste en face de lui... Et des millions d'autres. Rarement qui que ce soit avait prit la peine de lui dire ça. Il avait entendu d'autres mots qui avaient eut au moins autant d'effets, mais ceux-là jamais. Il tourna la tête vers le mur, essayant d'éviter que son regard ne glisse jusqu'à la sortie.

— Je voudrais...
il s'interrompit, ayant l'air de ravaler ses mots un instant. J'aimerais qu'on se connaisse un peu mieux. Avant ça, c'est à peine si je savais votre nom et je m'en veux. Je me suis dis que peut-être, si on arrivait à faire connaissance... ça ne se reproduirait pas.

Il y avait beaucoup réfléchis et c'était bien l'une des choses qu'il arrivait le moins à digérer, se dire que s'il n'y avait pas eut cet incident il ne l'aurait peut-être jamais remarqué, comme il le faisait pour la plupart des gens qui lui faisaient d'avantage l'effet d'une sorte de bruit de fond. Il ne pouvait se mettre à s'intéresser à tout le monde, il n'en avait jamais été capable, mais au moins en apprendre un peu plus sur elle l'empêcherait de toujours la voir comme la fille en pleure qu'il avait embrassé de force dans un couloir du cinquième étage.

— Je comprendrais si vous refusez,
reprit-il par habitude. Vous n'avez qu'à me demander et je ferais en sorte de vous laisser tranquille.

La vérité, c'était qu'il ne savait pas du tout comment il aurait put réagir face à un refus. Cela aurait été pourtant logique et il aurait bien entendu fait en sorte de ne plus la croiser si elle le désirait, mais il se doutait qu'il n'arriverait sans doute pas à se résigner ni même simplement comprendre un "non". Comprendre dans le sens d'enregistrer et accepter. Il voulait tellement entendre un "pourquoi pas" ou un "d'accord" que toute autre réponse lui aurait semblé très obscure. Cela ferait un peu comme ces fantômes qui ne réalisent pas qu'ils en sont et mettent une éternité à comprendre pourquoi il ne peuvent plus rien toucher sans le traverser. Mais qu'importe, il prenait le risque.




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MessageSujet: Re: En persévérant, on arrive à tout... ou presque   Dim 2 Nov - 0:42




Ca y est, la voie était libre, il pouvait la fuir et ne jamais revenir. Il pouvait partir sans se retourner et tout faire pour ne plus avoir à la croiser dans les couloirs. De toute façon, cela faisait un moment qu’on n’apercevait plus la jeune demoiselle dans la grande salle au moment des repas communs. Elle se nourrissait très peu et préférait prendre soin des patients. Plusieurs fois, elle avait eu droit à des réprimandes de l’infirmière en chef mais, cela ne changeait rien. Elle était une jeune femme un brin têtue qui agissait comme bon lui semblait tant qu’elle n’enfreignait pas les règles. L’échappatoire était créer, qu’attendait-il pour saisir sa chance de filer ? Après tout, il n’avait aucune envie de se trouver dans une pièce face à elle et il n’avait pas grand-chose à lui dire de plus alors, autant qu’il s’en aille. Mais il n’en fit rien, il tourna juste la tête vers elle pour lui annoncer quelque chose qu’on lui avait souvent répéter mais auquel elle ne voulait pas entendre raison. Bien sûr que si, c’était un monstre. Elle se battait souvent contre cette nature, contre elle-même, contre son sang mais que pouvait-elle vraiment y faire ? Rien, elle ne pouvait même pas le contrôler vraiment. Pas pour le réfréner du moins. Le professeur ne pouvait pas la comprendre. Il ne disposait pas de cette tare, il ne pouvait comprendre la portée de sa damnation. C’était la faute à pas de chance en effet, qu’elle ait hérité de la tare de sa mère et de sa grand-mère. C’était d’ailleurs un facteur qui la rebutait dans le fait de fonder une famille et d’avoir des enfants, leur transmettre son poison par le sang, il y avait tellement de chance pour que ça lui arrive et lui gâche en partie sa vie. Elle serait là, pour l’aider et lui expliquer mais elle ne pourrait rien y changer malheureusement.

Son regard l’avait perturbé mais heureusement, il avait reculé et regardé ailleurs. Il y avait quelque chose de tellement profond dans les yeux du professeur de sortilèges mais, elle n’aurait su dire quoi. De la tristesse, il y en avait beaucoup, comme dans le sien d’ailleurs depuis quelques temps. Tout n’était pas de sa faute à elle ou à lui, il y avait d’autres facteurs mais elle n’arrivait pas à chasser la part d’ombre qui prenait la place de la gaieté dans le regard de la jeune infirmière. Toujours la main sur la poignée, elle regardait l’infirmerie d’un air pensif.

Peut-être avait-il raison, peut-être qu’en apprenant à se connaitre, ça ne reproduirait pas. Ou peut-être pas. Il semblait tellement sensible aux charmes de son sang qu’elle hésitait. Elle ne voulait pas que le cauchemar de l’autre nuit se reproduise. Elle ne voulait pas vivre, non, elle ne pouvait pas vivre cela une seconde fois. Ca avait été trop dur à supporter, elle en avait beaucoup pleuré et elle ne voulait pas que cela recommence. D’une part, elle voulait lui donner une chance de se rattraper, de lui montrer qui il était, d’apprendre à le connaitre et de ne pas rester focalisée sur l’idée qu’elle avait l’idée de lui à cause de ce qu’il s’était passé dans le couloir du cinquième étage. D’autre part, si elle acceptait, elle prenait le risque que cela se reproduise et que, peut-être, Caleb ne soit plus là pour lui venir en aide. Elle prit le temps de se calmer avant d’ouvrir la bouche.

-Peut-être voudrait-il mieux y aller doucement ? Evitons d’être seul tous les deux. Nous pourrions peut-être nous voir en public pour commencer ?

Elle hésita un instant, choisissant bien ses mots.

-Comme le parc l’après-midi, la Grande Salle aux heures de repas ou d’études, ou encore dans la salle des professeurs.

Ca lui paraissait être une bonne idée et puis, c’était tout ce qu’elle avait trouvé de mieux pour l’instant. Ca lui éviterait peut-être de commettre des gestes inappropriés envers la jeune femme et pour elle, ça lui éviterait d’avoir peur pour sa vertu. Avec douceur toujours, elle fit un pas vers lui, posant sa main contre le bras du professeur Descremps.

-Je suis sûre que vous êtes quelqu’un de bien, sinon le professeur Dumbledore ne vous garderait pas dans ce château. Alors, apprenons à nous connaitre.

Un mince sourire apparut sur le visage de la blonde alors qu’elle le regardait dans les yeux sans trop de crainte.

-Voulez-vous prendre une tasse de thé avec moi, disons, demain, vers 16h ? Si vous n’avez pas cours, bien sûr.



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MessageSujet: Re: En persévérant, on arrive à tout... ou presque   Dim 2 Nov - 23:39




En persévérant, on arrive à tout

On aurait put entendre le cliquetis des rouages en effervescence dans l'esprit du professeur alors qu'il engrangeait ce qu'on lui disait. Ce n'était pas ce à quoi il avait pensé, mais, pour être honnête, il ne se souvenait plus de ce à quoi il avait bien put penser. Elle était d'accord, c'était tout ce qui comptait. Il avait réussi à ce qu'elle accepte de le revoir, c'était bien plus que suffisant. Il eut le sentiment qu'on venait de le libérer d'un poids énorme qui lui aurait pesé sur l'ensemble du corps, c'était si merveilleux qu'elle accepte qu'il en oublia même de s'angoisser pour la pièce. Il y avait la condition que cela soit en publique, mais il n'allait pas se morfondre pour si peu, bien au contraire, cela lui semblait une excellente idée, avec les perturbations d'un lieu peuplé il y avait moins de risque qu'il se laisse envouter, techniquement. Il n'avait encore jamais essayé de régler ce genre de problème, n'ayant d'habitude pas le temps de réagir lorsqu'une velane s’intéressait à lui. Il n'avait eut qu'une seule amie de ce sang lors de sa scolarité à Beauxbâtons avec laquelle il n'avait eut aucun problèmes, la principale cause étant qu'elle préférait les femmes.

Tout à coup, l'infirmière avança vers lui, mettant un terme à l'effervescence de ses pensées. Elle posa sa main sur son bras et il se sentit mal à l'aise. Il la fixa droit dans les yeux, méfiant, redoutant un peu la suite. Et s'il y avait un mais ? Et si elle lui disait soudain qu'elle avait changé d'idée ? Et si il se faisait une nouvelle fois hypnotiser ? Non ? Rien de tout ça ? Vous êtes sûrs ? Non, elle essayait de le rassurer, normal pour une infirmière, mais ça n'était toujours pas les bons mots, la bonne personne ou bien tout simplement pas le bon moment pour qu'il y croit. Il eut un bref amusement amer. Comme si Dumbledore avait réponse à tout. Certes, c'était un grand sorcier, mais il fallait être fou ou inconscient pour engager quelqu'un comme lui, ne serais-ce que pour son désaccord avec les bibliothécaires. Comment être certain de pouvoir lui faire confiance ? Ludovic s'efforça de sourire, qu'importe qu'il ait confiance ou non, ce n'était pas le  sujet de la conversation.

— Un thé ? Oui bonne idée, fit-il distrait avant de se reprendre. Enfin... non, demain j'ai cours avec des Poufsouffles et Serdaigles, alors à moins qu'il y ait des blessés et même là... il se racla la gorge les yeux fixés sur ses pieds, ce n'était pas la meilleure façon de commencer. Enfin... euh, j'ai deux heures après midi dans deux jours, sinon ce week-end. On peut prendre le thé à Pré-au-lard, il y a toujours du monde là-bas.

Il fit un pas en arrière pour se dérober à la main de l'infirmière sans s'en rendre compte et se massa une oreille, regard fuyant. Il n'avait plus rien à dire cette fois, pas même une seule pensée, mais il n'avait pas l'impression de pouvoir partir, comme s'il avait manqué sa porte de sortie. C'était absurde. Dès qu'il aurait confirmation du rendez-vous avec l'infirmière il partirait. Ils avaient déjà réussi à parler sans incident, c'était peut-être assez pour cette fois.




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MessageSujet: Re: En persévérant, on arrive à tout... ou presque   Ven 14 Nov - 2:58





Elle avait posé la main sur lui, pour lui montrer, quelque part, qu’elle le pardonnait de son comportement à son égard dans le couloir du cinquième étage. Mais, en même temps, il sembla aussi mal à l’aise qu’elle. Alors qu’elle avait fini par se détendre un peu au fil des minutes, le professeur de sortilèges semblait se crisper de plus en plus. Peut-être n’était-il pas à l’aise du tout dans un endroit si petit, si clos. Vite, il avait décliné son invitation. Enfin, il ne l’avait pas déclinée, il avait plutôt voulu la déplacé à un autre moment. Il avait de bonnes raisons, elle ne pouvait donc pas lui en vouloir.

Et bien qu’il lui parle, elle ne comprenait pas son comportement. Tantôt il voulait absolument lui parler, tantôt il cherchait absolument à la fuir. Il était tellement déconcertant qu’elle en restait troublée.

-Alors disons ce week-end à Pré-Au-Lard ? Samedi vers 16h dans le salon de thé de Madame Piedodu.

Elle s’y rendait souvent, cette dame avait tout un tas de thés différents et Jane aimait à gouter les différentes saveurs des thés proposer par l’hôtesse des lieux. Elle trouvait qu’on y était toujours bien reçu et que la décoration était très plaisante. Elle y avait été plusieurs fois quand elle était à Poudlard, avec Z… Un éclat de tristesse traversa ses pupilles avant qu’elle ne chasse cette pensée en secouant légèrement la tête.

-Je vais devoir retourner travailler, alors si vous vouliez bien quitter les lieux, je pourrai m’occuper de mes patients.

Elle avait dit ça d’un ton doux, gentil, lui offrant un sourire rassurant. Sans attendre, elle avait mis sa main dans le dos du professeur et l’avait fait sortir de son bureau avant de retourner auprès de son patient. Après tout, elle ne pouvait pas discuter toute la journée !


Terminé

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